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Le Portugal donne la priorité aux « Golden Visa » : ce qui change pour les investisseurs

par | Actualités, Expatriation & stratégie internationale, Vivre à l’étranger
Publié le 6 novembre 2026

Le Portugal entend accélérer le traitement des demandes de « Golden Visa » en attente. Annoncée au début de novembre 2026, cette priorité doit guider l’action de l’Agence pour l’intégration, les migrations et l’asile (AIMA) en 2027. Environ 46 000 demandes, concernant des investisseurs et leurs proches, restent dans le circuit administratif.

Bon à savoir :

Inscrite dans le projet de budget de l’État, cette réorientation s’accompagne d’un renforcement des moyens de l’agence. Pour les candidats à l’autorisation de résidence pour activité d’investissement, officiellement appelée ARI, l’enjeu est de réduire une attente qui demeure longue, y compris après la collecte des données biométriques.

Cette accélération annoncée ne modifie toutefois ni les investissements admissibles ni les conditions d’accès à la nationalité. L’immobilier reste exclu du programme, tandis que le délai de résidence requis pour une naturalisation a été allongé pour la plupart des ressortissants étrangers concernés.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Une nouvelle priorité pour résorber les dossiers en attente

Le ministre de la Présidence, António Leitão Amaro, et le secrétaire d’État à l’Immigration, Rui Armindo Freitas, ont présenté les nouvelles orientations de l’AIMA lors des auditions budgétaires du début de novembre 2026.

Bon à savoir :

Après avoir concentré ses efforts sur la régularisation des travailleurs et les situations humanitaires, le gouvernement veut désormais mobiliser davantage les capacités de l’agence pour traiter les demandes ARI accumulées. Le projet budgétaire prévoit également une résorption progressive des dossiers de régularisation relevant du régime général.

Pour les investisseurs, cette annonce intervient alors que les délais entre le dépôt d’une demande et la délivrance d’une première carte de séjour sont estimés entre douze et trente-six mois en 2026. La priorité accordée au programme ne s’accompagne cependant pas, dans les éléments présentés, d’un nouveau délai garanti pour chaque dossier.

L’objectif annoncé porte donc sur l’accélération du traitement administratif, et non sur une approbation automatique des demandes ou un assouplissement des critères d’admissibilité.

Des moyens financiers renforcés pour l’AIMA

Le budget de l’agence doit passer de 97 millions à 146 millions d’euros en 2027, soit une augmentation d’environ 50 %. Ces moyens doivent soutenir sa transformation numérique, renforcer ses capacités de traitement et permettre de nouveaux recrutements.

100000000

Plus de 100 millions d’euros de recettes sont attendus des frais de titres de séjour, dont environ 6 000 euros par Golden Visa, le traitement des dossiers constituant aussi une source de financement pour la modernisation de l’AIMA.

Un autre dispositif concerne la fabrication et l’acheminement des documents. La résolution nº 213/2026, approuvée le 22 octobre et publiée au Journal officiel portugais le 3 novembre, autorise jusqu’à 31,35 millions d’euros de dépenses pour produire, émettre et livrer des cartes de séjour d’ici au milieu de 2027.

Cette enveloppe concerne la chaîne de délivrance des titres de résidence. Elle ne doit pas être confondue avec un financement réservé exclusivement aux Golden Visa.

Le principal blocage se situe après la biométrie

L’avancement des dossiers reste inégal. Environ 6 000 demandes ont été entièrement traitées et approuvées, soit une proportion présentée comme proche de 13 % du volume accumulé. L’AIMA a parallèlement programmé quelque 30 000 rendez-vous pour recueillir les données biométriques.

Attention :

Ces rendez-vous ne signifient pas que les cartes correspondantes ont été délivrées : alors que l’obtention d’un créneau constituait auparavant le principal obstacle, le point de blocage s’est déplacé vers la phase comprise entre le relevé biométrique et la décision finale.

Le format de dépôt joue également un rôle. Les dossiers papier introduits avant 2025 sont examinés plus lentement que ceux déposés sur la plateforme entièrement numérique, accessible depuis le début de cette même année.

Pour les investisseurs déjà engagés dans la procédure, la portée de la nouvelle priorité dépendra donc de la capacité de l’agence à accélérer l’ensemble du parcours, et pas seulement l’organisation des rendez-vous.

Des investissements toujours encadrés, sans accès par l’immobilier

La priorité administrative ne rétablit pas les anciennes voies d’investissement. La loi « Mais Habitação », adoptée en 2023, a supprimé l’achat de biens immobiliers résidentiels ou commerciaux comme moyen d’obtenir un Golden Visa. Les transferts passifs de capitaux et les simples dépôts bancaires ne sont plus admissibles non plus.

L’une des voies maintenues consiste à investir au moins 500 000 euros dans des fonds d’investissement ou de capital-risque enregistrés auprès de la Commission du marché des valeurs mobilières, la CMVM. Au moins 60 % de leur capital doit être investi dans des entreprises établies au Portugal. Toute exposition immobilière, directe ou indirecte, est exclue.

250000

Le soutien à la culture et au patrimoine est possible avec une contribution minimale de 250 000 euros, seuil ramené à 200 000 euros pour les projets situés dans des zones à faible densité démographique.

Le financement de la recherche scientifique reste accessible à partir de 500 000 euros. La voie entrepreneuriale repose, quant à elle, sur la création d’au moins dix emplois durables, ou sur un apport de 500 000 euros dans une entreprise portugaise associé à la création ou au maintien d’au moins cinq emplois.

Pour les souscripteurs de fonds, le risque financier demeure distinct de la procédure migratoire. Les parts peuvent être immobilisées pendant cinq à dix ans et leur valeur dépend des performances des entreprises financées. Une instruction plus rapide ne supprime donc ni le risque de perte en capital ni les contraintes de liquidité.

Résidence permanente et nationalité suivent des règles différentes

Le programme conserve une obligation de présence limitée : sept jours au cours de la première année, puis quatorze jours cumulés sur chaque période de renouvellement de deux ans.

Le titre permet de vivre, travailler et étudier au Portugal. Il ouvre aussi la possibilité de circuler sans visa dans l’espace Schengen pour des séjours allant jusqu’à quatre-vingt-dix jours sur toute période de cent quatre-vingts jours.

10

La loi organique nº 1/2026, entrée en vigueur en mai 2026, porte à 10 ans la résidence légale requise pour la naturalisation de la plupart des non-Européens, contre 7 ans pour les citoyens de l’UE et de la CPLP, tandis que la résidence permanente reste accessible après 5 ans de titre ARI sous réserve du maintien de l’investissement.

Enfin, la détention d’un Golden Visa ne rend pas automatiquement son titulaire résident fiscal portugais. Cette qualification dépend de critères distincts, notamment la durée du séjour et les conditions d’installation.

Pour les investisseurs, la priorité annoncée constitue ainsi une évolution du traitement des demandes, sans transformation des règles fondamentales du programme. Son effet concret se mesurera surtout au nombre de décisions rendues et de cartes effectivement délivrées.

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