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Créer une société holding : 7 conseils essentiels à connaître

par | Actualités
Publié le 6 octobre 2026

La création d’une société holding reste l’un des principaux leviers de structuration patrimoniale et de transmission d’entreprise en France. Mais les réformes fiscales et juridiques récentes rendent l’exercice beaucoup plus technique et risqué. Entre durcissement des régimes d’optimisation, nouvelle fiscalité des holdings patrimoniales et contrôle accru des flux intra‑groupe, les porteurs de projet doivent désormais anticiper bien au‑delà des seules formalités de constitution.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.

Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.

Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

1. Clarifier dès l’origine la nature de la holding

Avant même de déposer les statuts, le créateur doit déterminer si sa structure sera une holding purement passive, se limitant à détenir des titres, ou une holding animatrice, qui pilote activement la stratégie du groupe et facture des prestations internes.

Bon à savoir :

Le statut de holding animatrice ne relève pas du simple vocabulaire : il conditionne l’accès à plusieurs régimes de faveur, notamment l’exonération partielle de droits de mutation dans le cadre du Pacte Dutreil, certains abattements sur plus-values et, dans certains cas, des allègements à l’IFI. La jurisprudence la plus récente marque toutefois un net durcissement : l’administration fiscale et les tribunaux refusent désormais toute présomption d’animation.

Les décisions rendues en 2025‑2026, dont une en avril 2026, rappellent que la charge de la preuve repose totalement sur le contribuable. Un simple organigramme ou une convention d’animation ne suffit plus si l’animation n’est pas démontrée par des actes concrets, continus et documentés. Créer une holding en visant ce statut suppose donc de mettre en place dès le départ une gouvernance active et traçable.

2. Choisir une forme juridique adaptée au projet

Sur le plan sociétal, plusieurs formes sont privilégiées pour les holdings. La SAS (ou SASU) reste le modèle dominant, en raison de la grande souplesse de ses statuts et du statut social de son dirigeant assimilé‑salarié. La SARL (ou EURL) conserve toutefois les faveurs des projets familiaux, du fait d’un cadre plus rigide mais mieux encadré pour les relations entre associés. Enfin, la SCI demeure l’outil de référence pour loger spécifiquement des actifs immobiliers.

Attention :

Ce choix conditionne la gouvernance, le régime social de la direction, la souplesse des entrées et sorties d’associés, mais aussi la manière de structurer les flux financiers entre la holding et ses filiales. Il doit donc être articulé avec les dispositifs fiscaux visés et le niveau de contrôle souhaité par le ou les fondateurs.

3. Soigner les statuts et l’objet social

La rédaction des statuts s’avère décisive, en particulier pour l’objet social. Celui‑ci doit clairement prévoir la gestion de portefeuilles de titres et, le cas échéant, la fourniture de prestations de services intra‑groupe (direction, stratégie, gestion administrative, financière ou juridique).

Astuce :

Une formulation trop restrictive peut compliquer la reconnaissance du rôle d’animation ou fragiliser la facturation de “management fees” aux filiales. À l’inverse, un objet trop large, déconnecté de la réalité de l’activité, peut être exploité par l’administration pour contester la substance de la holding. Les accords de trésorerie ou d’animation, lorsqu’ils existent, doivent être cohérents avec ce cadre statutaire.

4. Maîtriser les régimes fiscaux clés, en particulier le régime mère‑fille

Le régime mère‑fille, encadré par les articles 145 et 216 du Code général des impôts, demeure l’un des piliers des stratégies de holding. Il vise à éviter une double imposition des bénéfices remontant de la filiale vers la société mère.

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Le pourcentage de quote-part forfaitaire de frais et charges réintégrée dans le résultat imposable, alors que 95 % des dividendes versés par la filiale à la holding sont exonérés d’impôt sur les sociétés.

Dans un contexte où le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital atteint 31,4 %, la possibilité de capitaliser 98,75 % du dividende dans la holding sans imposition immédiate entre les mains du dirigeant renforce encore l’attrait de ce schéma. Mais ce régime suppose le respect de conditions strictes : soumission des sociétés à l’IS, détention d’au moins 5 % du capital de la filiale, conservation des titres pendant au moins deux ans et inscription des participations sous forme nominative. Une défaillance sur l’un de ces points entraîne la perte de l’avantage.

5. Intégrer le durcissement du régime d’apport‑cession

La combinaison d’une holding avec le régime d’apport‑cession de l’article 150‑0 B ter, consistant à apporter les titres opérationnels à la holding avant de les céder, reste une pratique fréquente. Elle permet de placer la plus‑value en report d’imposition à condition de réinvestir une large partie du produit de cession dans une activité économique.

Exemple :

Les cessions réalisées à compter du 21 février 2026 sont soumises à des exigences sensiblement renforcées : le quota de réinvestissement est relevé à 70 % (contre 60 % auparavant), le délai pour réaliser ces investissements est porté de 24 à 36 mois et la durée minimale de détention des actifs réinvestis passe d’un an à cinq ans. Plusieurs activités immobilières (gestion de patrimoine, promotion, administration de biens, gestion de copropriété) sont en outre expressément exclues des investissements éligibles.

Ces contraintes transforment l’apport‑cession en opération de long terme, beaucoup plus encadrée. Les projets de revente via une holding doivent donc être construits avec un véritable projet économique durable, sous peine de voir le report d’imposition remis en cause.

6. Anticiper la nouvelle fiscalité des holdings patrimoniales

La loi de finances pour 2026 introduit un dispositif inédit visant les holdings patrimoniales assimilées à des “boîtes à cash”. Une taxe spécifique frappe ainsi les structures soumises à l’impôt sur les sociétés détenant au moins 5 millions d’euros d’actifs, dont plus de la moitié des revenus sont de nature passive (dividendes notamment) et dont plus de 50 % du capital appartient à un cercle familial.

Bon à savoir :

Une taxe de 20 % sur la valeur des biens non affectés à une activité opérationnelle — trésorerie dormante, immeubles de loisirs, portefeuilles financiers passifs, yachts, voitures de collection — s’applique aux exercices clos à compter de fin 2026. La trésorerie utile, les placements financiers ordinaires, les participations et les biens immobiliers loués à prix de marché sont exclus.

Pour les familles envisageant de loger patrimoine financier et biens de plaisir dans une holding, l’enjeu est désormais de distinguer clairement ce qui relève d’un projet économique et ce qui ressort de la consommation privée. Des arbitrages patrimoniaux (réinvestissements productifs, sorties d’actifs de loisir, distributions) devront être opérés pour limiter l’assiette de cette nouvelle taxe.

À côté de ce dispositif, un autre mécanisme issu de la loi de finances vise plus largement les holdings patrimoniales : une taxe annuelle de 2 % sur les actifs non opérationnels dépassant 5 millions d’euros. Elle pèse là encore sur les excédents de trésorerie inactifs, l’immobilier non professionnel et certains biens de luxe, et sanctionne les structures cantonnées à un rôle de coffre‑fort.

7. Sécuriser les flux intra‑groupe et la documentation juridique

Les mouvements financiers entre la holding et ses filiales sont désormais sous surveillance systématique de l’administration fiscale, avec des enjeux à la fois fiscaux et pénaux.

Attention :

Les conventions de « cash pooling » informelles, sans contrat ni rémunération, sont de plus en plus sanctionnées : les avances gratuites peuvent être requalifiées en distributions déguisées, entraînant rappels d’impôts et pénalités, voire une qualification d’abus de biens sociaux ou d’abus de majorité. Pour limiter ce risque, chaque flux doit être encadré par une convention écrite, signée avant sa mise en œuvre, prévoyant un taux d’intérêt de marché et démontrant l’intérêt propre de chaque société, et non le seul intérêt global du groupe.

Les prestations facturées par la holding à ses filiales sous forme de “management fees” constituent un autre point de vigilance. Leur principal écueil est l’utilisation de ces facturations comme simple outil de transfert de bénéfices pour réduire l’impôt sur les sociétés de la filiale. Les vérifications récentes rappellent que ces services doivent correspondre à des interventions réelles, distinctes des fonctions normales de direction de la filiale, et être facturés à des prix comparables à ceux du marché.

Des risques accrus de responsabilité et un contexte européen plus exigeant

Au‑delà de la fiscalité, les holdings de grande taille sont confrontées à une montée en puissance du devoir de vigilance. La loi de 2017 impose déjà aux groupes d’au moins 5 000 salariés en France ou 10 000 dans le monde d’identifier et de prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement au sein de leurs chaînes de valeur.

Bon à savoir :

En mars 2026, une décision a engagé pour la première fois la responsabilité civile indemnitaire d’une société mère pour des violations des droits fondamentaux des travailleurs commises chez une filiale étrangère, dans le groupe Yves Rocher. En juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris a jugé non conforme le plan de vigilance de TotalEnergies sur l’identification des risques climatiques. Ces affaires montrent que la personnalité juridique distincte des filiales ne suffit plus à protéger la maison‑mère en cas de manquements graves.

Sur le plan européen, le contrôle de la substance des holdings s’intensifie également. Après l’abandon, à l’été 2026, du projet de directive ATAD 3 visant spécifiquement les sociétés écrans, l’Union européenne a choisi de reporter ces exigences dans la refonte de la directive DAC6 sur la déclaration des montages transfrontaliers. De nouveaux critères liés à la substance économique (locaux, personnel, autonomie de gestion) sont attendus pour 2026‑2027, ce qui imposera aux holdings transfrontalières une documentation renforcée de leur réalité opérationnelle.

Un outil toujours central, mais à manier avec méthode

Malgré ce durcissement, la société holding conserve un rôle central dans les stratégies d’acquisition, de transmission et de gestion de patrimoine professionnel. Le régime mère‑fille, la capacité de réinvestissement des dividendes à faible imposition et la mutualisation des moyens de groupe demeurent des avantages majeurs.

Attention :

La sophistication croissante des règles exige une préparation minutieuse : choix précis de la forme sociale, rédaction rigoureuse des statuts, anticipation des régimes d’optimisation encadrés (apport‑cession, Pacte Dutreil, Copé), sécurisation des conventions intra‑groupe et gestion active de la composition des actifs. À défaut, les investisseurs s’exposent à des redressements lourds, à une remise en cause de leurs schémas et, pour les groupes les plus importants, à un engagement direct de leur responsabilité civile sur les manquements environnementaux et sociaux de leurs filiales.

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