Le CAC 40 a terminé la séance du 3 juillet 2026 en progression, porté par l’anticipation d’un assouplissement monétaire aux États-Unis après la publication de chiffres de l’emploi nettement inférieurs aux attentes. L’indice phare de la Bourse de Paris a clôturé à 8 508,07 points, en hausse de 0,39 %, repassant durablement au-dessus du seuil symbolique des 8 500 points et se rapprochant à environ 1,6 % de son record historique de 8 642,23 points atteint en février 2026.
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Un rebond alimenté par les chiffres de l’emploi américain
La dynamique positive observée sur le marché parisien trouve son origine dans la parution, la veille, du rapport mensuel sur l’emploi américain (Non-Farm Payrolls) pour juin 2026. Le Bureau of Labor Statistics a fait état de 57 000 créations d’emplois non agricoles seulement, un chiffre très en deçà du consensus des économistes, qui tablait sur environ 110 000 à 115 000 nouveaux postes.
Les créations d’emplois d’avril et de mai ont été révisées à la baisse d’un total de 74 000 postes.
Dans le détail sectoriel, les loisirs et l’hôtellerie ont enregistré une perte de 61 000 emplois, principalement liée à un recrutement saisonnier plus faible qu’à l’accoutumée. Globalement, ce rapport a confirmé un net ralentissement du marché du travail américain, rompant avec la dynamique plus vigoureuse des mois précédents.
Quand les « mauvaises nouvelles » deviennent un soutien aux actions
Sur les marchés financiers, ces données décevantes ont été interprétées de manière paradoxalement positive. La moindre tension sur l’emploi est perçue comme réduisant le risque de dérapage des salaires et donc des pressions inflationnistes. Dans ce schéma, la probabilité de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale diminue, ce qui soutient l’appétit pour les actifs risqués comme les actions.
Avant la publication du rapport, les outils de marché estimaient la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire à 64,1 %.
Ce mouvement de détente sur les taux a déclenché un net retour vers les actifs risqués sur les places européennes. La séance du jeudi 2 juillet, marquée par la parution anticipée du rapport sur l’emploi à 14 h 30 heure de Paris, a vu le CAC 40 bondir de 1,65 % pour clôturer à 8 474,86 points, effaçant le repli de 0,79 % de la veille. Le lendemain, le 3 juillet, l’indice a prolongé ce mouvement haussier avec une progression de 0,39 %, malgré des volumes d’échanges réduits du fait de la fermeture complète de Wall Street pour le long week-end de l’Independence Day.
Une semaine positive et un sommet historique en ligne de mire
Sur l’ensemble de la semaine achevée le 3 juillet, le CAC 40 affiche un gain cumulé d’environ 1,45 % à 1,47 % selon les méthodes de calcul retenues, sa meilleure performance hebdomadaire depuis la mi-juin. Depuis le début de l’année 2026, la hausse de l’indice parisien approche désormais les 10 %, confirmant une tendance de fond résolument haussière.
Un support solide est identifié à 8 400 points, et le franchissement des 8 500 points ouvre la voie vers le record à 8 642 points. Les projections pour juillet 2026 tablent sur une fourchette entre 7 900 et 9 300 points, avec un scénario central de clôture mensuelle entre 8 600 et 8 800 points, sous réserve d’une stabilisation des taux et de l’absence de choc géopolitique.
La dynamique observée à Paris s’inscrit dans un contexte européen également porteur. L’indice paneuropéen STOXX Europe 600 a inscrit un nouveau plus-haut historique à 652,77 points en ce début juillet, soutenu notamment par le ralentissement plus marqué qu’attendu de l’inflation en zone euro, tombée à 2,8 % sur un an en juin, après 3,2 % en mai.
La Fed reste ferme sur sa cible d’inflation
Si les marchés tablent désormais davantage sur un assouplissement monétaire que sur de nouvelles hausses de taux, la Réserve fédérale adopte un ton plus nuancé. Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, entré en fonction le 22 mai 2026, a réaffirmé lors du forum annuel de la Banque centrale européenne à Sintra, au début du mois de juillet, sa détermination à ramener l’inflation à 2 %.
Kevin Warsh n’a pas donné d’indications précises sur le calendrier ou l’ampleur des prochains mouvements de taux, refusant de s’engager sur une trajectoire détaillée. Cependant, les économistes estiment que le ralentissement du marché de l’emploi réduit la nécessité d’un resserrement agressif, alimentant l’idée d’un pivot progressif vers une politique plus accommodante, bien que la Fed conserve une certaine flexibilité.
Rotation sectorielle sur la place parisienne
Sur le plan sectoriel, la séance du 3 juillet a été marquée par une rotation au profit des valeurs industrielles, de défense et de l’aéronautique, jugées particulièrement sensibles à la perspective d’un environnement de taux plus favorable. Schneider Electric a ainsi gagné 1,5 %, effaçant en partie le repli de 3,07 % enregistré la veille après l’annonce de l’acquisition de la société norvégienne de logiciels Cognite pour 3,1 milliards de dollars, une opération jugée coûteuse par certains analystes.
Ce montant correspond au prêt accordé par la Banque européenne d’investissement à Airbus pour financer ses programmes de décarbonation dans l’aviation et la défense.
Thales, déjà en forte hausse la veille (entre 3 % et 4,8 % selon les séances de fin de semaine), a continué de soutenir nettement l’indice. Le groupe de défense et de technologies profite de l’attribution d’un important contrat de radars de surveillance aérienne à Oman, ainsi que d’un relèvement de ses objectifs financiers pour 2026, ce qui en fait l’une des locomotives de la cote parisienne dans ce contexte.
Les valeurs de la consommation et du luxe en retrait
À l’inverse, le secteur du luxe a sous-performé le marché. Plusieurs grandes capitalisations du compartiment, déjà fragilisées par le ralentissement économique persistent en Chine et par les incertitudes entourant les politiques de droits de douane au niveau mondial, ont cédé du terrain. L’Oréal a reculé de 1,4 % et Kering de 1,6 % lors de la séance du 3 juillet. LVMH, autre poids lourd historique du CAC 40, présente également des signes de faiblesse dans ce contexte moins porteur pour la consommation haut de gamme.
En dehors de l’indice, Sodexo (membre du SBF 120) a bondi de 8,49 % après un chiffre d’affaires trimestriel supérieur aux prévisions et un relèvement de ses perspectives de croissance annuelle. Dans la grande distribution, Carrefour a grimpé de 4,55 %, soutenu par un relèvement de recommandation d’UBS, passée de « neutre » à « acheter » avec un objectif de cours de 19 euros.
Un environnement macroéconomique encore fragile
Si la tendance reste favorable aux actions pour le moment, le contexte macroéconomique demeure fragile et sujet à plusieurs risques. Sur le front de l’énergie, les cours du pétrole brut se sont stabilisés autour de 70 à 71 dollars pour le Brent en ce début juillet, après les tensions enregistrées au printemps 2026 au Moyen-Orient. Une nouvelle flambée des prix du pétrole ou une résurgence des tensions géopolitiques dans la région pourraient raviver le risque d’inflation importée pour les entreprises européennes, pesant à la fois sur leurs coûts de production et sur leurs marges.
Les investisseurs suivront de près l’indice ISM des services le 6 juillet, les minutes du FOMC le 8 juillet et les inscriptions hebdomadaires au chômage le 9 juillet. Ces données aideront à évaluer le ralentissement économique américain et à ajuster les anticipations sur la politique de la Fed.
Pour l’heure, la combinaison d’un marché de l’emploi américain en perte de vitesse, d’anticipations de politique monétaire plus accommodante et d’une inflation en repli en zone euro continue de soutenir le mouvement haussier du CAC 40. La question est désormais de savoir si cette configuration pourra perdurer suffisamment longtemps pour permettre à l’indice parisien de dépasser son sommet historique et d’ouvrir une nouvelle phase de hausse, ou si les risques macroéconomiques et géopolitiques finiront par freiner l’élan des marchés.
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