+33 6 51 45 90 38 (WhatsApp) contact@cyriljarnias.fr

Détail du ralentissement du secteur des services aux États-Unis en juin

par | Actualités
Publié le 7 juillet 2026

L’activité du secteur des services américain a de nouveau progressé en juin, mais à un rythme plus modéré, confirmant un net ralentissement sans basculement en récession. Selon l’Institute for Supply Management (ISM), l’indice ISM Services PMI s’est établi à 54,0 % en juin 2026, après 54,5 % en mai, soit un repli de 0,5 point. Ce niveau, exactement conforme aux anticipations des économistes, signale toutefois que le secteur reste en phase d’expansion pour le 24ᵉ mois consécutif, au-dessus du seuil de 50 %.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

Disclaimer :

Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.

Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.

Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

Une expansion qui se modère mais reste solide

L’indice composite de 54,0 % demeure supérieur à sa moyenne mobile sur douze mois, estimée à 53,1 %, ce qui indique que la dynamique actuelle, bien que moins vigoureuse qu’en début d’année, reste robuste au regard des tendances récentes. Le secteur tertiaire, qui pèse plus des deux tiers de l’économie américaine, continue donc de tirer la croissance, tout en s’orientant vers un rythme jugé plus soutenable.

Bon à savoir :

Cette combinaison d’une activité toujours en hausse mais moins vive, associée à un recul des tensions sur les prix, confirme le scénario d’atterrissage en douceur, écartant pour l’instant les craintes de stagflation.

Indices d’activité et de demande en décélération

Le ralentissement s’observe principalement dans les composantes liées à l’activité courante et à la demande.

L’indice d’activité des entreprises (Business Activity) a reculé à 55,4 % en juin, contre 57,7 % en mai, soit une baisse de 2,3 points. Il reste toutefois nettement en zone d’expansion, même s’il se situe à son plus bas niveau depuis mars. Cette évolution traduit une normalisation du rythme de production de services après plusieurs mois soutenus.

55,1%

L’indice des nouvelles commandes passe de 57,3 % à 55,1 %, en retrait de 2,2 points, reflétant un affaiblissement de la demande mais une croissance plus équilibrée.

Pour autant, les carnets de commandes restent bien garnis. L’indice de l’arriéré de commandes (Backlog of Orders) progresse de 3,6 points pour atteindre 54,9 %, signalant que les prestataires de services disposent toujours d’un volume de travail à traiter qui soutiendra l’activité dans les prochains mois.

Rebond de l’emploi dans les services malgré un marché du travail plus terne

L’un des éléments les plus notables du rapport de l’ISM concerne l’emploi. Après trois mois consécutifs de contraction, l’indice de l’emploi dans les services a rebondi à 51,2 % en juin, contre 47,9 % en mai. La hausse de 3,3 points constitue sa plus forte progression mensuelle depuis 2024 et ramène cette composante en territoire de croissance.

Ce signal contraste avec les chiffres officiels de l’emploi publiés par le gouvernement américain au début du mois de juillet, qui ne faisaient état que d’environ 57 000 créations de postes non agricoles en juin, un niveau qualifié de modeste. Les économistes décrivent ainsi un marché du travail américain en régime de « peu d’embauches, peu de licenciements », dans lequel les entreprises, confiantes dans la pérennité de leur activité, privilégient le maintien des effectifs et des ajustements marginaux plutôt que des réductions massives de personnel.

Économistes

Dans ce contexte, le rebond de l’indice d’emploi de l’ISM suggère que les entreprises de services renouent avec des embauches nettes, mais sur un mode mesuré plutôt que sur une dynamique de forte expansion.

Tensions sur les prix en atténuation, mais inflation des services encore élevée

Le rapport de juin met également en lumière un recul des pressions inflationnistes dans les services, sans toutefois que celles-ci ne disparaissent.

L’indice des prix payés (Prices Paid) a reculé de 71,3 % en mai à 67,7 % en juin, soit une baisse de 3,6 points. C’est la première fois depuis février 2026 que cette composante repasse sous les 70 %, et son plus bas niveau en quatre mois. Cette détente reflète principalement la baisse récente des coûts de l’énergie, notamment du diesel, de l’essence et du pétrole brut.

Attention :

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) est passé sous la barre des 70 dollars en fin de mois, un seuil inédit depuis février, en raison d’un apaisement progressif des tensions géopolitiques autour du détroit d’Hormuz et au Moyen-Orient, bien que ces tensions ne soient pas totalement résorbées.

Malgré ce repli, l’indice des prix payés demeure à un niveau historiquement élevé : il se maintient au-dessus de 60 % pour le 19ᵉ mois d’affilée, ce qui indique que la majorité des entreprises continuent de signaler des hausses de coûts, simplement moins marquées. Les effets prolongés de certains droits de douane sur les importations contribuent à ce maintien de l’inflation dans les services.

Pour la Réserve fédérale, l’inflation dans ce secteur reste l’un des principaux obstacles à un retour rapide vers sa cible de 2 %. La modération des prix payés est un élément favorable, mais le niveau actuel ne permet pas encore de conclure à une normalisation complète des tensions inflationnistes.

Inventaires et livraisons : après les achats de précaution, un resserrement des stocks

Autre point clé du rapport, la gestion des stocks connaît un tournant. L’indice des stocks (Inventories) chute de 62,5 % à 51,2 %, soit un recul spectaculaire de 11,3 points. Il s’agit du mouvement le plus marqué de l’ensemble des sous-indices. Ce repli suggère que les entreprises cherchent désormais à écouler les réserves accumulées plutôt qu’à continuer d’augmenter leurs niveaux de stocks.

Au printemps, une vague d’achats de précaution avait été déclenchée par l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, incitant de nombreuses sociétés à sur-stocker. La dissipation progressive de ces craintes conduit désormais à une gestion plus serrée des inventaires, en ligne avec une demande qui se normalise.

Exemple :

L’indice des délais de livraison des fournisseurs (Supplier Deliveries) passe de 55,2 % à 54,4 %. Un niveau supérieur à 50 % indique que les délais restent plus longs que la normale, mais la baisse de l’indice traduit une amélioration progressive des chaînes d’approvisionnement.

Cependant, cette amélioration reste incomplète. Le nombre de produits signalés en situation de pénurie passe en effet de 5 en mai à 9 en juin. Les tensions concernent principalement des matériaux et équipements indispensables à la construction de data centers et d’infrastructures de services publics, un segment stimulé par le développement rapide des infrastructures technologiques. Autrement dit, les goulets d’étranglement se concentrent dans des secteurs spécifiques à forte intensité technologique.

Effets sectoriels et facteurs exogènes : énergie, climat et événements sportifs

Le rapport de l’ISM souligne que certains secteurs de services ont particulièrement bénéficié de facteurs temporaires. L’organisation de la Coupe du monde de la FIFA 2026, co‑accueillie par les États‑Unis, a ainsi fortement dopé l’activité dans les transports, l’hôtellerie, la restauration et les loisirs. Le secteur des arts, du divertissement et des loisirs ressort comme le plus dynamique en juin au sein des services.

Astuce :

Des éléments extérieurs comme une sécheresse sévère dans l’est des États-Unis, notamment en Virginie, pèsent sur les coûts de production agricole. Cela renchérit certaines matières premières utilisées par la restauration, créant des tensions localisées sur les prix même si les effets restent circonscrits.

Sur le volet énergétique, si le reflux du WTI sous 70 dollars le baril allège la facture de transport et de carburant, les entreprises anticipent que les hausses de certains coûts ne seront pleinement intégrées que d’ici le troisième trimestre 2026. L’impact de ces mouvements sur les marges et les prix finaux reste donc étalé dans le temps.

Implications pour la politique monétaire américaine

Les données de l’ISM sur les services, combinées à celles de l’industrie publiées quelques jours plus tôt — un ISM manufacturier passé de 54,0 % à 53,3 % en juin —, confortent l’idée d’une économie américaine en croissance modérée, sans excès de surchauffe. Ce profil confirme le scénario d’atterrissage en douceur privilégié par une large partie des analystes.

Politique monétaire américaine

La Fed maintient une position restrictive face à la résilience du marché du travail et à la persistance de l’inflation.

Emploi résilient

L’indice d’emploi dans les services s’établit à 51,2 %, reflétant la vigueur du marché du travail.

Inflation persistante

Le niveau des prix payés reste trop élevé pour garantir un retour rapide de l’inflation vers l’objectif de 2 %.

Les institutions financières mentionnées dans le rapport, comme PNC Economics ou VT Markets, estiment que les premières baisses de taux ne sont pas attendues avant la fin de l’année 2026 ou le début de 2027. Les contrats à terme sur les Fed funds intègrent une probabilité de réduction de taux en septembre tombée sous les 15 %, signe que les investisseurs tablent sur un statu quo prolongé.

Sur les marchés financiers, la publication, en ligne avec le consensus, n’a pas provoqué de choc majeur. Les rendements obligataires ont légèrement reculé et le dollar s’est quelque peu affaibli, reflétant une stabilisation des anticipations : la croissance demeure soutenue mais maîtrisée, et les tensions sur les prix commencent à refluer sans disparaître.

Une économie en transition vers une croissance plus durable

Au total, le ralentissement du secteur des services aux États-Unis en juin ne renvoie pas à une détérioration brutale de la conjoncture, mais plutôt à une phase de transition. L’activité reste clairement en expansion, la demande se normalise, l’emploi se redresse et les pressions sur les coûts montrent des signes d’apaisement, même si l’inflation des services demeure au-dessus de niveaux jugés compatibles avec l’objectif de la Réserve fédérale.

L’économie américaine semble ainsi s’orienter vers un rythme de croissance plus durable et moins inflationniste, porté par un tertiaire toujours dominant. Le détail des indices de l’ISM met en évidence un ajustement en cours : après les excès de demande, de stockage et de tensions sur les prix observés ces derniers trimestres, les services entament une phase de recalibrage, sous la surveillance attentive des marchés et de la banque centrale.

Ces articles pourraient vous intéresser

Contactez-moi

Vous désirez faire croître votre patrimoine ?

N'hésitez pas à me contacter afin de déterminer comment je peux vous aider à construire, protéger et transmettre votre patrimoine en toute sérénité.

+33 6 51 45 90 38 (WhatsApp)

« * » indique les champs nécessaires