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Assurance-vie 2025-2026 : un statut fiscal renforcé face aux nouvelles règles budgétaires

par | Actualités
Publié le 14 septembre 2026

Les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ont durci l’imposition de l’épargne et du patrimoine, tout en préservant largement l’attrait de l’assurance-vie. Alors que la plupart des placements financiers subissent une hausse de la fiscalité, ce support conserve un régime avantageux, tant pour les retraits que pour la transmission, au cœur des stratégies patrimoniales pour 2025-2026.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

Un durcissement général de la fiscalité… dont l’assurance-vie est en grande partie exemptée

Le cadre budgétaire 2026 marque un tournant pour l’épargne française. Sous la pression d’un besoin d’économies évalué à environ 30 milliards d’euros, l’exécutif a adopté la Loi de finances pour 2026 en recourant à l’article 49.3 de la Constitution, tandis que la Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 relevait la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital.

18,6

Les prélèvements sociaux sur la plupart des revenus de placement sont passés de 17,2 % à 18,6 %, ce qui a fait grimper le Prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % à 31,4 % pour les comptes-titres ordinaires, le PEA, les dividendes ou encore les sorties en capital du Plan d’épargne retraite (PER).

L’assurance-vie échappe cependant à cette hausse : le législateur a explicitement exclu les gains des contrats d’assurance-vie et de capitalisation du relèvement de CSG. Le PFU qui leur est applicable reste donc fixé à 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Cet écart de 1,4 point par rapport à la plupart des autres placements financiers renforce le rôle de l’assurance-vie comme enveloppe fiscale privilégiée pour capitaliser sur le long terme.

Rachats : un régime de plus en plus compétitif après huit ans

Sur le plan de l’imposition des retraits, les principales règles sont inchangées en 2026, mais elles apparaissent désormais plus avantageuses en comparaison des autres produits d’épargne soumis au PFU à 31,4 %.

Pour les contrats de moins de huit ans, les gains inclus dans les rachats restent soumis par défaut au PFU de 30 %, avec possibilité d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Une évolution notable est intervenue avec la Loi de finances du 19 février 2026 : l’option pour le barème (case 2OP) n’a plus un caractère irrévocable. Les contribuables disposent d’une flexibilité accrue pour choisir, chaque année, le mode d’imposition le plus favorable selon leur situation.

Bon à savoir :

Pour les contrats de plus de huit ans, le régime « mature » reste entièrement en place. Les épargnants bénéficient d’un abattement annuel sur les gains de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple marié ou pacsé. Au-delà, l’impôt sur le revenu est réduit à 7,5 % pour la part de produits correspondant à des versements inférieurs à 150 000 €, soit une imposition globale de 24,7 % avec les 17,2 % de prélèvements sociaux. La fraction de gains liée à des primes dépassant 150 000 € est taxée à 12,8 %, soit 30 % au total.

Dans un contexte où la fiscalité standard des autres placements atteint 31,4 %, cette mécanique – combinaison d’un abattement annuel et d’un taux réduit – conforte la place de l’assurance-vie comme outil privilégié pour la constitution de revenus complémentaires à long terme, notamment via des rachats partiels programmés.

Transmission : le statu quo confirmé malgré les débats

Sur le terrain de la succession, l’année 2026 consacre le maintien intégral du régime dérogatoire de l’assurance-vie, après des débats parlementaires nourris à l’automne 2025 et au début de 2026.

Plusieurs pistes de réforme avaient été discutées, notamment un alignement partiel de la fiscalité de l’assurance-vie sur les droits de succession classiques au-delà de certains montants, ainsi qu’un dispositif exceptionnel de « transmission anticipée » réservé aux assurés âgés de 70 ans et plus. Ce dernier prévoyait, pour la seule année 2026, la possibilité de transmettre de leur vivant jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire, en bénéficiant par avance de l’abattement normalement applicable au décès. Ces mesures ont été écartées lors de la navette parlementaire et ne figurent pas dans la loi promulguée.

Attention :

Le projet de transformer l’IFI en « impôt sur la fortune improductive », qui aurait inclus les fonds en euros au-delà de 1,3 million d’euros, a été abandonné dans la version définitive du budget 2026.

En pratique, les règles de transmission restent donc inchangées.

Versements avant 70 ans : l’axe central de la stratégie successorale

Pour les primes versées avant le 70e anniversaire de l’assuré, le régime de l’article 990 I du Code général des impôts continue de s’appliquer. Chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 euros, quelle que soit la nature du lien de parenté. Au-delà, une taxation forfaitaire de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 euros par part taxable, puis 31,25 % au-delà.

Ce mécanisme « hors succession » demeure un pilier des stratégies patrimoniales, en particulier pour transmettre à des personnes faiblement ou non protégées par le droit successoral commun (enfants d’un premier lit, partenaires non mariés, proches non parents, etc.).

Versements après 70 ans : un levier souvent sous-exploité

Les versements effectués après 70 ans restent régis par l’article 757 B du CGI. Ils bénéficient d’un abattement global de 30 500 euros, partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats concernés. Les primes excédentaires sont alors réintégrées dans l’actif successoral et soumises aux droits de mutation à titre gratuit selon le lien de parenté.

Astuce :

L’intérêt majeur de ce régime tient au traitement des gains : tous les intérêts et plus-values générés par ces primes après 70 ans sont totalement exonérés de droits de succession au moment du décès. Seul le montant net des primes versées entre dans l’assiette taxable. Pour les seniors souhaitant optimiser la transmission tout en conservant la maîtrise de leur capital, l’assurance-vie demeure ainsi un outil de premier plan.

Dans ce contexte, les professionnels recommandent fréquemment d’ouvrir un contrat dédié aux versements après 70 ans, distinct des contrats déjà alimentés auparavant. Cette séparation facilite le suivi des régimes fiscaux applicables et le travail du notaire et des héritiers lors du règlement de la succession.

Autres évolutions fiscales : effets indirects et arbitrages à revoir

Au-delà de la fiscalité propre à l’assurance-vie, plusieurs mesures adoptées ou prolongées en 2026 influencent les stratégies patrimoniales et incitent à reconsidérer certains arbitrages.

PER et autres placements pénalisés

Le PER est particulièrement touché. D’une part, ses gains en cas de sortie en capital supportent désormais un PFU de 31,4 %, contre 30 % pour l’assurance-vie. D’autre part, la Loi de finances pour 2026 met fin à la possibilité de déduire fiscalement les versements volontaires réalisés après 70 ans. Pour les épargnants seniors, le PER perd ainsi son principal avantage à l’entrée.

Résultat : de nombreux conseillers invitent les plus de 70 ans à privilégier désormais les versements sur l’assurance-vie plutôt que sur le PER, afin de bénéficier à la fois d’un cadre fiscal plus favorable à la sortie et d’atouts renforcés en matière de transmission.

Contribution différentielle sur les hauts revenus : l’effet de seuil à surveiller

La Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est reconduite par la Loi de finances pour 2026. Ce mécanisme vise à garantir une imposition minimale de 20 % pour les foyers les plus aisés, dès lors que le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 euros pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple.

Exemple :

Les rachats importants sur une assurance-vie, même soumis à un taux facial réduit de 7,5 % après huit ans, alimentent le revenu fiscal de référence. En cas de retrait massif sur une seule année, le contribuable peut franchir les seuils de déclenchement de la CDHR, entraînant un surcroît d’imposition. Les spécialistes préconisent donc de lisser les rachats sur plusieurs exercices, en particulier pour profiter pleinement des abattements annuels de 4 600 ou 9 200 euros tout en évitant ces effets de seuil.

Menaces à l’horizon 2027 et ruée pour sécuriser les avantages existants

Si l’assurance-vie ressort renforcée des textes budgétaires pour 2026, les débats se poursuivent autour du Projet de loi de finances pour 2027, attendu fin septembre 2026. Le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), rattaché à la Cour des comptes, est scruté de près par le gouvernement.

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En dessous de ce montant, le taux de taxation des transmissions resterait fixé à 20 %, mais au-delà, un barème progressif pouvant atteindre 45 % s’appliquerait pour les tranches dépassant 1,8 million d’euros, générant un rendement budgétaire estimé à 1,25 milliard d’euros sur environ 2 000 successions importantes.

Cette perspective nourrit un mouvement de « sécurisation » observé dès septembre 2026 : versements accélérés sur les contrats, réorganisation des clauses bénéficiaires et des supports, afin de faire enregistrer les opérations avant le 31 décembre 2026. Les épargnants et leurs conseillers misent sur le principe de non-rétroactivité de la loi fiscale, qui protège en principe les primes déjà versées contre un durcissement des règles futures.

Nouvelles stratégies à adapter : entre optimisation et anticipation

Dans ce nouvel environnement, plusieurs axes stratégiques ressortent pour les détenteurs ou futurs souscripteurs d’assurance-vie.

Les contrats de plus de huit ans se prêtent à des rachats partiels réguliers, calibrés pour utiliser intégralement l’abattement annuel sur les gains, puis éventuellement réinvestis pour redémarrer un nouveau compteur fiscal. Cette technique permet de « purger » progressivement la fiscalité sans remise en cause du capital investi.

Bon à savoir :

Après 70 ans, la priorité se déplace souvent du PER vers l’assurance-vie, pour des raisons de fiscalité de sortie et de transmission. L’ouverture d’un contrat spécifique post-70 ans permet d’exploiter au mieux l’article 757 B et l’exonération des gains à la succession.

Enfin, la comparaison avec les autres enveloppes d’investissement – compte-titres, PEA, PER – joue nettement en faveur de l’assurance-vie, dont le PFU demeure à 30 % et dont les avantages successoraux restent intacts à ce stade. Tant que les projets de réforme évoqués pour 2027 ne sont pas tranchés, l’année 2026 apparaît comme une fenêtre d’opportunité pour structurer ou renforcer sa stratégie patrimoniale autour de l’assurance-vie, en arbitrant dès maintenant entre fiscalité actuelle et incertitudes futures.

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