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Augmentation des plafonds de revenus pour exonération de taxe foncière en 2026

par | Actualités
Publié le 2 juillet 2026

L’administration fiscale a relevé pour 2026 les plafonds de revenus permettant de bénéficier d’exonérations, de réductions ou du plafonnement de la taxe foncière sur la résidence principale. Publiée le 30 juin 2026 au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP), cette revalorisation des seuils de revenu fiscal de référence (RFR) élargit l’accès aux allégements pour de nombreux propriétaires modestes, en particulier les retraités et les personnes en situation de handicap.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Une revalorisation indexée sur le barème de l’impôt sur le revenu

Les nouveaux plafonds prennent en compte l’évolution de la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu. Ils s’appliquent à la taxe foncière 2026, calculée sur les revenus de 2025, déclarés au printemps 2026 et figurant au RFR 2025 sur les avis d’imposition reçus à l’été.

Bon à savoir :

En métropole, le plafond de RFR pour l’exonération totale de taxe foncière d’une personne seule passe à 12 793 euros en 2024, contre 12 679 euros l’année précédente. Ce relèvement permet aux foyers juste au-dessus des anciens seuils de bénéficier désormais des exonérations ou de la réduction forfaitaire.

Les plafonds sont fixés par part fiscale, en fonction de la composition du foyer. Pour les exonérations totales liées à l’âge ou au handicap, les montants de référence en métropole sont, pour le RFR 2025 :

1 part : 12 793 €

1,25 part : 14 501 €

1,5 part : 16 209 €

1,75 part : 17 917 €

2 parts : 19 625 €

Chaque demi-part supplémentaire majore le plafond de 3 416 euros, et chaque quart de part de 1 708 euros.

Exonération totale : plus de propriétaires âgés ou handicapés concernés

L’exonération totale de taxe foncière sur la résidence principale vise les propriétaires aux revenus modestes remplissant certaines conditions d’âge, de handicap ou de prestations sociales.

Sont notamment concernés les propriétaires de plus de 75 ans au 1er janvier 2026, dont le RFR 2025 ne dépasse pas les plafonds fixés, ainsi que les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), sous condition de ressources. Pour ces dernières catégories, la hausse des plafonds accroît le nombre de contribuables éligibles.

Attention :

Les propriétaires percevant l’Aspa ou l’ASI sont exonérés de critères de ressources pour leur résidence principale.

Les seuils sont plus élevés dans les départements d’outre-mer, ce qui tient compte des spécificités économiques locales. En Guadeloupe, Martinique et La Réunion, le plafond pour 1 part est fixé à 15 139 euros, avec une majoration de 3 615 euros pour la première demi-part supplémentaire, puis 3 416 euros pour les suivantes. En Guyane et à Mayotte, le plafond pour 1 part s’établit à 15 827 euros, avec une première demi-part supplémentaire valorisée à 4 356 euros, puis 3 416 euros pour chaque demi-part additionnelle.

Réduction de 100 € pour les 65-74 ans aux revenus modestes

Entre l’exonération totale et l’absence de dispositif se situe une mesure intermédiaire : la réduction forfaitaire de 100 euros de taxe foncière pour les propriétaires âgés de 65 à moins de 75 ans au 1er janvier 2026.

12 793

Un propriétaire de 70 ans vivant seul doit avoir un RFR 2025 inférieur à 12 793 euros pour bénéficier de la réduction de 100 euros sur sa taxe foncière 2026.

L’administration applique en principe cette réduction de manière automatique, dès lors qu’elle dispose des informations de revenus à jour. Les contribuables n’ont donc aucune démarche spécifique à accomplir si leurs données fiscales sont correctement enregistrées.

Mécanisme de lissage pour les foyers qui dépassent légèrement les plafonds

La revalorisation des plafonds s’accompagne d’un mécanisme de maintien temporaire des exonérations pour les contribuables qui franchissent légèrement les seuils de revenus. Afin d’éviter un « effet de seuil » trop brutal, un dispositif de lissage permet, pendant deux ans, de conserver certains avantages fiscaux alors même que le RFR dépasse les limites réglementaires.

Exemple :

Après la période de deux ans, un abattement progressif s’applique sur la valeur locative cadastrale du logement : il est fixé aux deux tiers la troisième année, puis à un tiers la quatrième année, avant de disparaître.

Pour ce mécanisme de maintien, le plafond de RFR 2025 en métropole est fixé à 16 209 euros pour 1 part, avec une hausse de 3 416 euros par demi-part supplémentaire. Là encore, la hausse des plafonds pour 2026 limite les sorties brutales du dispositif pour les propriétaires dont les revenus progressent légèrement.

Plafonnement de la taxe foncière à 50 % des revenus

Au-delà des exonérations ciblées sur les seniors et les personnes handicapées, il existe un plafonnement général de la taxe foncière sur la résidence principale. Ce mécanisme, ouvert à tous les propriétaires sous conditions de ressources, vise à ce que la taxe foncière ne dépasse pas 50 % des revenus du foyer.

Astuce :

Pour être éligible en 2026, le revenu fiscal de référence (RFR) 2025 doit être inférieur à un plafond revalorisé. En métropole, ce seuil est de 30 083 euros pour une part (contre 29 815 euros l’année précédente). La première demi-part supplémentaire augmente ce plafond de 7 029 euros, et les demi-parts suivantes de 5 533 euros chacune. Les propriétaires assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) sont exclus.

Contrairement à l’exonération des plus de 75 ans ou à la réduction de 100 euros pour les 65-74 ans, le plafonnement n’est pas automatiquement appliqué par l’administration. Le propriétaire doit en principe en faire la demande, après réception de son avis de taxe foncière, auprès de son centre des finances publiques. Si les conditions sont remplies, il obtient une réduction correspondant à la fraction de la taxe foncière qui dépasse 50 % de ses revenus.

Application automatique et limites des dispositifs

Pour les exonérations totales liées à l’âge (plus de 75 ans) ou aux allocations (AAH, Aspa, ASI) ainsi que pour la réduction de 100 euros des 65-74 ans, l’administration fiscale applique en règle générale les allégements directement sur l’avis de taxe foncière adressé entre la fin de l’été et l’automne 2026. Aucune démarche n’est alors nécessaire, sous réserve que la situation du contribuable ait bien été portée à la connaissance de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Attention :

Les dispositifs d’exonération ne s’appliquent qu’à la taxe foncière proprement dite. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) reste intégralement due par le propriétaire, y compris en cas d’exonération de taxe foncière.

Un cas particulier est prévu pour les personnes âgées qui quittent définitivement leur résidence principale pour être hébergées en établissement, par exemple en EHPAD ou en unité de soins de longue durée. Dans cette situation, l’exonération de taxe foncière peut être maintenue pour leur ancien logement, à condition que celui-ci reste inoccupé.

Contexte : faible revalorisation des bases et report d’une réforme contestée

La hausse des plafonds de revenus pour les exonérations intervient dans un contexte de relative modération de la taxe foncière en 2026 sur le plan national. Le coefficient de revalorisation des valeurs locatives cadastrales, qui sert de base au calcul de la taxe, a été fixé à +0,8 % pour 2026, sur la base de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de novembre 2025. Il s’agit de la plus faible revalorisation automatique depuis plusieurs années, après une hausse de +3,9 % en 2024.

Bon à savoir :

Le gouvernement a suspendu en 2026 la réforme des « éléments de confort » qui devait mettre à jour la base cadastrale pour 7,4 millions de logements, en intégrant des équipements non déclarés depuis les années 1970 (eau, électricité, sanitaires, chauffage central). Cela ajoutait des mètres carrés fictifs, augmentant la taxe foncière de 63 euros en moyenne, et jusqu’à plus de 200 euros dans certaines communes.

Face à l’opposition de syndicats de la fonction publique, d’associations de propriétaires et d’élus locaux, l’exécutif a décidé de reporter la mise en œuvre de cette réforme, au moins jusqu’aux budgets 2027 ou 2028. Par ailleurs, le projet plus large de révision générale des valeurs locatives des logements a été repoussé à l’horizon 2031 par la loi de finances.

Pression budgétaire locale et décision des communes

Si les mécanismes nationaux – plafonds de revenus, coefficients de revalorisation – contribuent à encadrer l’évolution de la taxe foncière, le montant final payé par les propriétaires dépend aussi des choix tarifaires des communes et intercommunalités. Dans un contexte de contraintes budgétaires et de demandes d’économies de plusieurs milliards d’euros adressées aux collectivités par l’État, certaines municipalités ont décidé d’augmenter leur taux de taxe foncière en 2026, tandis que d’autres ont privilégié la stabilité fiscale, notamment à l’approche des échéances électorales locales.

Attention :

Les avis, envoyés de fin août à mi-septembre 2026, détailleront l’impact de la revalorisation des bases, des taux locaux, des exonérations, de la réduction de 100 euros ou du plafonnement à 50 % des revenus. Paiement classique à la mi-octobre, paiement en ligne quelques jours plus tard.

En toile de fond, la hausse des plafonds de revenus pour l’exonération et les allégements de taxe foncière en 2026 apparaît comme un levier permettant de préserver, voire d’élargir, la protection des propriétaires les plus modestes face à un impôt foncier devenu, depuis la suppression progressive de la taxe d’habitation sur la résidence principale, l’un des principaux prélèvements locaux pesant sur les ménages propriétaires.

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