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Procuration notariale et mandat de gestion depuis l’étranger : le mode d’emploi complet

par | Expatriation & stratégie internationale, Protection du patrimoine
Publié le 25 juillet 2026

Gérer un bien immobilier en France quand on vit à l’autre bout du monde suppose deux outils juridiques clés : la procuration notariale, pour être représenté lors des actes importants, et le mandat de gestion locative, pour déléguer le quotidien à un professionnel. Ensemble, ils permettent de piloter un patrimoine français depuis l’étranger sans voyages incessants, tout en restant dans les clous du droit français et des exigences internationales de légalisation.

Bon à savoir :

Cet article présente un tour d’horizon concret des règles juridiques en vigueur, des innovations récentes comme la comparution à distance et l’e-apostille, ainsi que les réalités de la gestion locative pour les non-résidents.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

Mandat, procuration, acte notarié : bien poser le décor

Mandat, procuration, acte notarié : bien poser le décor

En droit français, les termes « mandat » et « procuration » sont souvent utilisés comme synonymes, mais il existe une nuance utile à garder en tête. Le « mandat » désigne en principe la relation contractuelle entre le mandant (vous) et le mandataire (la personne ou le professionnel qui agit pour vous). La « procuration » ou « pouvoir » est le document écrit qui matérialise ce mandat et décrit les pouvoirs confiés.

Les formes juridiques du mandat

La forme exigée pour la procuration dépend de l’acte qu’elle vise à permettre. Lorsque la loi impose l’authenticité de l’acte principal à peine de nullité (vente immobilière, donation, hypothèque, par exemple), la procuration doit elle-même être authentique, sous peine d’être nulle. En revanche, lorsque l’authenticité n’est requise que pour des raisons de publicité ou de sécurité juridique, une procuration sous seing privé peut suffire.

Ce cadre général vaut aussi bien pour la procuration notariale destinée à signer un compromis ou un acte de vente, que pour le mandat de gestion donné à une agence immobilière pour administrer un logement loué.

Pourquoi la procuration est centrale quand on vit à l’étranger

Pourquoi la procuration est centrale quand on vit à l’étranger

Pour un propriétaire expatrié, la procuration est l’outil qui évite des allers‑retours coûteux et parfois impossibles. Elle permet de se faire représenter pour une multitude d’actes de la vie civile : signer une promesse de vente, finaliser un achat, consentir une hypothèque, accepter ou renoncer à un legs, participer à un partage successoral ou signer un bail.

Bon à savoir :

La procuration peut être générale ou spéciale, avec une durée librement fixée. Il est conseillé de préciser les actions autorisées et interdites du mandataire. Elle prend fin en cas de décès du mandant ou du mandataire, ou par révocation.

Pour les personnes domiciliées hors de France, la procuration présente un avantage évident : éviter de longs et coûteux déplacements pour signer un acte réputé urgent ou à délai strict (délai de rétractation, validité d’une offre de prêt, levée d’option, etc.). En l’absence de représentant sur place, la gestion d’un délai de garantie ou d’une formalité doit se faire à distance, avec tous les risques de déchéance (perte de garantie) que cela comporte. La procuration sécurise ces situations.

Notariée ou sous seing privé : comment choisir quand on est à l’étranger

Pour les actes les plus importants, en particulier immobiliers, la procuration notariée s’impose. Non seulement parce que la loi l’exige souvent lorsque l’acte principal est lui‑même notarié, mais aussi parce qu’elle offre la « force probante » maximale : date certaine, conservation par le notaire, possibilité d’en délivrer des copies exécutoires.

Bon à savoir :

Si l’authenticité n’est pas exigée à peine de nullité, une procuration sous seing privé est possible avec certification matérielle de la signature par un notaire, un consulat ou une autorité locale. Elle doit respecter le droit de l’État d’effet, et pour un bien en France, la lex rei sitae impose le droit français : rédaction en français (ou traduction officielle), conformité aux exigences françaises, et authentification reconnue en France (apostille ou légalisation consulaire).

La révolution silencieuse : la procuration notariale à distance

La révolution silencieuse : la procuration notariale à distance

Depuis le décret n° 2020‑1422 du 20 novembre 2020, la « procuration authentique avec comparution à distance » est devenue une réalité pérenne. C’est aujourd’hui le seul type d’acte notarié pour lequel la signature à distance, en visioconférence, a été définitivement consacrée.

Attention :

Le rendez-vous physique chez le notaire est remplacé par une visioconférence sur un système homologué. Les pièces (identité, adresse, état civil, projet d’acte, références du bien, IBAN) sont transmises via une plateforme sécurisée. Le lien de connexion est envoyé par le notaire. Les outils grand public (Skype, Zoom, WhatsApp, FaceTime) sont exclus ; seule une solution de visio et signature électronique qualifiée et agréée au niveau européen (comme DocuSign qualifié) est autorisée.

Pendant la séance, le notaire vérifie l’identité et la capacité du mandant, lit l’acte dans son intégralité, donne ses explications et recueille un consentement libre et éclairé. Le mandant signe par code reçu sur son smartphone (double authentification), le notaire appose sa signature électronique qualifiée, et la procuration est immédiatement versée au Minutier central électronique des notaires (MICEN). Elle a exactement la même valeur juridique qu’une procuration signée en présence du notaire.

Depuis 2025, ce dispositif est encore renforcé par une vérification d’identité approfondie dès la première connexion, avec création d’un certificat d’identité numérique personnel, via des services agréés. Pour l’expatrié, cela signifie qu’une fois ce « profil » créé, les signatures ultérieures sont plus fluides.

Les prérequis matériels pour signer à distance

Pour recourir à la procuration notariale à distance, il faut disposer d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone avec webcam et micro, d’une connexion internet stable, d’une adresse e‑mail personnelle et d’un téléphone mobile recevant des SMS. Chaque signataire doit disposer de ses propres coordonnées, aucune adresse partagée pour un couple n’étant acceptée pour des raisons de sécurité. Un document d’identité en cours de validité est indispensable, de même que les justificatifs liés à l’opération (désignation du bien, projet d’acte de vente ou de prêt, par exemple).

Astuce :

Cette solution est particulièrement adaptée aux expatriés, aux personnes à mobilité réduite ou encore à ceux dont l’agenda ne permet pas un déplacement en France. Elle se substitue aussi largement au recours aux consulats, qui n’exercent plus de fonctions notariales pour la plupart des pays.

Apostille, légalisation, traductions : franchir la frontière juridique

Apostille, légalisation, traductions : franchir la frontière juridique

Même lorsqu’elle est établie par un notaire français, une procuration destinée à être utilisée à l’étranger doit, dans la plupart des cas, être revêtue d’une apostille ou faire l’objet d’une légalisation pour être reconnue par les autorités locales. Inversement, une procuration établie à l’étranger pour être produite en France devra être apostillée ou légalisée selon que le pays d’origine est ou non signataire de la Convention de La Haye du 5 octobre 1961.

Bon à savoir :

Dans les États parties à la Convention, une apostille suffit pour attester la signature et l’authenticité du document, sans autre formalité. Dans les États non signataires, une double légalisation est requise : pré-légalisation par l’autorité du pays d’origine, puis sur-légalisation par l’ambassade ou le consulat français.

En France, la légalisation des actes publics destinés à l’étranger est désormais encadrée par le décret n° 2021‑1205 et confiée aux notaires à compter de 2025. Quinze centres gérés par les conseils régionaux ou interdépartementaux de notaires ont vocation à délivrer apostilles et légalisations, avec un délai annoncé de trois jours ouvrables à compter de la disponibilité des éléments nécessaires. Le ministère des Affaires étrangères ne conserve compétence que pour certains territoires d’outre‑mer.

Attention :

Selon le décret n° 2024‑87, les actes publics étrangers destinés à la France doivent être légalisés sauf convention contraire. Si l’État d’origine adhère à la Convention de La Haye, une apostille suffit ; sinon, une double légalisation via les autorités locales et le consulat français est requise. Les documents en langue étrangère nécessitent une traduction en français par un traducteur assermenté habilité auprès des juridictions ou autorités administratives françaises.

Pour un expatrié qui vend ou achète un bien en France via une procuration établie à l’étranger, ces formalités sont incontournables : la procuration doit être conforme au droit français, rédigée en français ou traduite, et dûment authentifiée (apostille ou légalisation consulaire) pour être recevable par le notaire français.

De la procuration au mandat de gestion locative : déléguer la vie du bien

De la procuration au mandat de gestion locative : déléguer la vie du bien

La procuration est l’outil ponctuel qui permet de signer un acte précis. Le mandat de gestion locative, lui, est le contrat au long cours qui organise la délégation de la gestion d’un bien loué à un professionnel. Pour un propriétaire non‑résident, c’est ce mandat qui rend l’investissement locatif vivable à distance.

Selon les études de marché, la gestion à distance pour un expatrié cumule plusieurs difficultés : l’éloignement géographique, les décalages horaires (un propriétaire en Asie peut avoir 6 à 8 heures de décalage avec la France), la complexité de la fiscalité des non‑résidents et la technicité croissante du droit locatif (encadrement des loyers, diagnostics obligatoires, normes de décence, DPE, etc.). Gérer seul depuis l’étranger est rapidement chronophage, risqué et techniquement complexe.

Le mandat de gestion est alors présenté, dans la pratique, comme une solution quasiment incontournable pour un non‑résident qui veut garder du patrimoine locatif en France sans s’y consacrer au quotidien.

Un contrat très encadré par la loi Hoguet

Le mandat de gestion locative est un contrat écrit, régi par la loi Hoguet (loi n° 70‑9 et son décret d’application) qui encadre les professions immobilières. Pour pouvoir proposer un tel service, le professionnel doit détenir une carte professionnelle portant la mention « Gestion immobilière » — la fameuse carte G — délivrée par la Chambre de commerce et d’industrie et renouvelée tous les trois ans. Il doit en outre justifier d’une garantie financière destinée à couvrir les fonds qu’il manipule (loyers, dépôts de garantie), avec un plancher de l’ordre de 110 000 €, disposer d’une assurance responsabilité civile professionnelle et tenir un compte séquestre distinct de ses comptes propres.

Attention :

Un mandat de gestion n’a pas de valeur juridique sans carte G, garantie financière et compte dédié, et ne peut être proposé légalement, que le propriétaire réside en France ou non.

Sur le plan formel, le mandat doit être établi en deux exemplaires originaux signés, numérotés et inscrits au registre des mandats de l’agence. Il doit mentionner l’identité complète des parties, la description précise du bien, la durée du mandat, les conditions de renouvellement et de résiliation, le périmètre des missions confiées, la rémunération (taux de gestion, frais annexes), le numéro de carte professionnelle, la mention de la garantie financière et l’autorisation expresse de percevoir les loyers. La formule « lu et approuvé » reste couramment utilisée.

Quelles missions confier au gestionnaire quand on est à l’étranger

Le mandat de gestion locative, surtout pour un non‑résident, tend à être large. Les missions classiques comprennent la recherche et la sélection du locataire, la rédaction et la signature du bail, la réalisation des états des lieux d’entrée et de sortie, l’encaissement des loyers et charges, l’envoi des quittances, la révision annuelle du loyer si indexée, la régularisation des charges, la gestion des retards de paiement, jusqu’aux procédures de recouvrement et au traitement des impayés.

Bon à savoir :

Ce service inclut la gestion technique (déclarations de sinistres, coordination d’artisans pour fuite d’eau, panne de chaudière, serrure fracturée), le suivi et contrôle des travaux, la représentation en assemblée de copropriétaires, les échanges avec le syndic, et pour les non‑résidents, une aide aux déclarations fiscales.

Les états des lieux d’entrée et de sortie, en particulier, nécessitent une présence physique et constituent des actes clés pour protéger le propriétaire contre les dégradations. Un état des lieux bâclé ou inexistant réduit considérablement les possibilités de retenue sur le dépôt de garantie. Or, intervenir depuis Tokyo ou Dubaï pour missionner un artisan en urgence dans un appartement parisien dans les 24 ou 48 heures relève vite du casse‑tête. Le gestionnaire devient alors la « présence physique » sur le terrain.

Ce que ça coûte, ce que ça rapporte : les chiffres de la gestion à distance

Les honoraires de gestion sont généralement exprimés en pourcentage des loyers encaissés. Les données les plus récentes situent la fourchette entre 4 % et 10 % TTC des loyers collectés, selon le niveau de service et le type d’agence (physique ou en ligne). À ces honoraires peuvent s’ajouter des frais de mise en location (souvent un mois de loyer hors charges, dans la limite de plafonds réglementaires pour la part locataire) et les frais d’état des lieux (avec un plafond réglementaire autour de 3,03 €/m² en zone tendue pour la part locataire).

On peut synthétiser ces niveaux de frais dans un tableau récapitulatif.

Type de serviceNiveau de frais indicatif (TTC)
Gestion courante (loyer, quittances, relances)4 % à 8 % des loyers encaissés
Gestion avec GLI incluse6 % à 10 % des loyers encaissés
Agence traditionnelle7 % à 10 % des loyers encaissés
Agence en ligne3 % à 6 % des loyers encaissés
État des lieux (zone tendue, part locataire)≈ 3,03 €/m² (plafond réglementaire)

Pour un marché comme Clermont‑Ferrand, les études mentionnent par exemple une gestion standard (encaissement + quittances + relances) facturée entre 6 % et 8 % des loyers charges comprises, une gestion complète avec visites périodiques et coordination des travaux entre 8 % et 10 %, et une gestion « premium non‑résident » incluant représentation administrative renforcée et reporting détaillé pouvant aller jusqu’à 10 % à 12 %.

Bon à savoir :

Pour un propriétaire non‑résident, les frais de gestion et les primes de Garantie Loyers Impayés (GLI) sont largement neutralisés par leur déductibilité fiscale sous le régime réel ou en LMNP, car ils viennent en déduction des recettes locatives imposables.

Une efficacité mesurée : vacance réduite, impayés limités

Au‑delà du confort, le mandat de gestion produit des effets mesurables. Les biens gérés par une agence spécialisée présentent, selon les données disponibles, un taux de loyers impayés inférieur à 2 %. La vacance locative est réduite de l’ordre de 15 % à 25 % par rapport à une gestion directe. La méthodologie de sélection des candidats, l’accès à des outils de scoring, l’expérience des gestionnaires dans la lecture des dossiers jouent en faveur d’une meilleure maîtrise du risque.

Pour un expatrié, la combinaison d’un gestionnaire professionnel et d’une GLI, souvent souscrite par l’intermédiaire de l’administrateur de biens via un contrat groupe, est quasi indispensable. Les contrats groupes négociés par les professionnels offrent des primes généralement plus avantageuses qu’une souscription individuelle, tout en couvrant les loyers impayés, certaines dégradations locatives et les frais de procédure.

Mandat de gestion et signatures à distance : un dispositif 100 % numérique

Mandat de gestion et signatures à distance : un dispositif 100 % numérique

Pour un propriétaire à l’étranger, la signature des documents est un enjeu pratique majeur. Sur ce terrain, la numérisation de la gestion locative a fait des progrès considérables. La plupart des mandats de gestion, baux, avenants, états des lieux numérisés et notifications peuvent aujourd’hui être signés à distance via une signature électronique reconnue.

Gestion locative en ligne
Gestion locative en ligne

Cette infrastructure numérique est particulièrement précieuse pour l’expatrié soumis au décalage horaire, qui peut consulter à loisir la situation de son bien et retrouver les pièces nécessaires à ses déclarations fiscales. Certaines agences mettent en place des comptes séquestres dédiés, de type CARPA ou assimilés, pour encaisser les loyers avant de les reverser au propriétaire, y compris lorsque celui‑ci dispose d’un IBAN non SEPA.

Le droit de rétractation à distance

Lorsque le mandat de gestion est signé après démarchage à distance (contact par téléphone, e‑mail, visio, etc.), le propriétaire bénéficie en principe d’un droit de rétractation de 14 jours. Un formulaire de rétractation est annexé au contrat, et le client peut l’exercer sans avoir à justifier de motif. Ce cadre, issu du droit de la consommation, s’applique aussi bien à un résident qu’à un non‑résident, dès lors que la signature s’est faite à distance à l’initiative du professionnel.

Résilier un mandat de gestion depuis l’étranger

Résilier un mandat de gestion depuis l’étranger

Signer un mandat est une chose, s’en désengager en est une autre, surtout quand on vit loin. La loi Hoguet et les textes récents encadrent aussi la résiliation. La durée d’engagement est souvent d’un an, renouvelable tacitement, avec un préavis de résiliation de 1 à 3 mois avant l’échéance. La loi Chatel impose au gestionnaire d’informer le propriétaire, entre trois et un mois avant cette date, de la possibilité de ne pas reconduire le contrat. S’il ne le fait pas, le propriétaire peut résilier à tout moment, sans préavis, une fois la période de renouvellement commencée.

Astuce :

Pour un expatrié, la résiliation du mandat peut se faire par lettre recommandée avec avis de réception ou par lettre recommandée électronique (LRE), cette dernière ayant la même valeur légale depuis le règlement eIDAS. La LRE est particulièrement avantageuse car elle permet de mettre fin au mandat en quelques clics, sans nécessiter de se rendre dans un bureau de poste local ni de gérer les différences de fuseaux horaires.

En cas de faute grave du gestionnaire (défaut de reversement des loyers, négligence manifeste, manquement répété à ses obligations), la résiliation peut intervenir à tout moment, indépendamment de l’échéance annuelle, à condition de motiver la décision et de la soutenir par des éléments concrets (courriers, e‑mails, rapports, etc.). Enfin, en cas de vente du bien, la plupart des mandats prévoient une résiliation automatique à la signature de l’acte authentique.

Assurances indispensables : PNO et GLI, le duo gagnant de l’expatrié

Assurances indispensables : PNO et GLI, le duo gagnant de l’expatrié

Pour sécuriser la gestion à distance, deux assurances jouent un rôle structurant : l’assurance Propriétaire Non Occupant (PNO) et la Garantie Loyers Impayés (GLI).

Bon à savoir :

L’assurance PNO (propriétaire non occupant) est une multirisque habitation obligatoire depuis la loi ALUR pour les biens en copropriété, couvrant le logement vacant, la responsabilité civile du propriétaire, et les sinistres non couverts par le locataire. Elle est vivement recommandée en version complète, surtout pour un propriétaire expatrié.

La GLI n’est pas obligatoire, mais elle est considérée comme « quasi indispensable » pour un propriétaire vivant à l’étranger. Elle couvre les loyers impayés, certains dommages aux biens et les frais de contentieux. Pour un non‑résident, elle constitue souvent la seule barrière efficace contre le risque de défaut prolongé de paiement, d’autant que le suivi d’une procédure d’expulsion depuis l’étranger est particulièrement lourd.

Ces deux produits, tout comme les honoraires de gestion, sont déductibles des revenus fonciers sous le régime réel, ce qui atténue sensiblement leur coût économique.

La fiscalité du non‑résident : mandat de gestion et mandataire fiscal

La fiscalité du non‑résident : mandat de gestion et mandataire fiscal

Gérer un bien depuis l’étranger ne se limite pas à l’aspect technique et locatif. La dimension fiscale est cruciale. Un non‑résident est soumis, sur ses revenus fonciers de source française, à une retenue à la source ou à un taux minimum d’imposition situé dans une fourchette de 20 % à 30 % sur le revenu net, avec des formulaires spécifiques (comme les imprimés 2044 ou 2042‑NR selon les cas). Pour sécuriser ces obligations, il est vivement conseillé de désigner un mandataire fiscal (mandataire en France) chargé de déposer les déclarations et de gérer les échanges avec l’administration.

Bon à savoir :

De nombreux administrateurs de biens proposent une assistance à la déclaration de revenus ou un service intégré, ce qui évite aux expatriés une tâche supplémentaire. Le mandat de gestion peut inclure cette mission d’assistance fiscale, aux côtés de la gestion locative et technique.

Quand la simple procuration ne suffit plus : anticipation et vulnérabilité

Quand la simple procuration ne suffit plus : anticipation et vulnérabilité

Une procuration classique prend fin automatiquement en cas de décès du mandant, et peut devenir inopérante si ses facultés mentales diminuent au point de remettre en cause la validité de ses consentements. Pour anticiper cette situation, le droit français offre des outils spécifiques comme le mandat de protection future, qui permet à une personne d’organiser à l’avance sa représentation pour le jour où un certificat médical constatera qu’elle a besoin d’être assistée ou représentée dans les actes de la vie civile.

Bon à savoir :

Signé devant notaire en présence du mandant et du mandataire, ce mandat évite des mesures judiciaires lourdes comme la tutelle ou la curatelle, et assure une continuité de représentation même en cas de vulnérabilité. À l’international, sa reconnaissance dépend de conventions comme celle de La Haye sur la protection des adultes, qui permet un certificat attestant la capacité du représentant et l’étendue de ses pouvoirs.

Pour un expatrié âgé ou confronté à des problématiques de santé, la combinaison d’une procuration adaptée pour les actes ponctuels, d’un mandat de gestion pour le quotidien du bien, et éventuellement d’un mandat de protection future notarié peut constituer une architecture robuste.

Propriétaire à l’étranger : comment articuler procuration notariale et mandat de gestion

Propriétaire à l’étranger : comment articuler procuration notariale et mandat de gestion

Dans la pratique, un propriétaire qui vit à l’étranger et détient un logement ou un portefeuille d’appartements en France utilise généralement la procuration et le mandat de gestion de manière complémentaire.

Bon à savoir :

La procuration notariale permet de déléguer la signature d’actes (compromis, vente, acquisition, avenant hypothécaire) à un proche, clerc ou mandataire. Grâce à la comparution à distance, vous signez sans vous déplacer avec l’accompagnement d’un notaire français. Pour l’étranger, l’e-apostille complète le dispositif. Si la procuration vient de l’étranger pour la France, elle doit être apostillée/legalisée et conforme au droit français.

Le mandat de gestion locative, lui, assure la continuité de la vie du bien : choix du locataire, états des lieux, encaissement des loyers, gestion des incidents, suivi des travaux, respect des nouvelles règles (par exemple l’interdiction progressive de louer les logements les plus énergivores). Pour un investisseur expatrié, notamment dans des villes où la part de propriétaires non locaux frôle 30 % du parc locatif, ce mandat constitue moins un luxe qu’une condition de sérénité.

Bon à savoir :

La procuration notariale est utilisée pour les grandes opérations juridiques ponctuelles, tandis que le mandat de gestion organise la gestion courante du patrimoine sur plusieurs années. Il est essentiel de comprendre leurs règles, coûts et l’importance des procédures d’apostille et de légalisation pour gérer efficacement et en sécurité un patrimoine français depuis l’étranger.

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