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FIRPTA : comprendre l’imposition à la source des étrangers aux USA sur l’immobilier

par | Fiscalité à l’étranger, Fiscalité en France, Immobilier en Amérique
Publié le 2 août 2026

L’immobilier américain attire depuis longtemps les investisseurs étrangers. Résidences de vacances en Floride, condos à New York, immeubles commerciaux dans les grandes métropoles : les étrangers possèdent des milliards de dollars d’actifs immobiliers aux États‑Unis. Mais derrière cette attraction se cache un régime fiscal très particulier, souvent mal compris : la FIRPTA, pour Foreign Investment in Real Property Tax Act.

Bon à savoir :

La loi ne crée pas un nouvel impôt, mais impose une retenue à la source stricte pour que le fisc américain prélève l’impôt sur les plus-values des non-résidents. L’acheteur agit comme agent collecteur pour le compte de l’IRS.

Comprendre la FIRPTA est devenu indispensable pour tout étranger qui envisage d’acheter ou vendre de l’immobilier aux États‑Unis, mais aussi pour les professionnels (agents immobiliers, notaires de closing, avocats, intermédiaires de 1031, etc.) qui interviennent dans ces transactions.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Le principe de la FIRPTA : taxer les gains immobiliers des étrangers à la source

Le principe de la FIRPTA : taxer les gains immobiliers des étrangers à la source

À la base, la FIRPTA part d’un constat simple : lorsqu’un investisseur étranger vend un bien immobilier américain et repart avec le produit de la vente dans son pays, l’IRS a très peu de moyens pratiques pour recouvrer l’impôt sur la plus‑value. La solution choisie par le législateur américain a été radicale : faire porter la responsabilité de la retenue d’impôt sur l’acheteur.

Concrètement, lorsque « une personne étrangère » cède un U.S. Real Property Interest (USRPI), l’acheteur doit retenir un pourcentage du prix brut (le « amount realized ») et le verser directement à l’IRS dans un délai de 20 jours.

L’USRPI est défini très largement. Il comprend notamment :

Actifs visés par le FIRPTA

La FIRPTA est codifiée principalement dans les sections IRC § 897 (règles de taxation des gains immobiliers de non‑résidents) et IRC § 1445 (obligation de retenue à la source).

Qui est considéré comme « personne étrangère » ?

Le statut s’apprécie selon le droit fiscal, et non selon le droit de l’immigration. Sont considérés comme « foreign persons » :

– les personnes physiques non résidentes (nonresident aliens) ;

– les sociétés étrangères ;

– les partenariats étrangers ;

– les trusts et successions étrangers ;

– et, par transparence, le propriétaire d’une entité « disregarded ».

À l’inverse, ne sont pas soumis à la retenue FIRPTA :

Exemple :

Les citoyens américains, les résidents fiscaux américains (titulaires d’une green card ou répondant au substantial presence test) et les entités américaines avec une certification de non-étrangeté valable sont concernés.

C’est donc le statut fiscal du vendeur pour l’année de la vente qui détermine l’application de FIRPTA, pas son passeport ni son visa.

Le traitement fiscal des gains : comme un revenu d’activité aux États‑Unis

Sous FIRPTA, les gains ou pertes issus de la cession d’un USRPI par un non‑résident sont assimilés à des revenus effectivement liés à une activité américaine (Effectively Connected Income – ECI). En pratique :

– les gains sont imposés selon les barèmes ordinaires applicables aux contribuables américains (taux graduels pour les personnes physiques, taux de 21 % pour les sociétés, etc.) ;

– les pertes sont en principe déductibles des autres revenus effectivement liés à une activité américaine.

La retenue FIRPTA ne constitue donc pas l’impôt définitif. Elle fonctionne comme un acompte de sécurité, souvent très supérieur à l’impôt réel, qui sera ajusté lors du dépôt de la déclaration de revenus (Form 1040‑NR pour un non‑résident, Form 1120‑F pour une société étrangère).

Le mécanisme de la retenue : 15 % du prix brut, avec quelques exceptions

Le mécanisme de la retenue : 15 % du prix brut, avec quelques exceptions

Le cœur de la FIRPTA, c’est l’obligation de retenir un pourcentage du « amount realized » et de le reverser à l’IRS. Ce montant réalisé est défini de manière large : il inclut la somme en numéraire versée, la valeur de tout bien transféré, ainsi que le montant des dettes reprises ou auxquelles le bien reste soumis.

Le taux standard : 15 % du prix brut

Depuis l’intervention notamment du PATH Act, le taux de base est :

15 % du prix brut pour la plupart des ventes par des personnes étrangères.

Point crucial : cette retenue est calculée sur le prix de vente total, pas sur le gain net. Même si le vendeur étranger cède à perte, l’acheteur doit, par défaut, retenir 15 % du montant réalisé, sauf si une exemption ou un certificat de réduction de retenue a été obtenu.

Quelques exemples illustratifs (en dehors de tout régime dérogatoire) :

Prix de vente (USD)Taux FIRPTA standardMontant retenu à la source
400 00015 %60 000
600 00015 %90 000
1 000 00015 %150 000

Même si la plus‑value réelle est modeste (par exemple 25 000 dollars), la retenue reste de 90 000 dollars sur un prix de 600 000 dollars, sauf intervention d’un certificat de réduction (Form 8288‑B).

Quand le taux descend à 10 % : l’achat de résidence entre 300 001 $ et 1 000 000 $

La FIRPTA prévoit un régime allégé pour les acquisitions destinées à servir de résidence personnelle à l’acheteur. Lorsque toutes les conditions sont remplies :

Attention :

Si le prix est supérieur à 300 000 dollars mais ne dépasse pas 1 000 000 dollars, l’acheteur ou un membre de sa famille au sens large doit avoir des plans clairs pour habiter le bien au moins 50 % des jours d’utilisation au cours de chacune des deux premières années suivant l’acquisition.

alors le taux de retenue sur le prix brut est abaissé à 10 % au lieu de 15 %.

Cette règle est centrale dans une multitude de transactions résidentielles, notamment pour les condos, maisons individuelles et résidences secondaires qui deviennent la résidence principale de l’acheteur.

On peut synthétiser ainsi :

Tranche de prix (USD)Usage par l’acheteurTaux FIRPTA applicable
≤ 300 000Résidence personnelle0 %
300 001 – 1 000 000Résidence personnelle10 %
> 1 000 000Quel que soit l’usage15 %

Ce barème, issu de plusieurs textes et interprétations, est appelé couramment « résidence exception / reduced rate rule ».

Quand la retenue tombe à 0 % : le « $300,000 Residence Exemption »

Il existe une exemption particulièrement utilisée dans les transactions résidentielles : si toutes les conditions suivantes sont réunies :

Astuce :

Le prix de vente ne doit pas dépasser 300 000 dollars, l’acheteur doit être un individu (et non une société), et lui-même ou un membre de sa famille proche (conjoint, enfants, parents, frères, sœurs, y compris demi-frères et demi-sœurs) doit avoir des plans fermes pour résider dans le bien au moins 50 % des jours d’occupation par toute personne pendant chacune des deux premières années. Les jours vacants ne sont pas comptés dans ce calcul.

alors l’acheteur peut ne rien retenir au titre de FIRPTA : la retenue est de 0 %.

Cette situation est omniprésente dans les achats de petites maisons ou de condos destinés à être occupés par des particuliers.

On la retrouve dans plusieurs représentations de synthèse :

Condition principaleRésidence de l’acheteur ?Taux FIRPTA
Prix ≤ 300 000 USDOui0 %
Prix 300 001 – 1 000 000 USDOui10 %
Prix > 1 000 000 USDPeu importe15 %

Ce dispositif est toutefois très formel : l’acheteur doit signer une déclaration confirmant son intention de résider dans le bien selon les critères requis. En cas de fausse déclaration, il s’expose à des risques fiscaux sérieux.

Cas particuliers : sociétés, trusts, foreclosures, dons, etc.

Le régime de base à 15 % concerne essentiellement les individus. Certains cas appellent des règles particulières :

Bon à savoir :

Certains taux distincts (ex. 21 % pour l’IS) s’appliquent aux sociétés ou trusts étrangers, mais la retenue par défaut est de 15 % sur le prix brut. En cas de saisie immobilière, un montant alternatif peut réduire la retenue au montant net revenant au débiteur ; si ce montant est nul, aucune retenue n’est due sous réserve de notification. Aucune retenue non plus si la valeur réalisée est nulle (don) ou pour les acquisitions par l’État fédéral, un État, une collectivité locale ou le District de Columbia. Enfin, les titres cotés (actions domestiques négociées en bourse, intérêts dans des partnerships cotés) échappent à la retenue sous conditions de dispersion du capital.

Qui doit retenir et quelles sont les démarches concrètes ?

Qui doit retenir et quelles sont les démarches concrètes ?

Le régime FIRPTA est brutal dans un sens : c’est l’acheteur qui devient l’agent de retenue à la source. En jargon fiscal américain, il devient le withholding agent au sens de l’IRC § 1445.

La responsabilité de l’acheteur

Dès qu’il acquiert un USRPI auprès d’un vendeur étranger, l’acheteur doit :

– déterminer si le vendeur est étranger ou non (en demandant une Certification of Non‑Foreign Status s’il prétend être américain ou résident fiscal) ;

– vérifier si une exemption ou une réduction de taux est applicable (exemption résidence ≤ 300 000, résidence 300 001–1 000 000, etc.) ;

– calculer le montant de la retenue sur la base du prix de vente brut ;

retenir effectivement ce montant au closing ;

– déposer auprès de l’IRS le formulaire adéquat et le paiement dans un délai de 20 jours suivant la date de transfert.

Attention :

Si l’acheteur omet de retenir ou de reverser le montant dû, il peut être tenu personnellement responsable de cette somme, ainsi que des pénalités et intérêts applicables.

Les formulaires clés : 8288, 8288‑A et 8288‑B

Le fonctionnement administratif de la FIRPTA repose principalement sur trois formulaires :

Form 8288U.S. Withholding Tax Return for Dispositions by Foreign Persons of U.S. Real Property Interests C’est la déclaration du withholding agent (souvent l’acheteur). Elle récapitule la transaction, le prix réalisé, le taux de retenue appliqué, et le montant versé à l’IRS. Elle doit être déposée, avec le paiement, dans les 20 jours suivant la date du transfert.

Form 8288‑AStatement of Withholding on Dispositions by Foreign Persons of U.S. Real Property Interests Ce formulaire accompagne le 8288 et est établi par vendeur étranger. L’IRS renvoie ensuite au vendeur une copie estampillée (Copy B) qui lui permettra de créditer la retenue sur sa propre déclaration de revenus (Form 1040‑NR ou 1120‑F).

Bon à savoir :

Le formulaire 8288‑B est utilisé par le vendeur pour demander un certificat de réduction ou d’exonération de retenue. Il peut être justifié par un impôt réel inférieur à 15 % du prix de vente, l’application d’un traité fiscal limitant la taxation des gains immobiliers, un échange 1031 (non-reconnaissance de gains) ou d’autres dispositions de non-reconnaissance.

Tant que l’IRS n’a pas statué sur la demande 8288‑B, la règle est que la transaction reste soumise à la retenue standard. Une exception existe : si la demande de certificat était sérieuse et ne visait pas simplement à retarder le paiement, le délai de remise des 8288/8288‑A et du paiement est décalé au 20e jour après l’envoi du certificat ou du refus par l’IRS. Sinon, des intérêts et pénalités courent à partir du 21e jour suivant la vente.

À partir d’une certaine échéance, les paiements FIRPTA doivent obligatoirement être réalisés par voie électronique via EFTPS, l’envoi de chèques papier n’étant plus admis.

Comment réduire ou éviter la retenue FIRPTA légalement ?

Comment réduire ou éviter la retenue FIRPTA légalement ?

La FIRPTA est souvent ressentie comme très lourde par les investisseurs étrangers, notamment parce qu’elle frappe le prix brut, sans tenir compte du gain réel. Le système prévoit néanmoins plusieurs leviers pour réduire voire éviter la retenue, lorsque c’est justifié par la situation.

La résidence principale de l’acheteur : l’exemption la plus fréquente

On l’a vu, la « residence exception » constitue de loin le cas le plus courant de réduction ou d’annulation de la retenue :

– pour un prix ≤ 300 000 dollars et usage résidentiel principal, 0 % de retenue ;

– pour un prix entre 300 001 et 1 000 000 dollars et usage résidentiel, 10 % au lieu de 15 %.

Cette exception repose uniquement sur l’usage prévu par l’acheteur, pas sur la situation personnelle du vendeur. Même si le vendeur est un non‑résident, la retenue peut être évitée ou allégée si l’acquéreur respecte les conditions.

Pour que le bien soit considéré comme « résidence » de l’acheteur, il faut notamment :

– que l’acheteur ou un membre de sa famille proche ait des projets fermes d’y habiter plus de 50 % des jours d’usage par quiconque, pour chacune des deux premières périodes de 12 mois ;

– que les jours où le bien est vacant ne soient pas comptabilisés ; seuls les jours d’occupation effective par une personne entrent en ligne de compte.

Il est fortement conseillé de documenter ces plans dès le closing (affidavit, mention dans la documentation de clôture, etc.), de façon à justifier le recours à l’exemption en cas de contrôle.

La certification de non‑étrangeté : quand le vendeur est résident fiscal US

Si le vendeur est en réalité un U.S. person (citoyen américain ou résident fiscal au regard des tests du green card ou de la présence substantielle), il peut remettre à l’acheteur une Certification of Non‑Foreign Status. Cette certification, faite sous peine de parjure, doit comporter :

– son nom légal ;

– son TIN (Taxpayer Identification Number – SSN ou EIN) ;

– son adresse aux États‑Unis (ou adresse professionnelle pour une entité).

Bon à savoir :

Lorsque l’acheteur reçoit la certification appropriée (ou un Qualified Substitute Statement), il n’est plus obligé d’effectuer la retenue FIRPTA, car la transaction n’est pas considérée comme une cession par un étranger.

Les transactions en non‑reconnaissance : échanges 1031 et autres

Les dispositions de non‑reconnaissance du Code (notamment section 1031) permettent dans certains cas de déférer la taxation de la plus‑value lorsque le vendeur réinvestit dans un autre bien immobilier d’investissement aux États‑Unis.

Toutefois, et c’est un point souvent mal compris, le fait qu’une transaction soit éligible à un échange 1031 ne supprime pas automatiquement l’obligation de retenue FIRPTA. Pour que la retenue soit réduite ou supprimée :

Bon à savoir :

Le vendeur ou le Qualified Intermediary (QI) doit notifier par écrit à l’acheteur que la transaction est une opération de non‑reconnaissance. Cette Notice of Nonrecognition doit être transmise à l’IRS par l’acheteur (ou le QI) dans les 20 jours suivant le transfert. Une demande de Withholding Certificate (Form 8288‑B) peut être déposée pour obtenir une autorisation de retenue réduite ou nulle.

Dans la pratique des échanges 1031 :

– un Qualified Intermediary intervient comme « transferee » aux yeux de l’IRS ;

– il détient les fonds de la vente sur un compte séquestre, prépare les formulaires 8288, 8288‑A, 8288‑B, la Notice of Nonrecognition, etc. ;

– l’IRS peut demander, à l’appui de la délivrance d’un certificat, une copie de l’acte de clôture de la propriété de remplacement pour vérifier que l’échange respecte bien les conditions (délai de 45 jours pour identifier, 180 jours pour acquérir, absence de boot, etc.).

Les certificats de réduction de retenue (Withholding Certificates)

Même en dehors des échanges 1031, un vendeur étranger peut demander un Withholding Certificate pour ajuster la retenue à son impôt réel attendu. Parmi les cas de figure courants :

– lorsque la plus‑value est faible ou inexistante (par exemple en cas de revente proche du prix d’achat) ;

– lorsque la cession bénéficie d’une exclusion pour résidence principale (IRC § 121, jusqu’à 250 000 dollars de gain pour un non‑résident éligible) ;

– lorsque l’application d’un traité fiscal permet un taux effectif inférieur.

Le certificat n’annule pas nécessairement toute retenue, mais permet de la limiter à un montant bien plus proche de l’impôt dû. Sans ce document, l’acheteur n’a pas le droit d’appliquer un taux inférieur à ceux prévus par la loi, même si tout le monde sait que la plus‑value est minime.

L’effet des conventions fiscales internationales

Les États‑Unis ont conclu des conventions fiscales avec de nombreux pays. Dans la grande majorité des cas, ces traités :

Bon à savoir :

Les États‑Unis peuvent taxer les revenus et les plus‑values issus de biens immobiliers situés sur leur territoire. Les conventions fiscales peuvent réduire le taux d’imposition effectif ou garantir un traitement non discriminatoire, assimilant l’étranger à un résident. Elles permettent aussi, via des clauses de non‑discrimination, d’exonérer certains transferts de biens lors d’un divorce ou d’un règlement matrimonial.

En revanche, les conventions éteignent rarement la mécanique de retenue FIRPTA elle‑même. Dans la pratique :

– la retenue de 15 % à la source est souvent appliquée au closing ;

– puis le vendeur étranger déclare ultérieurement la plus‑value dans sa déclaration américaine, en invoquant, si possible, les bénéfices du traité ;

– cette position de traité doit être documentée en annexant un Form 8833 (Treaty‑Based Return Position Disclosure) à la déclaration, dès lors que la position revendiquée réduit ou supprime un impôt américain normalement dû.

La convention Canada–États‑Unis, par exemple, offre un mécanisme très protecteur en matière de droits de succession (exemption proratisée en fonction de la proportion d’actifs américains dans le patrimoine mondial), mais ne supprime pas la FIRPTA lors de la vente d’un bien immobilier de son vivant.

Après la retenue : déclarer, régulariser, récupérer un éventuel trop‑perçu

Après la retenue : déclarer, régulariser, récupérer un éventuel trop‑perçu

Une fois la retenue pratiquée et versée à l’IRS, le chapitre n’est pas clos pour le vendeur étranger. Pour que la somme retenue soit imputée sur l’impôt réel, il doit :

Exemple :

Pour vendre un bien immobilier américain en tant que non‑résident, il faut : obtenir un **TIN** (ITIN pour un particulier, EIN pour une société) ; déposer une déclaration de revenus US (Form 1040‑NR pour une personne physique, Form 1120‑F pour une société étrangère) ; y déclarer la cession, calculer la plus‑value et appliquer le taux adéquat (long terme ou ordinaire) ; puis **créditer la retenue FIRPTA** à l’aide du Form 8288‑A (Copy B) délivré par l’IRS.

C’est à ce moment‑là que se produit le véritable « rendez‑vous fiscal » :

– si l’impôt réel est inférieur à la retenue, le vendeur obtient un remboursement de la différence ;

– si l’impôt est supérieur, il doit verser le complément.

Pour les résidents d’autres pays, comme le Canada, la plus‑value doit en outre être reportée dans la déclaration nationale (par exemple sur une annexe dédiée aux gains en capital), avec possibilité de demander un crédit d’impôt étranger pour l’impôt américain déjà payé.

Autres dimensions fiscales : résidence fiscale, revenus locatifs, succession et donation

Autres dimensions fiscales : résidence fiscale, revenus locatifs, succession et donation

La FIRPTA s’inscrit dans un schéma plus large de fiscalité des non‑résidents.

Résidence fiscale et plus‑values immobilières

Un nonresident alien n’est en principe imposé aux États‑Unis que sur ses revenus de source américaine, et pas sur ses plus‑values mobilières réalisées sur des actions ou parts de sociétés américaines (sous certaines limites). En revanche, la vente d’un USRPI sort de ce cadre : par le jeu de l’IRC § 897, la plus‑value est traitée comme effectivement liée à une activité américaine, ce qui justifie sa taxation, et donc la retenue FIRPTA.

Un étranger qui passe d’un statut de non‑résident à celui de résident fiscal (par exemple parce qu’il satisfait au substantial presence test sur l’année de la cession) peut sortir de FIRPTA, mais sera de toute façon imposé comme un résident sur ses gains.

Revenus locatifs et choix de régime

Les propriétaires étrangers qui louent des biens immobiliers aux États‑Unis sont, par défaut, soumis à un prélèvement de 30 % sur le revenu brut, sans déduction possible. Ils peuvent toutefois opter pour un régime net (élection IRC § 871(d)), où le revenu net après charges est imposé comme un ECI, souvent plus avantageux.

Même si ces règles relèvent d’un autre volet du Code, elles interagissent avec FIRPTA, parce que la vente du bien met fin au cycle locatif et déclenche la question de la taxation de la plus‑value accumulée.

Droits de succession et de donation des non‑domiciliés

Pour les étrangers non domiciliés (non‑domiciled foreign nationals), la possession d’immobilier américain soulève aussi des enjeux en matière de droits de succession :

– l’exemption en matière de droits de succession pour un non‑domicilié est limitée à 60 000 dollars de valeur d’actifs américains ;

– au‑delà, une tranche progressive s’applique, pouvant atteindre 40 % de l’excédent ;

– les US real property interests et certaines actions ou parts relatives à des actifs américains sont considérés comme des US‑situs assets.

Bon à savoir :

Les conventions fiscales sur les successions, comme celle entre le Canada et les États-Unis, peuvent réduire l’impact fiscal en offrant une exemption proportionnelle basée sur le ratio entre les actifs américains et le patrimoine mondial. Toutefois, la loi FIRPTA reste applicable lors des ventes effectuées du vivant du propriétaire.

Exemptions spécifiques pour certains investisseurs institutionnels

Certaines catégories de gouvernements étrangers et fonds souverains peuvent bénéficier d’exemptions particulières, notamment via la section 892 du Code, pour des revenus d’investissement spécifiques (intérêts, dividendes, certains revenus tirés de placements immobiliers non commerciaux, etc.). Les règles récentes et projets de règlements (Final Regulations, Proposed Regulations) encadrent étroitement la frontière entre activités d’investissement passives et activités commerciales.

Même dans ces régimes privilégiés, la détention de US real property interests n’est pas neutre : dès lors qu’on tombe sur un schéma assimilé à une activité commerciale ou sur des participations dans des USRPHC, les protections de la section 892 cessent et FIRPTA reprend le dessus.

Ce qu’il faut retenir pour un étranger qui investit ou vend aux États‑Unis

Ce qu’il faut retenir pour un étranger qui investit ou vend aux États‑Unis

La FIRPTA est un mécanisme sophistiqué, mais son architecture se résume en quelques principes clés :

1. Tout étranger qui vend un intérêt immobilier américain est a priori visé. Le fisc américain considère la plus‑value immobilière comme un revenu américain imposable, d’où le recours à la retenue à la source.

2. L’acheteur devient collecteur de l’impôt à la source. Il doit retenir, déclarer et reverser le montant dû dans des délais courts, sous peine de responsabilité personnelle.

3. Le taux par défaut est 15 % du prix brut, non du gain net. Une retenue potentiellement très supérieure à l’impôt réel, raison pour laquelle un recours au Withholding Certificate est fréquent dans les cas atypiques.

300 000

En dessous de ce montant avec usage comme résidence, la retenue peut être totalement supprimée.

5. Les effets des conventions fiscales portent surtout sur l’impôt final, non sur la retenue. Un traité peut réduire la taxation des gains, mais les 15 % restent souvent prélevés à la source, puis compensés lors de la déclaration via crédit ou remboursement.

6. Aucune retenue n’est la règle, mais une obligation indépendante de la fiscalité finale. Ne pas la pratiquer expose l’acheteur à un risque financier direct, même si le vendeur n’aurait in fine pas payé d’impôt.

Astuce :

Structure de détention, usage résidentiel ou locatif, perspective de 1031 exchange, éventuelle succession future, interaction avec le régime fiscal du pays d’origine : tout doit être pensé avant d’acheter et, surtout, avant de vendre.

Pour les investisseurs étrangers, FIRPTA n’est pas une barrière infranchissable à l’investissement immobilier aux États‑Unis. C’est un système de verrouillage fiscal qui impose d’intégrer le facteur fiscal américain dans chaque étape du cycle de vie du bien : acquisition, détention, location, financement, transmission et, surtout, cession.

S’informer précisément, anticiper les scénarios et s’appuyer sur des professionnels familiers de ces règles devient alors non seulement souhaitable, mais essentiel pour éviter que la FIRPTA ne transforme une belle opération immobilière en casse‑tête fiscal.

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