Alors que les rendements des placements réglementés reculent et que la fiscalité du capital se durcit, une véritable bataille des taux s’est engagée sur le marché des livrets bancaires non réglementés. En juillet 2026, plusieurs établissements en ligne et fintechs multiplient les offres promotionnelles, avec des taux pouvant atteindre 6% bruts, pour capter l’épargne des ménages français en quête de rendement.
Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :
Disclaimer :
Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.
Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.
Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.
Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.
Un contexte moins favorable pour l’épargne réglementée
Depuis le 1er février 2026, le Livret A et le LDDS ne rapportent plus que 1,5% net, contre 1,7% auparavant. Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, bénéficie d’un taux plus élevé à 2,5% net, mais il reste conditionné au niveau de revenus.
Le rendement réglementé baisse tandis que le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) passe à 31,4% au 1er janvier 2026, soit 12,8% d’impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux, après une hausse de 1,4 point de la CSG.
Conséquence directe, le Livret A a enregistré une décollecte historique, estimée à près de 5 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de 2026. Nombre d’épargnants se tournent désormais vers les livrets bancaires dits “super”, aux plafonds bien plus élevés et aux taux d’appel particulièrement agressifs.
Pourquoi les banques surenchérissent sur les taux
Le mouvement de hausse des super livrets s’inscrit dans un environnement monétaire en mutation. La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt à 2,25% le 11 juin 2026, en réaction au rebond de l’inflation en zone euro, remontée à 3,2% en mai sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Le relèvement des taux de la BCE renchérit le refinancement des banques. Pour se financer à moindre coût ou diversifier leurs ressources, elles attirent les dépôts des particuliers via des livrets à taux boostés, bien que ces taux soient limités dans le temps.
En parallèle, une révision à la hausse du taux du Livret A est anticipée autour de 1,7% à 1,8% au 1er août 2026, ce qui pourrait à nouveau modifier l’arbitrage des épargnants. Même dans ce contexte, un livret bancaire non réglementé doit proposer un taux brut d’au moins 2,2% pour égaler, après PFU, le rendement net de 1,5% du Livret A.
Cashbee, champion des offres à 6% sur courte durée
Sur le marché des super livrets, Cashbee se distingue en juillet 2026 avec la seule offre à 6,00% brut. Cette fintech, adossée au CFCAL (filiale du groupe Crédit Mutuel Arkéa), propose un taux boosté de 6% par an pendant deux mois pour toute nouvelle ouverture entre le 1er et le 31 juillet 2026.
Ce taux promotionnel est appliqué jusqu’à un certain plafond de dépôt. Selon les données disponibles, la mécanique distingue un plafond pour la partie boostée et un plafond global de compte pouvant grimper jusqu’à 10 millions d’euros. Au-delà du plafond dédié au taux de 6%, les sommes sont rémunérées au taux de base de 1,90% brut.
Le taux brut total versé par le CFCAL et Cashbee, incluant un bonus de 0,80% exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux.
L’offre est réservée aux nouveaux clients et assortie de contraintes de détention : pour bénéficier pleinement du taux de 6%, les fonds doivent rester investis sur la période définie, notamment entre la mi-août et le 31 décembre 2026. Tout retrait anticipé entraîne un recalcul des intérêts sur la somme retirée au simple taux de base de 1,90%.
D’autres “super livrets” entre 5% et 5,5%
Autour de Cashbee, plusieurs acteurs affichent des taux proches de 5,5% sur deux à trois mois, avec des plafonds et des conditions variables. Nombre d’entre eux collaborent également avec le CFCAL comme banque de dépôt.
Placement-direct propose ainsi un super livret à 5,50% brut pendant deux mois, avec un taux standard de 2,00% au-delà de la période promotionnelle et un plafond de 200 000 euros pour le taux boosté. L’offre est ouverte jusqu’au 31 juillet 2026.
Meilleurtaux commercialise une offre comparable : 5,50% bruts durant deux mois, puis 2,00% de base, avec là encore un plafond de 200 000 euros et une échéance de souscription fin juillet 2026.
Goodvest propose un Livret Durable avec un taux boosté de 5,50% brut pendant les deux premiers mois, suivi d’un taux de croisière à 1,80% brut. Le plafond pour bénéficier du taux boosté est fixé à 200 000 euros, et l’offre est soumise à une souscription avant le 31 juillet 2026.
Ramify s’inscrit dans la même logique, avec 5,35% bruts sur deux mois puis 2,05% bruts de base, pour des dépôts boostés limités à 100 000 euros. Swaive, de son côté, propose un taux de 5,30% brut pendant deux mois, puis 2,00% brut, avec un plafond de 200 000 euros et une fin d’offre à la fin juillet.
Fortuneo, Monabanq et BforBank misent sur la durée
D’autres acteurs jouent la carte d’une période promotionnelle plus longue, au prix d’un taux facial légèrement inférieur. Fortuneo, via son Livret +, affiche un taux de 5,00% brut pendant trois mois, puis un taux de base de 1,60% brut. Le plafond du taux boosté est fixé à 100 000 euros. La banque en ligne propose en outre une prime de bienvenue pouvant aller jusqu’à 250 euros, sous conditions.
Le plafond de la rémunération boostée est de 100 000 euros pour le taux promotionnel de 5,00% brut sur trois mois chez Monabanq.
BforBank se distingue avec une autre stratégie : son livret Bfor+ est proposé à 2,80% brut durant douze mois, puis 1,00% brut au-delà. Le plafond pour ce taux est plus élevé, à 300 000 euros. Même si le taux affiché est inférieur aux offres à 5% ou 6%, la longue durée de la promotion permet d’obtenir, sur la première année, un rendement effectif supérieur à la plupart des offres limitées à deux mois.
Comprendre le rendement net réel après fiscalité
Derrière les taux bruts annoncés se cache une réalité fiscale qui influe fortement sur le rendement final. Avec un PFU fixé à 31,4%, une partie significative des intérêts est amputée par l’impôt et les prélèvements sociaux, sauf cas spécifiques d’option pour le barème progressif pour les foyers faiblement imposés.
La règle générale pour convertir un taux brut en taux net après prélèvement forfaitaire unique (PFU) est : taux net = taux brut × (1 − 0,314). Par exemple, un taux de 5,00% brut équivaut à un rendement net théorique d’environ 3,43%. Une offre à 5,50% brut donne un taux net autour de 3,77%, et une offre à 6,00% brut donne un taux net avoisinant 4,11%, ou légèrement plus dans le cas de Cashbee en raison d’une bonification de 0,80% exonérée.
Il est essentiel de raisonner sur une année entière. Les périodes de promotion ne couvrent généralement que deux ou trois mois, ce qui réduit l’impact global du taux boosté. Une simulation pour Cashbee illustre ce phénomène : deux mois à 6% brut, puis dix mois à 1,90% brut, aboutissent à un rendement annuel moyen de 2,58% brut sur la première année. Une fois le PFU appliqué, le taux net ressort autour de 1,77%.
Pour les livrets reposant ensuite sur des taux de base plus élevés, comme ceux à 2,00% ou 2,25% bruts, le rendement net de long terme peut s’avérer plus intéressant que pour des livrets retombant à 1,00% brut après une courte période de promotion.
Comment choisir entre Livret A et super livret
La première recommandation des spécialistes reste de profiter pleinement des placements réglementés défiscalisés. Pour les épargnants éligibles, le LEP, rémunéré à 2,5% net, constitue en 2026 le produit prioritaire. Viennent ensuite le Livret A et le LDDS, avec un rendement net de 1,5%, appelé à être révisé à la hausse à l’été.
Dans ce cadre, les livrets bancaires taxés au PFU ne deviennent vraiment compétitifs qu’à partir d’un taux brut supérieur à 2,2%. En dessous, le rendement net reste en deçà du Livret A. Les comptes à 2,00% bruts par exemple, une fois soumis à la flat tax de 31,4%, n’offrent qu’environ 1,37% de rendement net annuel.
Pour un placement de très court terme (2 à 3 mois), les comptes offrant les taux les plus élevés (Cashbee à 6% ou Goodvest à 5,5%) sont pertinents sous réserve de respecter les conditions : durée de détention, plafond, statut de nouveau client ou apport de ‘fonds frais’ provenant d’une autre banque.
Pour un horizon plus long, il convient de se concentrer sur le taux de base après la période promotionnelle. Des établissements proposant un taux standard autour de 2,00% à 2,25% bruts sur des plafonds très élevés (jusqu’à 10 millions d’euros) peuvent procurer un rendement net de 1,37% à 1,54%, supérieur à ceux limités à 1,00% brut une fois la promotion terminée.
Plafonds de dépôt et garantie des fonds
Les livrets bancaires non réglementés se distinguent des livrets d’État par leurs plafonds de dépôt beaucoup plus élevés. Là où le Livret A est limité à 22 950 euros et le LDDS à 12 000 euros, les super livrets affichent des plafonds compris entre 100 000 euros et 10 millions d’euros selon les établissements. Certains acteurs comme Distingo Bank, Renault Bank (Zesto), Fortuneo ou BoursoBank autorisent des dépôts jusqu’à 10 millions d’euros, tandis que d’autres comme Cashbee ou Goodvest plafonnent autour de 200 000 euros pour leurs offres.
Tous les comptes sont garantis par le FGDR jusqu’à 100 000 euros par déposant et par établissement ; au-delà de ce montant, la protection publique ne s’applique plus en cas de défaillance bancaire.
Vigilance face aux fausses promesses de 6% “nets et garantis”
Le succès des offres de super livrets attire également des opérateurs peu scrupuleux. Des plateformes non régulées diffusent des propositions promettant 6% nets, garantis sur la durée, sans limite de temps. Des entités comme Tevir Conseil sont citées parmi les exemples d’acteurs non autorisés.
Les autorités rappellent que, dans le cadre des livrets bancaires classiques, les taux à 6% sont nécessairement bruts, promotionnels et limités à quelques mois. Une offre affichant 6% nets garantis sur le long terme doit être considérée avec la plus grande méfiance, voire comme une tentative d’escroquerie.
Les autorités
Dans un environnement marqué à la fois par la baisse des taux réglementés et la hausse de la fiscalité, les super livrets à taux boostés offrent des opportunités ponctuelles de doper le rendement de son épargne. Encore faut-il en décoder précisément les conditions, mesurer l’impact de la fiscalité et ne pas sacrifier la sécurité au profit de promesses irréalistes.
Un projet patrimonial ou une question ? Contactez-nous dès maintenant pour échanger avec un expert en gestion de patrimoine.
