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Taux d’usure en hausse au 1er juillet : impact sur vos prêts immobiliers

par | Actualités
Publié le 29 juin 2026

Les nouveaux plafonds de taux d’usure applicables aux crédits immobiliers sont entrés en vigueur au 1er juillet 2026, après leur publication au Journal officiel. Légèrement relevés par la Banque de France pour le troisième trimestre, ils offrent davantage de marge de manœuvre aux banques pour financer les ménages, tout en maintenant la protection des emprunteurs contre des coûts de crédit jugés excessifs.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Ce que changent les nouveaux plafonds pour les emprunteurs

Le taux d’usure représente le taux annuel effectif global (TAEG) maximal auquel un établissement peut accorder un prêt. Il inclut non seulement le taux nominal du crédit, mais aussi l’ensemble des frais obligatoires : frais de dossier, garanties, frais de courtage, ainsi que le coût de l’assurance emprunteur. Si le TAEG d’un dossier dépasse ce plafond, le prêt doit être légalement refusé.

Bon à savoir :

Au troisième trimestre 2026, tous les segments de crédit immobilier voient leurs plafonds augmenter par rapport au printemps. Cette hausse, bien que mesurée, est jugée déterminante par les professionnels pour éviter une nouvelle vague de blocages de financement.

Les nouveaux taux d’usure par type de prêt

Les plafonds applicables aux prêts immobiliers et aux prêts destinés à des travaux supérieurs à 75 000 euros sont désormais les suivants :

Type de prêt immobilierAncien taux d’usure (T2 2026)Nouveau taux d’usure (T3 2026)Hausse
Taux fixe, durée < 10 ans4,00 %4,07 %+0,07 pt
Taux fixe, 10 ans à < 20 ans4,48 %4,57 %+0,09 pt
Taux fixe, ≥ 20 ans5,19 %5,29 %+0,10 pt
Taux variable5,00 %5,28 %+0,28 pt
Prêt relais6,20 %6,39 %+0,19 pt

La catégorie des prêts à taux fixe de 20 ans et plus, la plus courante dans l’accession à la propriété, est particulièrement surveillée. Le plafond y progresse de 0,10 point, pour atteindre 5,29 %. Cet ajustement est destiné à accompagner la légère remontée des taux pratiqués par les banques, sans couper trop brutalement l’accès au crédit.

Un contexte de crédit tendu mais plus stable qu’en 2022‑2023

La revalorisation des taux d’usure intervient dans un environnement de resserrement monétaire, même si la situation est moins critique que lors de la crise du crédit immobilier de 2022‑2023.

Au printemps 2026, les taux nominaux des prêts immobiliers ont légèrement augmenté. En juin, les barèmes moyens se situaient autour de 3,20 % à 3,25 % sur 15 ans, de 3,37 % à 3,39 % sur 20 ans, et de 3,44 % à 3,48 % sur 25 ans. Parallèlement, les marchés obligataires ont connu des mouvements marqués : le taux de l’OAT 10 ans, référence pour les taux fixes immobiliers, a dépassé les 4 % en mai avant de retomber aux environs de 3,6 % fin juin.

+2,4

En France, l’inflation annuelle était de +2,4 % en mai 2026, un niveau jugé plus maîtrisé que les pics précédents.

Dans ce contexte, la Banque de France ajuste chaque trimestre les taux d’usure. Le calcul s’appuie sur les taux effectifs moyens constatés sur les trois mois précédents, augmentés d’un tiers. L’objectif est double : continuer de protéger les emprunteurs contre des conditions abusives, tout en évitant que le plafond ne se transforme en frein à l’octroi de crédits lorsque les taux montent.

Un « effet ciseau » en voie de correction

Au premier semestre 2026, de nombreux dossiers ont subi ce que les courtiers décrivent comme un « effet ciseau ». Les taux des crédits progressaient plus vite, ou de façon plus marquée, que les taux d’usure, ce qui réduisait l’écart entre les barèmes bancaires et le plafond légal.

Attention :

Des ménages solvables se voyaient refuser le financement car leur TAEG dépassait de quelques dixièmes le seuil réglementaire de 5,19 % pour les prêts de 20 ans et plus, touchant près de 14 % des demandes selon des analyses de mi-avril.

La situation contraste avec la crise de 2022‑2023, quand l’écart entre les taux pratiqués par les banques et le taux d’usure s’était réduit à environ 0,55 point. Ce resserrement extrême avait bloqué en masse des projets immobiliers, malgré la solvabilité des ménages concernés.

À l’été 2026, la configuration est différente : pour un prêt sur 20 ans, le taux moyen gravite autour de 3,40 %, tandis que le taux d’usure atteint 5,29 %. L’écart avoisine donc 1,9 point. Cette marge permet d’intégrer plus facilement, dans le TAEG, l’ensemble des frais annexes – assurance, garanties, frais de dossier, éventuels honoraires de courtier – sans franchir le plafond.

Plus de flexibilité technique pour les banques

Pour les établissements de crédit, la hausse modérée des taux d’usure est accueillie comme une forme de sécurisation de leur activité immobilière. La progression de 0,10 point du plafond sur les durées de 20 ans et plus, segment le plus sollicité, leur offre davantage de latitude pour répercuter leurs coûts de refinancement, eux-mêmes influencés par les taux directeurs de la BCE et par les rendements obligataires.

Bon à savoir :

Cette marge accrue permet de financer un large spectre de profils, surtout les primo-accédants, sans refus techniques. Elle maintient un crédit fluide et évite un gel brutal du marché.

Selon les observatoires spécialisés, les conditions de financement restent d’ailleurs plus favorables qu’en 2024, période où les taux immobiliers dépassaient les 4 % sur 20 ans. Si les niveaux de 2025, où les taux étaient redescendus près de 3,20 % sur cette même durée, ne sont plus d’actualité, la combinaison de taux encore relativement contenus et de plafonds d’usure relevés soutient la capacité d’emprunt des ménages.

Des profils toujours pénalisés par le mécanisme du taux d’usure

Malgré ces ajustements, le taux d’usure demeure un obstacle pour certaines catégories d’emprunteurs. Le blocage ne vient plus seulement du niveau des taux nominaux, mais surtout du poids de l’assurance emprunteur dans le TAEG.

Les seniors et les personnes présentant des risques de santé sont particulièrement exposés. Pour ces profils, les primes d’assurance grimpent fortement en raison de l’âge ou des antécédents médicaux. Or, comme l’assurance est incluse dans le TAEG, son coût peut faire franchir le seuil de 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus, ou les plafonds, plus bas, de 4,07 % et 4,57 % sur les durées plus courtes.

Astuce :

Les crédits de courte durée, notamment ceux inférieurs à 10 ans, restent délicats à monter pour ces emprunteurs. Avec un plafond limité à 4,07 %, le moindre surcoût d’assurance, de garantie ou de frais de dossier peut faire dépasser la limite légale, même si le taux nominal proposé par la banque est raisonnable.

Dans ce contexte, les courtiers privilégient de plus en plus la délégation d’assurance pour tenter de faire passer les dossiers. Ce dispositif, encadré notamment par la loi Lemoine, permet de substituer au contrat d’assurance groupe de la banque une assurance individuelle moins coûteuse, tout en respectant un niveau de garanties équivalent. En allégeant la part assurance du TAEG, les intermédiaires espèrent ainsi repasser sous le plafond de 5,29 % et débloquer les financements.

Conséquences sur le marché immobilier

L’évolution des taux d’usure et du coût du crédit se répercute directement sur l’activité du marché résidentiel. Après un net rebond en 2025, avec un volume de transactions dans l’ancien compris entre environ 929 000 et 950 000 ventes, les premiers mois de 2026 laissent entrevoir un ralentissement.

Les facteurs invoqués sont multiples : contexte géopolitique incertain, inflation encore présente, légère remontée des taux, et prudence accrue des ménages. L’Observatoire BPCE anticipe pour 2026 aux alentours de 890 000 transactions dans l’ancien, soit une baisse modérée d’environ 6 % par rapport à l’année précédente.

Bon à savoir :

La revalorisation des taux d’usure au 1er juillet agit comme un élément de stabilisation, évitant qu’un trop grand nombre de dossiers de crédit ne dépasse le plafond et soutenant ainsi un flux régulier de crédits nécessaire au dynamisme du marché.

Les experts soulignent toutefois que le taux d’usure reste un mécanisme de protection avant tout. Sa mission première est d’empêcher des dérives de tarification et des situations de surendettement. Les ajustements trimestriels réalisés par la Banque de France cherchent à trouver un équilibre délicat : ne pas encourager des taux excessifs, tout en ne pénalisant pas massivement l’accès au financement lorsque l’environnement de taux évolue.

Quel impact concret pour un emprunteur aujourd’hui ?

Pour un ménage qui souhaite emprunter à l’été 2026, la hausse des taux d’usure n’entraîne pas, en elle-même, une augmentation immédiate du taux nominal proposé par la banque. Les grilles tarifaires des établissements reposent d’abord sur leurs coûts de ressources, la politique monétaire européenne et leurs propres objectifs commerciaux.

En revanche, ces nouveaux plafonds élargissent la marge technique dont disposent les banques pour intégrer l’ensemble des frais au TAEG sans franchir la limite réglementaire. Pour un profil standard, avec un niveau de risque et un coût d’assurance moyens, cela se traduit par une probabilité plus faible de voir son dossier bloqué pour dépassement du seuil.

Bon à savoir :

Pour les emprunteurs plus fragiles (santé, âge), l’obtention d’un crédit repose sur la structuration du financement (durée, frais annexes) et surtout sur la renégociation ou délégation de l’assurance, car réduire son coût est le principal levier pour respecter le taux d’usure et sécuriser le prêt.

En résumé, la hausse des taux d’usure au 1er juillet apporte une respiration au marché du crédit immobilier, sans remettre en cause la fonction protectrice du dispositif. Dans un environnement de taux plus élevés qu’en 2025 mais plus favorables qu’en 2024, elle participe à maintenir un accès relativement fluide au financement, tout en laissant perdurer des zones de tension pour certains profils d’emprunteurs.

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