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Livret A : une rémunération relevée à 1,7 % en 2026, pour quel type d’épargne ?

par | Actualités
Publié le 17 juillet 2026

La rémunération du Livret A passe à 1,7 % net à compter du 1er août 2026, après décision du ministère de l’Économie et des Finances, suivant la recommandation du gouverneur de la Banque de France. Cette hausse de 0,2 point, après plusieurs baisses successives depuis 2025, relance la question de l’usage optimal de ce produit d’épargne emblématique et de ceux qui ont réellement intérêt à en tirer parti.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.

Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

Une revalorisation décidée dans un contexte d’inflation maîtrisée

La décision d’augmenter le taux du Livret A de 1,5 % à 1,7 % intervient à l’issue du semestre janvier-juin 2026. Conformément au mécanisme réglementaire, la Banque de France a appliqué la formule qui combine la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et celle du taux interbancaire de court terme en zone euro (€STR).

1,7

Taux théorique retenu pour l’épargne réglementée sur le premier semestre 2026, calculé strictement selon la formule sans coup de pouce.

Cette remontée intervient après un rebond de l’inflation au printemps 2026, lié à des tensions énergétiques sur fond de conflit au Moyen-Orient. L’indice des prix à la consommation a connu un pic à 2,4 % sur un an en mai, avant de retomber à 1,8 % en juin, selon l’Insee.

Effet concret sur les intérêts pour les épargnants

Le passage de 1,5 % à 1,7 % se traduit mécaniquement par une hausse des intérêts versés, même si les montants en jeu restent limités pour la plupart des ménages. Les intérêts du Livret A étant exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, le taux de 1,7 % constitue un rendement net.

Bon à savoir :

Pour illustrer l’impact annuel à taux plein, à solde constant, les gains sont les suivants.

Montant placé sur Livret AIntérêts à 1,5 %Intérêts à 1,7 %Gain annuel supplémentaire
5 000 €75,00 €85,00 €+10,00 €
10 000 €150,00 €170,00 €+20,00 €
20 000 €300,00 €340,00 €+40,00 €
22 950 € (plafond)344,25 €390,15 €+45,90 €

Le plafond du Livret A reste fixé à 22 950 €. À ce niveau maximal, l’épargnant verrait ainsi sa rémunération annuelle théorique progresser d’environ 46 €. Pour la majorité des détenteurs, dont l’encours moyen tourne autour de 7 800 €, le gain reste modeste, de l’ordre d’une quinzaine d’euros par an, et encore moindre pour la seule fin d’année 2026 puisque la hausse ne s’applique qu’à partir d’août.

Un rendement réel toujours fragile face à l’inflation

Sur le papier, le nouveau taux de 1,7 % se situe légèrement au-dessus de l’inflation moyenne du premier semestre (1,52 %). Mais sur l’ensemble de l’année 2026, l’Insee anticipe une inflation proche de 2 %. Dans ce scénario, le rendement réel du Livret A ressortirait négatif, aux alentours de –0,4 % en moyenne annuelle, malgré la hausse décidée à l’été.

Attention :

Laisser durablement sur le Livret A des sommes dépassant le strict matelas de sécurité entraîne une perte progressive de pouvoir d’achat, malgré un rôle central de protection à court terme grâce au capital garanti par l’État, aux intérêts nets d’impôts et à la disponibilité immédiate des fonds.

Livret A, LDDS, LEP : qui peut profiter au mieux de la hausse ?

Le Livret A n’est pas le seul produit concerné par la décision gouvernementale. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) est automatiquement aligné sur le même taux de 1,7 % net. Son plafond, distinct, est fixé à 12 000 €. Comme le Livret A, il offre liquidité immédiate, garantie du capital et exonération fiscale, mais il est souvent mobilisé pour des objectifs proches de ceux du Livret A, en complément.

2,5

Le taux du Livret d’Épargne Populaire (LEP) est maintenu à 2,5 % net, malgré une formule qui l’aurait ramené à 2,2 %, grâce à un coup de pouce réglementaire de 0,8 point pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages modestes.

Pour ouvrir un LEP, le revenu fiscal de référence de l’année précédente doit être inférieur à 22 823 € par part. Son plafond de versement est de 10 000 €. Pour les personnes éligibles, les experts recommandent d’en faire la priorité absolue en matière de livret réglementé, le Livret A et le LDDS n’intervenant qu’en complément une fois le LEP rempli.

Une réponse aussi au financement du logement social

Au-delà des ménages, la revalorisation du Livret A répond à un enjeu de financement. L’encours cumulé Livret A-LDDS jouait un rôle central dans la collecte destinée au logement social, aux politiques urbaines et à la transition écologique. Or, la baisse du taux à 1,5 % au 1er février 2026, après plusieurs réductions depuis 2025 (de 3 % à 2,4 %, puis à 1,7 %, avant 1,5 %), avait entraîné une nette désaffection.

5

Plus de 5 milliards d’euros ont été retirés du Livret A et du LDDS entre janvier et juin 2026, selon la Caisse des Dépôts.

Le Livret A confirmé comme épargne de précaution

Pour les professionnels du patrimoine, la nouvelle orientation du taux ne modifie pas la fonction principale du Livret A. Celui-ci reste présenté comme une réserve de précaution, censée couvrir de trois à six mois de dépenses courantes. Au-delà de ce montant de sécurité, les conseillers incitent à se tourner vers d’autres supports si l’objectif est de faire fructifier un capital sur la durée.

Astuce :

Les intérêts nets, la simplicité de gestion et la garantie de l’État justifient le maintien d’un solde de sécurité sur le Livret A, voire sur le LDDS en complément. Mais la faiblesse du rendement réel, dans un environnement où l’inflation annuelle demeure proche de 2 %, limite son intérêt pour des projets à moyen ou long terme.

Assurance-vie et autres placements : des alternatives plus rémunératrices

En parallèle de cette revalorisation modérée, les placements concurrents conservent une avance en termes de rendement, au prix d’une complexité ou d’un risque plus élevés.

2,9

Le rendement brut moyen estimé des fonds en euros des contrats d’assurance-vie en 2026, selon plusieurs cabinets spécialisés.

L’assurance-vie bénéficie en outre d’un cadre fiscal attractif à long terme, notamment après huit ans de détention, et d’avantages en matière de transmission. En contrepartie, elle supporte la flat tax (PFU), généralement autour de 30 % à 31,4 % sur les gains en cas de rachat, et n’offre pas une liquidité aussi instantanée qu’un livret, les arbitrages ou retraits nécessitant quelques jours.

Exemple :

Les comptes à terme offrent des taux de 2,5% à 3,5% bruts avec blocage du capital. Les OAT françaises à 10 ans rapportent environ 3,94% brut (soit 2,7% net après PFU), mais présentent une liquidité réduite et un risque de taux en cas de cession avant échéance.

Les solutions de placement en actions via un Plan d’Épargne en Actions (PEA), notamment à travers des ETF indiciels, visent à long terme des performances annuelles historiques situées entre 7 % et 10 %, au prix d’une volatilité élevée et d’une absence de garantie en capital. Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans, mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Enfin, les SCPI de rendement ont distribué en moyenne près de 4,9 % en 2025, avec en contrepartie des frais d’entrée élevés, une liquidité limitée et aucun filet de sécurité sur le capital.

Comment adapter ses objectifs d’épargne au nouveau taux

La hausse du Livret A à 1,7 % ne bouleverse pas l’architecture globale de l’épargne des ménages français, mais elle renforce certains repères. Elle conforte le Livret A et le LDDS dans leur rôle de poches de sécurité, à privilégier pour les dépenses imprévues et la trésorerie de court terme. La règle généralement avancée reste de maintenir sur ces livrets entre trois et six mois de charges courantes.

Pour les personnes éligibles, le LEP doit être mobilisé en priorité, avec un taux de 2,5 % net et les mêmes avantages de garantie et de liquidité. Une fois ce plafond atteint, le Livret A et le LDDS prennent le relais pour compléter l’épargne de précaution.

Bon à savoir :

Pour la retraite, la transmission, les projets immobiliers différés ou la constitution de capital, des supports comme l’assurance-vie, le PEA ou les placements obligataires sont plus adaptés que le Livret A. Leurs rendements restent supérieurs, surtout avec une inflation non nulle, malgré une fiscalité et des risques spécifiques.

La révision du taux à 1,7 % apparaît ainsi comme un ajustement technique important pour la stabilité de la collecte réglementée et le financement du logement social, mais elle ne transforme pas le Livret A en produit de rendement. Elle en réaffirme plutôt la vocation : un outil de protection de court terme, accessible à tous, à utiliser de façon ciblée et complémentaire aux autres solutions d’épargne.

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