Les avis d’échéance qui tombent les uns après les autres le confirment : entre fiscalité, surtaxes et revalorisations automatiques, la facture 2026 des ménages grimpe à la fois côté assurance et côté logement. Taxe foncière, taxe d’habitation sur les résidences secondaires, contributions « attentat » et « catastrophes naturelles », TSCA sur les contrats d’assurance… Le tout sur fond de hausse des primes, portée par l’inflation, le coût des sinistres climatiques et la flambée du prix des réparations.

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Assurance : une fiscalité spécifique qui pèse de plus en plus

Contrairement à la plupart des biens et services, les contrats d’assurance ne supportent pas la TVA classique. Les opérations d’assurance et de réassurance sont exonérées de TVA en France, ce qui signifie que vos primes ne contiennent pas 20 % de TVA comme un achat courant. À la place, un impôt dédié s’applique : la Taxe Spéciale sur les Conventions d’Assurances, plus connue sous le sigle TSCA.
La TSCA s’applique à la plupart des contrats d’assurance dommages (auto, habitation, professionnelle) avec des taux variables selon le risque. Contrairement à la TVA, elle n’est pas déductible par les particuliers ni les entreprises. Pour une entreprise, elle est comptabilisée comme une charge d’exploitation.
En parallèle, d’autres contributions viennent renchérir la note : contribution « attentat », prélèvement pour le fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), participation au régime des catastrophes naturelles (souvent appelée « taxe Cat Nat »), contributions FGAO, etc. Ces prélèvements sont fixés par l’État et encaissés obligatoirement par les assureurs, qui n’ont d’autre choix que de les répercuter dans le montant de la prime.
Les principaux taux de TSCA et contributions sur les assurances habitation et auto
Pour mieux visualiser ce qui se cache dans une prime, il est utile de distinguer quelques grands types de taxes et contributions.
| Type de couverture / taxe | Taux ou montant en vigueur (2025-2027) | Remarques principales |
|---|---|---|
| TSCA auto – garanties dommages (non obligatoires) | 18 % | Taux inchangé dans le Budget 2026 |
| TSCA auto – RC obligatoire (taux standard) | 33 % | Taux réduit à 15 % pour certains utilitaires > 3,5 t |
| TSCA auto – dommages corporels conducteur | 9 % | Taux exceptionnel, inférieur au 18 % général |
| TSCA habitation – risques incendie particuliers | 30 % | S’applique aux garanties incendie dans les contrats habitation |
| TSCA habitation – risques incendie professionnels | 7 % | Taux pour activités commerciales, artisanales, etc. |
| Contribution FGTI (« taxe attentat ») 2025 | 6,50 € / contrat | Prélevée sur chaque contrat couvrant des biens |
| Contribution FGTI prévue 2027 | 15 € / contrat | Montant prévu si la loi de finances 2026 est adoptée |
| Surtaxe Cat Nat habitation (avant réforme) | 12 % | Appliquée sur la prime de base |
| Surtaxe Cat Nat habitation (après réforme) | 20 % | Forte hausse à partir du 1ᵉʳ janvier 2025 |
| Surtaxe Cat Nat auto (avant réforme) | 6 % | Sur les garanties concernées |
| Surtaxe Cat Nat auto (après réforme) | 9 % | Hausse décidée par l’État |
Ce tableau montre que, même si la TVA ne s’applique pas aux primes, la part fiscale et parafiscale de l’assurance est loin d’être négligeable. Dans le cas de l’habitation, la surtaxe Cat Nat a été qualifiée de « plus importante réforme du régime » depuis 25 ans, avec un passage de 12 à 20 %. Pour les assurés, France Assureurs évalue l’impact moyen à environ 17 € de plus par an par contrat habitation, uniquement pour cette composante.
Hausse des primes habitation : trois ans de rattrapage, un choc fiscal en plus

Les projections des cabinets spécialisés convergent : 2026 n’interrompt pas la série noire. Après des augmentations déjà très marquées en 2024 et 2025, les primes multirisques habitation repartent à la hausse.
Les chiffres issus des différentes études donnent la mesure du phénomène :
| Année | Évolution moyenne estimée de la prime MRH | Commentaire |
|---|---|---|
| 2024 | +6,6 % (ordre de grandeur) | Déjà une forte revalorisation |
| 2025 | +10 % en moyenne | Bien au-delà de l’inflation d’environ 1,6 % |
| 2026 | +7 à 8 % selon Addactis | Certains scénarios évoquent +8 à +15 % selon profil et région |
En parallèle, sur une période plus longue, le prix moyen de l’assurance habitation a bondi d’environ 77 % entre 2010 et 2026. Sur les seules années 2024-2026, l’augmentation cumulée frôle 30 % pour de nombreux assurés.
La surtaxe Cat Nat sur les contrats habitation est passée de 12 % à 20 %, et la contribution attentat/FGTI doublerait de 6,50 € à 15 € par contrat en 2027 si le Budget 2026 est adopté. Cela crée un double effet : hausse des primes techniques liée aux sinistres et renforcement des prélèvements obligatoires décidé par l’État.
Pourquoi les contrats habitation augmentent autant ?
Plusieurs facteurs structurels tirent les tarifs vers le haut.
D’abord, le climat. Les événements extrêmes se multiplient : tempêtes, épisodes de sécheresse suivis d’inondations, feux de forêt… Le coût moyen des sinistres climatiques atteindrait environ 6,5 milliards d’euros par an. La fréquence des déclarations augmente, le coût unitaire aussi. Le régime Cat Nat a donc été réformé pour sécuriser son financement, ce qui explique la hausse de la surtaxe.
Le prix des matériaux et de la main-d’œuvre dans le bâtiment progresse d’environ 3 % par an, ce qui augmente le coût des réparations des sinistres.
À cela s’ajoutent les tensions sociales (émeutes, dégradations, pillages), qui génèrent des vagues massives de sinistres en un temps très court, ainsi que l’augmentation du coût de la réassurance. Cette « assurance des assureurs » pèse pour environ un tiers dans la hausse globale des primes, soit une dizaine d’euros supplémentaires par an et par contrat en moyenne.
Enfin, la mutualisation de nouveaux risques, notamment les émeutes et violences urbaines, s’organise via des mécanismes financés à 100 % par les compagnies, avec des contributions de solidarité pouvant aller jusqu’à 1,5 % des primes sur les garanties dommages aux biens et pertes d’exploitation.
Auto : la spirale des hausses se poursuit, portée par les mêmes moteurs

Côté automobile, les mêmes ressorts sont à l’œuvre : inflation des pièces détachées, complexification des véhicules, sévérité des sinistres corporels, coût de la réassurance. Les projections pour 2026 tablent sur une augmentation moyenne de 4 à 6 % des primes, après une année 2025 déjà lourde (+6 à 6,8 % en moyenne).
Les études d’Addactis, de Facts & Figures et d’Assurland se situent toutes dans cette fourchette, avec une progression attendue entre 4 % et 5,5 % selon les profils. Pour 2026, le coût moyen d’une assurance au tiers pour une voiture est estimé autour de 563 € hors taxes, ce qui, une fois la TSCA (18 % pour les garanties dommages non obligatoires) et les contributions diverses ajoutées, représente un budget annuel conséquent pour un foyer.
L’amende pour conduite sans assurance est de 3 750 €.
Sur la composante fiscale, l’assurance auto est frappée par :
– une TSCA à 33 % sur la responsabilité civile obligatoire (avec un taux réduit à 15 % pour certains utilitaires lourds) ;
– une TSCA à 18 % sur la plupart des garanties facultatives (bris de glace, vol, dommages tous accidents…) ;
– une surtaxe Cat Nat passée de 6 % à 9 % ;
– la contribution forfaitaire FGTI, portée de 6,50 à potentiellement 15 € par contrat.
Les véhicules électriques, qui bénéficiaient jusqu’en 2024 d’un régime plus favorable, voient leurs avantages disparaître : la suppression progressive puis totale des exonérations de TSCA entraîne une hausse mécanique du coût de leur assurance.
Habitation : ce qui change sur les taxes locales en 2026

Parallèlement aux primes d’assurance, le volet « habitation » est lourdement impacté par les impôts locaux. La réforme de la taxe d’habitation, la revalorisation des valeurs locatives et les projets de refonte de la taxe foncière constituent un second front d’augmentation, indépendant, mais cumulatif pour les ménages.
Taxe d’habitation : un impôt qui ne touche plus que les résidences secondaires
Depuis 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale a été supprimée pour l’ensemble des foyers. En 2026, seuls restent imposables :
– les propriétaires et usufruitiers d’une résidence secondaire (maison de vacances, pied-à-terre, appartement de week-end…) ;
– certains locataires à l’année d’un logement meublé qui n’est pas leur résidence principale ;
– les personnes bénéficiant d’un logement de fonction qui ne constitue pas leur résidence principale ;
– les logements meublés non affectés à la résidence principale au 1ᵉʳ janvier de l’année ;
– les logements vacants, via la Taxe sur les Logements Vacants (TLV).
La taxe d’habitation pour les résidences secondaires est calculée sur la valeur locative cadastrale brute, sans exonération ni abattement familial. Le montant final varie selon les taux fixés par la commune et l’intercommunalité.
En 2023, la taxe moyenne payée sur une résidence secondaire tournait autour de 1 001 €, portée à environ 1 125 € en 2024, soit plus de 100 € de hausse en un an. La moyenne nationale se situe à peu près à 1 000 €, mais les écarts sont considérables selon les territoires.
Majorations en zones tendues : le coup de massue des villes touristiques et métropoles
Dans les communes dites « en zones tendues », c’est-à-dire des agglomérations de plus de 50 000 habitants souffrant d’un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logement, les conseils municipaux peuvent voter des majorations spécifiques sur la taxe d’habitation des résidences secondaires.
Ces majorations peuvent aller de 5 % à 60 % du montant de la taxe. En 2026 :

Pour donner un ordre de grandeur, un cas chiffré avec une base THRS de 1 260 € illustre l’effet de la majoration : une surtaxe à 60 % représente 756 € supplémentaires par an. La facture totale atteint alors 2 016 €.
Des propositions de durcissement sont même sur la table, certaines visant à porter le plafond de majoration de 60 % à 300 %, et à rendre ces majorations progressives en fonction du nombre de biens détenus et de leur surface totale.
Nouvelle surtaxe progressive pour les multi-propriétaires
À partir de 2026, une majoration progressive spécifique vient frapper les ménages disposant de plusieurs résidences secondaires ou logements soumis à la taxe d’habitation. Ce dispositif, prévu à l’article 1407 quater du CGI, s’applique aux personnes redevables de la taxe pour plusieurs logements :
| Nombre de logements taxables au nom d’un même contribuable | Majoration additionnelle appliquée sur la THRS |
|---|---|
| 2 logements | +25 % |
| 3 logements | +50 % |
| 4 logements | +75 % |
| 5 à 10 logements | +100 % |
| Plus de 10 logements | +200 % |
Cette surtaxe alimente directement les budgets communaux et s’ajoute éventuellement à la majoration « zone tendue ». L’effet cumulé peut être considérable pour un ménage possédant plusieurs résidences secondaires dans des communes touristiques.
Logements vacants : vers une taxe unifiée et plus lourde
En 2026, coexistent encore la TLV (Taxe sur les Logements Vacants) et la THLV (Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants). Mais la loi de finances 2026 prépare une unification de ces dispositifs dans une nouvelle Taxe sur les Logements Vacants harmonisée (TVLH), applicable à compter de 2027.
Cette TVLH :
– se substituera aux dispositifs actuels ;
– sera perçue au profit des communes ;
– s’appliquera automatiquement en zones tendues aux logements vacants depuis au moins un an au 1ᵉʳ janvier ;
– reposera sur une taxation à 17 % de la valeur locative la première année de vacance, puis 34 % à partir de la deuxième ;
– permettra aux communes de zones tendues de relever ces taux jusqu’à 30 % la première année et 60 % les années suivantes ;
– pourra être instaurée de manière facultative en zones non tendues, avec un plafond de 50 % de la valeur locative, par délibération avant le 15 avril pour une application l’année suivante.
Des exonérations seront possibles, notamment pour les logements occupés plus de 90 jours consécutifs dans l’année de référence, pour ceux dont la vacance échappe à la volonté du propriétaire, certaines dépendances publiques ou logements sociaux. Mais le signal est clair : la détention de logements laissés inoccupés devient de plus en plus coûteuse.
Taxe foncière : une réforme partiellement suspendue, mais une hausse minimale garantie

En parallèle de ces évolutions sur la taxe d’habitation et les logements vacants, la taxe foncière continue sa trajectoire ascendante. Après la révision spectaculaire de 2023 (revalorisation des valeurs locatives de 7,1 %), les coefficients de revalorisation restent positifs :
| Année fiscale | Coefficient national de revalorisation des valeurs locatives |
|---|---|
| 2023 | +7,1 % |
| 2024 | +3,9 % |
| 2025 | +1,7 % |
| 2026 | +0,8 % (lié à une inflation IPCH d’environ 0,9 % en novembre 2025) |
Pour 2026, chaque propriété bâtie voit donc sa base d’imposition augmenter automatiquement d’au moins 0,8 %, avant même que les communes ne modifient leurs taux. En pratique, cela signifie que, sauf baisse volontaire du taux communal, la taxe foncière augmente au minimum de ce pourcentage.
Le gouvernement prévoyait une réforme intégrant systématiquement les éléments de confort (eau courante, électricité, lavabo, WC, douche, baignoire) dans la surface cadastrale. Chaque équipement ajoute des mètres carrés fictifs pour le calcul fiscal.
– eau courante : +4 m² ;
– électricité : +2 m² ;
– lavabo : +1 m² ;
– WC : +2 m² ;
– douche : +3 m² ;
– baignoire : +5 m².
Un logement disposant de l’ensemble de ces équipements voit ainsi sa surface théorique augmenter de 19 m². La révision visait principalement les logements anciens, notamment ceux construits avant 1970, dont les équipements ont été ajoutés progressivement sans mise à jour systématique des données cadastrales.
Augmentation moyenne de 63 € par logement concerné par la réforme des valeurs locatives.
Pour 2026, restent donc en place :
– la revalorisation automatique de +0,8 % pour les 32 millions de propriétaires ;
– les éventuelles décisions locales d’augmenter ou de diminuer les taux ;
– les obligations habituelles de paiement (échéance à la mi-octobre, possibilité de mensualiser sur dix mois).
Même avec la réforme partielle reportée, le niveau moyen de taxe foncière continue de progresser. Entre 2023 et 2026, le montant moyen par bien est passé d’environ 1 034 € à plus de 1 100 €.
Quand assurance et fiscalité logement s’additionnent

Pour un ménage propriétaire occupant sa résidence principale et possédant une résidence secondaire, la combinaison des différents postes est particulièrement sensible. On cumule en effet :
– une prime d’assurance habitation en hausse de 7 à 8 % en moyenne, lestée par la surtaxe Cat Nat passée de 12 à 20 % et par la contribution attentat appelée à plus que doubler ;
– une prime d’assurance auto en augmentation de 4 à 6 %, également affectée par la surtaxe Cat Nat (6 à 9 %) et la contribution FGTI ;
– une taxe foncière revalorisée d’office (+0,8 % au moins) et potentiellement majorée par des décisions locales ;
– une taxe d’habitation sur la résidence secondaire autour de 1 000 à 1 200 € en moyenne, avec dans de nombreuses zones tendues une majoration pouvant aller jusqu’à 60 % ;
– une surtaxe progressive si le foyer détient plusieurs logements secondaires ou meublés imposables.
Pour illustrer l’ordre de grandeur, un propriétaire multipropriétaire en station balnéaire ou en métropole pourrait, sans modifier son patrimoine, voir ses impôts augmenter significativement.
– sa facture d’assurance habitation augmenter de l’ordre de 20 à 40 € par an, rien que par l’effet des nouvelles contributions ;
– sa taxe d’habitation sur résidence secondaire bondir de plusieurs centaines d’euros du fait des majorations et surtaxes pour multi-détention ;
– sa taxe foncière progresser mécaniquement d’une dizaine d’euros, voire bien davantage si sa commune vote une hausse de taux.
Dans ce contexte, la marge de manœuvre des ménages passe moins par la contestation de la fiscalité – largement décidée au niveau national ou communal – que par l’optimisation de leurs contrats d’assurance et la maîtrise de leur parc immobilier (arbitrage entre biens, éventuelle mise en location pour échapper au statut de logement vacant, etc.).
Comment limiter l’impact des hausses sur les assurances

Même si les taxes sont, par nature, non négociables, une partie importante de la prime d’assurance reste du ressort des compagnies. Or, toutes n’ont pas la même politique tarifaire face à la hausse des coûts. Les écarts de prix à garanties équivalentes peuvent aller de 40 à 60 % selon les comparateurs.
Sur l’habitation, plusieurs leviers peuvent être actionnés sans dégrader sa protection de manière disproportionnée.
Pour optimiser votre prime d’assurance, adaptez les garanties à vos besoins réels. Supprimez la ‘valeur à neuf’ sur un véhicule de plus de 8 ans, retirez les options de luxe (bijoux, œuvres d’art) que vous ne possédez plus, et recalibrez votre contrat MRH en révisant le capital mobilier, les limites de garantie pour objets particuliers, la garantie vol et la couverture des équipements extérieurs.
Ensuite, la gestion de la franchise. La franchise, c’est la part du sinistre qui reste à la charge de l’assuré. Plus elle est élevée, plus la prime est réduite. Accepter une franchise qui passe, par exemple, de 300 à 500 ou 750 € sur des sinistres courants permet de baisser sensiblement la cotisation, à condition d’avoir la capacité financière de faire face à un reste à charge plus conséquent en cas de problème.
Le gain global sur la prime d’assurance peut atteindre couramment 25 à 35 % en combinant changement d’assureur, hausse mesurée des franchises et recalibrage des capitaux.
Enfin, la maîtrise du « risque perçu » par l’assureur joue aussi : sécurisation du logement (alarme, portes renforcées, gardiennage), entretien régulier, déclaration précise et à jour de la surface et des équipements. L’assureur base son tarif sur une appréciation statistique du risque ; réduire les facteurs aggravants ou les déclarer avec précision évite les surcotations ou les mauvaises surprises au moment d’un sinistre.
Quand faut-il s’alarmer d’une hausse de prime ?

Toutes les augmentations ne sont pas abusives. Un contrat peut légitimement évoluer sous l’effet :
– d’une clause d’indexation prévue dès le départ, qui suit un indice de coût de la construction ou de prix à la consommation ;
– de la hausse des prélèvements obligatoires (surtaxe Cat Nat, contribution attentat) ;
– d’une sinistralité personnelle importante (plusieurs sinistres récents).
En revanche, certaines situations doivent inciter à réagir : une hausse nettement supérieure aux moyennes du marché (par exemple +12 à +15 % sur une année alors que les projections nationales sont autour de 7 à 8 % pour la MRH), plusieurs hausses successives sans sinistre particulier, ou encore des modifications de garanties sans accord explicite de l’assuré.
L’assureur doit informer clairement le client via l’avis d’échéance, en détaillant les évolutions de tarif et de garanties. Sans clause d’indexation, son accord est requis ; sinon, le client peut refuser la hausse et résilier le contrat selon le Code des assurances.
Les lois Hamon et Châtel renforcent encore ces droits, en permettant notamment de résilier à tout moment après un an de contrat (Hamon), ou en sanctionnant les manquements d’information sur la possibilité de ne pas reconduire (Châtel).
Habitation : anticiper pour ne pas subir les impôts locaux

Sur le volet des taxes immobilières, la capacité d’action est plus limitée, mais pas nulle.
Pour la taxe foncière, les propriétaires peuvent :
Pour maîtriser votre taxe foncière, mensualisez le paiement avant mi-décembre pour lisser l’effort sur dix mois. Vérifiez la surface et les caractéristiques cadastrales de votre bien, surtout pour un logement ancien supposé sous-équipé ; en cas d’erreur, faites une réclamation auprès de la DGFIP par messagerie sécurisée ou courrier recommandé. Enfin, préparez-vous à la future réforme des valeurs locatives prévue pour 2030 (effets fiscaux en 2031), qui pourrait revaloriser les biens anciens bien situés et dévaloriser certains logements des années 1970 jugés surévalués.
Pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, l’arbitrage porte surtout sur le patrimoine détenu : certains propriétaires pourraient envisager de vendre un bien peu occupé dans une commune très surtaxée, ou au contraire de le basculer en résidence principale. D’autres pourront choisir de le louer de manière plus régulière, pour échapper à la qualification de logement vacant et amortir la charge fiscale par des revenus locatifs.
Il faut garder en tête que la liste des communes autorisées à surtaxer les résidences secondaires est fixée par décret, mais depuis 2023 toutes les communes situées en zone tendue peuvent voter une majoration. L’exposition d’un bien secondaire à ces surcoûts dépend donc à la fois du zonage national et des décisions politiques locales.
Un paysage durablement plus cher, mais pas totalement figé

L’ensemble des évolutions décrites dessine un paysage dans lequel :
– les contrats d’assurance habitation et auto connaîtront, au minimum, une quatrième année consécutive de hausse en 2026, sous l’effet cumulé des sinistres climatiques, du coût des réparations, de la réassurance et des contributions fiscales ;
– la fiscalité locale sur l’habitation se concentre désormais sur les résidences secondaires et les logements vacants, avec une panoplie de surtaxes renforcées en zones tendues et des mécanismes progressifs visant spécifiquement les gros détenteurs de patrimoine ;
– la taxe foncière poursuit sa progression tendancielle, même tempérée à court terme par la suspension de la réforme des éléments de confort, dans l’attente d’une refonte plus globale des valeurs locatives.
Pour les ménages, l’essentiel est désormais d’adopter une approche active : comprendre la ventilation de sa prime d’assurance entre part technique et part fiscale, identifier clairement les postes sur lesquels il est possible de jouer, arbitrer son patrimoine immobilier en fonction des zones fiscales les plus pénalisantes, et mettre systématiquement les contrats en concurrence avant chaque renouvellement.
Les taxes, qu’il s’agisse de la TSCA, des surtaxes Cat Nat, de la contribution attentat ou des impôts locaux, ne disparaîtront pas. Elles sont même appelées, pour certaines, à continuer de se renforcer face aux enjeux climatiques et budgétaires. Mais la façon dont chaque foyer structure son assurance et son patrimoine peut largement atténuer, ou au contraire amplifier, l’impact de ces hausses. C’est là que se joue, concrètement, la capacité à absorber la nouvelle donne fiscale sur l’assurance et l’habitation.
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