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Record historique : le prix de l’or franchit la barre des 4 100 euros

par | Actualités, Gestion de patrimoine, Placements
Publié le 24 avril 2026

Le métal jaune vient de battre un nouveau record en euros, en franchissant le seuil symbolique de 4 100 euros l’once. Cette envolée s’inscrit dans une phase haussière entamée fin 2022 et accélérée en 2025, au point de faire de l’or l’un des actifs les plus performants au monde. Au‑delà du symbole, cette flambée traduit un basculement profond des équilibres monétaires et financiers internationaux.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Une ascension fulgurante, au sommet des classes d’actifs

Depuis 2019, le prix de l’or a doublé. Après une phase de relative stabilité autour de 1 800 euros l’once entre 2022 et 2024, la dynamique s’est brutalement accélérée. À partir du printemps 2024, les premières baisses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), puis de la Réserve fédérale américaine (Fed), ont servi de déclencheur. L’once en euros est passée d’environ 1 850 euros début avril 2024 à 2 200 euros un mois et demi plus tard, puis a franchi 2 400 euros début octobre 2024 et 2 500 euros après l’annonce d’une baisse des taux directeurs américains fin septembre 2024.

4380

Le cours de l’once d’or a atteint un record historique à plus de 4 380 dollars à l’automne 2025.

Converti en euros, ce mouvement a permis de franchir successivement plusieurs paliers, jusqu’au dépassement des 4 100 euros l’once. Le prix du kilogramme d’or en euros a pour la première fois dépassé 120 000 euros en octobre 2025. Sur les dix dernières années, la hausse moyenne annuelle approche 14 %, et sur vingt ans, le métal a progressé d’environ 575 %, soit 4,5 fois plus vite que l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation.

Le rôle central des banques centrales dans la hausse des cours

La montée de l’or au‑delà de 4 100 euros s’explique d’abord par une demande institutionnelle sans précédent. Depuis 2022, les banques centrales achètent plus de 1 000 tonnes d’or par an, un rythme inédit depuis plus de cinquante ans. Sur la décennie 2011‑2021, leurs achats annuels ne dépassaient pas en moyenne 500 tonnes. En trois ans, le volume annuel a donc été multiplié par deux, au point de constituer plus de 20 % de la demande mondiale en 2023.

36000

Les banques centrales détiennent près de 36 000 tonnes d’or, proche du record de 38 000 tonnes des années 1960.

Depuis 2022, la dynamique est portée notamment par les pays émergents. La Chine, l’Inde, la Pologne ou la Turquie renforcent régulièrement leurs réserves en métal, souvent en vendant parallèlement des obligations du Trésor américain. Entre fin 2019 et septembre 2025, les avoirs chinois en bons du Trésor américain sont ainsi passés d’environ 1 070 milliards de dollars à 731 milliards, soit une baisse proche de 32 %, tandis que ses réserves d’or montaient de 1 948 tonnes à plus de 2 300 tonnes, un bond de plus de 18 %.

Bon à savoir :

En septembre 2025, la valeur de l’or détenu par les banques centrales a surpassé celle des bons du Trésor américain pour la première fois en trente ans. L’or est désormais le deuxième actif de réserve mondial derrière le dollar, tandis que la dette publique américaine ne représente plus qu’environ 23 % des réserves, contre plus de 30 % dans les années 2010.

Selon le World Gold Council, les achats nets du secteur officiel devraient rester au‑dessus de 1 000 tonnes par an pour la cinquième année consécutive en 2026. Un sondage indique que 95 % des banques centrales anticipent une hausse des réserves d’or mondiales dans les douze prochains mois, et qu’aucune d’entre elles ne prévoit de réduire ses propres avoirs en 2025. Plus de 20 % des institutions monétaires déclaraient en 2024 vouloir continuer à augmenter leurs stocks sur les deux années suivantes.

Baisse des taux, inflation persistante et affaiblissement du dollar

L’environnement monétaire est l’autre moteur majeur de la flambée du prix de l’or. Les cycles de baisse des taux menés par la BCE et la Fed depuis 2024 ont mécaniquement réduit l’attrait des placements en devises et des obligations souveraines. Or, le métal jaune ne procurant pas de rendement, il devient d’autant plus compétitif que les taux d’intérêt, notamment en termes réels (corrigés de l’inflation), reculent.

Attention :

L’or réagit inversement et de manière amplifiée à la baisse des taux réels. La réduction des coûts d’emprunt récents a fait monter le cours, et les anticipations de nouvelles coupes en 2026 par UBS et HSBC renforcent les perspectives haussières.

L’inflation joue également un rôle clé. Aux États‑Unis, la hausse des prix a dépassé 9 % en 2022 pendant la crise sanitaire, avant de se stabiliser au‑dessus de 3 % à partir de mi‑2023 et d’atteindre encore 3,3 % en mars 2026. En zone euro, l’inflation est retombée sous les pics de 2022‑2023, mais se maintient au‑dessus de l’objectif de 2 % de la BCE, autour de 2,4‑2,6 % selon les périodes. Selon le World Gold Council, 1 point de pourcentage d’inflation supplémentaire peut, dans certains marchés, stimuler la demande d’or jusqu’à 2,6 %.

58

La part du dollar dans les réserves de change mondiales est tombée à 58 % en 2025, son plus bas niveau en trente ans, contre 72 % en 2000.

Tensions géopolitiques et risque systémique

Le dépassement des 4 100 euros intervient aussi dans un climat géopolitique particulièrement dégradé. La guerre en Ukraine se poursuit avec un niveau croissant de sophistication des armements, tandis que le conflit au Moyen‑Orient et des tensions autour de l’Iran, du Venezuela, de Gaza ou de Taïwan alimentent le risque d’escalade régionale voire globale.

Bon à savoir :

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, sa politique commerciale agressive, le durcissement de la doctrine américaine en Amérique latine et au Proche-Orient, les menaces militaires, la capture du président vénézuélien et les rumeurs de prises de contrôle territoriales alimentent l’anxiété des marchés. Les analystes estiment que la crainte d’une extension des conflits et d’un choc systémique est l’un des principaux moteurs de la hausse du cours de l’or.

Cette accumulation de risques intervient dans un contexte de dette publique mondiale en hausse continue. Aux États‑Unis, l’endettement fédéral dépasse 36 000 milliards de dollars, avec des déficits chroniques. Des analyses relayées par Reuters soulignent que des niveaux élevés d’endettement souverain sont historiquement corrélés à des cours de l’or plus élevés, les investisseurs cherchant à se prémunir contre un risque de monétisation de la dette ou de perte de valeur des obligations.

Ruée des investisseurs et tensions sur le marché physique

La hausse du prix de l’or ne vient pas uniquement des banques centrales. L’investissement privé s’est lui aussi accéléré. En 2025, la demande d’investissement en or – via lingots, pièces et produits financiers – a avoisiné 500 tonnes par trimestre, soit environ 75 % de plus qu’en 2024. Sur les neuf premiers mois de 2025, les volumes d’achats des investisseurs ont retrouvé les niveaux observés lors des grands épisodes haussiers de 2011, 2016 ou 2020.

Exemple :

Les flux vers les ETF adossés à l’or ont atteint des niveaux records après trois ans de désintérêt. Cette demande dépasse parfois l’offre disponible, créant un décalage entre or papier et or physique, ce qui a historiquement précédé des hausses rapides selon Le Comptoir national de l’or.

Les particuliers, de leur côté, sont revenus massivement sur le métal précieux en 2025 et 2026, motivés par une défiance accrue envers les institutions financières et par la crainte d’une fiscalité accrue sur l’épargne. La demande mondiale totale d’or a atteint 1 313 tonnes au troisième trimestre 2025, un plus haut depuis un quart de siècle, pour une valeur d’environ 146 milliards de dollars selon le World Gold Council.

Astuce :

Les délais de production pour de petites quantités de métal passent de jours à semaines. La production minière ne peut augmenter que de quelques pourcents par an, tandis que l’industrie joaillière (premier consommateur en volume) envisage des matériaux de substitution si les prix restent élevés.

Perspectives : un cycle haussier durable mais volatil

La séquence actuelle s’inscrit dans une série de grands cycles haussiers observés sur plus d’un demi‑siècle. Dans les années 1970, la fin de Bretton Woods et l’envolée de l’inflation avaient porté l’or sur près de 900 jours de marché haussier. Les cycles démarrés en 2007 et 2015 ont duré environ 1 200 jours. L’analyse historique du World Gold Council montre que les tendances haussières de l’or s’étalent fréquemment sur trois à quatre ans.

4 000

Les principales banques internationales prévoient une hausse de l’or au-delà de 4 000 dollars l’once en 2026, avec des objectifs variant de 4 450 à 5 200 dollars.

Le World Gold Council détaille plusieurs scénarios. Un environnement de « Doom Loop », combinant récession mondiale profonde et explosion des tensions géopolitiques, pourrait pousser le métal au‑delà de 5 300 dollars, soit un gain potentiel de 15 à 30 % par rapport aux niveaux récents. À l’inverse, un succès des politiques de « reflation » américaines – retour à une croissance solide avec inflation contenue – ramènerait l’once dans une zone comprise entre 3 360 et 3 990 dollars.

Attention :

Le RSI de l’or dépasse 90, son prix est 20 % au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, et le COMEX a relevé les marges sur les ETF or en novembre 2025, provoquant une correction rapide de 6 %.

Malgré ces possibles à‑coups, le franchissement des 4 100 euros l’once confirme le statut de l’or comme baromètre privilégié des craintes inflationnistes, des risques géopolitiques et des interrogations sur l’avenir du système monétaire international. Tant que la combinaison de dettes publiques record, de taux réels faibles, de tensions géopolitiques et de dé‑dollarisation progressive perdurera, les analystes jugent probable que le métal jaune reste installé sur des niveaux historiquement élevés, avec des phases de correction qui n’ont, pour l’heure, pas remis en cause la tendance de fond.

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