Le repli du secteur privé en France montre des signes nets de ralentissement, porté par un redressement progressif des services et une amélioration mesurée du climat des affaires. Les dernières enquêtes de conjoncture et données macroéconomiques publiées entre fin juillet et début août 2026 indiquent que, si l’activité reste globalement en territoire négatif, la phase de contraction perd en intensité et laisse entrevoir un scénario de stabilisation au début du troisième trimestre.
Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :
Disclaimer :
Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.
Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.
Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.
Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.
Un recul de l’activité qui s’atténue nettement
Selon les résultats définitifs de l’enquête mensuelle de S&P Global publiés le 5 août 2026, l’indice PMI composite pour la France est remonté à 49,4 points en juillet, après 47,2 en juin. Toujours inférieur au seuil de 50 qui sépare contraction et expansion, cet indicateur atteint toutefois son plus haut niveau depuis plusieurs mois et signale que le repli de l’activité privée s’est fortement modéré.
Ce niveau du PMI composite est compatible avec une progression du PIB de l’ordre de 0,2 % à 0,3 % sur le trimestre en cours. Autrement dit, l’économie française semble sortir progressivement de la phase de quasi-stagnation qui a marqué la première partie de l’année, même si la croissance demeure fragile.
Joe Hayes, économiste chez S&P Global Market Intelligence
Le redressement est principalement tiré par les services, tandis que l’industrie manufacturière reste en difficulté. L’indice d’activité des services s’est établi à 49,6 en juillet, contre 46,8 en juin, soit une amélioration marquée qui rapproche le secteur de la zone d’expansion. En revanche, le PMI manufacturier est retombé à 49,8 en juillet après un passage temporaire au-dessus de 50 en juin (51,2), confirmant la vulnérabilité de la production industrielle et de son carnet de commandes.
Les services au cœur de la stabilisation
L’amélioration du secteur tertiaire constitue l’élément le plus encourageant des dernières publications. En juillet, les entreprises de services ont enregistré une hausse des nouvelles commandes pour la première fois depuis novembre 2025. Cette reprise est entièrement imputable à la demande intérieure, qui compense la faiblesse persistante des exportations de services, en recul pour le douzième mois consécutif.
En juillet, l’inflation des coûts d’intrants dans les services a atteint son plus bas niveau depuis février 2026, selon S&P Global. Cette baisse, due à la diminution des tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et au ralentissement de l’inflation importée, réduit la pression sur les marges des prestataires et soutient le moral des chefs d’entreprise.
Ces signaux microéconomiques convergent avec le climat des affaires mesuré par l’Insee. L’indicateur synthétique du climat dans les services a gagné deux points pour atteindre 98 en juillet, se rapprochant de sa moyenne de long terme (100). Ce niveau confirme la poursuite du redressement amorcé au début de l’été 2026, après un premier semestre décrit comme léthargique.
Les perspectives de demande future dans les services se sont nettement améliorées et se rapprochent de leur tendance historique. Surtout, les dirigeants se disent plus optimistes pour l’activité de leur propre entreprise, un indicateur qui dépasse désormais sa moyenne de long terme. La progression est quasi généralisée à l’ensemble des services marchands, à l’exception notable de l’information-communication, qui ne bénéficie pas de la même embellie.
Un climat des affaires en voie de normalisation
Au-delà des services, l’Insee fait état d’un redressement global, même s’il reste incomplet. L’indicateur de climat des affaires pour l’ensemble de l’économie a atteint 97 en juillet, en hausse de deux points mais toujours inférieur à la référence de 100. Secteur par secteur, la situation apparaît contrastée.
L’indicateur du climat des affaires dans l’industrie dépasse légèrement la moyenne de long terme, en hausse d’un point.
Dans ce contexte, le climat de l’emploi mesuré par l’Insee s’est maintenu à 98 en juillet, là encore à un niveau légèrement inférieur à la moyenne historique, mais sans détérioration récente. Cette stabilité rejoint les signaux envoyés par les enquêtes d’opinion menées auprès des chefs d’entreprise.
L’indice général d’optimisme des dirigeants a grimpé à 62 points fin juin, en hausse de sept points en un mois.
Les services se démarquent une nouvelle fois : déjà en mai 2026, 66 % des dirigeants du tertiaire déclaraient être confiants pour l’activité de leur structure, contre à peine une entreprise sur deux dans l’industrie, le commerce ou la construction. Pour l’emploi, 13 % des entreprises interrogées prévoyaient d’augmenter leurs effectifs, contre 10 % anticipant une réduction, ce qui suggère un marché du travail en phase de consolidation plutôt que de repli massif.
Croissance en léger rebond et consommation en soutien
Les indicateurs conjoncturels se situent dans un environnement macroéconomique qui reste modeste mais en amélioration. Le 30 juillet, l’Insee a annoncé une progression de 0,2 % du produit intérieur brut au deuxième trimestre 2026, après un recul de 0,1 % au premier trimestre. Cette légère reprise de l’activité nationale tient pour partie au redémarrage de la consommation des ménages.
Au deuxième trimestre, la dépense en services des ménages a augmenté de 0,2 % après une baisse de 0,3 % au trimestre précédent. La consommation de biens a progressé de 0,4 % en juin. Par ailleurs, le commerce extérieur a contribué positivement à la croissance, indiquant que la demande interne n’est plus le seul moteur de l’activité économique.
Sur le front des prix, l’inflation annuelle a légèrement accéléré à 2,1 % en juillet, contre 1,8 % en juin, principalement sous l’effet de l’énergie et des services. Elle demeure toutefois contenue, dans un contexte où la Banque de France et la Direction générale du Trésor anticipent une inflation moyenne autour de 1,3 % sur l’ensemble de 2026. Cette détente générale par rapport aux pics précédents contribue à préserver le pouvoir d’achat, même si les hausses salariales dans le privé restent modérées, avec un salaire mensuel de base en hausse de 1,7 % sur un an.
Emploi privé quasi stable mais intérim en recul
Malgré ce contexte de redressement progressif, le marché du travail reflète encore les traces de la faiblesse du cycle passé. Au deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié dans le secteur privé est resté quasiment stable, avec un léger recul de 0,1 % par rapport au trimestre précédent. Cette relative stagnation masque toutefois des dynamiques différenciées selon les formes d’emploi.
L’intérim a reculé de 1,4 % au deuxième trimestre, soit 9 700 postes en moins, après une baisse de 0,4 % au trimestre précédent. Cette évolution suggère que les entreprises restent prudentes dans leurs embauches et continuent d’ajuster en priorité les emplois temporaires face à un environnement encore incertain.
Parallèlement, les données d’Urssaf témoignent d’un contexte toujours tendu pour les entreprises les plus fragiles. Les procédures de redressement judiciaire ont progressé de 3,2 % au deuxième trimestre, tandis que les liquidations judiciaires ont augmenté de 5,2 %. Le taux de retard de paiement des entreprises de plus de dix salariés reste toutefois contenu, à 0,96 %, ce qui traduit une certaine résistance de la trésorerie dans une large partie du tissu productif.
Résilience et attractivité malgré les risques
Au-delà du très court terme, les perspectives pour 2026 restent orientées à la hausse, même si le rebond attendu demeure modéré. La Banque de France et le Trésor public tablent sur une croissance annuelle de l’ordre de 1,0 % en 2026, contre une fourchette comprise entre 0,7 % et 0,9 % pour 2025. Cette accélération reposerait sur la reprise progressive de la demande intérieure, une inflation plus faible en moyenne et un redémarrage de l’investissement privé.
Selon un rapport de Vie Publique, les services aux entreprises se distinguent comme l’un des rares secteurs à améliorer leur productivité apparente du travail, contrairement à la construction, au commerce et à certaines branches industrielles qui enregistrent des reculs. Les services financiers et les activités d’information-communication apportent également un soutien structurel à l’activité, bien que le climat conjoncturel de ce dernier sous-secteur ne se soit pas encore redressé.
L’attractivité internationale de la France constitue un autre facteur de résilience pour le secteur privé. Selon le baromètre de l’attractivité d’EY publié fin mai 2026, le pays conserve pour la septième année consécutive sa première place en Europe pour l’accueil des investissements directs étrangers. L’enquête menée auprès de 500 dirigeants internationaux indique par ailleurs que les projets d’investissement prévus pour 2026 ne sont pas remis en cause à ce stade, garantissant un flux régulier d’activité pour les sociétés de conseil, de services aux entreprises et d’accompagnement.
Une embellie fragile face aux incertitudes
L’ensemble de ces éléments dessine un tableau nuancé mais globalement plus favorable que celui du début d’année : le secteur privé reste en territoire de contraction, mais celle-ci ralentit sensiblement, notamment grâce au redressement des services et à une meilleure tenue de la demande intérieure. Le climat des affaires se rapproche progressivement de la normale, et la confiance des dirigeants, bien que encore en deçà de ses niveaux historiques, progresse.
Malgré une embellie conjoncturelle, la faiblesse de la demande extérieure pèse sur l’industrie et les services. La hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient pourrait raviver l’inflation, tandis que les taux élevés et les incertitudes géopolitiques freinent l’investissement.
Pour l’heure, les signaux convergent néanmoins vers un scénario de stabilisation graduelle plutôt que de rechute brutale. Si la demande intérieure poursuit sa progression et si les coûts restent maîtrisés, le secteur privé français pourrait progressivement sortir de la contraction et retrouver un sentier de croissance modérée au second semestre 2026, avec les services en première ligne de ce mouvement.
Un projet patrimonial ou une question ? Contactez-nous dès maintenant pour échanger avec un expert en gestion de patrimoine.
