Acheter, louer ou vendre un bien immobilier entre la France et l’Australie ne se résume plus à choisir un bon emplacement ou un bon financement. Dès qu’un contribuable navigue entre ces deux pays, la Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier devient la pièce maîtresse du puzzle. Elle détermine qui taxe quoi, dans quel ordre, et surtout comment éviter une double imposition parfois confiscatoire.
Entre impôt sur les plus-values, prélèvements sociaux, retenues à la source australiennes, absence de décote pour les non-résidents et possible ajout de l’IFI, le coût fiscal réel peut dépasser largement les prévisions initiales.
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Un traité ancien, un cadre modernisé et un principe clé : la source immobilière prime

La Convention entre le Gouvernement de l’Australie et le Gouvernement de la République française pour l’évitement des doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et la prévention de l’évasion fiscale est en vigueur depuis 2010, sur la base d’un texte signé en 2006. Elle a ensuite été complétée par l’adhésion des deux États à la Convention multilatérale de l’OCDE (MLI), entrée en vigueur en 2019, qui renforce notamment les clauses anti-abus et précise les règles sur l’aliénation de biens.
Selon la convention, le pays où se situe l’immeuble a la priorité d’imposition sur les revenus et les plus-values, conformément au Modèle OCDE.
Autrement dit :
– Un bien situé en Australie est toujours imposable en Australie, qu’il appartienne à un résident français ou australien.
– Un bien situé en France est imposable en France, même si son propriétaire est résident fiscal australien.
La convention ne supprime donc pas la taxation dans l’État de situation du bien, elle organise plutôt la manière dont l’autre État (celui de résidence du propriétaire) doit accorder un crédit d’impôt pour éviter une double imposition économique intégrale.
Résidence fiscale : le point de départ de toute analyse

Avant de regarder la localisation du bien, il faut déterminer où la personne est résidente fiscale. Les définitions internes de chaque pays ne coïncident pas toujours, d’où l’importance des règles de « tie-breaker » prévues par la convention.
Comment la France qualifie un résident fiscal
Le Code général des impôts (article 4 B) retient plusieurs critères. Il suffit d’en remplir un seul pour être considéré comme résident :
– foyer ou lieu de séjour principal en France (lieu où vit habituellement la famille) ;
– activité professionnelle principale exercée en France ;
– centre des intérêts économiques en France (revenus français majoritaires, gestion d’investissements, etc.).
Le résident français est imposable sur l’ensemble de ses revenus mondiaux, y compris les loyers et plus-values perçus sur un bien immobilier situé en Australie.
Le non-résident français n’est imposé que sur ses revenus de source française : loyers d’un bien en France, plus-values immobilières françaises, certains gains de participations substantielles, etc.
Comment l’Australie détermine la résidence
Le droit australien utilise plusieurs tests :
– le “resides test” (critère de résidence de fait) reste le plus important ;
– le “domicile test” (domicile australien sans installation durable à l’étranger) ;
– le test des 183 jours de présence physique dans l’année fiscale ;
– un test spécifique de superannuation pour certains agents publics.
Un résident temporaire est un statut spécifique avec des règles particulières, notamment pour déclarer ses revenus étrangers. Un résident étranger est toute personne ne remplissant aucun des tests de résidence habituels.
Quand les deux pays se déclarent simultanément votre « résident »
La convention prévoit alors une cascade de critères :
1. L’existence d’un foyer permanent d’habitation dans l’un des États. 2. Si les deux pays peuvent revendiquer un foyer permanent, appréciation du centre des intérêts vitaux (famille, activité, patrimoine géré, habitudes de vie). 3. A défaut, prise en compte du pays de nationalité. 4. Pour les personnes morales, rattachement au pays du lieu de direction effective.
Ce mécanisme, souvent sous-estimé, permet de trancher des situations fréquentes chez les expatriés : un Australien installé à Paris mais propriétaire d’une maison à Sydney, un Français parti travailler plusieurs années à Melbourne tout en conservant un appartement locatif en France, etc.
Revenus locatifs : où et comment sont-ils imposés ?

L’article consacré aux “revenus tirés de biens immobiliers” est sans ambiguïté : les loyers peuvent être imposés dans l’État où se trouve le bien. Dans les faits, le pays de situation de l’immeuble exerce quasi systématiquement cette compétence.
Bien situé en France, propriétaire résident en Australie
Un Australien (ou tout autre non-résident) qui loue un appartement à Paris est d’abord confronté au droit interne français :
– les loyers tirés d’un bien nu sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, selon le barème progressif, avec en sus 17,2 % de prélèvements sociaux ;
– les loyers d’un meublé sont imposés comme bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec des règles de déduction plus favorables (amortissements, frais réels, etc.) et des prélèvements sociaux portés à 18,6 % depuis 2026.
Sauf à opter pour des régimes simplifiés (micro-foncier ou micro-BIC, plafonnés en montant de loyers), l’investisseur doit choisir entre :
– régime micro avec abattement forfaitaire (30 % en nu, 50 % en meublé standard) sans déduction des intérêts d’emprunt ;
– ou régime réel, permettant de déduire notamment les intérêts d’emprunt, travaux, charges, taxes foncières.
Le taux minimum d’impôt sur le revenu appliqué en France aux non-résidents est de 20 %, ce qui place la fiscalité locative entre environ 27 % et plus de 45 % selon les cas.
La convention fiscale France-Australie ne supprime pas cette imposition française, elle vient seulement organiser le traitement de ces loyers dans le pays de résidence du propriétaire. Côté australien, les loyers français constituent un revenu étranger et doivent être intégrés à la base taxable, avec un crédit d’impôt pour l’impôt français payé, dans la limite de l’impôt australien applicable à ce même revenu.
Bien situé en Australie, propriétaire résident en France
Dans l’autre sens, un résident fiscal français possédant un appartement loué à Melbourne est imposé en priorité en Australie. C’est la conséquence directe du principe selon lequel l’immobilier est taxé dans l’État de situation.
Quelques points structurants du régime australien :
Les loyers perçus sont imposés comme revenus ordinaires selon le barème progressif australien. Vous pouvez déduire les intérêts d’emprunt liés à l’investissement ainsi que les charges associées (frais de gestion, assurance, travaux sous réserve des règles locales). Le propriétaire doit respecter les obligations déclaratives australiennes applicables à tout détenteur d’un « taxable Australian property ».
Du point de vue français, ce même contribuable est tenu de déclarer l’ensemble de ses revenus mondiaux, y compris les loyers australiens. Mais la Convention fiscale France-Australie lui permet d’imputer un crédit d’impôt égal à l’impôt australien payé sur ces loyers, crédit généralement limité à l’impôt français afférent à ce revenu. L’objectif affiché est d’éviter une double imposition intégrale, même si, dans la pratique, la somme des charges sociales françaises et de l’impôt australien peut rester élevée.
Pour bien visualiser ces mécanismes, il est utile de résumer le traitement locatif selon la localisation du bien et la résidence fiscale.
Tableau – Revenus locatifs selon la localisation et la résidence
| Situation du bien | Résidence fiscale du propriétaire | Pays qui taxe en premier les loyers | Traitement dans l’autre pays | Prélèvements sociaux français applicables |
|---|---|---|---|---|
| France | Australie | France (revenus fonciers ou BIC) | Australie : revenu étranger avec crédit d’impôt pour l’impôt français | Oui, 17,2 % (nu) ou 18,6 % (meublé), sauf cas d’exonération partielle pour certains affiliés européens |
| Australie | France | Australie | France : revenu mondial avec crédit d’impôt pour l’impôt australien | Non, uniquement si revenu considéré de source française |
Cette mécanique paraît théorique mais a des conséquences concrètes sur le rendement net et sur la structure de financement du bien, notamment pour l’arbitrage entre régime micro et réel en France, ou entre levier bancaire et apport personnel.
Plus-values immobilières : le choc de la double couche France–Australie

C’est sur les plus-values que la Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier prend une dimension particulièrement sensible. L’article sur l’aliénation des biens attribue à nouveau la priorité au pays où est situé le bien, y compris pour :
– les ventes directes de biens immobiliers ;
– les ventes de parts ou actions dont la valeur provient principalement d’immeubles situés dans l’autre État (sociétés « à prépondérance immobilière ») ;
– la cession de droits portant sur des ressources naturelles, concessions minières, etc.
Règles françaises de base pour les non-résidents
Pour un non-résident (y compris australien) qui revend un bien en France, le régime standard est le suivant :
– 19 % d’impôt sur la plus-value immobilière ;
– 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % au total avant surtaxe ;
– une surtaxe progressive de 2 % à 6 % pour les gains imposables supérieurs à 50 000 €, prévue à l’article 1609 nonies G du CGI, portant le taux marginal maximal à 42,2 %.
Ce régime est atténué au fil du temps grâce à des abattements pour durée de détention distincts pour l’impôt et pour les prélèvements sociaux :
– exonération totale d’impôt de 19 % après 22 ans de détention ;
– exonération totale de prélèvements sociaux après 30 ans de détention.

Règles australiennes sur les plus-values immobilières
Pour un résident australien, les plus-values sur biens immobiliers sont soumises au Capital Gains Tax (CGT), techniquement une composante de l’impôt sur le revenu. L’atout majeur pour les résidents est la remise de 50 % sur la plus-value nette pour les actifs détenus plus de 12 mois, ce qui ramène le taux effectif maximum à environ 23,5 % (47 % × 50 %).
Les résidents étrangers et temporaires ne peuvent pas bénéficier du discount de 50% sur les plus-values pour les actifs acquis après le 8 mai 2012. Si l’actif a été détenu en totalité en tant que non-résident, la plus-value est intégralement taxée au barème marginal, sans discount. Un calcul prorata temporis ou basé sur la valeur de marché peut s’appliquer pour les périodes de résidence australienne.
En outre, l’Australie impose un mécanisme de Foreign Resident Capital Gains Withholding (FRCGW) : une retenue à la source sur le prix de vente des biens immobiliers australiens détenus par des non-résidents. Selon les dates de contrat :
– 10 % pour certaines opérations antérieures ;
– 12,5 % pour les contrats signés entre 2017 et fin 2024, au-dessus de certains seuils de valeur ;
– 15 % pour les contrats signés à partir de 2025, sans seuil de valeur.
Cette retenue n’est pas un impôt définitif, mais un crédit imputable sur la CGT australienne due lors de la déclaration.
L’interaction France–Australie : un risque de charge globale extrême
La Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier consacre un principe fort : un bien situé en Australie reste toujours taxé en Australie, même lorsqu’il est détenu par un résident français. De l’autre côté, la France taxe les plus-values mondiales de ses résidents, auxquels elle ajoute des prélèvements sociaux de 17,2 % sur ces gains.
Concrètement, pour un résident français revendant un bien locatif en Australie :

Les données issues du rapport montrent que la charge théorique peut atteindre : la valeur maximale spécifiée par les normes.
– 47–50 % de taxation en Australie sur la plus-value brute ;
– 47–62 % en France en additionnant impôt et prélèvements sociaux dans certains scénarios.
Des crédits d’impôt étrangers s’appliquent dans les deux sens pour éviter que la totalité de ces pourcentages se cumule mécaniquement. Mais même avec ces crédits, le taux effectif global peut rester très élevé, surtout lorsque l’un des systèmes ne reconnaît qu’une partie des prélèvements de l’autre (par exemple, reconnaissance de l’impôt mais pas de certaines contributions assimilées).
Tableau – Plus-values immobilières et interaction France–Australie
| Type de bien | Résidence fiscale du vendeur | Pays d’imposition prioritaire de la plus-value | Régime local | Traitement dans l’autre pays |
|---|---|---|---|---|
| Bien en France | Résident Australie | France | 19 % + 17,2 % + surtaxe 2–6 % au-delà de 50 000 €, abattements après 22/30 ans | Australie : inclusion dans la base, crédit d’impôt pour l’impôt français sur la plus-value |
| Bien en Australie | Résident France | Australie (bien toujours taxé en Australie) | CGT au barème marginal, discount 50 % réservé aux résidents, FRCGW 12,5–15 % à la source | France : imposition sur la plus-value mondiale + prélèvements sociaux, crédit d’impôt pour la CGT australienne |
En pratique, cette double couche impose une planification en amont : choix de la structure de détention (directe ou via société), horizon de détention, calendrier d’un éventuel changement de résidence fiscale, arbitrage entre plus-value latente et taux futurs, etc.
IFI : quand un bien australien tombe dans l’impôt français sur la fortune immobilière

La Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier n’empêche pas la France de prélever un impôt spécifique sur le patrimoine immobilier mondial de ses résidents : l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).
Champ et barème de l’IFI
L’IFI frappe les contribuables dont la valeur nette du patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d’euros au 1er janvier de l’année. Il s’agit :
– des immeubles bâtis et non bâtis détenus directement ;
– des parts de sociétés ou organismes immobiliers (SCI, SCPI, OPCI) à hauteur de leur fraction immobilière ;
– des biens et droits immobiliers détenus via des sociétés holding.
Les actifs purement financiers sont exclus de l’IFI. Pour les résidents français, l’assiette inclut les biens immobiliers situés en France et à l’étranger, comme une maison à Sydney, un terrain dans le Queensland ou un immeuble à Melbourne.
Le barème est progressif, avec des taux qui montent de 0,5 % à 1,5 % du patrimoine immobilier net, au-delà de 1,3 M€. Les informations issues du rapport indiquent :
– un taux de 0,5 % sur une première tranche (jusqu’autour de 1,3 à 2,57 M€ selon la grille retenue) ;
– un taux qui grimpe progressivement, pour atteindre 1,6 % sur la fraction supérieure à 10 millions d’euros.
Un résident français propriétaire d’un parc immobilier total de 2 M€ incluant un bien en Australie voit donc la totalité de cette valeur entrer dans la base taxable de l’IFI. Les calculs fournis dans le rapport illustrent une charge annuelle d’environ 8 250 € pour 2 M€ de patrimoine immobilier.
Non-résidents : seule la pierre française est visée
Pour un résident australien, l’IFI ne s’applique en France que sur :
– les biens et droits immobiliers situés en France ;
– la fraction immobilière de sociétés françaises ou étrangères à prédominance immobilière en France.
Les biens en Australie sont exclus de l’IFI sauf structure française spécifique. En cas de transfert de résidence fiscale en France, seuls les biens immobiliers situés en France sont imposables à l’IFI pendant les cinq premières années. Passé ce délai, l’ensemble du patrimoine immobilier mondial, y compris en Australie, devient taxable.
Tableau – IFI et Convention fiscale France-Australie
| Situation | Résidence fiscale | Biens pris en compte | Rôle de la convention |
|---|---|---|---|
| Résident France avec biens en Australie | France | Tous les biens immobiliers mondiaux, y compris Australie | La convention n’empêche pas l’IFI sur les biens australiens ; elle vise surtout les impôts sur le revenu et les plus-values |
| Résident Australie avec biens en France | Australie | Uniquement les biens et droits immobiliers situés en France | La convention ne supprime pas l’IFI sur les biens français ; elle limite la double imposition sur les revenus et gains, pas sur la fortune |
L’IFI vient donc s’ajouter, pour certains profils patrimoniaux, à la taxation des loyers et des plus-values, augmentant encore la nécessité d’une stratégie globale d’investissement et de structuration.
Dispositifs anti-abus, MLI et élargissement de la notion de “real property”

L’application conjointe de la Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier et de la Convention multilatérale OCDE (MLI) entraîne un durcissement de la lutte contre les montages visant à transférer artificiellement la plus-value hors de l’État de situation du bien.
Elargissement de la notion de “real property” côté australien
Le droit australien a engagé une redéfinition de la notion de “Taxable Australian Real Property (TARP)” afin d’englober :
Les intérêts ou droits sur des terrains situés en Australie, quelle que soit leur qualification en droit interne des États ou territoires ; les droits personnels permettant d’obtenir ultérieurement un intérêt sur un bien foncier ; certaines licences ou droits contractuels liés à des terrains australiens ; des biens fixés ou installés sur un terrain australien pour la majeure partie de leur durée de vie, même s’ils ne sont pas considérés comme des immeubles en droit civil classique.
Cette approche vise à éviter qu’un investisseur étranger loge la valeur réelle tirée de la terre ou des ressources naturelles australiennes dans des véhicules juridiques moins visibles, en prétendant qu’il ne détient pas directement de propriété foncière.
Provisions sur l’aliénation de participations « immobilières »
La Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier, telle que modifiée par la MLI, s’aligne sur la tendance internationale consistant à traiter, comme revenus immobiliers, non seulement :
– la cession directe d’un immeuble, mais aussi :
– la vente d’actions, parts de trust ou d’autres entités dont la valeur provient principalement d’immeubles situés dans l’autre État.
Un actionnaire français cédant des titres d’une société australienne détenant principalement des terrains ou immeubles commerciaux en Australie ne peut éviter l’imposition australienne. L’Australie taxe la plus-value selon la convention, et la France accorde les crédits d’impôt correspondants.
Déclarations, formulaires et coordination pratique

Sur le terrain, la Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier ne se suffit pas à elle-même. Elle suppose une discipline déclarative rigoureuse dans les deux pays.
Côté France
Un non-résident australien détenteur de biens français doit :
Synthèse des obligations déclaratives liées aux revenus et biens immobiliers
Utilisez les formulaires 2042, 2044 ou 2042-C pour déclarer vos revenus fonciers ou BIC.
Déclarez via le formulaire 2048-IMM, généralement traité par le notaire lors de la vente.
Dans la campagne ‘Gérer mes biens immobiliers’, indiquez le type d’occupation (résidence principale, secondaire, location, vacance…).
Déposez le formulaire 2042-IFI (avec annexes) si votre patrimoine immobilier net dépasse 1,3 M€.
Un résident français avec biens en Australie doit, lui, intégrer loyers et plus-values australiens dans ses déclarations, en procédant à la demande de crédit d’impôt étranger correspondant à l’impôt payé à Canberra.
Côté Australie
Un résident australien propriétaire en France doit pour sa part intégrer ses loyers et plus-values de source française dans sa tax return australienne, en sollicitant un Foreign Tax Credit au titre des impôts acquittés en France. Un résident français devenu non-résident pour l’Australie reste redevable de la CGT sur ses “taxable Australian property”, y compris lors de la sortie de résidence, avec parfois un mécanisme de sortie (“deemed disposal”) ou, à l’inverse, une option de report.
La montée en puissance du FRCGW et l’élargissement de la notion de TARP renforcent le contrôle australien sur les cessions de biens à fort contenu immobilier.
Stratégies et points de vigilance pour investisseurs et expatriés

La Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier n’est pas un outil d’optimisation miraculeux ; elle constitue plutôt un cadre de répartition des droits d’imposition. Pour l’investisseur, l’important est de comprendre où se situe la marge de manœuvre.
Plusieurs axes se dégagent :
Avant d’acheter ou de vendre un bien, maîtrisez votre statut de résidence fiscale pour préserver les abattements. Choisissez le mode de détention (directe, SCI, société) en anticipant l’IFI si votre patrimoine mondial dépasse 1,3 M€. Arbitrez entre levier et apport : les intérêts d’emprunt sont souvent déductibles des loyers, mais l’effet levier peut être réduit par la double imposition à la revente. Enfin, surveillez les surtaxes comme la FRCGW en Australie et les prélèvements sociaux en France pour optimiser le rendement net.
L’expérience montre que ce qui fait la différence, ce n’est pas l’existence ou non de la Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier – elle est là, robuste et assez détaillée –, mais la façon dont on s’organise à l’intérieur de ce cadre.
Conclusion : un traité protecteur, mais une architecture fiscale exigeante

La Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier joue pleinement son rôle : elle clarifie la compétence de chaque État, consacre la primauté de l’État de situation du bien, prévoit des mécanismes de crédit d’impôt et encadre les montages transfrontaliers via la MLI et les clauses anti-abus.
Mais la combinaison :
La France impose un barème progressif jusqu’à 45 %, des prélèvements sociaux de 17,2 % ou 18,6 %, l’IFI dès 1,3 M€ et des surtaxes sur les plus-values importantes. L’Australie taxe strictement les gains immobiliers à la source via le FRCGW, élargit la notion de bien immobilier réel et limite les avantages pour les non-résidents.
fait que l’investisseur franco-australien évolue dans un environnement fiscal à très forte intensité.
Dans ce contexte, la Convention fiscale France-Australie sur l’immobilier n’est pas un bouclier absolu mais un mode d’emploi. C’est en le lisant à la lumière des règles internes – taux, abattements, pertes reportables, plafonds d’exonération – et en anticipant les conséquences d’une décision de résidence ou d’investissement qu’on peut réellement protéger, et parfois améliorer, le rendement d’un patrimoine immobilier à cheval entre Paris et Sydney.
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