Le boom des « golden visas » n’est plus ce qu’il était. En Europe, plusieurs portes se sont refermées, les règles se sont durcies et le modèle « j’achète un appartement et j’obtiens une carte de séjour » a été largement remis en cause. Pourtant, en 2026, il reste des options solides pour ceux qui veulent combiner investissement immobilier ou financier, droit de résidence et, parfois, accès futur à la citoyenneté.

Cet article propose un tour d’horizon structuré de ces programmes en 2026, avec un angle clair : où investir – notamment dans la pierre – pour obtenir un droit de résidence, et avec quelles contreparties concrètes.
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Un paysage en pleine recomposition

En 2026, huit États membres de l’Union européenne disposent encore de dispositifs de résidence par l’investissement, même si aucun n’utilise officiellement l’expression « golden visa » dans sa loi. On parle plutôt de « permis de séjour pour investisseurs », « ARI » au Portugal, « Guest Investor Residence » en Hongrie, ou de programmes de résidence permanente à Malte ou Chypre.
Deux tendances se dessinent : certains pays suppriment ou modifient leurs programmes (Espagne, Irlande, Pays-Bas, Portugal), tandis que d’autres renforcent les conditions d’accès en relevant les seuils d’investissement et en privilégiant des placements productifs plutôt que l’immobilier résidentiel.
Dans ce contexte, les investisseurs de 2026 ne se contentent plus de regarder le ticket d’entrée. Ils évaluent la stabilité politique, la prévisibilité juridique, la fiscalité sur leur patrimoine mondial, l’efficacité administrative et, surtout, la nature de l’actif sous-jacent : immobilier locatif, fonds de private equity, obligations d’État, participation dans des entreprises ou dons.
Pour un investisseur qui raisonne « golden visa immobilier », trois questions dominent :
– Est-ce que l’immobilier reste éligible ?
– À partir de quel montant et dans quelles zones ?
– Quel est le lien entre le bien acquis, le droit de séjour et, à terme, la naturalisation ?
Les réponses varient radicalement d’un pays à l’autre. D’où l’importance d’un panorama comparé.
Les trois locomotives de 2026 : Portugal, Grèce, Émirats arabes unis

Le classement le plus cité pour 2026 place le Portugal en tête, suivi de la Grèce et des Émirats arabes unis. Ces trois programmes ont des logiques très différentes, mais ils cumulent plusieurs atouts : stabilité du cadre, reconnaissance internationale, accès à des espaces de mobilité (Schengen ou hub global), et certaine souplesse en termes de présence physique.
Portugal : un golden visa sans immobilier mais toujours stratégique
Le Portugal est paradoxalement numéro 1 d’un classement de golden visas alors que la voie immobilière a été supprimée en octobre 2023 par la loi « Mais Habitação » (56/2023). Le pays reste toutefois central pour qui cherche une résidence européenne, une fiscalité avantageuse et un horizon de naturalisation raisonnable.
Aujourd’hui, le programme portugais – officiellement « ARI » – repose sur des investissements financiers et culturels, non sur l’achat de logements. L’investisseur typique n’achète plus un appartement à Lisbonne mais souscrit des parts de fonds de capital-investissement ou finance des projets culturels labellisés.
Un aperçu synthétique aide à comprendre la nouvelle mécanique :
| Paramètre | Portugal (ARI) 2026 |
|---|---|
| Immobilier résidentiel éligible | Non (route fermée depuis 2023) |
| Investissement phare | 500 000 € dans un fonds d’investissement qualifié |
| Autres routes | 250 000 € culture/arts ; 500 000 € R&D ; création de 10 emplois |
| Durée du premier titre | 2 ans |
| Condition de présence | 7 jours/an en moyenne |
| Résidence permanente | Après 5 ans |
| Naturalisation | Possible après 5 ans (règle maintenue en 2026) |
| Avantage clé | Régime fiscal NHR (RNH) et très faible obligation de séjour |
L’argument massue reste la combinaison suivante : résidence dans l’UE, accès Schengen, obligation de présence minimale (environ une semaine par an), fiscalité des nouveaux résidents très favorable (régime RNH), et possibilité de demander la citoyenneté au bout de cinq ans de séjour légal.
Pour un investisseur qui tient absolument à un golden visa adossé à l’immobilier résidentiel, le Portugal n’est plus la bonne adresse. La logique a basculé : on est passé du « buy a flat, get a visa » à un programme résolument tourné vers les marchés financiers, la R&D et la culture.
Un investisseur
Grèce : la référence « mer + immobilier » malgré la hausse des seuils
À l’inverse du Portugal, la Grèce assume pleinement un golden visa immobilier, mais l’a recalibré en profondeur. Depuis septembre 2024, le pays fonctionne sur un modèle zonal avec trois niveaux d’investissement immobilier, complété par des options financières.
Le schéma actuel se lit ainsi :
| Niveau / Route | Montant minimum | Zone / Type de bien | Particularités |
|---|---|---|---|
| Niveau 1 | 800 000 € | Athènes, Thessalonique, Mykonos, Santorin, îles > 3 100 hab. | Bien unique ≥ 120 m², zones les plus tendues |
| Niveau 2 | 400 000 € | Reste du pays | Bien unique ≥ 120 m² |
| Niveau 3 (conversion/restauration) | 250 000 € | Tout le territoire | Conversion de commerce en logement ou restauration de bâtiment historique, travaux à terminer avant demande ou renouvellement |
| Obligations/Obligations d’État | 500 000 – 800 000 € | Obligations d’État, dépôts à terme, actions & obligations d’entreprises | Pistes non immobilières, mêmes droits de séjour |
| Durée du titre | 5 ans renouvelables | Aucun séjour minimum requis pour maintenir le titre |
Ce qui a changé n’est pas seulement le montant. Deux éléments structurels redéfinissent le programme :
– la montée drastique des seuils dans les zones tendues (800 000 € pour Athènes, Thessalonique et les grandes îles) ;
– l’interdiction formelle de la location de courte durée (type Airbnb) pour les biens détenus dans le cadre du golden visa.
La Grèce conserve le lien direct entre l’immobilier et la résidence, mais réduit la spéculation et la pression sur le logement local. Le bien éligible est désormais un actif résidentiel à long terme, non un simple produit à rentabilité saisonnière.
Sur le plan migratoire, le cadre reste très attractif : permis de cinq ans renouvelables, incluant conjoint et enfants jusqu’à 21 ans, accès libre à Schengen, aucune obligation de présence annuelle pour conserver la carte, et possibilité de naturalisation après sept ans de résidence fiscale effective (avec examen de langue).
Pour un investisseur qui veut un pied-à-terre méditerranéen, une carte de séjour européenne et une valorisation patrimoniale dans un marché encore abordable hors zones prime, la Grèce s’impose en 2026 comme la nouvelle référence du golden visa immobilier.
Émirats arabes unis : la résidence de 10 ans adossée à la pierre
Les Émirats arabes unis – et en pratique surtout Dubaï – occupent la troisième place du podium 2026. Ici, on sort complètement du cadre européen : pas de Schengen, pas de perspective de citoyenneté classique, mais une carte de dix ans renouvelable, dans une juridiction sans impôt sur le revenu des personnes physiques.
Le seuil d’investissement immobilier pour le golden visa est d’environ 545 000 dollars, soit 2 millions de dirhams émiratis.
| Paramètre clé | Golden Visa UAE – immobilier (Dubaï, 2026) |
|---|---|
| Valeur minimale du bien | 2 000 000 AED (≈ 545 000 USD) |
| Type d’actif | Immobilier freehold (logement ou bureau) |
| Bien prêt ou off-plan | Les deux sont possibles (Oqood pour l’off-plan) |
| Financement | Hypothèque admise, la valeur prise en compte est celle du Title Deed et de l’évaluation DLD |
| Durée du visa | 10 ans renouvelables |
| Présence physique minimale | Aucune imposée pour conserver le titre |
| Fiscalité personnelle | 0 % d’impôt sur le revenu, pas d’impôt sur la fortune |
| Famille incluse | Conjoint, enfants sans limite d’âge (sous conditions), parents possibles |
| Détention minimale du bien | 2 à 3 ans selon la circulaire, revente anticipée = risque d’annulation du visa |
Une circulaire de février 2026 a supprimé une contrainte importante : il n’est plus nécessaire d’avoir payé 50 % du bien pour demander le golden visa, dès lors que la valeur officielle certifiée par le Dubai Land Department atteint 2 M AED. Ce changement ouvre la porte à des montages avec financement bancaire plus importants et rend le dispositif accessible à des profils dont la liquidité immédiate est limitée.
Là encore, il ne faut pas sous-estimer les coûts annexes : frais DLD à 4 % du prix, commission d’agent, assurance médicale obligatoire, frais administratifs pour l’Emirates ID et les démarches d’immigration. Le budget réel d’entrée tourne plutôt autour de 2,13 M AED la première année, en incluant les coûts associés.
En contrepartie, le détenteur gagne une très grande autonomie : plus de dépendance à un sponsor local, liberté de travail et d’investissement, possibilité de rester à l’étranger plus de six mois sans perdre le statut, et extension large à la famille. Pour des entrepreneurs internationaux ou des hauts revenus qui optimisent aussi leur fiscalité, le golden visa immobilier de Dubaï est devenu en 2026 l’un des outils les plus puissants.
L’Europe du Sud : consolidation, durcissement et fin de certains schémas

En dehors de ce trio Portugal–Grèce–UAE, l’Europe du Sud a profondément remanié son paysage de résidence par l’investissement. L’Espagne a aboli son programme, l’Italie affirme un modèle financier et fiscal, Malte joue la carte de la résidence permanente, Chypre reste fidèle à son ticket de 300 000 € et la Hongrie s’est imposée comme nouvel outsider via un modèle « fonds immobiliers ».
Espagne : la porte immobilière est fermée
Le cas espagnol est emblématique : le pays était l’un des piliers historiques du golden visa immobilier, avec un seuil de 500 000 € en biens sans levier financier. Tout cela a pris fin avec la loi organique 1/2025, entrée en vigueur le 3 avril 2025.
À partir de cette date :
– plus aucun nouveau dossier de golden visa immobilier ne peut être déposé ;
– les investisseurs déjà titulaires d’un titre peuvent continuer à le renouveler tant qu’ils gardent leur investissement ;
– le lien achat immobilier = carte de séjour a disparu pour les nouveaux arrivants.
Le gouvernement a coupé le lien entre tension immobilière et titres de séjour. L’investissement reste possible via obligations d’État, actions, fonds ou projets d’intérêt général, avec des seuils de 1 à 2 millions d’euros.
Pour qui raisonne spécifiquement « golden visa immobilier », l’Espagne sort donc de la carte en 2026. Reste un écosystème de permis pour résidents non lucratifs, nomades digitaux ou entrepreneurs, mais tous exigent une présence physique d’au moins 183 jours par an et ne sont plus conditionnés à un achat de biens.
Italie : un grand marché, mais sans immobilier éligible
L’Italie, souvent vue comme la « grande économie » rassurante, a opté dès l’origine pour un modèle d’investisseur purement financier. L’Investor Visa italien (Visto per Investitori) propose quatre voies, toutes non immobilières :
– 250 000 € dans une start-up innovante italienne ;
– 500 000 € dans une société italienne établie ;
– 1 000 000 € de don philanthropique à un projet d’intérêt public ;
– 2 000 000 € en obligations d’État italiennes.
Le permis initial est valable deux ans, renouvelable pour trois ans supplémentaires. La résidence permanente est accessible après cinq ans de séjour continu, la citoyenneté après dix ans. Le pays attire notamment grâce à son régime forfaitaire (flat tax) de 100 000 € sur les revenus étrangers pour les nouveaux résidents à haut patrimoine.
Pour un investisseur, la logique est donc : résidence, éducation, cadre de vie et optimisation fiscale mondiale, mais pas de golden visa adossé à une acquisition immobilière. On peut acheter un bien pour vivre ou louer, mais cela ne joue aucun rôle direct dans l’obtention du titre.
Malte et Chypre : la résidence permanente comme modèle
Malte et Chypre ne parlent pas officiellement de golden visa, mais leurs programmes remplissent en pratique une fonction comparable : résidence durable contre investissement, avec un volet immobilier encore bien présent.
Ce programme combine plusieurs éléments clés pour les résidents permanents à Malte.
Acquisition d’un bien immobilier répondant aux critères du programme, avec un investissement minimum requis.
Versement d’une contribution non remboursable au gouvernement maltais, variable selon le type de location ou d’achat.
Aucune obligation de résidence physique à Malte pour maintenir le statut de résident permanent.
– une contribution à l’État ;
– l’achat ou la location d’un bien ;
– et un don caritatif.
Le coût total démarre autour de 150 000 € pour l’option location, en fonction du bien et de la composition familiale. Il n’y a pas d’obligation de séjour, mais on ne parle pas ici d’un titre temporaire : le programme vise d’emblée une résidence permanente, avec un accès à Schengen.
Chypre, de son côté, propose une résidence permanente immédiate en échange d’un investissement minimum de 300 000 € hors TVA, principalement dans un bien résidentiel neuf. Les alternatives incluent un investissement dans un bien commercial ou dans des parts de fonds chypriotes. La contrepartie principale n’est pas tant la présence (une visite tous les deux ans suffit) que la démonstration d’un revenu garanti à l’étranger (au moins 50 000 € par an, majorés pour le conjoint et les enfants).
Ces deux juridictions intéressent surtout les profils qui cherchent de la stabilité patrimoniale et familiale sans obligation de résidence à plein temps, avec un volet immobilier encore au centre du dispositif.
Hongrie, Bulgarie, Lettonie : les options « fonds et immobilier » à plus bas ticket
Trois pays d’Europe centrale et orientale jouent un rôle particulier dans la cartographie 2026 : Hongrie, Bulgarie et Lettonie.
En Hongrie, le Guest Investor Residence Permit offre une carte de dix ans renouvelable.
– 250 000 € dans un fonds immobilier agréé par la Banque nationale hongroise (au moins 40 % d’immobilier résidentiel local) ;
– ou un don d’1 million d’euros à un fonds d’enseignement supérieur.
La route d’achat direct de bien immobilier à 500 000 € a été supprimée en 2025. L’investisseur ne doit pas résider en Hongrie pour conserver son titre, mais l’accès à la citoyenneté passe par huit ans de résidence effective et un examen de langue et de culture.
La Bulgarie se distingue comme le seul État de l’UE qui accorde dès le départ une résidence permanente pour un investissement d’environ 512 000 € dans des fonds (AIF ou ETF) agréés. Il n’y a aucune obligation de présence ; la citoyenneté devient envisageable au bout de cinq ans de résidence permanente, avec un examen de bulgare.
La Lettonie, enfin, reste l’option la plus abordable en valeur faciale : 50 000 € dans une PME, 250 000 € dans un bien immobilier avec taxe d’État de 5 %, ou 280 000 € de dépôt bancaire sur cinq ans. Il n’y a pas d’obligation de séjour, mais la naturalisation requiert dix ans de résidence physique et des examens de langue et d’histoire. Pour un investisseur strictement tournée vers l’immobilier, la route lettone passe par le ticket de 250 000 € dans un bien éligible.
Comparaison rapide des principaux programmes européens en 2026

Pour mieux situer les différentes options, il est utile de synthétiser quelques paramètres clés : ticket d’entrée, nature de l’investissement, horizon de résidence permanente et de citoyenneté.
| Pays | Immobilier éligible ? | Ticket min. principal | Type d’investissement dominant | Résidence permanente | Horizon citoyenneté (indicatif) |
|---|---|---|---|---|---|
| Portugal | Non (plus de résidentiel) | 500 000 € | Fonds d’investissement, R&D, culture | 5 ans | 5 ans (règle maintenue en 2026) |
| Grèce | Oui (zonal) | 250 000 – 800 000 € | Immobilier, obligations, dépôts | 5 ans (titre initial) | ≈ 7 ans de résidence fiscale |
| Italie | Non | 250 000 € | Start-up, société, obligations d’État | 5 ans | 10 ans de résidence continue |
| Malte | Oui (MPRP) | ≈ 150 000 € (total, location) | Contribution + bien (achat/loc) + don | Immédiate (MPRP) | Procédure séparée, plus exigeante |
| Chypre | Oui | 300 000 € (neuf, hors TVA) | Immobilier neuf, fonds ou société | Immédiate | ≈ 7 ans (avec présence effective) |
| Hongrie | Indirect (fonds immo) | 250 000 € | Parts de fonds immobiliers, donation | 10 ans (titre) | 8 ans de résidence effective |
| Bulgarie | Indirect (fonds) | 512 000 € | AIF/ETF agréés | Immédiate permanente | 5 ans de résidence permanente |
| Lettonie | Oui | 250 000 € (immobilier) | Immobilier, participations, dépôts | 5 ans (titre) | 10 ans de résidence effective |
Cette grille montre bien que le golden visa immobilier pur – achat d’un bien et obtention directe du titre – ne subsiste réellement que dans quelques pays : Grèce, Chypre, Malte (pour la résidence permanente), Lettonie, Turquie hors UE, et Émirats arabes unis hors Europe. Partout ailleurs, l’immobilier est soit exclu, soit cantonné à des fonds ou des véhicules indirects.
Turquie et Caraïbes : quand la pierre mène directement au passeport

Au-delà de l’UE et des Émirats, certains États jouent une carte plus radicale : un investissement, souvent immobilier ou assimilé, et un accès direct à la citoyenneté, voire à un passeport.
La Turquie est l’exemple le plus parlant : un achat immobilier de 400 000 dollars permet d’accéder directement à la citoyenneté turque, avec des délais de traitement de l’ordre de trois à six mois. C’est l’un des rares cas où la pierre entraîne non pas une résidence, mais un passeport quasi immédiat.
Dans les Caraïbes, des pays comme Saint-Kitts-et-Nevis ou Antigua-et-Barbuda proposent la citoyenneté par investissement via des dons à des fonds d’État ou des achats immobiliers agréés, avec des montants de 200 000 à 250 000 dollars, un passeport obtenu en quelques mois et un accès sans visa à plus de 100 pays.
Pour un investisseur qui cherche avant tout un deuxième passeport plutôt qu’une résidence ou une base de vie, ces pistes peuvent être plus pertinentes qu’un golden visa classique.
La nouvelle grille de lecture pour 2026 : immobilier, flexibilité, naturalisation

En 2026, choisir un golden visa immobilier – ou plus largement un programme de résidence par l’investissement – ne se résume plus à aligner le montant le plus bas. Plusieurs critères se combinent :
– la nature de l’actif (immobilier direct, parts de fonds, obligations d’État, don) ;
– le niveau et le type de contrôle politique (programmes en consolidation ou menacés d’abolition) ;
– l’obligation ou non de résidence effective pour conserver le titre ;
– la trajectoire vers la citoyenneté (délai, examens de langue, niveau de résidence exigé) ;
– la fiscalité globale (sur les revenus, le patrimoine, les plus-values et les successions).
Sur cette base, on peut distinguer plusieurs grands profils de stratégies.
Profil 1 : l’investisseur immobilier qui veut de la pierre en Europe
Ce profil vise un actif tangible dans un pays de l’UE, un droit de résidence et, éventuellement, une trajectoire de naturalisation.
Les destinations les plus cohérentes en 2026 sont :
Comparaison des programmes phares : Grèce, Chypre, Malte et Lettonie
Investissement de 400 000 à 800 000 € dans les zones principales, ou 250 000 € pour conversions ou restaurations. Aucune obligation de séjour. Naturalisation après 7 ans de résidence fiscale.
300 000 € dans un bien neuf, résidence permanente immédiate. Visite tous les deux ans requise. Naturalisation possible après environ 7 ans de résidence réelle.
Résidence permanente via contribution et achat ou location d’un bien. Chemin vers la citoyenneté plus complexe et coûteux.
250 000 € dans un bien + 5 % de taxe. Titre de 5 ans renouvelable. Naturalisation après 10 ans de résidence effective.
Le Portugal, l’Italie ou l’Espagne ne rentrent plus vraiment dans cette logique, faute de lien direct entre l’immobilier et la résidence.
Profil 2 : l’entrepreneur global qui veut un hub sans impôt personnel
Dans ce cas, la question principale n’est pas l’UE ou Schengen, mais la combinaison hub international + fiscalité légère + stabilité du statut.
Pour obtenir un golden visa immobilier aux Émirats arabes unis, vous devez acheter un bien freehold d’au moins 2 millions AED. Ce visa est valable 10 ans et renouvelable. Il offre l’absence d’impôt sur le revenu, la liberté de mouvement et un environnement d’affaires développé. Il sert davantage à structurer votre vie et votre patrimoine qu’à accéder à un marché locatif.
Profil 3 : le rentier ou cadre supérieur qui veut un plan B européen sans changer de vie
Ce profil cherche avant tout une carte de séjour dans l’UE, sans intention d’y résider immédiatement. Dans ce cas, l’immobilier n’est plus nécessairement la voie la plus pertinente.
Les programmes portugais (fonds, culture, R&D), italien (start-up, obligations), hongrois (fonds immobiliers), bulgare (fonds agréés) et maltais (MPRP) permettent d’obtenir une résidence ou une résidence permanente avec une obligation de présence soit faible, soit inexistante (sauf pour la naturalisation). L’actif n’est pas toujours un bien immobilier, mais l’objectif – un droit de séjour et une porte ouverte vers la citoyenneté – reste comparable.
Conclusion : le golden visa immobilier, un concept à géométrie variable

En 2026, la formule « Golden visa immobilier : quels pays choisir pour investir et obtenir un droit de résidence ? » recouvre des réalités très différentes selon les juridictions.

Autour de ces trois pôles, des programmes comme ceux de l’Italie, de Malte, de Chypre, de la Hongrie, de la Bulgarie ou de la Lettonie offrent des combinations plus fines entre fonds, obligations, biens et résidence permanente.
En 2026, le choix d’un golden visa ne se limite plus au montant d’investissement minimal. Il faut considérer la nature de l’actif, le délai de naturalisation, la sécurité juridique du programme et l’utilisation prévue du droit de séjour. L’immobilier reste un levier important dans des pays comme la Grèce, Chypre, Malte, les Émirats ou la Turquie, mais n’est plus le seul critère déterminant pour la résidence par investissement en Europe.
Pour choisir intelligemment, il faut donc sortir d’une vision purement patrimoniale et replacer chaque programme dans une stratégie globale : mobilité, fiscalité, diversification et qualité de vie. C’est à cette condition que le golden visa immobilier reste, en 2026, un outil pertinent et non un simple slogan marketing.
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