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Optimisez vos frais de notaire : conseils du fisc pour les couples en indivision

par | Actualités
Publié le 28 juin 2026

Les couples qui achètent un bien immobilier en indivision en 2026 sont directement concernés par une série de nouveautés fiscales et juridiques. Entre hausse des droits de mutation, précisions du fisc sur les primo‑accédants et réforme de l’indivision, les règles évoluent et peuvent peser lourdement sur la facture de « frais de notaire »… ou, au contraire, offrir des marges d’optimisation à condition d’anticiper.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.

Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.

Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

Hausse des droits de mutation : un surcoût ciblé mais modulable

La composante principale des « frais de notaire » reste les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), c’est‑à‑dire les taxes versées à l’État et aux collectivités locales lors de l’acquisition d’un logement ancien. Depuis la loi de finances 2025, les départements sont autorisés à relever temporairement leur taux de 0,5 point, portant le plafond de 4,5 % à 5 %.

1000

La hausse de 0,5 point du taux de DMTO dans plus de 70 départements en 2026 représente environ 1 000 euros supplémentaires pour un bien acheté 200 000 euros.

Cette possibilité d’augmentation est temporaire : elle s’applique aux actes signés jusqu’au printemps 2028. Elle s’ajoute aux autres composantes des frais (émoluments du notaire, contribution de sécurité immobilière, taxe de publicité foncière), mais c’est bien elle qui explique l’essentiel de la variabilité entre départements.

Primo‑accédants : une exonération partielle que le fisc affine pour l’indivision

Face à ce renchérissement, la principale soupape pour les ménages reste l’exonération de la hausse de 0,5 point accordée aux primo‑accédants. La doctrine administrative, publiée au BOFiP à la mi‑juin 2026, encadre précisément ce dispositif et, surtout, détaille l’application en cas d’achat en indivision par un couple.

Bon à savoir :

Le statut de primo‑accédant exige deux conditions : ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale depuis deux ans, et que le logement acheté devienne la résidence principale (occupé au moins 8 mois par an). Une personne ayant revendu un bien et étant redevenue locataire peut à nouveau bénéficier de ce régime.

L’apport majeur pour les couples concerne la méthode d’appréciation de ce statut en indivision. L’administration confirme que la condition de primo‑accession est examinée acheteur par acheteur, en fonction de sa quote‑part dans le bien. Dans une acquisition 50/50, si un seul membre du couple répond à la définition de primo‑accédant, il est exonéré de la hausse de 0,5 point sur sa moitié seulement. L’autre supporte le taux majoré sur sa propre part.

Attention :

Pour les couples non mariés, partenaires de PACS ou toute indivision, la répartition des droits (ex. 50/50, 60/40) dans l’acte d’achat détermine l’assiette de l’exonération et le montant des droits notariés.

Pour les couples mariés sous un régime communautaire, la logique diffère. L’exonération de la hausse ne joue sur le bien commun que si les deux époux sont primo‑accédants. Une exception subsiste toutefois lorsque l’un des conjoints achète seul en utilisant exclusivement des fonds qui lui sont propres : le bien a alors la nature de bien personnel et ce conjoint peut profiter de l’exonération s’il remplit les conditions, même si son partenaire est déjà propriétaire d’un autre logement.

Indivision et coût de la séparation : le poids du droit de partage

Si l’indivision facilite l’achat à deux, elle peut devenir coûteuse en cas de séparation ou de rachat de la part de l’autre (soulte). Au‑delà des frais d’acte, les ex‑partenaires doivent acquitter un impôt spécifique : le droit de partage.

Astuce :

Le droit de partage est calculé sur la valeur nette des biens partagés (valeur du patrimoine diminuée des dettes). Le taux standard est de 2,5 % pour la plupart des partages d’indivision (succession ou achat à plusieurs). Un taux réduit de 1,1 % s’applique pour les partages et rachats de parts suite à un divorce ou une rupture de PACS.

À l’inverse, la séparation d’un couple en concubinage reste taxée à 2,5 %, malgré la similitude des situations économiques. Pour un bien valant 300 000 euros, le seul droit de partage peut ainsi atteindre 7 500 euros, en plus des honoraires du notaire et des autres taxes liées à la soulte. Cette différence de traitement renforce l’enjeu du choix du statut du couple au moment de l’achat.

Rachat de part et revenus locatifs : effets fiscaux spécifiques

Lorsque l’un des coïndivisaires devient plein propriétaire en rachetant la quote‑part de l’autre, l’opération est traitée fiscalement comme un partage, et non comme une vente classique. Elle supporte des frais composés notamment des émoluments du notaire, d’une taxe de publicité foncière au taux de 0,715 % et d’une contribution de sécurité immobilière de 0,10 %, auxquels s’ajoute, le cas échéant, le droit de partage.

Exemple :

Depuis la loi de finances pour 2025, la cession d’un logement amorti en LMNP au régime réel à un tiers entraîne la réintégration des amortissements dans la plus-value, augmentant l’impôt. Cependant, en cas de divorce ou de séparation, l’achat de la part du conjoint bénéficie de l’effet déclaratif du partage. Cette opération est considérée comme un partage, non une vente, et est totalement exonérée d’impôt sur la plus-value, sans reprise des amortissements passés. Seuls le droit de partage au taux réduit de 1,1 % sur la valeur nette du bien commun et les frais d’acte s’appliquent.

Pour les couples qui structurent un projet locatif en indivision, le choix du statut LMNP au réel reste par ailleurs un outil d’optimisation en 2026. Ce régime permet d’amortir la valeur du bien et d’inclure les frais d’acquisition parmi les charges déductibles, diminuant, voire neutralisant, l’imposition sur les loyers pendant plusieurs années.

Réforme de l’indivision : une sortie plus simple mais toujours encadrée

Sur le plan civil, la loi n° 2026‑248, promulguée début avril 2026, modifie en profondeur les règles de gestion et de sortie de l’indivision. Son objectif est de débloquer plus facilement les situations de blocage, en particulier dans les successions et les indivisions familiales, où l’unanimité des intéressés était auparavant requise pour vendre ou partager un bien.

La réforme confirme la possibilité pour les indivisaires détenant au moins les deux tiers des droits de lancer un projet de vente ou de partage devant notaire. Les coindivisaires réticents ou silencieux disposent d’un délai de trois mois pour réagir. Au‑delà, le juge du tribunal judiciaire peut autoriser l’opération, à condition qu’elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits de ceux qui s’y opposent.

Réforme des indivisions

Le texte renforce en parallèle l’article 815‑6 du Code civil. Le président du tribunal judiciaire peut désormais autoriser un seul indivisaire à conclure la vente d’un bien indivis si l’urgence et l’intérêt commun le justifient, par exemple pour éviter la dégradation d’un immeuble ou l’accumulation de dettes. Aucune preuve de refus explicite des autres n’est exigée pour saisir le juge. Cette nouvelle faculté vise à limiter la durée et le coût des procédures, au bénéfice des familles comme des marchés locaux.

La loi introduit en outre l’obligation d’être assisté par un avocat à toutes les étapes des partages judiciaires lorsqu’un indivisaire est défaillant ou inactif. Un décret doit préciser les modalités de cette représentation, mais la mesure a déjà pour effet de décharger les notaires de la mission de solliciter la désignation d’un représentant par le juge.

Transmission, donation et protection du conjoint : arbitrages à long terme

Au‑delà de l’achat et de la séparation, la fiscalité de l’indivision soulève la question de la transmission. En cas de décès, la quote‑part détenue par un membre du couple en indivision ne revient pas automatiquement au survivant : elle suit les règles de la succession légale. Pour les concubins, le recours à un testament ne suffit pas à neutraliser le coût fiscal : la part léguée au survivant est grevée de droits de succession au taux de 60 %.

Bon à savoir :

Les couples mariés ou pacsés bénéficient d’une exonération totale de droits de succession. Toutefois, le PACS ne donne pas de droits successoraux automatiques sur les biens indivis ; il est donc fortement recommandé de rédiger un testament chez un notaire pour protéger la transmission au sein du couple.

D’anticipation en matière successorale, la donation‑partage reste un outil de prévention des conflits d’indivision. En organisant la répartition de leur patrimoine de leur vivant, les parents peuvent éviter la mise en indivision de certains biens à leur décès. Cette technique permet, dans le même temps, de mobiliser l’abattement de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans, et d’échapper au droit de partage de 2,5 % qui pèse habituellement lors du règlement d’une succession.

Financement familial et calendrier fiscal : une fenêtre à ne pas manquer

Pour les couples qui projettent un achat en indivision et qui peuvent compter sur l’aide de leurs proches, les donations de sommes d’argent bénéficient, jusqu’à la fin 2026, d’un régime temporaire attractif. Les dons en numéraire consentis par un parent ou un grand‑parent sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit jusqu’à 100 000 euros par donateur, dans la limite globale de 300 000 euros par bénéficiaire.

Attention :

Les dons sont exonérés sous conditions strictes : versement avant la date butoir et réinvestissement sous six mois dans une résidence principale ou des travaux de rénovation énergétique éligibles, permettant d’alléger l’emprunt et de réduire le coût total du projet immobilier.

Entre hausse programmée des DMTO, nouvelles possibilités de partage imposé, clarification des régimes de faveur et exonérations temporaires, le cadre fiscal et juridique de l’indivision évolue rapidement. Pour les couples acheteurs, la combinaison du choix de statut, de la rédaction de l’acte, du calendrier des opérations et des aides familiales devient un élément central de la stratégie d’optimisation des frais de notaire et des impôts liés à leur bien.

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