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Investir en Hongrie : Budapest, marché et fiscalité immobilière

par | Fiscalité à l’étranger, Immobilier en Europe
Publié le 8 juin 2026

Investir en Hongrie : Budapest, marche et fiscalite est en train de devenir un sujet central pour de nombreux investisseurs européens. La capitale hongroise combine un marché immobilier en nette reprise, une devise faible pour les étrangers, et l’un des environnements fiscaux les plus attractifs de l’Union européenne. Mais derrière l’image de “bon plan” en Europe centrale, la réalité est plus nuancée : forte hausse des prix, rendement locatif qui se compresse, régulation qui évolue, et un cadre fiscal qu’il faut réellement comprendre avant d’acheter.

Panorama du marché immobilier de Budapest et fiscalité hongroise pour investisseurs

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Un marché immobilier de Budapest en plein rebond

Un marché immobilier de Budapest en plein rebond

Depuis la crise sanitaire, le marché immobilier hongrois a connu un cycle chahuté : une phase de boom entre 2015 et 2019, une baisse en termes réels pendant le Covid, puis un redémarrage très vigoureux. Budapest est entrée en 2026 sur un marché clairement orienté vendeurs, avec un afflux d’acheteurs dopés par les aides publiques et le crédit subventionné.

La capitale hongroise fait partie des marchés ayant le plus grimpé dans l’UE sur la dernière décennie. Les prix résidentiels ont progressé d’environ 260 % depuis 2010 dans le pays, et Budapest se situe désormais dans le haut de la fourchette européenne en rythme de hausse récente.

Niveaux de prix et dynamique récente

Au début de 2026, le prix moyen d’un logement résidentiel à Budapest tourne autour de 80 millions de HUF, soit environ 200 000 euros pour un bien “type”. Rapporté au mètre carré, cela représente environ 1,5 million de HUF par m², donc près de 3 750 euros/m² pour les typologies les plus courantes.

25

Les prix à Budapest ont bondi d’environ 25 % sur les 12 mois précédant janvier 2026, ce qui en fait l’une des capitales européennes les plus dynamiques.

Les données convergent : entre début 2025 et début 2026, la capitale a cumulé 15 à 25 % de hausse nominale, bien au-delà du rythme “habituel” d’environ 10 % par an observé avant la pandémie.

Voici un résumé des ordres de grandeur pour un investisseur étranger qui raisonne en euros :

Indicateur (début 2026)Valeur estimative
Prix moyen par logement à Budapest~80 M HUF ≈ 200 000 €
Prix moyen au m² (logements courants)~1,5 M HUF/m² ≈ 3 750 €/m²
Fourchette couvrant ~80 % des transactions30–160 M HUF (75 000–400 000 €)
Hausse annuelle Budapest (12 derniers mois)~25 %
Hausse annuelle nationale (2025, prévisions OTP, etc.)~15–20 %

Ces chiffres restent, en valeur absolue, inférieurs à ceux des grandes capitales d’Europe de l’Ouest, ce qui alimente le discours “Budapest est encore bon marché”. Mais rapportés aux revenus locaux, la banque centrale hongroise (MNB) estime que les prix dépassent d’environ 14 % ce que justifieraient les fondamentaux économiques, un signal de surévaluation relative.

Marché vendeur et délais de vente

La reprise se traduit par une perte de pouvoir de négociation des acheteurs. En ce début 2026, la Hongrie est clairement dans un marché à dominante vendeurs, et c’est dans la capitale que ces conditions sont les plus marquées. Les appartements bien situés se vendent avec très peu de marge de discussion.

Délai de mise en vente moyen à Budapest par type de bien
Ce graphique présente le délai de mise en vente moyen à Budapest, qui est d’environ 75 jours pour tous les types de biens.
Type de bien à BudapestDélai moyen de vente estimé
Appartements “panel” en Pest58–70 jours
Appartements en brique, centre/Buda80–90 jours
Fourchette réaliste globale60–95 jours

Le ratio prix de vente / prix affiché illustre aussi cette tension : les transactions se concluent en général entre 96 et 98 % du prix demandé. Une fraction non négligeable, estimée à près de 18 %, se vend même au-dessus du prix d’affichage, ce qui confirme l’existence de micro-bulles locales sur les biens les plus recherchés.

Où investir à Budapest : centre historique, quartiers en gentrification et périphérie

Où investir à Budapest : centre historique, quartiers en gentrification et périphérie

Investir en Hongrie : Budapest, marche et fiscalite implique de comprendre les logiques très différentes selon les districts. La ville est aujourd’hui un marché extrêmement segmenté : les nouvelles constructions de standing, les petits appartements rénovés du centre et les grands logements périphériques ne réagissent pas de la même façon.

Cœur historique et “core center”

Le “core center” recouvre classiquement les 5e, 6e et 7e arrondissements à l’intérieur du grand boulevard circulaire. Ce secteur concentre les immeubles historiques, les façades Art nouveau, le patrimoine architectural qui fait la réputation internationale de la ville.

Bon à savoir :

Selon les observateurs, le ‘core center’ et certaines parties du 8e arrondissement offrent les meilleures opportunités patrimoniales. Bien que les prix aient fortement grimpé, ils restent attractifs en valeur absolue comparés aux centres historiques d’Europe de l’Ouest. L’idée est qu’un actif en pierre de qualité dans le cœur d’une capitale européenne, à un prix encore raisonnable, a de bonnes chances de résister au temps.

Quartiers en forte croissance et gentrification

Les plus fortes hausses de prix ne se situent pas seulement dans le centre historique, mais aussi dans des zones en transformation rapide. Trois arrondissements ressortent clairement pour la croissance des prix :

le 13e (Angyalföld et la zone de Marina Part le long du Danube),

le 9e (Ferencváros, surtout les secteurs réhabilités en bord de fleuve),

le 11e (Újbuda, en particulier autour de Kelenföld et de Móricz Zsigmond körtér).

Ces quartiers ont enregistré sur 12 mois des progressions estimées entre 28 et 35 %. Il s’agit souvent de zones bénéficiant de gros projets d’infrastructures (corridor du métro M3, futur pont Galvani, développement autour de la gare de Kelenföld sur la ligne de métro M4), qui soutiennent à la fois la demande résidentielle et l’attrait pour les investisseurs.

Attention :

Le 8e arrondissement (Józsefváros), souvent délaissé par les étrangers en raison de son image populaire, connaît une gentrification marquée, notamment autour du Corvin Quarter et du Magdolna Quarter. Les 9e et 13e arrondissements suivent la même tendance avec des rénovations, l’arrivée de nouveaux commerces, d’étudiants et de jeunes actifs, ainsi qu’une hausse progressive des loyers.

Typologie de l’offre et répartition des biens

Le stock de logements à vendre sur Budapest fin 2025 / début 2026 se décompose à peu près ainsi :

Type de bien en vente à Budapest (2026)Part estimée du stock
Appartements en brique~60 %
Appartements “panel”~15 %
Maisons individuelles / jumelées~15 %
Programmes neufs, condos, autres~10 %

Les programmes neufs représentent environ 7 à 10 % des annonces, mais leur volume est en forte croissance : au premier trimestre 2026, environ 22 000 logements neufs étaient en développement dans la capitale, soit une hausse d’environ 46 % sur un an. Le nombre de logements neufs encore disponibles à la vente a atteint un record historique, autour de 9 490 unités (+63 % en un an).

En parallèle, certains indicateurs de construction montrent une accélération de l’offre : +4 % de logements nouvellement achevés au premier trimestre 2026, +64 % de permis de construire délivrés, et une prévision d’environ 15 700 livraisons d’ici fin 2026, soit +30 % sur un an. Une partie non négligeable de l’offre en construction a cependant des livraisons repoussées à 2027–2028.

Rendements locatifs et évolution des loyers

Rendements locatifs et évolution des loyers

Pour un investisseur locatif, la question clé n’est pas seulement le prix d’achat, mais surtout la relation entre ce prix et les loyers, donc le rendement brut.

Les acteurs du marché estiment que, sur le long terme, des rendements bruts de l’ordre de 4 à 5 % restent atteignables à Budapest. Toutefois, la forte hausse des prix, nettement plus rapide que celle des loyers, a comprimé ces rendements ces dernières années.

Hausse rapide des loyers, mais moins vite que les prix

Les données de mars 2026 indiquent une nette remontée des loyers après le creux lié à la période de taux élevés :

– par rapport au mois précédent, les loyers annoncés ont augmenté d’environ 1,6 % au niveau national et à Budapest ;

– sur un an, les loyers affichés sont en hausse d’environ 7,3 % dans tout le pays et de 6,4 % dans la capitale ;

– depuis la base 2021, les loyers proposés ont bondi de 71 % en Hongrie et de 72 % à Budapest.

1,3

En mars 2026, les loyers réels ont augmenté de 1,3 % sur un mois à l’échelle nationale.

La croissance est relativement homogène selon les types de quartiers de Budapest, avec une légère dispersion :

les districts de colline côté Buda affichent la plus faible dynamique annuelle (+4,1 %) ;

les autres quartiers de Buda sont au contraire parmi les plus rapides (+8,8 %) ;

les districts de transition de Pest tournent autour de +6,7 % ;

le centre de Pest est à +5,6 %, la périphérie autour de +6,4 %.

En résumé, les loyers remontent, mais pas assez vite pour compenser entièrement l’explosion des prix d’achat. Résultat : les rendements locatifs se tassent, et les investisseurs deviennent plus exigeants sur la localisation, la liquidité et la capacité à répercuter de futures hausses de loyer.

Demande locative et impact des programmes publics

Les programmes de soutien à l’accession à la propriété jouent un rôle important dans la dynamique locative. Le dispositif “Otthon Start” (Home Start Programme), lancé en 2025, propose des prêts à taux fixe de 3 % pour les primo-accédants. Son impact a été massif :

Marché immobilier hongrois : reprise dopée par les subventions

Les mesures de soutien public ont transformé le marché du crédit et l’accès à la propriété à Budapest et dans tout le pays.

Bond des primo-accédants

À Budapest, la part des premiers acheteurs est passée d’environ 25 % à 40 % en un an.

Explosion du crédit immobilier

Le volume de crédits immobiliers signés au 4e trimestre 2025 a bondi de 130 % sur un an.

Essor des prêts subventionnés

La part des prêts subventionnés dans les crédits habitat est passée de 23 % à 81 % début 2026.

Chiffres clés à mars 2026

Plus de 33 200 contrats de prêt signés, pour un montant d’environ 1 161 milliards de HUF.

Ces mesures ont déplacé une partie de la demande locative vers l’accession, tandis que les investisseurs privés, notamment étrangers, sont devenus plus prudents sur les achats purement locatifs, en raison des rendements comprimés et de la perception de surévaluation.

Parallèlement, une partie du stock locatif peut être réallouée vers la résidence principale lorsque les locataires deviennent propriétaires, ce qui entretient un certain équilibre : moins d’investisseurs acheteurs, mais aussi moins de locataires captifs.

Segment bureaux, logistique, hôtels : le décor pour les investisseurs plus institutionnels

Segment bureaux, logistique, hôtels : le décor pour les investisseurs plus institutionnels

Même si l’objectif premier d’Investir en Hongrie : Budapest, marche et fiscalite est l’immobilier résidentiel, un investisseur averti regarde aussi les grands segments tertiaires : bureaux, logistique, hôtels. Cela donne le ton sur la profondeur du marché, la liquidité potentielle et les perspectives à moyen terme.

Marché des bureaux : vacance élevée, qualité déterminante

Le marché de bureaux de Budapest a connu une forte vague de livraisons, ce qui a fait grimper le taux de vacance. Fin 2025, ce taux atteignait environ 12,5 %, en baisse de 1,6 point par rapport à fin 2024. En juin 2025, il était encore à 12,8 %, puis à 12 % au premier trimestre 2026, soit une baisse de 2 points sur un an.

Au premier trimestre 2026, le stock de bureaux modernes totalisait un peu plus de 4,48 millions de m², dont environ 3,48 millions en bureaux spéculatifs et près de 1 million en immeubles occupés par leurs propriétaires (notamment entités publiques). Les bureaux de catégorie A représentent les deux tiers du stock spéculatif.

Demande locative en bureaux au T1 2026
Au T1 2026, environ 130 000 m² de bureaux ont été pris à bail, en hausse de 40 % sur un an. Les renégociations représentaient près de la moitié des transactions, les nouveaux baux 18 % et l’occupation propriétaire le reste.

Ce segment reste prudent à court terme, mais la raréfaction des développements de très haute qualité, conjuguée à une demande de plus en plus sélective sur la durabilité et l’efficacité opérationnelle, pourrait créer des fenêtres d’opportunité pour des actifs prime.

Logistique et industriel : expansion, puis début de surcapacité

Le secteur logistique hongrois a longtemps été l’un des plus dynamiques, porté par les chaînes de transport, les investisseurs asiatiques et la croissance du e‑commerce. Le stock total d’entrepôts modernes dépassait 5,5 millions de m² en 2024, dont 3,7 millions de m² autour de Budapest et 1,8 million en régions.

Marché industriel: sur-offre à Budapest
Marché industriel: sur-offre à Budapest

Hôtellerie et retail : secteurs très suivis par les investisseurs

Les hôtels figurent parmi les grands gagnants de la reprise. En 2025, ils représentaient environ 18 % des volumes d’investissement annuels, et même 37 % au premier semestre, devant les bureaux (32 %) et l’industriel (25 %). En 2026, environ 65 % des acteurs interrogés voient ce segment très positivement : le tourisme à Budapest se redresse, et les actifs hôteliers bien positionnés combinent effet de rattrapage et potentiel de revalorisation.

Sur le retail, les retail parks restent recherchés en raison de coûts d’exploitation réduits et d’une demande stable, notamment des discounters et chaînes alimentaires. Les centres commerciaux connaissent moins de nouveaux développements, hormis la refonte complète de Duna Plaza (48 000 m²), qui vise un positionnement plus “expérience”.

Fiscalité hongroise : un environnement globalement pro‑investisseurs

Fiscalité hongroise : un environnement globalement pro‑investisseurs

Au-delà des dynamiques de marché, Investir en Hongrie : Budapest, marche et fiscalite suppose de maîtriser la structure fiscale. La Hongrie s’est bâtie une réputation de pays à fiscalité “light” pour attirer les capitaux, avec notamment :

un impôt sur les sociétés (CIT) uniforme à 9 %, parmi les plus bas d’Europe ;

– un impôt sur le revenu des personnes physiques (PIT) forfaitaire à 15 %, sur tous les types de revenus (salaires, loyers, plus-values, intérêts, dividendes) ;

– une absence de retenue à la source sur les dividendes, intérêts et redevances versés à des sociétés étrangères ;

– un régime d’exonération de participation pour certaines plus-values de cession de titres.

Impôt sur les sociétés et usage des structures

Pour les investisseurs professionnels ou ceux qui souhaitent loger plusieurs biens dans une structure, l’impôt sur les sociétés à 9 % est un argument fort. Les bénéfices, y compris la plus-value dégagée sur la revente d’un immeuble par une société, sont imposés à ce taux unique.

Le pays offre un régime de “group taxation” depuis 2019 : des sociétés liées peuvent consolider leurs bases imposables et imputer jusqu’à 50 % des déficits d’une entité sur les profits d’une autre. Les groupes peuvent aussi utiliser de façon conjointe certaines incitations fiscales (R&D, investissements, etc.).

Astuce :

La Hongrie a transposé les règles de l’impôt minimum global OCDE (Pilier 2) pour les très grands groupes, avec un taux effectif minimal de 15 %. Cela ne concerne que les groupes ayant un chiffre d’affaires consolidé d’au moins 750 millions d’euros, ce point reste donc surtout théorique pour un investisseur de taille plus classique.

Impôt sur le revenu des particuliers et plus-values immobilières

Pour une personne physique (résidente ou non, sur ses revenus de source hongroise), le taux de base est simple : 15 % sur la plupart des revenus, y compris les plus-values et les loyers.

Sur la cession immobilière, il existe toutefois un mécanisme de réduction de l’assiette taxable en fonction de la durée de détention. Le principe : plus vous conservez le bien longtemps, plus la fraction de la plus-value soumise à l’impôt diminue, jusqu’à une exonération totale.

Les barèmes précis varient selon les sources et les situations, mais l’idée générale reste la suivante :

Durée de détention approximativePart du gain imposable (ordre de grandeur)
Moins de 2 ans100 %
2e année~90 %
3e année~60–70 %
4e année~30–50 %
À partir de 5 ans (certains cas)0 %
Non-résidents dans certains régimes longsréduction progressive jusqu’à 0 % vers 15 ans

De plus, sont déductibles de la plus-value brute :

le prix d’acquisition mentionné à l’acte,

les frais de notaire et d’enregistrement,

les commissions d’agence,

les travaux et améliorations documentés (rénovations, transformations).

Si ces coûts ne sont pas justifiés, un régime forfaitaire peut s’appliquer, dans lequel l’impôt de 15 % est calculé sur une fraction forfaitaire des recettes (par exemple 25 % du prix de vente pour certains non-résidents).

Taxation des revenus locatifs

Les revenus de location perçus par un particulier sont soumis au taux de 15 % au titre de l’impôt sur le revenu. Comme en France, deux options existent en pratique : taxation sur une base forfaitaire de charges ou sur les revenus nets après déduction des charges réelles (entretien, réparations, assurance, intérêts éventuels, etc.).

Bon à savoir :

Au-dessus d’environ 2 500 € par mois de loyer, la TVA peut s’appliquer pour certaines locations. Mais pour un investisseur français louant un logement nu en bail longue durée, la location à usage de résidence principale reste généralement exonérée de TVA.

Droits de mutation : taxe d’acquisition immobilière

La Hongrie ne connaît pas de taxe foncière annuelle classique au niveau national (des prélèvements locaux peuvent exister, mais l’équivalent d’une taxe foncière uniforme comme en France n’existe pas).

En revanche, un droit de mutation s’applique lors de l’achat d’un bien :

taux standard : 4 % de la valeur de marché du bien acquis,

– la taxe est à la charge de l’acquéreur,

– un plafond existe, autour de 1 milliard de HUF de valeur (environ 2,7 millions d’euros), au-delà duquel des règles spécifiques s’appliquent.

Cette taxation à l’entrée doit être intégrée dans le calcul du rendement global, d’autant qu’elle vient s’ajouter aux frais de notaire et, le cas échéant, aux honoraires d’agence (généralement entre 4 et 6,5 % si vous en utilisez une).

TVA et immobilier : un point souvent sous-estimé

La TVA hongroise affiche un taux standard de 27 %, le plus élevé de l’UE. Mais le système est assez complexe, avec plusieurs taux réduits, des exonérations et une possibilité d’option.

Pour l’investisseur immobilier, deux volets sont majeurs :

le taux réduit de 5 % sur la vente de logements neufs remplissant certaines conditions,

l’exonération de TVA sur la plupart des locations d’habitation et la location “nue” de biens immobiliers.

Sur les logements neufs, la Hongrie a instauré un taux réduit de 5 % de TVA qui reste disponible en 2026. Des règles transitoires étendent cette possibilité jusque fin 2028 pour les projets dont le permis de construire est devenu définitif (ou la notification de construction a été faite) avant fin 2026. Cet avantage fiscal fait de l’achat sur plan ou de la revente de neuf un terrain de jeu intéressant pour des stratégies de marchand de biens ou de promotion.

Les locations d’habitation de longue durée sont largement exonérées de TVA, ce qui simplifie la gestion pour un investisseur particulier. En revanche, des locations plus proches de l’activité hôtelière (locations de courte durée, meublés avec services) peuvent se retrouver dans le champ de la TVA, parfois au taux réduit de 5 % (hébergement) ou au taux standard de 27 %, selon la nature exacte du service.

Pour un investisseur qui structure son activité via une société soumise à la TVA, il est possible, sous conditions, d’opter pour la taxation à la TVA sur certaines locations de locaux, en particulier professionnels. Cela ouvre la porte à la récupération de la TVA sur les travaux et les constructions, mais complexifie la gestion.

Incitations fiscales à l’investissement et à la rénovation

Incitations fiscales à l’investissement et à la rénovation

La Hongrie ne se contente pas d’offrir des taux “bruts” attractifs. Elle multiplie aussi les régimes d’incitation, particulièrement pour les investissements productifs, les projets “verts” et la R&D. Même si certains de ces dispositifs s’adressent davantage aux industriels qu’aux investisseurs immobiliers particuliers, ils intéressent clairement les opérateurs qui veulent développer des projets de plus grande envergure (conversion d’immeubles, construction de bâtiments à haute performance énergétique, etc.).

Incitations pour technologies propres et environnement

À partir de 2026, un nouveau régime de crédit d’impôt pour les investissements dans les technologies propres remplace les anciens mécanismes de crise. Les projets éligibles sont ceux qui augmentent la capacité de production de technologies vertes (batteries, panneaux solaires, pompes à chaleur, etc.), ainsi que la fabrication de composants-clés ou de matières premières critiques, y compris recyclées.

Bon à savoir :

L’intensité de l’aide dépend de l’emplacement géographique.

Type d’incitation “clean tech” (2026)BudapestZones rurales
Intensité maximale d’aide (crédit d’impôt)15 % (jusqu’à 150 M€)35 % (jusqu’à 350 M€)

Un deuxième bloc d’incitations cible spécifiquement les investissements environnementaux : dépollution, restauration d’habitats, biodiversité, projets climatiques. L’avantage fiscal, plafonné à 30 millions d’euros, peut couvrir de 70 % à 100 % des coûts éligibles, avec des majorations pour les PME. Ces crédits s’étalent sur plusieurs exercices (jusqu’à six ans pour certains schémas) et nécessitent une notification préalable au ministère compétent.

Pour des opérateurs qui envisagent des projets de requalification lourde de friches urbaines ou industrielles à Budapest, ces mécanismes peuvent peser significativement dans le business plan.

Incitations R&D et innovation

Tout projet combinant immobilier et innovation (proptech, smart building, solutions énergétiques avancées) peut aussi bénéficier des très généreuses incitations R&D hongroises :

500 millions de HUF

Le plafond annuel maximal pour la prise en charge des coûts de R&D en partenariat avec des universités ou l’Académie hongroise des sciences, avec un taux pouvant atteindre 100 %.

Dans une logique de foncière innovante ou de campus technologique, ces régimes viennent améliorer notablement le rendement après impôt.

Risques et perspectives : stabilisation plutôt que nouveau boom

Risques et perspectives : stabilisation plutôt que nouveau boom

Même si les fondamentaux sont attractifs, investir en Hongrie : Budapest, marche et fiscalite implique d’accepter un certain niveau de risque et de volatilité.

Plusieurs facteurs de risque sont fréquemment cités pour 2026 :

Attention :

Les tensions géopolitiques pourraient augmenter les coûts de construction et affecter les investissements. Un nouveau choc énergétique ou un regain d’inflation menacerait la solvabilité des ménages. Une demande extérieure plus faible pèserait sur l’industrie et les exportations. L’incertitude réglementaire, comme l’interdiction des locations courte durée dans le 6e arrondissement, touche certains segments immobiliers.

La banque centrale hongroise pointe d’ailleurs que quatre de ses cinq indicateurs de surévaluation sont en zone de risque. Et divers acteurs du marché jugent que les prix à Budapest sont tendus par rapport aux revenus et aux loyers.

Pour autant, la probabilité d’une chute brutale des prix est jugée faible à court terme. Les scénarios de base pour 2026 tablent plutôt sur :

Évolution des prix à Budapest
Ce graphique illustre les prévisions d’évolution des prix à Budapest sur 12 mois : une hausse nominale moyenne de 8 %, une fourchette plausible de 0 à 15 %, et un scénario haussier de 10 à 20 %, sans baisse marquée attendue.

Les analystes locaux, comme ceux de Duna House, insistent sur le fait que 2026 sera davantage une année de stabilisation et de sélectivité que de flambée généralisée. Les quartiers centraux les plus chers pourraient voir la progression se calmer, tandis que les zones périphériques accessibles (outer Pest) continueraient à attirer les budgets plus modestes.

Synthèse pour l’investisseur francophone

Synthèse pour l’investisseur francophone

Pour un investisseur qui s’intéresse à Investir en Hongrie : Budapest, marché et fiscalité, le tableau d’ensemble est le suivant :

Exemple :

Budapest reste nettement moins chère que Paris, Bruxelles ou Munich pour des biens de centre-ville, avec un patrimoine historique de premier ordre. La devise locale faible rend l’entrée intéressante pour un investisseur en euros ou dollars, mais renforce le risque de change. Le marché résidentiel sort d’une hausse rapide, jugée en zone de surchauffe relative par la banque centrale. Les rendements locatifs bruts de 4–5 % restent possibles pour des biens bien positionnés. La fiscalité est un atout : 15 % sur les gains et revenus pour les particuliers, 9 % pour les sociétés, sans taxe foncière nationale, droits de mutation à 4 %, et un régime de plus-values allégé. Le système de TVA complexe permet une optimisation via l’achat de neuf à 5 % de TVA. Des incitations existent pour les projets à impact environnemental, les technologies propres et la R&D.

En pratique, ceux qui réussissent leur entrée sur le marché budapestois sont ceux qui abordent la ville comme un marché déjà mature : étude fine des quartiers, analyse du couple prix/loyer, scénarios sur la liquidité à la revente, structure juridique adaptée à leur situation fiscale internationale, et veille permanente sur les évolutions réglementaires (programmes d’aide, règles sur la location courte durée, etc.).

Bon à savoir :

Budapest n’est plus un secret bon marché, mais reste un choix solide pour un investisseur patient. Son environnement fiscal est parmi les plus compétitifs de l’UE et son marché immobilier se stabilise, sans bulle terminale.

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