Les FIA immobiliers se sont imposés comme un outil clé pour accéder à de l’immobilier « en papier » sophistiqué, sans gérer directement des immeubles. Mais dès que l’on parle de FPCI ou de FCPR à poche immo, une question domine rapidement toutes les autres : comment ces véhicules sont-ils taxés, et pour qui présentent-ils réellement un intérêt fiscal par rapport à l’immobilier détenu en direct ou via des SCPI ?
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Comprendre ce que recouvrent les FIA immobiliers

Avant de plonger dans la fiscalité, il est indispensable de clarifier ce que l’on appelle ici « FIA immobiliers (FPCI, FCPR a poche immo) ».
Un FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) ou un FCPR (Fonds Commun de Placement à Risque) peut, à côté de ses participations classiques dans des sociétés non cotées, détenir des titres de sociétés à dominante immobilière, voire structurer une véritable « poche immo ». Ces fonds restent juridiquement des véhicules de capital-investissement, mais la nature des sous-jacents (sociétés foncières, véhicules immobiliers, opérations de promotion ou de marchands de biens, etc.) les rapproche d’un investissement immobilier, avec toutefois une fiscalité qui demeure celle des valeurs mobilières, sauf exceptions très ciblées.
La notion clé n’est pas l’immeuble lui-même, mais sa détention (directe, via SCI, société à l’IS ou FIA) et le statut de l’investisseur (personne physique résidente ou non, société à l’IS). Les règles des FPCI et FCPR immobiliers s’imbriquent avec ces éléments.
– des plus-values de cession de valeurs mobilières (article 150-0 A du CGI et PFU) ;
– des régimes de long terme pour les sociétés soumises à l’IS (articles 38-5 et 219 du CGI) ;
– des régimes dérogatoires pour les FCPR et FPCI dits « fiscaux » (article 163 quinquies B du CGI) ;
– des règles spécifiques visant les sociétés à prépondérance immobilière (article 219-I-a sexies-1 du CGI, article 244 bis A pour les non-résidents) ;
– et, en toile de fond, de la fiscalité immobilière classique (plus-values immobilières des particuliers, IFI, etc.).
Comment sont imposés FPCI et FCPR : PFU, barème et prélèvements sociaux

Pour un investisseur personne physique résidente en France qui souscrit des parts de FPCI ou de FCPR « non fiscaux », le point de départ est simple : ces véhicules sont traités comme des fonds de valeurs mobilières.
Les gains réalisés à la sortie (plus-values sur les parts), mais aussi, pour les fonds non fiscaux, les revenus distribués (dividendes, intérêts perçus par le fonds et redistribués) relèvent du régime général des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values sur valeurs mobilières. Concrètement, deux voies sont possibles :
– la voie automatique du PFU, ou « flat tax » ;
– ou, sur option globale, le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Le PFU : un prélèvement forfaitaire qui grimpe à 31,4 %
Le PFU applique un taux unique à la plupart des revenus et plus-values mobilières. Dans le cas des FPCI et FCPR non fiscaux, l’investisseur est imposé par défaut à ce prélèvement forfaitaire, qui se décompose en une part d’impôt sur le revenu et une part de prélèvements sociaux.
| Composant du PFU | Avant LFSS 2026 | Après LFSS 2026 |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % | 12,8 % |
| Prélèvements sociaux totaux | 17,2 % | 18,6 % |
| Dont CSG | 9,2 % | 10,6 % |
| Taux global PFU | 30 % | 31,4 % |
Pour les FIA non fiscaux, cela signifie que la taxation « de base » des plus-values et revenus issus d’un FPCI ou d’un FCPR s’établit aujourd’hui à 31,4 % si l’on reste sous le PFU. L’avantage historique de la flat tax à 30 % par rapport à des taux marginaux élevés reste, mais la hausse de la CSG grignote une partie de ce différentiel.
L’option pour le barème progressif : une arme à double tranchant
L’investisseur peut renoncer au PFU et opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, les plus-values et revenus tirés de son FIA s’ajoutent à ses autres revenus et sont imposés à son taux marginal (jusqu’à 45 %), tout en restant soumis aux prélèvements sociaux (taux porté à 18,6 %). En revanche, sur les dividendes distribués, l’investisseur bénéficie alors de l’abattement de 40 %.
Ce choix n’est intéressant que si le taux marginal d’imposition est faible, ou dans des situations spécifiques (fort montant de CSG déductible, années de revenus exceptionnellement bas). Pour un épargnant déjà imposé à 30 % ou plus, la flat tax sur les FIA est la voie la plus lisible.
FCPR et FPCI « fiscaux » : un régime d’exonération sous conditions strictes

À côté de ces véhicules « non fiscaux », il existe des FCPR et FPCI dits « fiscaux », qui bénéficient d’un régime très particulier. L’idée est simple : à défaut d’obtenir une réduction d’impôt à l’entrée (contrairement aux FCPI ou FIP), l’investisseur profite, à la sortie, d’une exonération d’impôt sur le revenu sur les gains, sous réserve du respect de plusieurs engagements.
Exonération d’IR sur les gains, mais pas des prélèvements sociaux
Le dispositif repose sur l’article 163 quinquies B du CGI. Les grandes lignes pour un résident français sont les suivantes :
Les sommes et valeurs distribuées par un FCPR ou un FPCI fiscal, ainsi que les plus-values de cession, peuvent être exonérées d’impôt sur le revenu après une détention minimale de cinq ans. En contrepartie, ces gains restent soumis aux prélèvements sociaux, dont le taux a été relevé progressivement (17,2 % puis 18,6 % selon les périodes et la nature du produit).
Le tableau ci-dessous résume l’opposition entre FCPR/FPCI fiscaux et non fiscaux du point de vue de la personne physique résidente.
| Caractéristique | FCPR/FPCI fiscaux | FCPR/FPCI non fiscaux |
|---|---|---|
| Avantage à l’entrée | Aucun | Aucun |
| Avantage à la sortie (IR) | Exonération d’IR sur plus-values/distributions (si conditions remplies) | Taxation au PFU (12,8 % IR) ou barème |
| Prélèvements sociaux | Dus (17,2 % à 18,6 % selon périodes) | Dus (17,2 % à 18,6 %) |
| Durée minimale de détention | 5 ans | Aucune |
| Obligation de réinvestissement des revenus | Oui, pendant l’engagement de 5 ans | Non |
| Plafond de participation dans les sociétés sous-jacentes | 25 % des droits dans les bénéfices | Aucune limite spécifique |
En pratique, pour un investisseur qui accepte l’illiquidité d’un fonds sur plusieurs années et qui a déjà une pression fiscale forte, la possibilité de ne payer que les prélèvements sociaux sur son gain final, sans impôt sur le revenu, est un atout puissant.
Les conditions d’accès au régime fiscal de faveur
Cette exonération théorique est toutefois entourée de nombreuses conditions. Pour un FCPR ou FPCI fiscal, l’investisseur doit :
Le souscripteur doit conserver ses parts au moins cinq ans, réinvestir immédiatement tous les produits distribués sans pouvoir y accéder pendant cette durée, et ne pas détenir, seul ou avec ses proches, plus de 25 % des droits dans les bénéfices des sociétés détenues par le fonds, que ce soit avant ou pendant la détention.
Si l’un de ces critères est manqué (retrait anticipé, sortie partielle, non réinvestissement, dépassement des seuils de détention…), le fonds perd son caractère fiscal pour l’investisseur concerné, et l’on retombe sur la fiscalité de droit commun des valeurs mobilières, avec à la clé le PFU à 31,4 % ou le barème progressif.
Des tempéraments existent toutefois : l’exonération d’IR est préservée même si la sortie intervient avant cinq ans en cas de décès, d’invalidité lourde, de licenciement ou de départ à la retraite du porteur ou de son conjoint.
Un mécanisme qui s’applique aussi aux poches immobilières
La question clé, pour les FIA immobiliers, tient au fait que ces fonds peuvent détenir des sociétés à prépondérance immobilière. Sur ce point, le législateur distingue clairement, pour les sociétés soumises à l’IS, les plus-values sur titres de participation « classiques » et celles sur sociétés principalement immobilières.
En matière d’IS, les plus-values de cession de titres de sociétés à prépondérance immobilière sont exclues du régime d’exonération de long terme. Ces gains sont imposés à 15 % (au-delà du remboursement des apports) sous réserve d’un délai de détention de deux ans. Cette règle impacte la qualification des distributions faites par un FCPR ou un FPCI aux investisseurs personnes morales.
Pour un particulier logé dans un FCPR ou FPCI fiscal, la présence de poche immobilière ne remet pas en cause, en soi, le mécanisme d’exonération d’IR, mais elle peut influer sur la manière dont les distributions sont considérées (revenus vs plus-values d’actifs) et sur la part effectivement couverte par le régime de faveur.
FCPR a poche immo : comment sont traitées les distributions d’actifs ?

Les FCPR, y compris ceux qui intègrent une poche immobilière, obéissent à une logique particulière en matière de distributions. Le principe est que lorsqu’un FCPR procède à une distribution de son actif (par exemple après la cession d’une participation), cette distribution est réputée, par priorité, correspondre à un simple remboursement des apports des porteurs de parts.
Tant que les sommes versées n’excèdent pas le montant total des souscriptions versées par l’investisseur, il n’y a donc pas à proprement parler de gain imposable. C’est uniquement la fraction du versement qui dépasse ce montant de souscription qui est analysée comme une plus-value.
Taux réduit d’imposition applicable aux plus-values des investisseurs personnes morales soumises à l’IS, sous conditions de délai et de qualification des titres.
Les cas où la plus-value est taxée au taux réduit de 15 %
Lorsque les conditions du long terme ne sont pas réunies, ou lorsque les distributions proviennent de la cession de titres qui ne sont pas des titres de participation au sens de l’article 219-I-a sexies-1 du CGI (ce qui est fréquemment le cas pour des sociétés à dominante immobilière), le gain correspondant au dépassement des apports peut être imposé au taux de 15 %, à condition qu’au moins deux ans se soient écoulés entre la date de versement des apports et celle de la distribution.
Le mécanisme de taux réduit à 15 % sur la surdistribution par rapport aux apports rend les FCPR à poche immobilière attractifs pour les holdings ou sociétés à l’IS cherchant à optimiser fiscalement l’immobilier indirect. Cependant, les sociétés à prépondérance immobilière sont exclues des régimes favorables, et la loi durcit les règles pour empêcher les montages immobiliers, comme la promotion ou le marchand de biens, de bénéficier de schémas réservés au capital-investissement.
Comparaison avec la fiscalité de l’immobilier détenu en direct

Pour mesurer l’intérêt spécifique des FIA immobiliers, il faut les comparer avec la fiscalité de l’immobilier détenu en direct par un particulier. Là, le cadre est très différent.
Plus-values immobilières : un régime à 19 % + 17,2 % après abattements
Les plus-values sur la cession d’un bien immobilier détenu dans le cadre du patrimoine privé (hors résidence principale et quelques cas d’exonération ciblés) sont soumises à :
Résumé des trois composantes de la taxation applicables aux plus-values immobilières, incluant les taux forfaitaires et la surtaxe éventuelle.
Un impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 19 % s’applique sur la plus-value réalisée.
Des prélèvements sociaux au taux de 17,2 % s’ajoutent, ce taux restant inchangé sur les plus-values immobilières malgré la hausse de la CSG sur une partie des revenus de capitaux mobiliers.
Une surtaxe est applicable sur les plus-values élevées à partir de 50 000 euros de gain, le cas échéant.
Des abattements pour durée de détention finissent cependant par conduire à des exonérations totales au bout de 22 ans pour l’impôt sur le revenu et de 30 ans pour les prélèvements sociaux. De plus, certains cas spécifiques (vente de la résidence principale, petites cessions sous 15 000 euros, vente d’un droit de surélévation, etc.) bénéficient d’exonérations automatiques.
Une fiscalité de flux souvent plus lourde sur les loyers
Côté revenus, les loyers issus de l’immobilier détenu en direct sont imposés comme des revenus fonciers, au barème progressif, et supportent en outre 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un contribuable à 30 % de TMI, le taux effectif peut ainsi atteindre 47,2 % du loyer brut.
Contrairement à l’immobilier direct, les FPCI/FCPR ne distribuent pas de revenus réguliers. La rentabilité est concentrée à la sortie sous forme de plus-value : dans un fonds non fiscal, elle subit le PFU à 31,4 % ; dans un fonds fiscal respectant les conditions, seuls les prélèvements sociaux s’appliquent (17,2 à 18,6 %). Ce différé fiscal est avantageux pour les investisseurs fortement imposés.
Le tableau ci-dessous synthétise ces différences pour un particulier.
| Type d’investissement | Revenus annuels (loyers ou distributions) | Fiscalité à la sortie (plus-value) |
|---|---|---|
| Immobilier direct (location nue) | Barème IR (jusqu’à 45 %) + 17,2 % PS | 19 % IR + 17,2 % PS (avec abattements) |
| SCPI de rendement | Barème IR + 17,2 % PS sur revenus fonciers | Régime des plus-values immobilières (22 ans pour l’IR, 30 ans pour PS) |
| FPCI/FCPR non fiscaux | PFU 31,4 % ou barème + PS sur revenus distribués | PFU 31,4 % ou barème + PS sur plus-values mobilières |
| FPCI/FCPR fiscaux | Réinvestissement obligatoire des revenus, pas d’IR si conditions | Exonération d’IR, seuls les prélèvements sociaux sont dus |
Place de l’IFI dans la stratégie : les FPCI immobiliers comme refuge partiel

Un autre aspect majeur des FIA immobiliers touche à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Alors que des supports comme les SCPI sont clairement dans le champ de l’IFI (les parts devant être déclarées pour leur fraction effectivement investie en immobilier, nette des dettes), certains FPCI profitent d’un traitement plus favorable.
Les parts de FPCI peuvent être exclues de l’assiette de l’IFI, car ces fonds sont considérés comme du capital-investissement et non comme des placements immobiliers, malgré des sous-jacents immobiliers. Cette exclusion est d’autant plus recherchée que la loi de finances 2026 a maintenu l’IFI dans sa forme actuelle sans l’élargir au patrimoine improductif.
Pour autant, la logique de l’IFI reste claire : un non-résident, tout comme un résident, peut se voir imposer au titre de l’IFI dès lors que la valeur nette de son patrimoine immobilier français dépasse 1,3 million d’euros. Les parts de SCPI, les immeubles détenus directement ou via des sociétés translucides (SCI à l’IR) entrent dans le calcul, alors que les FPCI, même concentrés sur de l’immobilier professionnel ou de la promotion, peuvent y échapper.
Quand l’investisseur est une société à l’IS : arbitrages entre 25 % et 15 %

Pour un investisseur soumis à l’impôt sur les sociétés, l’analyse change de dimension. Un fonds FPCI ou FCPR peut alors constituer un outil de gestion de trésorerie long terme ou de structuration patrimoniale s’il permet de bénéficier du régime des plus-values à long terme.
Long terme, 15 %, 0 % : la cartographie pour une société
Le droit fiscal français distingue les plus-values « à court terme » (pour simplifier, sur des titres détenus depuis moins de deux ans ou n’ayant pas la nature de titres de participation) et « à long terme » (titres de participation détenus plus de deux ans). Pour ces dernières, les régimes prévoient, selon les cas, une exonération quasi complète ou une imposition réduite.
Appliqué à un FCPR ou un FPCI à poche immo :
Si le fonds respecte les quotas d’investissement en titres éligibles et que les apports des investisseurs sont anciens (au moins deux ans avant la distribution), les plus-values distribuées peuvent bénéficier d’un traitement fiscal de long terme. Pour les titres de participation ‘classiques’, l’exonération est quasi totale, seule une quote-part de frais et charges restant taxable. Pour d’autres titres détenus plus de deux ans, un taux réduit de 15 % s’applique sur la fraction excédant le remboursement des apports.
En revanche, les plus-values réalisées par le fonds sur des sociétés à prépondérance immobilière sont expressément exclues du régime d’exonération et basculent dans le champ de ce taux de 15 % sur le surplus.
L’importance de la date d’apport et des distributions d’actifs
La règle posée par l’article 38-5 du CGI est déterminante : pour savoir si une distribution d’actifs d’un FCPR peut être imposée comme une plus-value de long terme, on compare la date de l’apport initial au fonds et la date de la distribution. Si plus de deux ans se sont écoulés, la fraction taxable de la distribution relève, sauf exception, du long terme.
Un investisseur peut bénéficier du régime du long terme sur des parts de FCPR même s’il les détient depuis moins de deux ans, à condition que les apports initiaux au fonds aient été réalisés depuis plus de deux ans. La date de versement dans le fonds prime sur la date d’achat des parts.
Cet assouplissement profite aussi aux FPCI, et permet, dans de nombreux cas, de recalculer la fiscalité due sur les distributions passées, en faisant tomber des impositions au taux plein de l’IS (25 %) au taux de 15 % (voire à une exonération quasi complète sur certaines lignes), ce qui justifie parfois des réclamations contentieuses.
FIA immobiliers, non-résidents et plus-values : le piège de l’article 244 bis A

Même si l’essentiel des mécanismes décrits jusqu’ici concerne des résidents français, les FIA immobiliers sont aussi une préoccupation pour les non-résidents. Au-delà de l’IFI, la question centrale est celle des plus-values réalisées sur des actifs immobiliers français.
Un non-résident qui vend un bien immobilier en France, un droit réel immobilier ou des titres de sociétés à prépondérance immobilière est soumis à un prélèvement de 19 % pour les particuliers, plus des prélèvements sociaux. Des exonérations existent selon la durée de détention, la nature du bien, ou des cas particuliers (petits montants, ventes à des bailleurs sociaux), mais le principe est une taxation à la source.
Les FIA eux-mêmes (FPI, véhicules de type fonds immobiliers) peuvent être pris dans ce champ lorsqu’ils distribuent des plus-values immobilières à des non-résidents. La complexité s’accroît encore avec la question des prélèvements sociaux, dont une partie a été neutralisée pour des résidents de l’Espace économique européen soumis à la législation sociale d’un autre État membre, ou encore, plus récemment, pour certains assurés sociaux britanniques, du fait des accords de sortie du Royaume-Uni.
Pour un non-résident qui envisage d’investir en immobilier français via un FPCI ou un FCPR à poche immo, il est donc crucial de vérifier les conditions spécifiques liées à ce type d’investissement.
– si les distributions qu’il percevra sont traitées comme des gagn mobiliers, susceptibles d’être exonérés en France au titre des conventions fiscales ;
– ou si, au contraire, elles renvoient à des plus-values immobilières françaises, susceptibles d’entrer dans le champ du prélèvement de l’article 244 bis A.
Des règles en mouvement : hausse des prélèvements sociaux et ciblage accru de l’immobilier

L’un des messages sous-jacents des réformes récentes est que l’immobilier, qu’il soit détenu en direct ou via des véhicules collectifs, reste dans le viseur du législateur. La hausse de la CSG sur une partie des revenus de capitaux mobiliers, qui fait passer les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les PFU, impacte directement les FIA non fiscaux. Les gains des FCPR non fiscaux sont ainsi, même en cas d’option pour le barème, grevés de ce nouveau taux.
Les avantages jugés trop généreux dans l’immobilier (LMNP, niches fiscales, holdings) sont réduits : intégration des amortissements LMNP dans la plus-value de revente, exclusion progressive des activités patrimoniales des pactes Dutreil, et création d’une taxe annuelle de 2 % sur les sociétés patrimoniales aux actifs non économiques.
Les FIA immobiliers ne sont pas épargnés : la loi de finances 2026 exclut explicitement certains investissements immobiliers de schémas de réinvestissement via holdings ou FPCI/SLP afin d’éviter que des opérations de promotion ou de marchand de biens ne bénéficient des régimes conçus pour soutenir le capital-investissement productif.
Comment articuler FIA immobiliers, SCPI et immobilier direct dans une stratégie patrimoniale

Au final, la question n’est pas de savoir si les FIA immobiliers sont fiscalement « meilleurs » que l’immobilier classique ou les SCPI. Tout dépend du profil de l’investisseur, de son horizon de placement, de son exposition à l’IFI et de son appétence au risque.
Pour un particulier fortement imposé à l’IR, déjà propriétaire de sa résidence principale et éventuellement exposé à l’IFI, les arbitrages peuvent se résumer ainsi :
L’immobilier en direct offre un contrôle fort mais une fiscalité lourde sur les loyers et une imposition à la sortie élevée sans abattement. Les SCPI mutualisent mais restent fiscalement transparentes, avec des revenus fonciers imposés comme en direct et l’IFI applicable. Les FPCI et FCPR immobiliers concentrent la fiscalité à la sortie via des plus-values mobilières : les fonds non fiscaux subissent la flat tax à 31,4 %, tandis que les fonds fiscaux permettent de ne payer que les prélèvements sociaux après cinq ans de détention et réinvestissement, offrant un lissage fiscal.
Le tableau suivant illustre, de manière schématique, le type d’investisseur pour lequel chaque solution présente un avantage spécifique.
| Profil d’investisseur | Immobilier direct | SCPI | FPCI/FCPR non fiscaux | FPCI/FCPR fiscaux |
|---|---|---|---|---|
| TMI faible, besoin de revenus réguliers | Oui | Oui | Peu adapté (flux limités) | Peu adapté (réinvestissement imposé) |
| TMI élevé, recherche de capitalisation | Moyen (fort frottement IR) | Moyen (47,2 % sur loyers) | Oui (PFU 31,4 % à la sortie) | Oui (seuls PS, si 5 ans respectés) |
| Forte exposition à l’IFI | Non (sauf nue-propriété) | Non (assiette IFI inchangée) | Oui pour certains FPCI hors IFI | Oui si parts exclues de l’IFI |
| Horizon long, acceptation d’illiquidité | Possible | Possible | Oui | Oui (durée de vie souvent 10 ans) |
Dans tous les cas, les FIA immobiliers ne doivent pas être abordés uniquement sous l’angle fiscal. Leur performance dépend de la qualité des équipes de gestion, de la nature des sous-jacents (immobilier tertiaire, résidentiel, promotion, logistique, santé…), du levier utilisé et des risques spécifiques (risque de marché, de développement, de vacance, etc.). La fiscalité peut amplifier ou réduire la performance nette, mais ne la crée pas.
En conclusion

Les règles applicables à la Fiscalite des FIA immobiliers (FPCI, FCPR a poche immo) forment un ensemble complexe qui croise le droit des plus-values mobilières, des plus-values immobilières, des régimes spéciaux de capital-investissement et de l’IFI. Les dernières réformes, en particulier la LFSS 2026 et la loi de finances pour 2026, ont renforcé le poids des prélèvements sociaux sur une partie des revenus du capital, tout en maintenant certaines niches de faveur pour les fonds dits « fiscaux » qui respectent une discipline stricte de détention et de réinvestissement.
Pour les particuliers fortement imposés, les FPCI et FCPR à poche immobilière offrent une diversification immobilière et une maîtrise fiscale, à condition de bien comprendre les engagements et de les articuler avec le reste du patrimoine (immobilier direct, SCPI, produits financiers). Pour les sociétés à l’IS, ces fonds permettent de capter à taux réduits la valeur d’opérations immobilières indirectes, en respectant les conditions de long terme et en évitant les zones exclues (prépondérance immobilière, activités purement patrimoniales).
Dans un environnement où la fiscalité immobilière reste lourde et souvent jugée pénalisante par les acteurs du marché, les FIA immobiliers se situent à la frontière entre monde immobilier et monde financier. C’est précisément là que leur finesse fiscale prend tout son sens, pour peu que l’on prenne le temps d’en décoder les règles.
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