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Les Meilleurs Pays pour une Retraite Fiscale Attrayante : Italie, Malaisie et Maroc en tête

par | Actualités
Publié le 7 septembre 2026

Les réformes fiscales adoptées pour l’année 2026 redessinent la carte des destinations les plus avantageuses pour les retraités souhaitant s’expatrier. Parmi elles, l’Italie, la Malaisie et le Maroc se distinguent par des dispositifs particulièrement favorables aux pensions et aux revenus de source étrangère, tout en illustrant la montée en complexité des règles et des conditions d’accès.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Italie : un taux unique de 7 % pour attirer les retraités étrangers

L’Italie s’impose comme l’une des destinations européennes les plus attractives pour les retraités étrangers grâce à un régime fiscal spécifique qui vise à dynamiser les régions du sud du pays. Ce dispositif, fondé sur un impôt forfaitaire de 7 % sur les revenus de source étrangère, se substitue au barème progressif habituel, qui peut dépasser 43 %.

Bon à savoir :

Ce régime s’adresse aux retraités non-résidents fiscaux italiens depuis au moins cinq ans, qui s’installent dans une commune de moins de 20 000 habitants du sud de l’Italie (Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise, Pouilles) ou dans certaines zones sinistrées d’Ombrie, du Latium et des Marches. L’avantage est limité à dix ans, année d’arrivée incluse.

L’avantage principal réside dans l’application du taux de 7 % non seulement aux pensions, mais aussi aux dividendes, plus-values, loyers et autres revenus de source étrangère. Dans le cas de la Sicile, des incitations locales viennent s’ajouter, avec notamment un remboursement de 50 % de l’impôt sur le revenu (IRPEF) pour certains retraités nouvellement installés, sous conditions.

L’Italie propose par ailleurs un cadre avantageux en matière de transmission patrimoniale. Les transmissions en ligne directe bénéficient d’un abattement de 1 million d’euros avant imposition, au-delà duquel le taux appliqué reste limité à 4 %. Les biens situés hors du territoire italien sont totalement exonérés de droits de succession et de donation en Italie, un point qui intéresse particulièrement les retraités disposant d’un patrimoine international.

Un dispositif attractif mais juridiquement sous tension

Derrière cette vitrine fiscale séduisante, les retraités doivent toutefois composer avec une certaine insécurité juridique et administrative. Depuis 2021, l’administration fiscale italienne a adopté une interprétation unilatérale de la convention fiscale franco-italienne de 1989, en considérant que les pensions issues du régime général français et des régimes complémentaires obligatoires (Agirc-Arrco) sont imposables en Italie.

60 000

Environ 60 000 retraités français résidant en Italie seraient concernés par une absence de crédit d’impôt et des redressements fiscaux rétroactifs pouvant atteindre 54 000 euros.

Face à ces pratiques, un collectif de retraités a saisi la Commission européenne, tandis que plusieurs parlementaires français ont interpellé le gouvernement. Le ministère français des Affaires étrangères affirme être en discussion avec Rome pour trouver une issue. Des conseillers consulaires et fiscalistes appellent désormais à la prudence, soulignant que l’Italie ne peut être considérée comme un « paradis fiscal automatique » et qu’un accompagnement professionnel devient indispensable avant tout projet d’installation.

Malaisie : zéro impôt sur les revenus étrangers, mais des conditions financières élevées

En Asie, la Malaisie consolide sa position parmi les destinations les plus avantageuses pour les retraités internationaux grâce à une exonération totale de l’impôt sur les revenus de source étrangère, notamment les pensions privées, dividendes et intérêts. Pour les retraités français, cela signifie que les pensions relevant du secteur privé ne sont pas taxées localement, alors que les pensions de fonction publique demeurent imposables en France selon la convention fiscale bilatérale.

Le principal vecteur d’accès à une résidence de long terme est le programme Malaysia My Second Home (MM2H), qui a été profondément remanié et rendu plus sélectif financièrement. Le dispositif est désormais structuré en trois catégories de visa – Silver, Gold et Platinum – avec des durées de validité, des niveaux de dépôt bancaire et des exigences immobilières variables.

Un programme MM2H plus sélectif

La catégorie Silver, considérée comme la plus accessible, offre un visa renouvelable de cinq ans. Elle impose toutefois un dépôt à terme important dans une banque malaisienne, de l’ordre de plusieurs centaines de milliers de ringgits, à conserver pendant toute la durée du visa, ainsi qu’un revenu mensuel minimum élevé provenant de l’étranger. L’achat d’un bien immobilier d’une valeur d’au moins 600 000 ringgits est désormais obligatoire. Pour de nombreux retraités de classe moyenne, ces exigences financières constituent un véritable obstacle.

Attention :

Les catégories Gold et Platinum ciblent une clientèle plus aisée avec des séjours prolongés jusqu’à 20 ans et des dépôts plus élevés. Le visa Platinum est le seul à permettre de travailler ou de créer une entreprise, élargissant les profils au-delà des retraités.

Les titulaires d’un visa MM2H bénéficient en pratique d’un cadre fiscal extrêmement avantageux : leurs pensions étrangères, ainsi que les intérêts générés par le dépôt obligatoire en Malaisie, sont exonérés d’impôt. Dans le cadre du budget 2026, la Malaisie a prolongé jusqu’au 31 décembre 2036 l’exonération générale des revenus étrangers pour les particuliers, à condition que ces revenus aient déjà été soumis à l’impôt dans leur pays d’origine. Ce critère doit être pris en compte par les retraités en fonction de la fiscalité de leur pays de départ.

182

Nombre minimal de jours de séjour annuel en Malaisie pour être considéré comme résident fiscal, condition qui permet de bénéficier de l’absence d’impôt sur les revenus étrangers.

Maroc : quasi-exonération des pensions étrangères et réforme en profondeur du système

En Afrique du Nord, le Maroc se confirme comme la destination de prédilection des retraités français hors Union européenne. Plus de 50 000 Français y résident, attirés par le climat, la proximité géographique, un coût de la vie inférieur à celui de la France et, surtout, un cadre fiscal devenu extrêmement avantageux pour les pensions.

La convention fiscale entre la France et le Maroc attribue au Maroc le droit d’imposer les pensions privées. Pour les retraités transférant définitivement leurs pensions sur un compte bancaire local en dirhams non convertibles, un régime préférentiel très poussé s’applique. Sur le montant annuel de pension étrangère, un abattement forfaitaire de 70 % est accordé jusqu’à 168 000 dirhams (environ 15 500 euros), puis un abattement de 40 % au-delà de ce seuil. L’impôt sur le revenu est calculé sur cette base nette.

Exemple :

À la première réduction s’ajoute une diminution supplémentaire de 80 % de l’impôt dû, sous condition de transfert en dirhams non convertibles. Concrètement, un retraité percevant une pension européenne d’environ 1 600 euros par mois, transférée intégralement au Maroc, voit sa charge fiscale locale avoisiner zéro.

Une réforme fiscale favorable aux retraités locaux et de retour

La loi de finances marocaine pour 2026, entrée en application au début de l’année, va plus loin et consacre des allègements sans précédent au profit des retraites de base nationales. Les pensions versées par les régimes obligatoires CNSS, CMR et RCAR sont désormais totalement exonérées d’impôt sur le revenu, après une phase transitoire en 2025 où seule la moitié de ces pensions était exemptée. Cette mesure cible en priorité les retraités marocains et les Marocains résidant à l’étranger qui envisagent un retour au pays.

Astuce :

Le gouvernement a validé une réforme structurelle des retraites, prévoyant un relèvement progressif de l’âge légal de départ à 63 ans, ainsi qu’une revalorisation de 8 % des pensions de base étalée sur trois ans, afin de renforcer la soutenabilité financière du système et d’améliorer le pouvoir d’achat des pensionnés.

Pour les retraités étrangers, des obligations administratives strictes accompagnent les avantages fiscaux. Ils doivent déposer leur déclaration de revenus avant le 1er mars de chaque année et fournir l’original de l’attestation bancaire prouvant le transfert de la pension en devises sur un compte en dirhams non convertibles. Des négligences dans ces démarches peuvent entraîner une remise en cause du régime de faveur et un redressement selon le barème ordinaire.

Les témoignages de retraités installés à Agadir, Marrakech ou Essaouira mettent en avant la combinaison d’une fiscalité allégée et d’un coût de la vie modéré. Un ancien enseignant français de 71 ans installé à Agadir évoque un loyer mensuel d’environ 280 euros charges comprises pour un appartement en centre-ville, et un budget alimentaire hebdomadaire d’environ 60 euros sur les marchés locaux. La courte durée des vols, d’environ trois heures, et l’absence de décalage horaire significatif renforcent l’attractivité psychologique du pays pour ceux qui souhaitent conserver un lien facile avec la France.

Un environnement global plus exigeant pour les retraités mobiles

Les exemples de l’Italie, de la Malaisie et du Maroc illustrent une tendance générale : les pays qui souhaitent attirer des retraités fortunés ou disposant de revenus stables multiplient les incitations fiscales, mais encadrent de plus en plus strictement les conditions d’éligibilité et les obligations de présence ou d’investissement.

Bon à savoir :

La France examine désormais le foyer familial et les intérêts économiques, au-delà des 183 jours, pour déterminer la résidence fiscale. Les pensions publiques françaises restent imposables en France, même en cas d’expatriation, et les revenus immobiliers de source française sont soumis aux prélèvements sociaux.

Dans ce contexte, les dispositifs mis en place en Italie, en Malaisie et au Maroc offrent des perspectives réelles de réduction de la pression fiscale sur les pensions, mais s’accompagnent de contraintes juridiques, financières et administratives de plus en plus sophistiquées. Pour les candidats à l’expatriation, la comparaison détaillée de ces régimes et le recours à un conseil spécialisé apparaissent comme des étapes incontournables avant de choisir leur future destination de retraite.

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