Entre la remontée des taux obligataires, le reflux de l’inflation et la baisse programmée du Livret A, les fonds euros d’assurance-vie reviennent au centre du jeu. Après des années de rendements en berne, ils offrent à nouveau un couple rendement/sécurité difficile à ignorer. Mais que peut-on vraiment attendre des fonds euros assurance-vie : rendement et sécurité en 2026 ? Et à quelles conditions ? Enquête chiffrée, contextualisée, et sans langue de bois.
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Un retour en grâce après une décennie de taux zéro

Pendant des années, les fonds en euros ont été victimes de la baisse continue des taux obligataires. En 2021, le taux moyen tournait encore autour de 1,30 %, avec une OAT 10 ans à 0 %, et un environnement de taux quasiment nul. Résultat : des rendements réels négatifs dès que l’inflation s’est envolée en 2022–2023.
En 2025, le taux moyen des fonds euros s’est établi autour de 2,6 à 2,65 % net de frais de gestion, selon France Assureurs, l’ACPR et le cabinet Facts & Figures. C’est le meilleur niveau moyen depuis 2014, et surtout, pour la première fois depuis longtemps, supérieur à l’inflation.
2025 : la vraie année du retournement
Pour mesurer ce retour en grâce, il suffit de regarder quelques chiffres clés. En 2025, l’inflation moyenne en France a été limitée à environ 0,8–0,9 % (INSEE). Avec un rendement moyen de 2,6–2,65 % net de frais de gestion, et après prélèvements sociaux de 17,2 %, le taux net ressort autour de 2,1–2,2 %. Autrement dit, le rendement réel (après inflation) redevient franchement positif, autour de +1,2 à +1,8 % selon les méthodes de calcul.
Les fonds euros ont enregistré plus de 50 milliards d’euros de flux nets en 2025, un niveau inédit depuis une quinzaine d’années.
Pour resituer l’évolution récente, on peut comparer rendements et inflation sur quelques années.
Tableau 1 – Rendement moyen des fonds euros et inflation récente
| Année | Taux moyen fonds euros (net de frais de gestion) | Inflation moyenne France | Rendement réel approximatif |
|---|---|---|---|
| 2021 | 1,30 % | ~2,0–2,5 % | Négatif |
| 2022 | 1,9–1,94 % | ~5 % | Environ –3 % à –3,6 % |
| 2023 | 2,5–2,6 % | 4,9 % | Environ –2,9 % |
| 2024 | 2,5–2,6 % | 1,3 % | Autour de +1,2 % |
| 2025 | 2,6–2,65 % | 0,8–0,9 % | Entre +1,2 % et +1,8 % |
Cette bascule explique la perception largement partagée en 2026 : le fonds euro n’est plus un « survivant du passé », mais à nouveau un socle défensif rationnel dans une allocation patrimoniale.
Ce que valent vraiment les fonds euros en 2026

La question centrale pour les épargnants est désormais prospective : que peut-on espérer en 2026 sur les fonds euros, et à quel risque ?
Les projections convergent étonnamment. Les organismes de place, les cabinets d’analyse et les assureurs eux-mêmes attendent une stabilité, voire une légère progression, des rendements moyens par rapport à 2025. On ne parle pas d’explosion des taux, mais d’un plateau plus élevé et durable.
Un consensus autour de 2,5–2,8 % en moyenne
Plusieurs scénarios de marché balaient une fourchette allant de 2,2 % à 3 % net de frais de gestion pour la moyenne des fonds euros en 2026, avec un scénario central entre 2,5 % et 2,8 %. Certains experts, comme Cyrille Chartier-Kastler, évoquent même 2,9 % en moyenne, avec 3,2 % dès 2027 si les OAT 10 ans restaient entre 3,8 % et 4,2 %.
Les projections raisonnables indiquent un niveau similaire à 2025, légèrement meilleur pour les meilleurs contrats, avec une dispersion toujours forte entre les acteurs.
Tableau 2 – Projections de rendement fonds euros 2026
| Scénario | Fourchette moyenne 2026 (net de frais de gestion) | Commentaire |
|---|---|---|
| Prudent | 2,2 % – 2,5 % | Baisse des taux longs, assureurs conservateurs |
| Central | 2,5 % – 2,8 % | Stabilisation des taux, utilisation modérée des réserves |
| Favorable | 2,8 % – 3,0 % | Maintien des taux élevés, recours accru aux réserves (PPB) |
En pratique, les contrats bancaires standards resteront plus près de 2–2,4 %, tandis que les bons fonds euros « patrimoniaux » ou « nouvelle génération » peuvent viser 2,8–3,2 % hors bonus, et autour de 3,5–4,1 % pour les meilleurs, avec conditions.
Un écart considérable entre mauvais et bons contrats
L’un des points clés en 2026 est la dispersion de performances. D’un côté, certaines offres de bancassurance de base ne dépassent guère 2,1–2,2 %. De l’autre, des assureurs mutualistes ou spécialisés, comme Corum Life (EuroLife), Ampli, Carac, Garance ou la MACSF, affichent des rendements nettement supérieurs.
Parmi les taux récents cités pour 2025 (qui servent de base à 2026) :
– Corum EuroLife : 4,10 % net de frais de gestion (contre 4,65 % en 2024)
– Afer EuroGénération : 4,05 %, avec blocage des rendements sur 8 ans et bonus de fidélité minimal de 10 %
– Ampli-Assurance-vie : 3,75 %
– Carac : 3,55 % (et 4,05 % sur certains PER)
– Garance Épargne : 3,50 %
– La France Mutualiste : 3,50 %
– MIF : 3,45 %
– Swiss Life Euro+ : 3,60 %
– MACSF Epargne & Retraite : 3,15 % avec plus de 22 Md€ d’encours
À l’opposé, des contrats de grande banque de détail naviguent à 2,15–2,30 % sur leurs fonds euros classiques, hors bonus conditionnels.
Tableau 3 – Éventail de rendements 2025 (repère pour 2026)
| Type de contrat / acteur | Rendement 2025 net de frais de gestion |
|---|---|
| Bancassurance de base | 2,0 % – 2,3 % |
| Euro multi-support sans condition | 2,5 % – 3,1 % |
| Fonds euros bonifiés (avec UC) | 3,5 % – 4,6 % |
| Corum EuroLife | 4,10 % |
| Afer historique (euro classique) | 2,65 % (40 Md€ d’actifs) |
La conséquence est limpide : la moyenne ne veut presque plus rien dire pour un épargnant. Tout se joue dans le choix du contrat, la structure des frais et les éventuels bonus conditionnels.
Un différentiel durable avec le Livret A, mais sous conditions

La comparaison avec le Livret A est un passage obligé pour juger de l’intérêt des fonds euros. Au 1er février 2026, le taux du Livret A a été abaissé à 1,5 % net d’impôts et de prélèvements sociaux. En 2025, il a oscillé en moyenne autour de 2,2 % avant cette baisse.
Face à cela, un fonds euro à 2,6–2,9 % brut (net de frais de gestion mais avant prélèvements sociaux) reste globalement plus intéressant, mais le différentiel net s’est resserré.
Fonds euros vs Livret A : qui gagne en 2026 ?
Pour comparer, il faut raisonner à niveau de risque et de fiscalité comparable. Le Livret A est 100 % liquide, totalement garanti par l’État, et totalement défiscalisé. Le fonds euro, lui, est garanti par l’assureur, imposé via les prélèvements sociaux annuels (17,2 %) et, en cas de rachat, potentiellement soumis à l’impôt (via le PFU ou l’imposition au barème).
Le rendement du fonds euro après prélèvements sociaux (17,2 %) baisse d’environ 2,6 % brut à 2,15 % net. Avant 8 ans, une fiscalité globale de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) sur les gains peut rendre le rendement net très proche ou inférieur à celui du Livret A. Après 8 ans, avec moins de 150 000 € de primes et un impôt réduit à 7,5 % (soit 24,7 % au total), le fonds euro redevient plus avantageux, notamment avec l’abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple).
Tableau 4 – Comparaison indicative fonds euro / Livret A (2026)
| Produit | Taux brut 2026 (hypothèse) | Fiscalité | Taux net indicatif |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,50 % | Aucune | 1,50 % |
| Fonds euro moyen | 2,6 % | 17,2 % PS annuels | ~2,15 % net de PS |
| Fonds euro + PFU 30 % (*) | 2,6 % | 30 % sur les gains au rachat | ~1,8–1,9 % (selon horizon) |
| Fonds euro (>8 ans, <150 k€) | 2,6 % | 24,7 % sur gains après abattement | Potentiellement > Livret A |
(*) Cas d’un contrat de moins de 8 ans, sans optimisation fiscale particulière, la comparaison dépend fortement de la durée de placement et de la part de gains dans le rachat.
À court terme, le Livret A ou le LEP sont incontournables pour la trésorerie. À moyen terme, le fonds euro redevient pertinent en tenant compte de la fiscalité et des frais.
Rendement réel : le filtre de l’inflation et des frais

Un taux nominal de 2,5 ou 3 % est séduisant après des années à 1 %, mais il ne dit pas tout. Il faut le confronter à l’inflation, aux frais de gestion et aux prélèvements sociaux pour mesurer le gain réel de pouvoir d’achat.
En 2025, avec une inflation autour de 0,9 % et un taux moyen de 2,6 %, le rendement réel net de prélèvements sociaux se situait autour de +1,2 à +1,8 %. C’est le meilleur niveau depuis plus de dix ans. Pour 2026, les projections d’inflation varient entre 1,3 % (Banque de France) et 2–2,5 % selon certains scénarios. À taux de fonds euros inchangés, cela réduirait mécaniquement le gain réel.
Un exercice simple permet de visualiser l’impact combiné des différents paramètres.
Tableau 5 – Exemple de rendement « du brut au réel » en 2026
| Hypothèse de départ | Valeur |
|---|---|
| Taux brut fonds euro (net de frais de gestion) | 2,50 % |
| Prélèvements sociaux (17,2 %) | –0,43 pt |
| Taux net après PS | 2,07 % |
| Inflation hypothétique 2026 | 2,00 % |
| Rendement réel net approximatif | +0,07 pt |
Avec un taux brut de 2,5 %, une inflation à 2 % et des frais de gestion limités à 0,6 %, le gain de pouvoir d’achat devient quasi nul. D’où l’importance cruciale, en 2026, de :
– privilégier des contrats à frais de gestion inférieurs à 0,8 % (idéalement 0,5–0,6 %) ;
– rechercher des fonds euros au-dessus de la moyenne (2,8–3 % plutôt que 2,3 %) ;
– considérer les bonus conditionnels, sans se laisser piéger par des proportions d’unités de compte incompatibles avec son profil.
Autrement dit, à 2,5 % brut dans un monde à 2 % d’inflation, le fonds euro protège à peine le pouvoir d’achat. À 3–3,5 % brut, la valeur réelle du capital recommence à progresser de façon tangible.
Un pilier de sécurité : garantie du capital et effet cliquet

Au-delà du chiffre de rendement, la singularité du fonds euro reste la combinaison rare de trois caractéristiques : garantie du capital, cliquet annuel des intérêts et liquidité.
La plupart des fonds euros dits « classiques » garantissent 100 % du capital brut (hors fiscalité), parfois 100 % net de frais de gestion. Les nouvelles générations de fonds diversifiés ou dynamiques se contentent parfois d’une garantie de 97–98 % du capital net de frais, pour pouvoir s’exposer davantage aux marchés actions ou immobiliers.
Concrètement, cela signifie que, hors faillite extrême de l’assureur, l’épargnant ne peut pas voir la valeur de son fonds euro baisser en euros courants. En parallèle, l’« effet cliquet » joue à plein : les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis et viennent augmenter le capital garanti pour l’avenir.
Placement initial de 10 000 € sur un fonds euro rapportant 2,5 % la première année. Au 31 décembre, le capital atteint 10 250 €, montant qui devient la nouvelle garantie minimale. Ainsi, même en cas de baisse des marchés obligataires, l’assureur ne peut pas reprendre ce gain.
Cette sécurité est renforcée par le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP), qui couvre jusqu’à 70 000 € par assureur et par épargnant en cas de défaillance. Ce risque reste théorique, compte tenu du cadre prudentiel Solvabilité II et du contrôle strict de l’ACPR, mais il existe en toile de fond.
À l’échelle d’un patrimoine global, le fonds euro joue donc un rôle d’amortisseur, de matelas sécurisé qui permet d’accepter davantage de volatilité sur d’autres poches (unités de compte, actions, immobilier, etc.).
Comment les assureurs fabriquent le rendement en 2026

Pour comprendre la trajectoire des rendements, il faut regarder « sous le capot » des fonds euros. Ceux-ci sont majoritairement investis en obligations souveraines et d’entreprises de bonne qualité, complétées par une dose d’actions (autour de 8 % en moyenne), de monétaire et parfois d’actifs immobiliers.
L’inertie obligataire : un atout en 2026
Lorsque les taux remontent brutalement, comme en 2022–2023, la valeur de marché des anciennes obligations à faible coupon baisse. Mais tant que l’assureur ne les vend pas, la perte reste latente. Il conserve le droit de recevoir les coupons et le remboursement in fine. En parallèle, il réinvestit progressivement les flux de coupons et les échéances dans de nouvelles obligations à 3–4 %, améliorant peu à peu le rendement global de son portefeuille.
L’inertie des fonds euros a retardé leur hausse à 4-5 % malgré la remontée des taux en 2023, mais cette même inertie offre une visibilité pour 2026 : la hausse est déjà largement engagée, et les taux de l’OAT 10 ans entre 3,8 % et 4,2 % laissent présager une stabilité, voire une légère hausse, à moyen terme.
Le rôle clé des réserves (PPB)
Autre levier à disposition des assureurs : la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB). Il s’agit d’une réserve constituée en mettant de côté une partie des bénéfices financiers des bonnes années, pour pouvoir les redistribuer plus tard. Juridiquement, les assureurs doivent reverser ces sommes aux assurés dans un délai maximal de 8 ans.
Fin 2025, le stock de PPB du marché français était estimé entre 50 et 70 milliards d’euros, soit environ 3,7 à 5% des encours.
En 2026, ces réserves permettent d’amortir une éventuelle baisse de taux et, dans un scénario favorable, de doper légèrement les rendements servis. C’est ce qui explique que de nombreux experts jugent peu probable une rechute brutale des taux de fonds euros à court terme.
L’essor des bonus conditionnels et des fonds « nouvelle génération »

Derrière la moyenne de marché se cache une autre réalité : la multiplication des offres « boostées » avec conditions. Pour servir 3,5–4,5 % sur un fonds euro en 2026, la plupart des assureurs exigent désormais une part significative d’investissement en unités de compte, non garanties.
Les exemples abondent, autant en assurance-vie qu’en PER.
Des exemples concrets de bonus en 2026
Plusieurs grands noms ont déjà annoncé ou prolongé en 2026 des opérations de rendements majorés :
Sur les contrats Version Absolue 2 et Version Absolue Capi 2 d’UAF Life Patrimoine / Spirica, le fonds euro « Nouvelle Génération » offre un bonus de +1,10 à +1,50 point sur 2026 et 2027. Pour en bénéficier, un versement minimal de 100 000 € est requis. Le bonus maximal (1,50 point) nécessite une part d’unités de compte d’au moins 30 % maintenue jusqu’au 31 décembre 2027. Avec un taux de base 2025 de 2,78 %, le rendement sur le versement nouveau peut atteindre 3,88–4,28 % brut de prélèvements sociaux.
– Generali (fonds euro Netissima) : une campagne 2026 prévoit un surcroît de 1,5 point sur les nouveaux versements effectués de janvier à fin juin 2026, si au moins 30 % du versement est investi en unités de compte et que cette proportion reste respectée jusqu’à fin 2027. Le taux total est plafonné vers 4,5 % net de frais de gestion sur la part des nouveaux versements.
– CNP Assurances : reconduction de bonus de participation aux bénéfices modulés selon la quotité investie en unités de compte, pouvant atteindre +1,02 % sur l’encours existant et +2 % sur les nouveaux versements lors de campagnes commerciales ciblées.
Certains assureurs proposent des rendements visés de 4,25 % à 4,5 % en 2026 sur les versements de l’année, avec un bonus de +2 points la première année et +0,5 point sur l’épargne déjà constituée, à condition que la part d’unités de compte reste supérieure à un seuil de 40–45 %.
Ces dispositifs ont un double objectif : attirer des flux vers les contrats, tout en forçant une part de prise de risque sur les marchés via les unités de compte. Ils ne sont ni mauvais ni scandaleux en soi, mais doivent être compris pour ce qu’ils sont : un échange entre plus de risque d’un côté, et un surcroît de rendement sur la poche sécurisée de l’autre.
Tableau 6 – Logique des offres bonifiées en 2026
| Offre (exemple) | Bonus sur fonds euro | Condition principale | Rendement cible possible |
|---|---|---|---|
| Spirica « Nouvelle Génération » | +1,10 à +1,50 pt | ≥ 100 k€ de versement, 0–30 % ou ≥30 % en UC | 3,88–4,28 % sur le versement 2026 |
| Netissima (Generali) | +1,50 pt | ≥ 30 % en UC jusqu’à fin 2027, plafond 500 k€ | Jusqu’à 4,50 % |
| CNP bonus 2026 | +1,02 à +2,00 pt | Part significative en UC | > 3,5 % possible |
Pour l’épargnant, la question n’est pas tant de refuser ces offres que de vérifier si la proportion d’unités de compte requise est compatible avec son profil de risque et son horizon. Investir 30–50 % en supports non garantis n’est pas neutre en cas de correction boursière ou immobilière.
Fiscalité : un avantage qui se renforce par contraste

En 2026, les prélèvements sociaux sur l’assurance-vie restent fixés à 17,2 %. Contrairement à la plupart des autres placements financiers (dividendes, intérêts de comptes-titres, plus-values mobilières), qui subissent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux via une hausse de CSG, l’assurance-vie a été épargnée par cette augmentation.
Le PFU global sur les revenus de valeurs mobilières est monté à 31,4 %, alors que celui applicable aux gains d’assurance-vie reste à 30 %, voire 24,7 % après 8 ans pour les contrats dont la somme des primes reste sous 150 000 €. Cette asymétrie renforce l’attrait du cadre assurance-vie, mécaniquement plus doux fiscalement à long terme.
Rappel des grands principes :
Les gains sont imposés uniquement lors d’un rachat, jamais en cours de vie. Avant 8 ans, imposition au PFU de 30% (ou option au barème IR). Après 8 ans, abattement annuel de 4 600€ (seul) ou 9 200€ (couple), puis taxation à 7,5% (primes ≤150 000€) ou 12,8% (au-delà) + 17,2% de prélèvements sociaux. En transmission, abattement de 152 500€ par bénéficiaire pour primes versées avant 70 ans.
Pour un épargnant qui accepte une durée de détention d’au moins 8 ans, les fonds euros en assurance-vie combinent donc trois atouts : garantie du capital, fiscalité allégée et rendement significativement supérieur au Livret A.
Fonds euros et unités de compte : le duo obligé

Les assureurs ont progressivement fait évoluer leur modèle : pour accéder aux meilleurs fonds euros, il est désormais quasi systématique qu’une part minimale du contrat soit investie en unités de compte (UC). Cette proportion va typiquement de 20 à 50 % selon les offres.
Cette contrainte ne doit pas être lue seulement comme un obstacle ; elle entérine une réalité de fond : on ne protège pas durablement son pouvoir d’achat avec du 100 % fonds euro. Avec des rendements attendus de 2,5 à 3 % à long terme, un fonds euro ne peut, à lui seul, battre l’inflation durablement si celle-ci se stabilise autour de 2–3 %.
Le potentiel de performance historique annuel des actions mondiales, supérieur aux placements sans risque mais avec un risque de perte en capital à court terme.
Plusieurs études montrent qu’en 2023, les UC ont délivré autour de 6,2 % en moyenne, contre 2,6 % pour les fonds euros. Et sur treize ans, l’écart annualisé reste net : environ 3,1 % par an pour les UC contre 2,1 % pour les fonds euros.
Le fonds euro n’est donc pas un concurrent des UC, mais leur complément naturel : socle de sécurité d’un côté, moteur de performance de l’autre.
Faut-il encore miser sur les fonds euros en 2026 ?

La réponse, pour un épargnant français moyen, est clairement oui, mais pas n’importe comment et pas tout seul. Les fonds euros assurance-vie : rendement et securite en 2026 restent un pilier pertinent, à condition :
– de sélectionner des contrats techniquement solides (encours significatif, PPB supérieure à la moyenne, solvabilité confortable) ;
– de viser des frais raisonnables (idéalement < 0,8 % sur le fonds euro) ;
– de ne pas se satisfaire de la moyenne, en recherchant des fonds à 2,8–3,2 % plutôt qu’à 2,1–2,3 % ;
– d’accepter une part mesurée d’unités de compte si nécessaire pour accéder aux meilleurs taux, en cohérence avec son horizon et sa tolérance au risque ;
– de garder à l’esprit que même garanti en nominal, le capital reste exposé à l’érosion monétaire.
L’époque où l’on pouvait placer tout son argent en fonds euro en dormant sur ses deux oreilles et en battant largement l’inflation est révolue. Mais celle où le fonds euro était condamné à des rendements fantoches est, elle aussi, derrière nous. En 2026, les fonds euros sont redevenus ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : un socle rassurant, modérément rémunérateur, à intégrer dans une stratégie de long terme plus large, fondée sur la diversification.
Analyse financière
Dans cette optique, le bon usage n’est pas de se demander s’il faut « tout mettre » sur un fonds euro, mais plutôt comment articuler, au sein de l’assurance-vie, une poche sécurisée performante avec des poches plus dynamiques capables de faire croître réellement le patrimoine au fil du temps. Le marché et les chiffres de 2026 fournissent enfin un terrain de jeu plus équilibré pour opérer cet arbitrage.
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