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La Banque populaire de Chine renforce ses réserves d’or avec 20 tonnes supplémentaires

par | Actualités, Placements
Publié le 12 août 2026

La Banque populaire de Chine (PBoC) vient de signer un nouvel épisode spectaculaire de sa stratégie sur l’or en ajoutant environ 20 tonnes de métal jaune à ses réserves officielles en juillet. Derrière ce chiffre, qui peut paraître abstrait, se cache un mouvement de fond : Pékin transforme progressivement la structure de ses avoirs extérieurs, se détourne des bons du Trésor américains et érige l’or en pilier de sa souveraineté monétaire.

Bon à savoir :

Au-delà de la Banque populaire de Chine, l’équilibre du système monétaire international se redessine : les banques centrales accumulent des lingots dont la valeur dépasse désormais celle de leurs obligations américaines. L’épisode des 20 tonnes de juillet illustre ce changement historique.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Un achat de 20 tonnes qui s’inscrit dans une longue série

Un achat de 20 tonnes qui s’inscrit dans une longue série

Le renforcement de juillet n’est pas un coup isolé, mais la continuation d’une mécanique déjà bien huilée.

La Banque populaire de Chine a acquis environ 640 000 onces d’or en juillet, soit près de 20 tonnes. Ses stocks officiels sont ainsi passés de 75,44 à 76,08 millions d’onces, ce qui porte le total à plus de 2 366 tonnes. La valeur de ce trésor est estimée à environ 306,35 milliards de dollars au cours du moment. Il s’agit de la plus forte progression mensuelle depuis octobre 2023, et surtout de la 21e hausse consécutive.

640000

En juillet, la Banque populaire de Chine a acheté 640 000 onces d’or, marquant une accélération nette après 160 000 onces en mars et 480 000 onces en juin.

Le tableau ci‑dessous permet de visualiser cette montée en puissance récente :

Mois 2026Achat officiel d’orÉquivalent en tonnes (approx.)Stock total (millions d’onces)
Mars160 000 onces~5 tonnes74,38
Mai*~10 tonnes (déclarés)~10 tonnes~74,96
Juin480 000 onces~15 tonnes75,44
Juillet640 000 onces~20 tonnes76,08

Pour mai, la Banque populaire de Chine a déclaré environ 10 tonnes, mais plusieurs analystes estiment que les achats réels ont largement dépassé ce chiffre.

Évolution des réserves d'or de la Chine (2022-2026)
Ce graphique illustre l’accumulation d’or par la Banque populaire de Chine : un total de 350 tonnes sur la période 2022-2025, 44 tonnes en 2024, des stocks oscillant entre 2304 et 2306 tonnes début 2025, puis un record historique à 2313,46 tonnes au premier trimestre 2026.

Au fil des mois, la part de l’or dans les réserves de change de la Chine est passée d’environ 4,6 % en 2024 à près de 6 % début 2025, puis autour de 8,8 % fin 2025, avant d’atteindre quasiment 10 % au début de 2026 selon différentes estimations. Même à ce niveau, Pékin reste encore loin de la moyenne mondiale, proche de 27 %, ce qui laisse théoriquement une large marge de progression.

La Chine, nouveau moteur d’un marché de l’or dominé par les banques centrales

La Chine, nouveau moteur d’un marché de l’or dominé par les banques centrales

L’achat de 20 tonnes par la Banque populaire de Chine n’est qu’une pièce d’un puzzle beaucoup plus vaste : la montée en puissance des banques centrales comme acteurs structurants du marché de l’or.

Entre 2022 et 2025, les banques centrales du monde entier ont acquis en moyenne plus de 1 000 tonnes d’or par an, soit environ le double du rythme de la décennie précédente. En 2025, les achats auraient atteint environ 1 237 tonnes, d’après plusieurs estimations relayées par le World Gold Council (WGC). Pour 2026, le Conseil anticipe encore des volumes compris entre 700 et 900 tonnes, quand UBS table sur 800 à 850 tonnes.

Demande officielle par trimestre
Cette demande officielle reste soutenue sur les quatre trimestres, avec une progression nette en fin de période.
PériodeAchats nets des banques centrales
Moyenne mensuelle 2025~27 tonnes
Janvier 20265 tonnes
Février 202619 tonnes
1er trimestre 2026244 tonnes (+3 % sur un an)
2e trimestre 2026288,9 tonnes (+62 % sur un an)
2022‑2025 (moyenne annuelle)~1 000 tonnes
2025 (estimation UBS)~860 tonnes

Le WGC souligne que les banques centrales sont restées acheteuses nettes sur 12, 24 et 36 mois, avec 17 mois consécutifs d’achats nets recensés à l’échelle mondiale. Surtout, une enquête auprès de responsables de réserves indique que 95 % d’entre eux s’attendent à une augmentation des réserves mondiales d’or d’ici fin 2026, et près de la moitié envisagent d’accroître leurs propres stocks. Aucun n’évoque de réduction.

La Banque populaire de Chine, moteur de la transformation des réserves d’or mondiales

Ce basculement, inédit depuis 1996, symbolise un tournant structurel de l’architecture monétaire internationale : pour la première fois depuis trois décennies, l’or pèse plus que les Treasuries dans les coffres des banques centrales.

Un repositionnement global : quand l’or dépasse les Treasuries

Un repositionnement global : quand l’or dépasse les Treasuries

Ce rééquilibrage entre or et bons du Trésor ne concerne pas que la Chine, mais celle‑ci en est la figure de proue. Selon les données publiées début avril 2026 par le World Gold Council, la valeur totale de l’or détenu par les banques centrales frôle les 4 000 milliards de dollars, contre environ 3 900 milliards pour leurs encours de dette américaine.

5000

Le cours de l’or a franchi puis dépassé le seuil historique des 5 000 dollars l’once, alimenté par la flambée des prix et l’accumulation des banques centrales.

Dans le même temps, la part du dollar dans les réserves mondiales est passée de 71 % en 2001 à environ 58 % au début de 2026. Les pays du bloc BRICS+, élargi pour inclure notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte, l’Éthiopie et l’Iran, contrôlent désormais 17,4 % des réserves mondiales d’or, contre 11,2 % en 2019. Là encore, la Banque populaire de Chine figure parmi les principaux artisans de cette montée en puissance.

Le contraste est frappant lorsque l’on compare le profil de la Chine à celui des grandes puissances monétaires traditionnelles.

PaysRéserves d’or (tonnes, env.)Part de l’or dans les réservesRang mondial (or)
États‑Unis~8 133 – 8 134~76,4 %1er
Allemagne~3 350 – 3 352~75,8 %2e
Italie~2 452~72,5 %3e
France~2 437~73,7 %4e
Russie~2 330 – 2 336~33,7 %5e
Chine~2 306 – 2 366 (officiel)~8,8 – 10 % (selon période)6e
Suisse~1 040n.d.7e
Japon~846~6,2 %8e
Inde~876 – 880~9,8 – 12,4 %9e

Officiellement, la Chine occupe la sixième place mondiale avec un peu plus de 2 300 tonnes. Mais ces chiffres ne reflètent peut‑être qu’une partie de la réalité.

Derrière les 20 tonnes officielles, un stock officieux beaucoup plus vaste ?

Derrière les 20 tonnes officielles, un stock officieux beaucoup plus vaste ?

Les 20 tonnes additionnelles annoncées par la Banque populaire de Chine en juillet s’inscrivent dans un dispositif où la transparence est toute relative. Pékin publie régulièrement des données, mais de nombreux analystes estiment que celles‑ci ne couvrent pas l’intégralité des opérations.

48

Selon Goldman Sachs, les acquisitions réelles d’or par la Chine en mai 2026 dépasseraient 48 tonnes, contre 10 tonnes déclarées officiellement.

Sur la base de ces observations, certains calculs prudents aboutissent à des stocks d’or « non déclarés » de l’ordre de 30 000 tonnes au‑dessus du sol pour l’ensemble des institutions chinoises, selon BMO Capital Markets. Même si cette estimation agrège de multiples acteurs (banques commerciales, fonds souverains, entités publiques, importations physiques via Hong Kong ou Shanghai), elle illustre l’ampleur potentielle de l’accumulation.

Des spécialistes du marché de l’or, comme Jan Nieuwenhuijs, avancent que les réserves réelles de la Chine pourraient dépasser 5 000 tonnes si l’on ajoute à la Banque populaire de Chine des structures liées à l’État. D’autres analyses évoquent même l’hypothèse d’un stock total approchant le double des chiffres officiels, soit autour de 4 600 à 5 500 tonnes.

Analystes du marché de l’or

Les rumeurs ont enflé après l’envolée de l’or au‑dessus de 5 000 dollars l’once, puis son krach brutal, certains évoquant des achats massifs de la Chine durant la chute des cours. Les données officielles disponibles montrent plutôt une continuité : Pékin a poursuivi ses achats de manière régulière, sans qu’aucun document public ne prouve une intervention secrète de taille démesurée au cœur du krach. Mais le doute demeure, en partie parce que les statistiques chinoises ne reflètent pas nécessairement chaque opération au moment exact où elle est réalisée.

Dédollarisation discrète : l’autre face des 20 tonnes

Dédollarisation discrète : l’autre face des 20 tonnes

Pour comprendre la portée de l’ajout des 20 tonnes de juillet, il faut le mettre en regard d’un autre mouvement moins visible : la décrue continue des bons du Trésor américains dans le portefeuille chinois.

La Chine détenait environ 1 300 milliards de dollars de dette américaine en 2013. Depuis, ce stock a fondu. En 2011, Pékin représentait près de 28,8 % des titres du Trésor détenus par des non‑résidents. Cette part a chuté à environ 7,3 %, un niveau plancher depuis 2008. Les encours sont tombés aux alentours de 694 milliards de dollars, un seuil plus vu depuis la grande crise financière.

Attention :

La Chine réduit sa détention de titres obligataires américains de manière progressive : elle laisse arriver à échéance une partie de ses bons du Trésor, puis réalloue discrètement ces montants vers d’autres actifs, notamment l’or. Une partie est aussi logée via des intermédiaires européens (Belgique, Luxembourg) ou transférée à des banques commerciales chinoises, ce qui rend son désengagement moins visible.

Le message stratégique est clair : la Banque populaire de Chine réduit l’exposition directe de ses réserves au dollar, tout en restant insérée dans le système financier américain pour éviter de déstabiliser brutalement les marchés. Chaque tonne d’or ajoutée est une tonne de moins en actifs libellés en dollars.

Bon à savoir :

À partir de février 2026, des directives verbales ont été données aux institutions financières chinoises pour limiter leurs nouveaux achats de bons du Trésor américains. Ce mouvement, renforcé par des signaux politiques, se veut maîtrisé mais s’inscrit dans la durée.

Les chiffres parlent d’eux‑mêmes :

Indicateur cléValeur approximative
Stock de Treasuries chinois en 2013~1 300 milliards $
Stock fin 2025~683 – 757 milliards $
Stock autour de 2026~694 milliards $ (plus bas en 20 ans)
Part du dollar dans les réserves mondiales 2001~71 %
Part du dollar début 2026~58 %
Part de l’or dans les réserves chinoises fin 2025~8,8 %
Moyenne mondiale de l’or dans les réserves~27 %

Les 20 tonnes supplémentaires de juillet ne changent pas à elles seules cette équation, mais elles confirment un choix stratégique : substituer progressivement un actif sans risque de contrepartie – l’or – à un actif dont la valeur dépend de la politique monétaire et budgétaire d’un pays tiers – les bons du Trésor américains.

L’ombre des sanctions russes : l’or comme « assurance‑vie géopolitique »

L’ombre des sanctions russes : l’or comme « assurance‑vie géopolitique »

Derrière la mécanique comptable, il y a un traumatisme fondateur : le gel des avoirs russes détenus à l’étranger, décidé en 2022 après l’invasion de l’Ukraine. Pour Pékin, cet épisode est un avertissement grandeur nature. Il démontre que même une grande puissance nucléaire peut voir ses réserves immobilisées par un simple décret, dès lors qu’elles sont libellées en devises étrangères et conservées dans des juridictions hostiles.

Bon à savoir :

Pour les stratèges chinois, l’or stocké sur le territoire national est une protection stratégique : il ne peut pas être désactivé à distance, n’est la dette d’aucun autre État, ne dépend d’aucun système de paiement international contrôlé par des rivaux et échappe aux embargos financiers.

Dans ce contexte, les 20 tonnes supplémentaires de juillet sont moins une spéculation sur le prix qu’un renforcement d’un bouclier stratégique. En accumulant du métal, la Chine se protège contre le risque que ses actifs en dollars, en euros, en yens ou en livres puissent un jour être gelés ou confisqués en cas de crise majeure avec les États‑Unis ou leurs alliés, notamment autour de Taïwan.

Bon à savoir :

Chaque tonne d’or détenue par la Chine, y compris les 20 tonnes de juillet, renforce sa capacité à financer son économie, ses importations vitales et ses engagements financiers, même en cas de restriction d’accès au système dollar, lui permettant ainsi de traverser un choc extrême.

L’or au service de l’internationalisation du yuan

L’or au service de l’internationalisation du yuan

Les achats de la Banque populaire de Chine répondent aussi à un autre objectif : appuyer l’internationalisation du yuan en lui offrant un socle de crédibilité tangible.

Aujourd’hui, de nombreuses banques et fonds étrangers hésitent à conserver des montants importants en yuans, faute d’un écosystème d’actifs aussi profond et liquide que celui du dollar, et en raison de certaines restrictions de convertibilité. En développant un stock massif d’or, Pékin peut offrir à terme des instruments adossés au métal (produits financiers garantis par des réserves d’or, mécanismes de swap, facilities de liquidité en renminbi collatéralisées en or, etc.) qui donnent une « porte de sortie » sécurisée aux détenteurs de yuans.

Architecture financière en yuan
Architecture financière en yuan

Dans ce contexte, chaque renforcement des réserves d’or – et le palier des 20 tonnes de juillet – consolide l’argument selon lequel le yuan n’est plus adossé uniquement à la confiance dans l’État chinois, mais aussi à un stock grandissant d’actifs tangibles facilement mobilisables.

Un marché de l’or soutenu malgré une forte volatilité

Un marché de l’or soutenu malgré une forte volatilité

L’intervention de la Banque populaire de Chine survient dans un marché de l’or chahuté, mais structurellement haussier.

Au cours de la période récente, l’once d’or a d’abord franchi brusquement les 5 000 dollars, avant de culminer au‑delà de 5 400, puis jusqu’à un record proche de 5 595 dollars. Cette envolée a fait de 2025 la meilleure année pour l’or depuis la fin des années 1970. En parallèle, le métal jaune s’est apprécié d’environ 81 % sur un an à un moment donné, avant de connaître une correction violente.

11,5

En mars 2026, le cours spot de l’or a enregistré sa plus forte baisse mensuelle depuis 2008, avec une chute d’environ 11,5 %.

Les grandes banques d’investissement continuent de tabler sur des niveaux élevés dans les années à venir. UBS conserve un objectif de 5 600 dollars l’once à l’horizon de fin d’année, Goldman Sachs vise autour de 5 400 dollars, tandis que Bank of America, HSBC ou Société Générale convergent vers un objectif aux alentours de 5 000 dollars. JPMorgan évoque même une fourchette possible entre 5 000 et 6 000 dollars, et RBC Capital Markets envisage un scénario haussier proche de 5 300 dollars jusqu’en 2027, fortement soutenu par les achats des banques centrales et la demande asiatique.

Exemple :

L’exemple des achats de la Banque populaire de Chine illustre la transformation du marché de l’or : au lieu de dépendre des flux spéculatifs ou de la joaillerie, une demande institutionnelle régulière crée un plancher structurel. Parallèlement, les positions baissières des hedge funds ont chuté à des plus bas de cinq ans, indiquant un épuisement des vendeurs.

La Chine et les autres : qui achète encore de l’or ?

La Chine et les autres : qui achète encore de l’or ?

Si la Banque populaire de Chine occupe le devant de la scène, elle est loin d’être la seule banque centrale à muscler ses réserves.

Achats d'or de la Banque nationale de Pologne par trimestre
Ce graphique montre les achats d’or de la Banque nationale de Pologne sur les derniers trimestres, avec un pic à 51 tonnes au deuxième trimestre 2026, tandis que la Turquie affiche plus de 560 tonnes de réserves, représentant parfois plus de 30 % de ses actifs.

En Asie centrale, l’Ouzbékistan s’est illustré par cinq mois consécutifs de rachats, avec 8 tonnes sur une période récente et 25 tonnes sur le premier trimestre 2026. Le Kazakhstan a également accru ses avoirs, avec 12 tonnes sur le même trimestre, alors que la Malaisie, l’Indonésie ou la République tchèque sont revenues sur le marché après plusieurs années de pause.

880

Les réserves d’or de l’Inde s’établissent autour de 876 à 880 tonnes, représentant près de 10 à 12 % de ses actifs.

Au total, environ 86 % des banques centrales des pays émergents ont été actives sur l’or (achats ou ventes) au cours des cinq dernières années, et un sondage du WGC précise que 89 % d’entre elles prévoient encore d’augmenter leurs stocks à court terme. Dans ce concert, la Banque populaire de Chine apparaît comme le chef d’orchestre, mais l’ensemble de la section des économies émergentes joue dans le même sens.

Une Chine encore « sous‑investie » en or… sur le papier

Une Chine encore « sous‑investie » en or… sur le papier

Ironie de la situation : malgré ses achats mensuels et son ajout de 20 tonnes en juillet, la Chine reste officiellement sous‑exposée à l’or comparée aux grands détenteurs historiques.

La part de l’or dans ses réserves – autour de 8,8 % fin 2025, puis proche de 10 % début 2026 – est bien inférieure aux quelque 75 % d’un pays comme l’Allemagne ou la France, et même au ratio d’un pays comme la Russie, où le métal représente plus de 30 % des réserves. Le niveau moyen mondial (environ 27 %) accroît encore l’écart.

2 500 à 3 000

Tonnes d’or supplémentaires que la Chine devrait acheter pour aligner son ratio or-masse monétaire sur celui de la Réserve fédérale américaine, selon BMO Capital Markets.

Ce « retard » relatif en or offre une marge de manœuvre stratégique. Il permet à la Banque populaire de Chine de justifier, y compris auprès de sa propre opinion publique et des partenaires étrangers, des achats continus, même à des prix élevés, en arguant qu’il ne s’agit que de combler un écart par rapport aux standards internationaux.

L’impact sur les épargnants et les investisseurs

L’impact sur les épargnants et les investisseurs

Vu de Pékin, l’ajout de 20 tonnes au bilan de la Banque populaire de Chine est une opération de politique monétaire et de gestion des réserves. Vu des marchés, c’est un signal à double détente.

D’abord, il confirme que l’or n’est plus seulement une couverture de crise, mais un actif stratégique de long terme adopté par les institutions les plus conservatrices de la planète. Quand des acteurs comme la Banque populaire de Chine, la Banque de France, la Bundesbank ou la Banque nationale de Pologne renforcent leurs stocks, cela envoie un message clair aux investisseurs privés : l’or n’est pas un reliquat du passé, mais une composante essentielle d’une allocation d’actifs prudente.

Bon à savoir :

L’accumulation par les banques centrales, qui achètent sur faiblesse et vendent peu, crée une demande inélastique aux variations à court terme. Ce plancher limite les corrections de prix, comme en 2026 où l’once est rapidement remontée à des niveaux très élevés après les krachs ponctuels.

Pour les épargnants, cette dynamique se traduit par une demande accrue de pièces et de lingots physiques, notamment en Asie. En Chine, les ventes de bijoux se sont contractées, mais les achats de barres et de pièces ont fortement augmenté, tandis que les ETF adossés à l’or enregistraient des afflux massifs de capitaux. Ce double mouvement – souverain et privé – a renforcé l’attrait des actifs tangibles dans les stratégies de préservation du patrimoine.

Une stratégie d’ensemble : or, yuan et résilience financière

Une stratégie d’ensemble : or, yuan et résilience financière

L’ajout de 20 tonnes en juillet n’est donc pas un événement isolé, mais une brique de plus dans une stratégie à plusieurs niveaux que l’on peut résumer ainsi : réduire la dépendance au dollar, renforcer la crédibilité du yuan, se protéger contre des sanctions potentielles, et consolider un matelas d’actifs sans risque de contrepartie.

Cette stratégie ne vise pas à renverser brutalement l’ordre monétaire actuel. La Chine reste un acteur incontournable du système dollar, et son économie demeure étroitement liée à celle des États‑Unis. Mais Pékin organise patiemment un « plan B » qui lui permettrait de supporter un choc systémique ou un conflit économique majeur.

Exemple :

Chaque communiqué officiel de la Banque populaire de Chine, comme les 15 tonnes annoncées en juin et les 20 tonnes en juillet, est interprété comme un compte-rendu partiel d’un repositionnement stratégique de fond. Ce mouvement dépasse la Chine, car d’autres pays imitent cette stratégie, ramenant l’or au centre du jeu monétaire mondial.

En renforçant encore ses réserves avec 20 tonnes de plus, la Banque populaire de Chine confirme que le métal jaune est redevenu un instrument de puissance. Et qu’au XXIe siècle, les batailles monétaires ne se jouent plus seulement sur les écrans des marchés obligataires, mais aussi dans le silence des chambres fortes où s’empilent discrètement les lingots.

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