En 2025, les étrangers percevant des revenus en Italie doivent porter une attention particulière à leur statut fiscal. Les non-résidents restent imposés uniquement sur leurs revenus de source italienne, mais les nouveaux critères de résidence peuvent faire basculer certains contribuables dans une autre catégorie. La présence physique sur le territoire et les attaches personnelles et familiales occupent désormais une place centrale dans cette appréciation.
Ces évolutions résultent notamment du décret législatif n° 209 de 2023, complété par le décret-loi n° 113 de 2024, dit « Decreto Omnibus » ; l’Agenzia delle Entrate a précisé leur application dans la circulaire n° 20/E du 4 novembre 2024. Pour les personnes envisageant une installation, les avantages fiscaux restent importants, mais leurs conditions ont été resserrées et le forfait destiné aux nouveaux résidents fortunés a doublé.
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La résidence fiscale devient le premier point de vigilance
Les règles de résidence prévues à l’article 2 du code italien des impôts sur les revenus, le TUIR, ont été remaniées avec effet au 1er janvier 2024. Pour être considéré comme résident fiscal, il suffit de remplir l’un des principaux critères pendant la majorité de l’année : 183 jours pour une année ordinaire, comme 2025, ou 184 jours pour une année bissextile.
Le premier critère repose sur la présence physique effective en Italie : les fractions de journée sont prises en compte, ce qui donne une importance particulière au suivi des déplacements ; les séjours répétés et le travail à distance depuis le territoire italien peuvent ainsi peser dans la détermination du statut fiscal, même lorsque l’employeur ou les clients se trouvent à l’étranger.
Le deuxième critère concerne le domicile fiscal. Celui-ci s’apprécie désormais en fonction du lieu où se concentrent les principales relations personnelles et familiales, plutôt qu’à partir du centre des intérêts économiques ou professionnels. Le troisième correspond à la résidence au sens civil, c’est-à-dire au lieu de vie habituel.
L’inscription au registre municipal de la population, l’Anagrafe, constitue désormais une présomption pouvant être contestée. Un contribuable peut donc apporter des éléments démontrant que sa résidence réelle se situe hors d’Italie. À l’inverse, l’absence d’inscription ne suffit pas à écarter les autres critères de résidence.
Les non-résidents restent imposés sur leurs revenus italiens
Votre résidence fiscale est-elle vraiment celle que vous croyez ?
Les nouveaux critères de présence et d'attaches personnelles peuvent faire basculer votre situation sans que vous le remarquiez.
Pour les personnes qui conservent effectivement leur résidence fiscale à l’étranger, le principe demeure celui d’une imposition limitée aux revenus provenant d’Italie, conformément à l’article 23 du TUIR. La nationalité ne détermine donc pas, à elle seule, l’étendue des obligations fiscales.
Les loyers tirés d’un bien immobilier situé en Italie restent imposables dans le pays. Ils doivent être déclarés au moyen du « Modello Redditi » ou peuvent relever, lorsque les conditions sont réunies, du régime optionnel de la « Cedolare Secca ».
Les rémunérations correspondant à une activité salariée ou professionnelle exercée physiquement en Italie sont également susceptibles d’y être imposées, sous réserve des dispositions de la convention fiscale applicable. Le fait d’être payé par une entreprise étrangère ne suffit donc pas à exclure une imposition italienne.
Pour l’année 2025, le barème national de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’IRPEF, comprend trois tranches. Le taux est de 23 % jusqu’à 28 000 euros, de 35 % pour la fraction comprise entre 28 001 et 50 000 euros, puis de 43 % au-delà. À ces taux s’ajoutent des prélèvements régionaux et municipaux. Le barème national ne représente donc pas nécessairement la totalité de la charge fiscale.
Un forfait plus élevé pour les nouveaux résidents fortunés
Le transfert de résidence fiscale peut ouvrir l’accès à des régimes particuliers, qui ne doivent pas être confondus avec le traitement des non-résidents. Celui prévu à l’article 24-bis du TUIR permet aux nouveaux résidents éligibles de soumettre leurs revenus de source étrangère à un impôt forfaitaire annuel.
Le Decreto Omnibus d’août 2024 a porté ce forfait de 100 000 à 200 000 euros par an pour les contribuables concernés par la hausse. Le supplément applicable à chaque membre de la famille bénéficiaire reste fixé à 25 000 euros dans le dispositif pertinent pour 2025.
Ce régime peut durer jusqu’à quinze ans. Son accès suppose notamment de ne pas avoir été résident fiscal italien pendant au moins neuf des dix années précédant l’installation.
En contrepartie du forfait, les revenus étrangers couverts par le dispositif échappent à l’imposition italienne ordinaire. Les bénéficiaires sont également dispensés des impôts italiens sur les biens immobiliers et les actifs financiers détenus à l’étranger, respectivement l’IVIE et l’IVAFE, ainsi que de l’obligation de déclaration de ces avoirs dans le cadre « Quadro RW ».
L’intérêt de cette option dépend donc principalement du montant et de la composition des revenus étrangers. Elle ne constitue pas une exonération générale de tous les revenus perçus par une personne installée en Italie.
Les travailleurs impatriés bénéficient d’un dispositif plus encadré
Le régime des travailleurs impatriés reste un autre levier d’attractivité, mais la réforme en a réduit la portée. Pour les contribuables éligibles, l’exonération porte sur 50 % des revenus professionnels concernés. Elle peut atteindre 60 % en cas d’installation avec un enfant mineur ou de naissance ou d’adoption dans les conditions prévues.
L’avantage est encadré par un plafond annuel de revenus de 600 000 euros. Sa durée est limitée à cinq années fiscales, sans possibilité ordinaire de prolongation.
L’accès au dispositif exige notamment une période préalable d’au moins trois années de non-résidence en Italie, portée à six ou sept années pour certaines mobilités au sein d’une même entreprise ou d’un même groupe ; les conditions de qualification professionnelle restent également déterminantes.
Ces règles distinguent nettement deux situations : celle d’un étranger qui demeure non-résident tout en percevant des revenus italiens, et celle d’un professionnel qui transfère sa résidence pour bénéficier d’un allègement. Le second doit examiner à la fois les conditions d’entrée dans le régime et la durée de l’avantage.
Les conventions fiscales restent essentielles
Le renforcement des contrôles sur les expatriés accroît l’importance des justificatifs de présence et des éléments relatifs aux attaches familiales. Lorsque deux pays considèrent simultanément une personne comme résidente fiscale, les conventions internationales prévoient des critères de départage.
La convention signée le 5 octobre 1989 entre la France et l’Italie, applicable depuis 1992, examine successivement le foyer permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel et la nationalité. Lorsque les deux États disposent d’un droit d’imposition, un mécanisme de crédit d’impôt peut permettre d’éliminer la double imposition, selon les dispositions applicables.
Pour les étrangers concernés en 2025, l’enjeu prioritaire est donc de déterminer correctement leur résidence fiscale avant d’évaluer un taux ou un régime préférentiel. Le nombre de jours passés en Italie, le lieu de vie familial et l’origine des revenus conditionnent ensemble l’étendue de leurs obligations.
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