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Fiscalité du PEA : Avantages et Conditions

par | Fiscalité en France, Placements
Publié le 31 juillet 2026

Le Plan d’Épargne en Actions est l’un des dispositifs les plus puissants pour investir en Bourse tout en limitant la facture fiscale. Mais pour en tirer vraiment parti, il faut comprendre en détail comment fonctionne sa fiscalité, quelles sont les conditions à respecter et dans quels cas l’avantage peut être remis en cause. Derrière l’image d’un “produit miracle”, le PEA obéit à des règles très précises, qui ont encore évolué avec les dernières réformes, notamment la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % et l’instauration d’un PFU à 31,4 % pour les retraits précoces.

Fiscalité du PEA : avantages et conditions clés

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Le principe de base : une enveloppe pour investir en actions avec une fiscalité différée

Le principe de base : une enveloppe pour investir en actions avec une fiscalité différée

Le PEA est d’abord une enveloppe fiscale dédiée aux actions européennes. On y loge un compte-titres et un compte espèces, mais à la différence d’un compte-titres ordinaire, tout ce qui se passe à l’intérieur n’est pas immédiatement imposé. Tant que les gains restent dans le plan, aucun impôt sur le revenu n’est dû, même si les dividendes tombent et que les plus-values s’accumulent au fil des arbitrages.

Bon à savoir :

Les dividendes et plus-values réalisés dans le PEA sont exonérés d’impôt tant que les fonds ne sont pas retirés, permettant un réinvestissement sans retenue fiscale et un effet boule de neige grâce à l’encapsulation des gains.

La contrepartie de ce privilège, c’est un engagement de durée. Le régime fiscal du PEA dépend directement de son ancienneté, calculée à partir de la date de premier versement. C’est ce point de départ qui enclenche le compteur des 5 ans, et non pas la date de la première opération boursière.

Un objectif clairement assumé : encourager l’investissement de long terme

Le message de l’État est assez limpide : en échange de la stabilité de votre épargne sur plusieurs années, il accepte de renoncer à l’impôt sur le revenu sur les gains réalisés dans l’enveloppe. Ce compromis est particulièrement attractif à partir de la cinquième année de détention, moment où la fiscalité devient nettement plus douce que celle d’un compte-titres ordinaire.

Attention :

Tant que vous ne retirez pas d’argent de votre PEA, les gains, quelle que soit leur ampleur, ne sont pas imposés. Ce qui détermine la fiscalité, ce n’est pas la performance annuelle, mais la date et les conditions du retrait.

Les plafonds de versement : combien peut-on mettre dans un PEA ?

Les plafonds de versement : combien peut-on mettre dans un PEA ?

Les avantages fiscaux du PEA s’accompagnent de limites de versement, qui varient selon le type de plan. Ces plafonds portent uniquement sur les versements en numéraire, c’est-à-dire l’argent que vous déposez dans le plan. Les plus-values réinvesties, les dividendes et intérêts encaissés ne sont jamais comptés dans ces plafonds, ce qui permet au capital de dépasser largement les montants officiels.

Plafonds du PEA classique, du PEA-PME et du PEA Jeunes

Le tableau ci-dessous résume les principaux plafonds de versement individuels.

Type de PEAPlafond de versements en numéraireParticularités principales
PEA classique150 000 €Actions et fonds éligibles UE/EEE
PEA-PME225 000 €Dédié aux PME et ETI européennes
PEA Jeunes20 000 €Réservé aux 18–25 ans rattachés au foyer fiscal des parents

Pour un même titulaire, il est possible de combiner un PEA classique et un PEA-PME, mais la somme des versements sur les deux enveloppes ne doit pas dépasser 225 000 €. Dans cette combinaison, le PEA classique reste plafonné à 150 000 €. Concrètement, si vous avez déjà versé 150 000 € dans votre PEA classique, votre capacité de versement sur le PEA-PME se limite à 75 000 €.

150 000 €

Plafond de versements par personne sur un PEA classique, doublé à 300 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

Effet des plus-values sur le plafond

Un point crucial : le plafond n’est jamais recalculé à la hausse avec les gains. Si vous versez 150 000 € puis réalisez 80 000 € de plus-values et 20 000 € de dividendes, votre plan peut valoir 250 000 € ou 300 000 € sans aucun problème. Vous n’avez pas dépassé le plafond, puisque celui-ci ne prend en compte que les versements “nets” en numéraire. À l’inverse, dépasser le plafond en versements (même d’un euro) entraîne la fermeture immédiate du plan, avec taxation des gains.

Qui peut ouvrir un PEA et dans quelles conditions ?

Qui peut ouvrir un PEA et dans quelles conditions ?

La fiscalité avantageuse du PEA s’adresse à des épargnants bien précis. Pour ouvrir un plan, certaines conditions juridiques et fiscales sont incontournables.

Le titulaire doit être une personne physique majeure, fiscalement domiciliée en France au sens de l’article 4 B du Code général des impôts. Un mineur émancipé ne peut pas ouvrir de PEA classique : il doit attendre ses 18 ans. En revanche, un PEA Jeunes peut être ouvert pour un jeune adulte de 18 à 25 ans rattaché au foyer fiscal de ses parents, sous certaines conditions, avec un plafond limité à 20 000 € tant que ce rattachement dure.

Astuce :

Chaque contribuable ne peut détenir qu’un seul PEA classique et un seul PEA-PME. Pour un foyer fiscal, le maximum est de deux PEA classiques (un par conjoint) et deux PEA-PME, auxquels peuvent s’ajouter des PEA Jeunes pour les enfants majeurs rattachés.

Sur le plan pratique, l’ouverture d’un PEA se fait en général en une dizaine de minutes en ligne. La loi n’impose aucun versement minimum, mais les établissements fixent leurs propres seuils d’entrée : certains courtiers se contentent de 50 ou 100 €, d’autres exigent 150 €. Des justificatifs standard sont demandés (pièce d’identité, justificatif de domicile de moins de trois mois, RIB) ainsi qu’un questionnaire MIFID pour évaluer vos connaissances financières.

Enfin, le PEA est strictement individuel. Il ne peut pas être ouvert en compte joint, et seul le titulaire est autorisé à passer des ordres d’achat et de vente.

Avant 5 ans : une fiscalité punitive en cas de retrait

Avant 5 ans : une fiscalité punitive en cas de retrait

Les cinq premières années de vie du plan sont dites “non matures”. Durant cette période, l’État offre le différé d’imposition tant que vous ne touchez pas à l’enveloppe. Mais tout retrait avant 5 ans est lourdement sanctionné : le PEA est fermé et l’intégralité des gains est taxée.

Retrait avant 5 ans : fermeture automatique et PFU à 31,4 %

La règle de base est simple : tout retrait, même minime, avant l’expiration des 5 ans entraîne la clôture automatique du plan. Tous les gains réalisés depuis l’ouverture — plus-values et dividendes capitalisés — deviennent alors imposables.

Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles règles, la taxation se fait par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé “flat tax”, au taux global de 31,4 %. Ce taux se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS et contributions additionnelles), ces derniers ayant été relevés de 17,2 % à 18,6 % par la loi de financement de la Sécurité sociale.

Bon à savoir :

Il est possible de renoncer au PFU pour opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, toujours augmenté des prélèvements sociaux. Cette option peut être intéressante pour les contribuables peu ou pas imposés (notamment dans la tranche à 0 % ou 11 %), mais elle s’applique à l’ensemble des revenus mobiliers du foyer et doit être évaluée au cas par cas.

Dans tous les cas, la base taxable est la plus-value globale du plan, c’est-à-dire la différence entre la valeur de liquidation lors de la clôture et le total des versements effectués.

Cas d’exception : quand un retrait avant 5 ans ne casse pas (ou peu) l’avantage fiscal

La loi prévoit cependant plusieurs situations dans lesquelles un retrait avant 5 ans ne produit pas les mêmes effets négatifs. Selon le cas, la fermeture du plan peut être évitée, ou les gains peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant dus.

Parmi ces exceptions, on trouve notamment :

Cas de déblocage anticipé

Situations permettant de débloquer des fonds avant terme

Licenciement

Licenciement du titulaire ou de son conjoint/pacsé

Invalidité

Invalidité de 2e ou 3e catégorie (titulaire ou conjoint/pacsé)

Retraite anticipée

Mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint/pacsé

Création ou reprise d’entreprise

Création ou reprise d’entreprise par le titulaire, conjoint, ascendant ou descendant (réinvestissement sous 3 mois)

Décès du titulaire

Décès du titulaire

Liquidation judiciaire

Retrait de titres d’une société placée en liquidation judiciaire

Dans ces configurations, la loi admet une sortie avant 5 ans sans appliquer l’impôt sur le revenu sur les gains. En revanche, les prélèvements sociaux au taux en vigueur (18,6 %) demeurent exigibles. Les modalités de fermeture ou de maintien du plan varient selon la situation, mais sur le plan fiscal, la logique est claire : l’avantage sur l’impôt sur le revenu est préservé, la contribution sociale reste due.

Un exemple de coût fiscal avant 5 ans

Imaginons un PEA ouvert depuis 3 ans, avec 50 000 € de versements et une valeur actuelle de 70 000 €. En cas de retrait (et donc de clôture), le gain net est de 20 000 €. Sauf cas d’exception, l’imposition sera :

12,8 % d’impôt sur le revenu sur 20 000 €, soit 2 560 €

18,6 % de prélèvements sociaux sur 20 000 €, soit 3 720 €

Soit un total de 6 280 €, correspondant à un prélèvement global de 31,4 % sur le gain.

Après 5 ans : l’âge d’or fiscal du PEA

Après 5 ans : l’âge d’or fiscal du PEA

À partir du cinquième anniversaire du premier versement, le PEA change de catégorie : il devient un outil de capitalisation à fiscalité ultra-allégée. C’est à ce moment-là que se concrétise l’avantage majeur du dispositif.

Exonération totale d’impôt sur le revenu sur les gains

Une fois la barre des 5 ans franchie, tous les gains (plus-values, dividendes, intérêts) accumulés dans l’enveloppe sont définitivement exonérés d’impôt sur le revenu lorsqu’ils sont retirés. Que vous fassiez un retrait partiel ou que vous fermiez entièrement le plan, l’administration ne vous réclamera plus un centime d’impôt sur le revenu sur ces gains.

Cette exemption vaut sans limite de montant. Que votre plus-value globale soit de 5 000 €, 50 000 € ou 200 000 €, la part “IR” reste à 0 %, sous réserve du respect des conditions du PEA (plafonds, éligibilité des titres, etc.).

Exemple :

La seule exception concerne certains revenus de titres non cotés : les dividendes issus d’actions non cotées détenues dans le PEA ne sont exonérés chaque année que dans la limite de 10 % de la valeur d’acquisition de ces titres. Au-delà, la fraction excédentaire est soumise à un prélèvement de 12,8 % (plus prélèvements sociaux).

Maintien des prélèvements sociaux : 18,6 % sur la seule part de gains

Même après 5 ans, le PEA n’échappe pas totalement aux contributions sociales. À chaque retrait, seule la fraction correspondant à la plus-value (latente ou réalisée) est soumise aux prélèvements sociaux au taux en vigueur, soit 18,6 % actuellement. Le capital initial — les sommes que vous avez versées — n’est jamais taxé à la sortie.

Le mécanisme est le suivant : à chaque retrait, l’établissement calcule la proportion de gains incluse dans la somme retirée, en se basant sur la valeur globale du plan. Seule cette partie est soumise aux prélèvements sociaux, prélevés à la source. Le reste, correspondant à un remboursement de capital, est totalement exonéré.

Ce point est crucial : la taxation sociale ne porte pas sur la totalité du retrait, mais uniquement sur la part de gains. Le PEA reste ainsi très compétitif face au compte-titres ordinaire, où l’ensemble de la plus-value sur chaque opération est soumis à la flat tax.

Retraits partiels sans fermeture depuis la loi Pacte

Avant la réforme, un retrait intervenu entre 5 et 8 ans entraînait la fermeture du PEA. Depuis la loi Pacte, les règles ont été largement assouplies. Désormais, après 5 ans, un retrait partiel n’entraîne plus la clôture du plan. Vous pouvez :

Opérations possibles sur un PEA classique
Ce graphique illustre les trois opérations autorisées sur un plan d’épargne en actions (PEA) classique, à condition de rester sous le plafond de versements nets de 150 000 €.

Le PEA devient ainsi un outil souple : vous pouvez “piocher” ponctuellement dans votre enveloppe tout en laissant le reste du capital travailler en Bourse dans les mêmes conditions fiscales favorables.

En revanche, un retrait total (rachat intégral) reste synonyme de clôture définitive. Vous perdez la “séniorité” fiscale de ce plan ; si vous en ouvrez un nouveau plus tard, le compteur repartira à zéro.

Sortie en rente viagère : une autre façon de profiter de l’exonération

Pour les PEA logés dans un contrat d’assurance (PEA assurance), il est possible de transformer le capital en rente viagère après 5 ans. Cette rente est exonérée d’impôt sur le revenu. Elle n’échappe toutefois pas aux prélèvements sociaux, qui restent dus sur la fraction de gains qu’elle comporte.

Cette option peut séduire des épargnants à l’approche de la retraite, désireux de transformer un stock d’actions en revenu régulier tout en conservant un avantage fiscal.

L’impact de la hausse des prélèvements sociaux et du PFU

L’impact de la hausse des prélèvements sociaux et du PFU

Depuis le 1er janvier 2026, le cadre fiscal du PEA a été retouché sur un point précis : les prélèvements sociaux. Le relèvement de la CSG sur les revenus du capital a porté le taux global des contributions sociales de 17,2 % à 18,6 %. Cette hausse s’applique :

Aux retraits avant 5 ans (dans le cadre du PFU à 31,4 %)

Aux retraits après 5 ans (sur la seule part de gains, puisque l’impôt sur le revenu est à 0)

Bon à savoir :

En cas de retrait d’un PEA avant 5 ans, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) global passe de 30 % à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux). Cette augmentation des prélèvements sociaux s’applique rétroactivement : le taux en vigueur au moment du retrait concerne l’ensemble des gains, même ceux réalisés quand les contributions sociales étaient plus faibles.

Cela renchérit mécaniquement le coût d’un retrait, mais n’altère pas la structure du dispositif : l’exonération totale d’impôt sur le revenu après 5 ans reste intacte. En d’autres termes, même avec des prélèvements sociaux plus élevés, la fiscalité du PEA demeure plus avantageuse qu’un CTO, où la flat tax complète de 31,4 % s’applique sur chaque plus-value et dividende (hors régimes particuliers).

PEA, PEA-PME et PEA Jeunes : mêmes règles fiscales, univers différents

PEA, PEA-PME et PEA Jeunes : mêmes règles fiscales, univers différents

Sur le plan fiscal, PEA classique, PEA-PME et PEA Jeunes obéissent globalement aux mêmes règles : différé d’imposition tant qu’il n’y a pas de retrait, PFU à 31,4 % en cas de retrait avant 5 ans, exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans avec maintien des prélèvements sociaux. Les différences se situent ailleurs : dans l’univers de titres éligibles, les plafonds, et le public visé.

PEA classique : le “couteau suisse” de la Bourse européenne

Le PEA classique permet d’investir dans :

Des actions et titres assimilés de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen (hors États non coopératifs), soumises à un impôt sur les sociétés ou assimilé

– Des parts ou actions d’OPCVM et ETF investis à au moins 75 % en titres eux-mêmes éligibles au PEA

150000

Avec un plafond de versement de 150 000 €, cette enveloppe couvre déjà les besoins de la grande majorité des épargnants.

PEA-PME : un outil fiscal identique, un risque plus élevé

Le PEA-PME est une variante du PEA, créée pour flécher l’épargne vers les petites et moyennes entreprises et les ETI européennes. Les titres éligibles sont plus restreints :

Actions de PME-ETI européennes (moins de 5 000 salariés, chiffre d’affaires ≤ 1,5 milliard ou total de bilan ≤ 2 milliards, siège dans l’UE ou l’EEE, soumis à l’IS)

Obligations convertibles et titres non cotés de PME-ETI

Fonds et ETF investis à au moins 75 % en telles entreprises

Fiscalement, le régime est identique à celui du PEA classique : mêmes règles sur les 5 ans, même traitement des retraits, même exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans, même prélèvements sociaux.

PEA-PME : risque et potentiel
PEA-PME : risque et potentiel

PEA Jeunes : une porte d’entrée anticipée

Le PEA Jeunes s’adresse aux 18–25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Il reprend les règles d’investissement du PEA classique, mais avec un plafond réduit à 20 000 €. Sa vraie force réside dans la “prise de date” : l’ancienneté fiscale acquise est conservée lorsque le jeune quitte le foyer fiscal. Son PEA Jeunes se transforme alors en PEA classique, avec un plafond qui grimpe à 150 000 €, tout en gardant la même date d’ouverture pour le calcul des 5 ans.

Un jeune qui ouvre un PEA Jeunes à 19 ans peut ainsi bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur le revenu sur les gains bien avant ses 25 ans, à condition de laisser courir les 5 ans. C’est un levier puissant pour construire un patrimoine boursier en profitant pleinement du temps.

Comparaison avec un compte-titres ordinaire : l’avantage fiscal chiffré

Comparaison avec un compte-titres ordinaire : l’avantage fiscal chiffré

Pour mesurer l’intérêt du PEA, il faut le comparer au compte-titres ordinaire (CTO). Sur un CTO, chaque dividende et chaque plus-value est taxé immédiatement, au PFU de 31,4 % (sauf option pour le barème). Le PEA, lui, ne supporte que 18,6 % de prélèvements sociaux après 5 ans, et uniquement à la sortie, sur la partie gain du retrait.

On peut synthétiser ainsi :

EnveloppeImpôt sur le revenu sur les gainsPrélèvements sociauxMoment de la taxation
PEA (< 5 ans)12,8 % (PFU) ou barème18,6 %Lors du retrait (avec clôture)
PEA (≥ 5 ans)0 %18,6 %À chaque retrait, sur la part de gains
CTO12,8 % (PFU) ou barème18,6 %À chaque dividende et plus-value réalisée

Sur longue durée, la différence est considérable : non seulement le PEA évite l’impôt sur le revenu, mais il laisse les gains capitaliser sans frein jusqu’au jour où vous décidez de sortir. Plusieurs simulations montrent qu’avec un versement régulier (par exemple 500 € par mois) et une performance boursière raisonnable, l’écart de fiscalité en faveur du PEA peut représenter de 15 000 à 25 000 € de gain net supplémentaire sur une vingtaine d’années par rapport à un CTO.

Conditions et précautions annexes : transferts, changement de résidence, titres non cotés

Conditions et précautions annexes : transferts, changement de résidence, titres non cotés

Au-delà des règles de base sur les retraits et les 5 ans, certaines situations particulières méritent d’être bien comprises, car elles peuvent avoir un impact sur les avantages fiscaux.

Transférer son PEA sans perdre ses avantages

Contrairement à une assurance-vie, un PEA peut être transféré d’un établissement à un autre sans perdre ni l’ancienneté fiscale, ni l’avantage sur l’impôt sur le revenu. Le transfert n’est pas considéré comme un retrait : il ne provoque donc ni taxation, ni clôture. La date d’ouverture et l’historique des versements sont simplement “transportés” chez le nouveau prestataire.

Bon à savoir :

L’établissement d’origine peut facturer des frais de transfert limités à 15 € par ligne de titres cotés, 50 € par ligne non cotée, et 150 € au total pour un PEA classique. De nombreux courtiers en ligne offrent de rembourser tout ou partie de ces frais.

Pendant la période de transfert, qui dure en général de quelques semaines à un ou deux mois selon les établissements et la nature des titres, le PEA est gelé : aucune opération boursière n’est possible. Il est donc conseillé d’éviter de lancer un transfert en pleine période de turbulences de marché ou de dividendes importants.

Changer de résidence fiscale

Un titulaire qui quitte la France peut, dans de nombreux cas, conserver son PEA. La règle se complique en cas d’installation dans un État ou territoire non coopératif (ETNC) : le plan est alors automatiquement clôturé, et les plus-values latentes deviennent imposables immédiatement. Cette situation est spécifique et doit être anticipée avec un conseil fiscal.

Titres non cotés : un régime dérogatoire pour les revenus

Le PEA peut abriter certains titres non cotés, en particulier dans le cadre du PEA-PME. Fiscalement, ces titres bénéficient du même régime global, mais avec une nuance importante sur les revenus (dividendes, distributions) : chaque année, l’exonération n’est acquise que dans la limite de 10 % de la valeur d’acquisition de ces titres. Au-delà, la fraction excédentaire est soumise à un impôt de 12,8 %, en plus des prélèvements sociaux.

Bon à savoir :

Cette règle vise à éviter que des dividendes massifs versés dans un PEA soient considérés comme des rémunérations déguisées et échappent à l’impôt sur le revenu.

Synthèse : les conditions pour profiter pleinement de la fiscalite du PEA

Synthèse : les conditions pour profiter pleinement de la fiscalite du PEA

En filigrane de tous ces mécanismes, quelques principes simples ressortent si l’on veut tirer le maximum de la fiscalite du PEA : avantages et conditions.

Le premier est de “prendre date” le plus tôt possible. La période de 5 ans commence au premier versement, même modeste. Retarder l’ouverture revient à repousser d’autant le moment où l’exonération d’impôt sur le revenu sera acquise. Un versement initial modeste suffit à enclencher le compteur.

Attention :

Tout retrait avant 5 ans entraîne la fermeture du plan et l’application du PFU de 31,4 % sur l’ensemble des gains, sauf exceptions légales. Attendre quelques semaines supplémentaires au-delà des 5 ans permet d’économiser des milliers d’euros d’impôt.

Le troisième est de privilégier les retraits partiels après 5 ans plutôt qu’une fermeture sèche. Un retrait partiel permet de financer un projet, tout en laissant le reste du capital en Bourse dans un cadre fiscal toujours optimisé, et en conservant la possibilité d’effectuer de nouveaux versements sous le plafond.

Bon à savoir :

Le PEA est idéal pour investir en actions et ETF européens à long terme. Pour d’autres classes d’actifs comme l’immobilier direct, les obligations pures ou les produits structurés complexes, d’autres enveloppes sont plus adaptées.

Enfin, la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % et du PFU à 31,4 % ne change pas la hiérarchie des supports : le PEA reste, après 5 ans, l’une des enveloppes les plus avantageuses pour les revenus et les plus-values d’actions, grâce à l’exonération totale d’impôt sur le revenu et à la taxation réduite aux seules contributions sociales, prélevées uniquement à la sortie sur la part de gains.

En respectant ces conditions et en intégrant la dimension temporelle dans votre stratégie, le PEA devient un allié de poids pour faire croître un capital en Bourse tout en gardant la main sur votre pression fiscale.

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