Entrepreneurs, présidents de SASU et gérants de SARL se retrouvent en 2026 face à un casse‑tête devenu technique : comment se payer au mieux entre rémunération et dividendes, dans un environnement fiscal où les taux ont bougé, notamment avec la hausse de la CSG et la réforme des cotisations TNS ? Derrière la question « salaire ou dividendes ? », il ne s’agit plus seulement de comparer des taux, mais de raisonner sur un ensemble cohérent : impôt sur les sociétés, charges sociales, flat tax, barème progressif de l’IR, droits à la retraite, seuil des 10 % en SARL, PASS, PFU à 31,4 %…

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Avant d’entrer dans les simulations, il faut poser le décor de 2026. Plusieurs curseurs ont été déplacés et modifient les arbitrages.
L’impôt sur les sociétés : 15 % puis 25 %
Que l’on soit en SAS, SASU, SARL ou EURL soumise à l’IS, les bénéfices de la société sont taxés une première fois à l’impôt sur les sociétés avant toute distribution de dividendes. En 2026, le régime de base reste le suivant pour les PME éligibles :
| Tranche de bénéfice imposable 2026 | Taux d’IS |
|---|---|
| Jusqu’à 42 500 € | 15 % |
| Au‑delà de 42 500 € | 25 % |
Ce double niveau d’IS est au cœur des simulations : tout euro distribué en dividendes a déjà subi 15 % ou 25 % d’IS au niveau de la société avant de supporter ensuite le PFU de 31,4 % ou, sur option, le barème progressif de l’IR après abattement de 40 %.
Le PFU/flat tax sur dividendes porté à 31,4 %
Deuxième étage de la fusée, l’imposition des dividendes au niveau de l’associé. Depuis 2018, les dividendes sont par défaut soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), ou flat tax. En 2026, la facture grimpe :
| Composition du PFU sur dividendes | Avant 2026 | En 2026 |
|---|---|---|
| IR forfaitaire | 12,8 % | 12,8 % |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 18,6 % |
| Total PFU | 30 % | 31,4 % |
Cette hausse s’explique par l’augmentation du taux de CSG sur les revenus du capital, passé de 9,2 % à 10,6 %, ce qui fait monter les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Concrètement, pour 10 000 € de dividendes, la charge de prélèvements sociaux augmente d’environ 140 €, et le PFU global rogne un peu plus la rentabilité des distributions.
Les sociétés prélèvent un acompte non libératoire de 12,8 % au titre de l’IR et 18,6 % pour les prélèvements sociaux, soit une retenue totale de 31,4 %. Une dispense de l’acompte d’IR de 12,8 % est possible sur demande pour les associés dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple).
Barème de l’impôt sur le revenu 2026
En parallèle du PFU, les associés peuvent choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec abattement de 40 % sur les dividendes éligibles. Il faut alors comparer ce régime au PFU de 31,4 %. Le barème 2026 (revenus 2025) est le suivant :
| Fraction du revenu imposable par part | Taux 2026 |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| 11 601 à 29 579 € | 11 % |
| 29 580 à 84 577 € | 30 % |
| 84 578 à 181 917 € | 41 % |
| Plus de 181 917 € | 45 % |
En pratique, le PFU devient plus intéressant dès que le taux marginal d’imposition (TMI) atteint ou dépasse 30 %, alors que le barème progressif reste potentiellement avantageux pour les contribuables aux TMI de 0 % ou 11 %, surtout grâce à l’abattement de 40 %.
Le PASS 2026 et son rôle pivot
Autre paramètre clé : le Plafond Annuel de la Sécurité sociale (PASS), qui sert de référence à une bonne partie des cotisations retraite, santé et prévoyance. En 2026, il s’élève à 48 060 € (soit un PMSS de 4 005 €). Ce plafond intervient :
Le revenu annuel brut minimal de 7 128 € est nécessaire pour valider 4 trimestres de retraite, soit 594 € par mois pour un président de SASU.
Il sert surtout de repère pour une règle d’or en SAS/SASU : verser au moins un salaire de l’ordre d’un PASS pour valider pleinement ses droits sociaux, puis basculer le reste des bénéfices en dividendes.
Rémunération en SAS/SASU : assimilé salarié, forte protection, coût élevé

Le président de SAS ou de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale, en tant qu’« assimilé salarié ». Cela signifie :
– pas de cotisation chômage,
– une protection sociale proche de celle d’un cadre salarié (santé, retraite de base, retraite complémentaire Agirc‑Arrco, prévoyance),
– mais un coût social parmi les plus élevés des statuts de dirigeant.
Le vrai coût d’1 € net de salaire en SAS
En 2026, les ordres de grandeur sont limpides :
– charges patronales : environ 42 à 45 % du salaire brut,
– charges salariales : environ 22 à 25 % du salaire brut.
Rapporté au net, cela donne :
| Indicateur (président de SAS/SASU) | Approximation 2026 |
|---|---|
| Charges totales / brut | ~67 % |
| Charges totales / net | ~75–80 % |
| Coût total pour 1 € net | 1,75–1,82 € |
| Ex. : pour 1 000 € net | coût ≈ 1 800–1 820 € |
Ainsi, pour qu’un président reçoive 1 000 € nets, la société doit débourser autour de 1 800 €. Pour un objectif de 100 000 € nets par an, le coût total peut approcher 180 000 à 210 000 € selon la structure précise des cotisations.
Les charges sociales sont intégralement déductibles du résultat imposable à l’IS. Elles permettent en outre d’ouvrir des droits concrets : CNAV, Agirc‑Arrco, protection maladie et prévoyance.
Exemple chiffré : 100 000 € de résultat pris intégralement en salaire
Une simulation issue des données 2026 illustre la mécanique : un dirigeant de SASU qui transforme 100 000 € de bénéfice avant rémunération en salaire se retrouve, après charges sociales et impôt sur le revenu, avec environ 42 800 € nets dans sa poche.
Le différentiel entre les 100 000 € de départ et les 42 800 € nets représente donc la somme des charges patronales, salariales et de l’IR. En contrepartie, la couverture sociale est maximale.
C’est là que la SAS se distingue radicalement de la SARL. Pour les présidents et associés de SAS/SASU, même majoritaires, la règle est simple : les dividendes ne sont jamais soumis aux cotisations sociales de type URSSAF sur le travail. Ils ne supportent que :
– l’IS au niveau de la société (15 % / 25 %),
– puis le PFU de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux).
Même si le président détient 100 % du capital d’une SASU, les dividendes ne génèrent aucun prélèvement de type cotisations sociales dirigeant. Par exemple, un dividende de 10 000 € ne donne lieu à aucune demande de cotisations auprès de l’URSSAF, seule la flat tax s’applique automatiquement.
Une simulation typique montre qu’un président de SASU qui distribue 100 000 € de bénéfice uniquement en dividendes obtient environ 52 500 € nets, soit environ 10 000 € de plus que s’il avait tout pris en salaire. Mais ces dividendes, eux, ne procurent aucun droit social (ni retraite, ni assurance maladie au titre de cette rémunération, ni chômage).
Synthèse : salaire vs dividendes en SAS
On peut ainsi résumer la situation du président de SAS/SASU en 2026 :
| Aspect | Salaire (assimilé salarié) | Dividendes (PFU) |
|---|---|---|
| Cotisations sociales | Oui, très élevées (≈ 75–80 % du net) | Aucune cotisation de travail |
| Prélèvements sociaux | Inclus dans les cotisations sur salaire | 18,6 % inclus dans le PFU |
| Impôt sur le revenu | Barème progressif (avec 10 % d’abattement) | 12,8 % (PFU) ou barème après abattement |
| Droits sociaux | Santé, retraite, prévoyance (hor. chômage) | Aucun droit ouvert |
| Coût pour 1 € net | ≈ 1,75–1,82 € | Dépend de l’IS + PFU, ≈ 1,9–2,0 €/net |
| Optimalité financière pure | Moins bon que les dividendes à revenu élevé | Plus intéressant, mais sans protection |
Pour un dirigeant de SAS qui n’a pas besoin de beaucoup de protection sociale (par exemple, couvert par ailleurs), l’attraction des dividendes est évidente. Mais l’arbitrage devient plus subtil dès qu’on intègre la validation des trimestres de retraite, la couverture maladie et les besoins de prévoyance.
Rémunération en SARL/EURL : TNS moins cher, mais dividendes piégés au‑delà de 10 %

Côté SARL, le paysage est tout autre, en particulier pour le gérant majoritaire, affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS) et rattaché à la Sécurité sociale des indépendants (SSI).
Pour un gérant majoritaire TNS, les cotisations sociales représentent en moyenne autour de 40 à 45 % de la rémunération nette. En pratique, on est sur un ordre de grandeur :
– charges TNS ≈ 45 % du revenu net,
– soit un ratio coût total / net d’environ 1,45.
Pour 1 000 € nets, la société supporte globalement un coût de 1 450 €. Cette facture est nettement plus légère que celle du président de SAS pour le même net, ce que confirment les comparatifs :
| Statut du dirigeant | Coût total pour 1 € net (2026) |
|---|---|
| Président de SAS/SASU | ≈ 1,75–1,86 € |
| Gérant majoritaire SARL TNS | ≈ 1,45 € |
Mais cette économie sociale se paie côté droits : niveau de protection plus faible, remplacement retraite moins généreux, absence de couverture chômage et nécessité quasi systématique de compléter par de l’épargne retraite (PER, contrats Madelin) si l’on vise un niveau de pension confortable.
La réforme TNS 2026 : base unique avec abattement de 26 %
La LFSS 2026 et les textes préparatoires ont profondément remanié le calcul des cotisations TNS. Le principe est désormais une base unique dite « super‑brute » :

Les taux eux‑mêmes ont été ajustés, par exemple :
– retraite de base : taux porté à 17,87 % sur la part du revenu n’excédant pas 1 PASS, et 0,72 % au‑delà,
– contributions RCI (retraite complémentaire des indépendants) en hausse (8,1 % jusqu’à 1 PASS, 9,1 % entre 1 et 4 PASS),
– barème progressif pour l’assurance maladie‑maternité, de 0 % à 6,5 %.
L’idée globale est de simplifier, sans forcément réduire le coût global : la baisse de base (abattement 26 %) est partiellement compensée par la hausse de certains taux.
Le piège des dividendes en SARL : le seuil des 10 %
Là où la SARL se distingue vraiment de la SAS, c’est sur le traitement des dividendes du gérant majoritaire TNS. Pour lui, les dividendes ne sont pas systématiquement de simples revenus de capitaux mobiliers. Une règle spécifique s’applique :
En‑dessous d’un seuil de 10 %, les dividendes sont taxés comme pour un associé « classique » (PFU 31,4 % ou barème + abattement de 40 %). Au‑delà de ce seuil, la partie excédentaire est intégrée à l’assiette des cotisations TNS, à environ 45 %, en plus de la fiscalité sur le revenu (PFU ou barème).
Le seuil de 10 % se calcule sur la base suivante :
– capital social libéré,
– + primes d’émission,
– + moyenne annuelle des soldes de comptes courants d’associés.
Autrement dit, augmenter le capital ou les apports en compte courant fait mécaniquement monter le seuil de 10 % sous lequel les dividendes restent « purs » revenus de capital.
Schématiquement :
| Dividendes du gérant majoritaire SARL (TNS) | Traitement 2026 |
|---|---|
| ≤ 10 % (capital + primes + CCA moyen) | PFU 31,4 % ou barème IR + abattement 40 % |
| > 10 % de cette base | PFU/IR + cotisations sociales TNS (≈ 45 %) |
C’est cette règle qui fait qu’une stratégie « tout en dividendes » est presque toujours catastrophique pour un gérant majoritaire de SARL : au‑delà de 10 % de la base de référence, la facturation sociale rejoint, voire dépasse, celle de la rémunération classique, mais sans les mêmes droits.
Impact chiffré : même enveloppe, net différent
Des simulations 2026 sur une enveloppe de bénéfice avant rémunération de 75 000 € montrent :
– en SAS avec président assimilé salarié, le dirigeant peut espérer environ 40 000 € nets,
– en SARL avec gérant majoritaire TNS, on atteint plutôt 48 276 € nets.
Sur dix ans, l’écart cumulé de patrimoine net disponible avoisine 11 000 €, à enveloppe de départ identique. En parallèle, le coût global des prélèvements (cotisations + IS + IR) est inférieur en SARL (environ 59 000 €) qu’en SAS (environ 66 000 €).
Dividendes : PFU ou barème progressif, un choix à refaire chaque année

Que l’on soit en SAS ou en SARL (pour la part des dividendes qui reste en revenus du capital), deux régimes coexistent.
Le PFU : 31,4 %, simple mais rigide
Le PFU à 31,4 % s’applique de plein droit sur le montant brut des dividendes, sans aucun abattement. Il ne tient pas compte de la situation familiale ni du TMI, et aucun frais ni charge ne peut être déduit en plus.
Techniquement :
– 12,8 % d’IR prélevé comme acompte au moment du versement (sauf dispense),
– 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité),
– total : 31,4 % à la source, imputable ensuite sur l’impôt final.
Le régime du prélèvement forfaitaire unique (flat tax) à 12,8 % est recommandé dès que le taux marginal d’imposition (TMI) du foyer fiscal atteint 30 %, 41 % ou 45 %, car il limite l’impôt sur le revenu des dividendes à ce taux, contrairement au barème progressif qui serait plus élevé avec un TMI de 41 % ou plus.
Le barème progressif : abattement de 40 %, mais TMI parfois rédhibitoire
L’option pour le barème progressif de l’IR reste possible. Dans ce cas :
Les dividendes bénéficient d’un abattement de 40 % pour l’impôt sur le revenu, sous conditions (distribution régulière, société en France/UE/pays conventionné). Seuls 60 % des dividendes bruts sont donc imposés au barème. Les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent sur 100 % du montant, que vous choisissiez le PFU ou le barème. Une fraction de la CSG est déductible du revenu imposable l’année suivante.
Ce régime devient intéressant surtout pour les foyers qui, après prise en compte de tous les revenus, restent dans les tranches 0 % ou 11 %. À ces niveaux, la combinaison « 40 % d’abattement + TMI faible » peut aboutir à une imposition IR inférieure à 12,8 %.
En 2026, l’option n’est plus irrévocable à vie : il est désormais possible de choisir le barème une année, puis de revenir au PFU l’année suivante si la situation change, ce qui permet d’optimiser année par année.
Comparer SAS et SARL à profit donné : l’exemple des 100 000 € de bénéfices

Pour comprendre l’enjeu de « Remuneration vs dividendes en SAS/SARL : simulation 2026 », il faut raisonner à enveloppe de bénéfice avant rémunération identique et comparer ce qui reste réellement dans la poche du dirigeant après toutes charges et impôts.
Étape 1 : fixer l’enveloppe à distribuer
Prenons un bénéfice avant rémunération de 100 000 €. C’est l’enveloppe brute susceptible de financer soit :
– du salaire (assimilé salarié en SAS, TNS en SARL),
– des dividendes (après IS),
– ou un mix des deux.
Étape 2 : tout en salaire en SAS
Si les 100 000 € sont intégralement convertis en salaire en SAS :
– la société verse un brut, supporte ~45 % de charges patronales,
– le dirigeant subit ~22 % de charges salariales puis l’IR au barème.
Les données consolidées indiquent qu’avec 100 000 € de marge de manœuvre, le président finit autour de 42 800 € nets. Le ratio « net persistant » sur enveloppe de départ est donc d’environ 43 %.
Étape 3 : tout en dividendes en SAS
Même enveloppe de 100 000 € :
On calcule d’abord l’IS à 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices, puis à 25 % sur le surplus. Ensuite, le solde est distribué sous forme de dividendes soumis au PFU de 31,4 %.
Les simulations disponibles donnent un net d’environ 52 500 €. Le ratio de transformation du bénéfice en cash net grimpe alors autour de 52–53 %. L’écart de près de 10 points confirme l’intérêt financier brut des dividendes par rapport au salaire en SAS, pour un dirigeant déjà bien couvert par ailleurs.
Étape 4 : rémunération TNS en SARL
À enveloppe de 100 000 € identique, une SARL avec gérant majoritaire TNS :
– supporte un coût social d’environ 45 % du net versé,
– réserve un coût global nettement inférieur à la SAS pour un même net.
Sur une base de 150 000 € de bénéfices, l’écart de rémunération nette entre le gérant TNS et le président de SAS assimilé salarié atteint jusqu’à 22 500 € par an.
Étape 5 : rôle du mix salaire + dividendes
Ni le « tout salaire » ni le « tout dividendes » ne sont optimaux dans la plupart des cas. Les simulations de 2026 convergent vers plusieurs règles d’optimisation :
– en SAS/SASU, viser un salaire d’environ 1 PASS (48 060 €) pour sécuriser 4 trimestres de retraite et la couverture sociale, puis faire remonter le surplus en dividendes taxés au PFU de 31,4 %,
– en SARL, ajuster une rémunération TNS qui couvre les charges et les droits (retraite, santé), puis distribuer éventuellement des dividendes en restant, autant que possible, sous le seuil des 10 % pour éviter la sur‑imposition sociale.
Les simulateurs les plus sophistiqués comparent quatre à cinq stratégies (100 % salaire, 100 % dividendes, mix salaire/dividendes, redevance de marque, montage avec holding), et identifient celle qui maximise le net après impôt pour un même coût d’entreprise.

Pour un gérant majoritaire de SARL, le statut TNS reste, en 2026, l’un des plus efficaces en pur rendement net, mais il impose d’anticiper sérieusement la retraite.
Cotisations minimales et barèmes
Même sans se verser de rémunération, un TNS doit régler des cotisations minimales, de l’ordre d’environ 1 100 € par an. Les barèmes sont progressifs et tiennent compte du revenu brut « abattu » de 26 %, avec des taux qui grimpent puis décrochent :
– maladie‑maternité : de 0 % à 6,5 %,
– allocations familiales : 0 % à 3,1 %,
– retraite de base : 17,87 % jusqu’au PASS, 0,72 % au‑delà,
– retraite complémentaire : environ 8–9 % selon la tranche,
– CSG‑CRDS : 9,7 % sur 100 % du revenu.
Au total, pour des revenus TNS compris entre 60 000 € et 300 000 €, le taux global de cotisation oscille entre 35 % et 45 %.
Retraite : nécessité d’un PER ou équivalent
Les simulations de remplacement de revenu montrent qu’un gérant majoritaire déclarant 80 000 € par an n’aura, à la retraite, qu’un taux de remplacement de l’ordre de 29 %, avec une pension de base plafonnée autour de 23 550 € par an. D’où l’importance de tirer parti des outils comme :
Découvrez les dispositifs clés pour maximiser votre déduction fiscale : le PER, les contrats Madelin et la mutualisation des plafonds entre conjoints.
Le PER TNS offre un plafond de déduction pouvant atteindre près de 88 911 € en 2026, permettant une épargne retraite fiscalement avantageuse.
Encore utilisés dans certaines configurations, ces contrats restent une option pour les travailleurs non-salariés cherchant à se constituer une retraite complémentaire.
La mutualisation des plafonds de déduction entre conjoints optimise la fiscalité du foyer en répartissant les capacités d’épargne retraite.
Les versements sur PER sont déductibles du revenu imposable (dans la limite des plafonds), ce qui améliore fortement l’efficacité globale de la stratégie « TNS + épargne retraite ».
Dividendes en SARL : maîtriser la zone > 10 %
Pour rappel, en SARL/EURL soumise à l’IS :
La part des dividendes inférieure à 10 % du capital, primes et comptes courants est soumise au PFU de 31,4 % ou au barème de l’impôt sur le revenu, tandis que la part au-delà de 10 % supporte des cotisations TNS d’environ 45 % en plus de l’impôt sur le revenu.
Ce mécanisme fait que l’usage des dividendes pour un gérant majoritaire doit rester mesuré. Deux leviers techniques permettent toutefois d’augmenter la zone « sûre » des 10 % :
– augmenter le capital social (en numéraire ou en nature) pour élargir la base de calcul,
– alimenter les comptes courants d’associés, qui sont également pris en compte dans la base de 10 %.
Mais au‑delà d’une certaine limite, la rentabilité sociale et fiscale des dividendes TNS devient inférieure à celle d’une rémunération purement TNS.
Synthèse stratégique : quand privilégier salaire, dividendes ou mix ?

Les résultats des différentes simulations disponibles pour 2026 amènent à quelques lignes directrices, à manier bien sûr avec prudence et adaptation aux cas individuels.
En SAS/SASU
Dans une SAS ou SASU soumise à l’IS, le triptyque à garder en tête est :
1. le salaire est lourdement chargé, mais ouvre des droits complets, 2. les dividendes ne subissent aucune cotisation sociale mais se cumulent à l’IS et au PFU de 31,4 %, 3. les arbitrages gagnants tournent majoritairement autour du « salaire ≈ 1 PASS + le reste en dividendes ».
On peut résumer l’approche du président de SAS/SASU comme suit :
– sécuriser au minimum un salaire annuel brut de l’ordre de 48 060 € pour valider 4 trimestres de retraite et conserver la couverture maladie et prévoyance au régime général,
– éviter d’aller beaucoup au‑delà en salaire si le TMI est déjà élevé (30–41–45 %), car les charges supplémentaires deviennent très peu rentables,
– basculer ensuite le surplus de bénéfice en dividendes, sachant qu’ils ne déclenchent aucun appel de cotisations sociales et seront taxés à 31,4 %.
Les comparateurs 2026 montrent souvent que, pour des TMI de 41 % ou 45 %, une structure de rémunération du type :
– environ 1 PASS de salaire,
– le solde en dividendes,
permet de gagner plusieurs milliers d’euros de net par an par rapport à une stratégie 100 % salaire, tout en maintenant un socle de protection sociale correct.
En SARL/EURL avec gérant majoritaire
Pour un gérant majoritaire de SARL/EURL, les conclusions sont différentes :
– la rémunération TNS est socialement « bon marché » (≈ 45 % de cotisations, coût total ≈ 1,45 €/net),
– la couverture sociale est décente mais inférieure à celle d’un président de SAS,
– les dividendes doivent être soigneusement contenus sous 10 % de la base (capital + primes + comptes courants) pour ne pas se transformer en quasi‑salaire extrêmement taxé.
La stratégie la plus souvent gagnante consiste à : identifier les opportunités et agir rapidement.
Pour un travailleur non salarié (TNS), il est recommandé de privilégier une rémunération suffisante pour valider ses trimestres de retraite et maintenir le niveau de droits souhaité. En parallèle, utilisez les marges disponibles pour abonder un Plan d’Épargne Retraite (PER) ou d’autres supports de retraite facultative, afin de compenser le futur faible taux de remplacement. Enfin, distribuez des dividendes avec parcimonie : uniquement dans la zone où ils ne déclenchent pas de cotisations TNS, ou réservez-les à des associés non TNS comme des minoritaires ou des sociétés holdings.
Les simulations 2026 montrent qu’à profit équivalent, une SARL avec gérant majoritaire bien structurée peut générer 6 à 15 points d’efficacité nette supplémentaire par rapport à une SAS qui ferait tout remonter en salaire ou même en dividendes non optimisés.
Arbitrer en fonction du TMI et des besoins de protection
Enfin, l’arbitrage entre salaire et dividendes ne peut être déconnecté de deux éléments personnels :
– le taux marginal d’imposition du foyer fiscal,
– les besoins réels de protection sociale (santé, retraite, prévoyance, chômage éventuellement via d’autres couvertures).
Pour un dirigeant peu imposé (TMI 0 % ou 11 %) et ayant besoin de droits sociaux conséquents, une part plus large de salaire (en SAS comme en SARL) peut rester pertinente, quitte à opter pour le barème progressif sur les dividendes avec abattement de 40 %. À l’inverse, pour un dirigeant très imposé (TMI 41–45 %), les dividendes au PFU et les outils d’épargne retraite deviennent des leviers majeurs, à condition de ne pas sacrifier totalement la protection sociale de base.
En conclusion : la simulation individualisée, passage obligé en 2026

Toutes les données 2026 convergent vers un constat : il n’existe plus de recette unique valable pour tout le monde. La hausse du PFU à 31,4 %, la réforme de la base TNS avec abattement de 26 %, la progression du PASS à 48 060 €, la montée des prélèvements sociaux sur les dividendes de 17,2 % à 18,6 %, le seuil des 10 % en SARL, les barèmes URSSAF des présidents de SAS et les différences de droits sociaux rendent la question « Remuneration vs dividendes en SAS/SARL : simulation 2026 » nettement plus complexe que quelques pourcentages posés sur un coin de table.
Les outils de simulation intégrant :
– l’IS 15 % / 25 %,
– le PFU 31,4 %,
– le barème IR 2026,
– les charges sociales 2026 (≈ 67 % du brut en SAS, ≈ 45 % du net en TNS SARL),
– le seuil de 10 % sur les dividendes des gérants majoritaires,
Pour un même bénéfice avant rémunération, le net annuel d’un dirigeant peut varier de 20 000 à 30 000 € selon le montage retenu, ce qui souligne le coût élevé d’une modification de statut ou de la répartition salaire/dividendes sans simulation précise.
En 2026, la bonne démarche consiste donc à :
– partir du bénéfice avant rémunération et de la situation familiale,
– simuler, pour sa propre tranche d’imposition, plusieurs combinaisons de salaire et de dividendes,
– comparer systématiquement le net après toutes charges et impôts, sans oublier les droits sociaux associés.
Ce n’est qu’à ce prix, en croisant les paramètres juridiques, fiscaux et sociaux, qu’un dirigeant de SAS ou de SARL peut transformer la contrainte fiscale de 2026 en véritable levier d’optimisation de sa rémunération.
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