+33 6 51 45 90 38 (WhatsApp) contact@cyriljarnias.fr

Paris : La taxe sur logements vacants doublée pour lutter contre la crise

par | Actualités
Publié le 18 juillet 2026

La municipalité de Paris a décidé de frapper fort contre la vacance résidentielle en doublant la taxe sur les logements inoccupés. Le Conseil de Paris a voté l’application des taux maximaux autorisés par la loi, une mesure qualifiée d’« historique » par l’exécutif, qui espère ainsi remettre des milliers de biens sur le marché dans un contexte de pénurie aiguë de logements.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

Disclaimer :

Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.

Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.

Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

Une surtaxe portée au maximum pour les logements vides

En s’appuyant sur la loi de finances pour 2026, la ville met en place une nouvelle taxe unifiée sur la vacance des locaux d’habitation (TVAH), qui remplace les anciens dispositifs TLV et THLV. Paris a choisi d’appliquer les plafonds les plus élevés prévus par le texte national.

30

À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les logements vacants seront taxés à 30 % de leur valeur locative cadastrale dès la première année d’inoccupation.

Cette hausse marque un quasi-doublement des taux et un changement d’échelle pour les propriétaires. La taxe est calculée sur la valeur locative cadastrale sans aucune déduction, ce qui accentue encore son caractère dissuasif.

Un studio type dont la facture est presque multipliée par quatre

Pour illustrer l’ampleur de la réforme, la municipalité a présenté une simulation : un studio de 30 m² situé dans le 17ᵉ arrondissement, laissé vacant, était taxé environ 790 euros par an dans l’ancien système. Avec la nouvelle grille, la note grimpera à environ 1 400 euros en 2027, puis à 2 800 euros à partir de 2028 si la vacance se prolonge.

Attention :

Entre l’ancien dispositif et la deuxième année du nouveau régime, la taxe est quasiment multipliée par quatre pour ce type de bien, afin de rendre économiquement intenable le maintien prolongé de logements vides dans un marché déjà extrêmement tendu.

Une réponse à une vacance jugée « structurelle »

Selon les données de l’Insee, Paris compte un peu plus de 139 000 logements vacants (hors résidences secondaires), soit près de 10 % du parc. En incluant les résidences secondaires et logements occasionnels, environ 300 000 logements ne sont pas occupés à titre de résidence principale, ce qui revient à près d’un logement sur cinq dans la capitale.

Environ 80 000 logements parisiens sont vides depuis plus d’un an et relèvent d’une vacance dite ‘structurelle’. La nouvelle taxe vise ces biens pour contraindre les propriétaires à les mettre en location ou à les vendre.

Emmanuel Grégoire, maire de Paris

L’objectif chiffré de la municipalité est de remettre environ 20 000 logements sur le marché traditionnel, de nature à loger près de 40 000 personnes.

Un marché locatif sous tension extrême

La réforme intervient dans un contexte de rareté inédite de l’offre locative. Au printemps 2026, les données du site SeLoger faisaient état d’une baisse de 15 % du stock de biens à louer à Paris en un an, et d’une chute de 67 % depuis 2021. Un logement mis en location reçoit en moyenne 743 demandes, certaines annonces dépassant les 1 000 sollicitations en quelques jours. Le délai moyen pour trouver un locataire est inférieur à quatre jours.

33

Le loyer moyen au mètre carré à Paris dépasse 33 euros, contre environ 17 euros dans le reste de la France.

La difficulté d’accès au crédit immobilier accentue la pression sur le parc locatif : les taux d’emprunt se situent entre 3,2 % et 3,8 % au premier semestre 2026, freinant les achats et maintenant une forte demande de location.

Transactions en recul, recettes en baisse pour la ville

Le marché des ventes est lui aussi en repli. Selon la Chambre des notaires du Grand Paris, le nombre de transactions intra-muros a reculé de 13 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période un an plus tôt. Sur les cinq premiers mois de l’année, les ventes d’appartements à Paris ont chuté de 24 %.

Bon à savoir :

Les prix au m² oscillent entre 9 530 et 9 600 euros. La baisse d’activité a creusé un déficit de 85 millions d’euros sur les droits de mutation pour la ville, d’après le budget rectificatif de mi-juillet 2026.

Dans ce contexte budgétaire tendu, la taxe sur les logements vacants constitue aussi une nouvelle ressource, d’autant que la réforme nationale prévoit que son produit est désormais directement versé aux communes et intercommunalités, alors que l’ancienne TLV alimentait l’État via l’Agence nationale de l’habitat (ANAH).

Un volet incitatif et des cas d’exonération prévus

La mairie insiste sur le fait que la nouvelle taxe s’accompagne d’un dispositif d’accompagnement pour les propriétaires qui acceptent de remettre leur bien sur le marché. Ceux-ci pourront bénéficier d’aides à la rénovation énergétique, de garanties de loyers et de mécanismes d’intermédiation locative sécurisée, via un guichet unique mis en place par la ville.

Astuce :

Le dispositif prévoit des exonérations en cas de vacance dite « involontaire », concernant notamment les logements en indivision bloquée par une succession, ceux faisant l’objet de procédures judiciaires, ou les biens mis en vente ou en location au prix du marché sans trouver preneur. L’exécutif parisien affirme vouloir cibler prioritairement les logements laissés volontairement vides par des multipropriétaires, qui détiennent environ 40 % du parc privé vacant.

La réforme vise aussi à limiter les comportements de contournement, en particulier les fausses déclarations de logements « vacants » destinées à échapper à la surtaxe sur les résidences secondaires (THRS).

Une stratégie plus large pour le logement dans la capitale

Cette surtaxe s’inscrit dans une feuille de route plus globale en matière de logement, présentée au printemps 2026 après l’élection d’Emmanuel Grégoire. La municipalité prévoit la création d’une « brigade de protection du logement » d’environ 150 agents, chargés de traquer les locations touristiques illégales, notamment de type Airbnb, et de renforcer les contrôles sur le respect de l’encadrement des loyers.

60 000

Nombre de nouveaux logements publics que la ville prévoit de produire au cours du mandat pour atteindre 40 % de logements sociaux d’ici 2035.

Au niveau national, un projet de loi baptisé « Relance et Décentralisation du Logement », porté par le ministre des Villes et du Logement Vincent Jeanbrun, a été adopté en première lecture au Sénat début juillet 2026. Il prévoit notamment un assouplissement du calendrier d’interdiction de location des logements les plus énergivores, afin de ne pas aggraver brutalement la pénurie de biens disponibles. Parallèlement, le gouvernement a annoncé sa volonté de prolonger de deux ans l’expérimentation de l’encadrement des loyers dans les communes déjà concernées, dont Paris.

Une mesure accusée de « matraquage fiscal » par l’opposition

Si l’exécutif parisien défend une réponse « forte » à la crise du logement, la réforme suscite de vives critiques. Dans l’opposition municipale, la surtaxe est dénoncée comme un « matraquage fiscal » visant notamment les classes moyennes propriétaires. Les élus opposés à la mesure rappellent qu’un précédent mandat, sous Anne Hidalgo, avait déjà vu une hausse de 52 % de la taxe foncière, et redoutent un signal décourageant pour l’investissement privé.

Dénonçant une approche « punitive » fondée sur un mauvais diagnostic, Olivier Princivalle souligne que de nombreux logements actuellement vides ne peuvent pas être loués en l’état, faute de respecter les nouvelles exigences énergétiques de la loi Climat et Résilience ou parce que leurs propriétaires n’ont pas les moyens de financer les travaux. Il pointe aussi la complexité croissante des règles locatives qui dissuaderait certains bailleurs de remettre leurs biens sur le marché.

Olivier Princivalle, président de la FNAIM du Grand Paris

Selon ces critiques, le risque est de détourner durablement les investisseurs privés du logement parisien, au moment même où la ville cherche à enrayer la pénurie.

Un pari sur le retour de 20 000 logements sur le marché

Pour la mairie, la situation de tension extrême sur le marché justifie de recourir à un levier fiscal d’une telle ampleur. La baisse du stock de logements à louer, la flambée des candidatures à chaque annonce et la montée des loyers au-dessus de l’inflation constituent, aux yeux de l’exécutif, autant de signaux d’alarme.

20000

Environ 20 000 logements vacants doivent être réintégrés dans le parc locatif ou en vente classique pour loger près de 40 000 personnes.

Reste à savoir dans quelle mesure les propriétaires concernés choisiront de vendre, de rénover et louer, ou au contraire de supporter la taxe, voire de se désengager totalement du marché parisien. Les premiers effets de la réforme ne pourront être pleinement mesurés qu’à partir de 2027, première année d’application du nouveau barème, puis en 2028 lorsque s’appliqueront les taux de 60 % aux logements durablement vides.

Ces articles pourraient vous intéresser

Contactez-moi

Vous désirez faire croître votre patrimoine ?

N'hésitez pas à me contacter afin de déterminer comment je peux vous aider à construire, protéger et transmettre votre patrimoine en toute sérénité.

+33 6 51 45 90 38 (WhatsApp)

« * » indique les champs nécessaires