+33 6 51 45 90 38 (WhatsApp) contact@cyriljarnias.fr

Le LDDS à 1,7% : un nouvel atout d’épargne qui attire les Français

par | Actualités
Publié le 8 août 2026

Le Livret de Développement Durable et Solidaire bénéficie depuis le 1er août d’une remontée de son taux à 1,7% net d’impôt, au même niveau que le Livret A. Après un premier semestre marqué par une désaffection historique pour l’épargne réglementée, les pouvoirs publics misent sur cette revalorisation pour enrayer les sorties de capitaux et redonner de l’attrait à ce produit, alors que l’inflation reste contenue et que la rémunération réelle du livret demeure positive.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

Disclaimer :

Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.

Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.

Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.

Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.

Un relèvement de taux pour stopper l’hémorragie de l’épargne réglementée

Entre janvier et juin 2026, les Livret A et LDDS ont enregistré leur pire premier semestre depuis 2008. Selon les chiffres de la Caisse des Dépôts, la collecte nette cumulée s’est établie à –6,89 milliards d’euros. Dans le détail, le Livret A a subi un repli de 5,93 milliards d’euros, tandis que le LDDS affichait une sortie nette de 960 millions d’euros sur la période.

250 millions d’euros

Montant de la décollecte enregistrée par le LDDS au mois de juin, troisième mois consécutif de flux négatifs.

Face à cette désaffection, la remontée du taux à 1,7% au 1er août est présentée comme un levier pour freiner, voire inverser, cette tendance. Les observateurs attendent désormais les données de collecte des mois d’août et septembre pour mesurer l’effet réel de ce coup de pouce sur le comportement des épargnants.

De 1,7% à 1,5%, puis retour à 1,7% : un parcours chahuté

Le LDDS a connu plusieurs ajustements successifs de rémunération sur les derniers trimestres. Après avoir été rémunéré 1,7% net sur la deuxième moitié de 2025, son taux a été ramené à 1,5% au 1er février 2026, aligné sur celui du Livret A. Cette baisse avait été décidée dans un contexte de ralentissement de l’inflation en début d’année.

Les autorités avaient déjà consenti un léger « coup de pouce » en fixant le taux à 1,5%, alors que la formule de calcul théorique aurait conduit à un niveau de 1,4%. Malgré ce geste, la rémunération jugée insuffisante au regard d’autres placements a contribué au reflux des encours.

Les autorités

Le 15 juillet, le ministre de l’Économie Roland Lescure a annoncé une revalorisation de 0,2 point pour le Livret A comme pour le LDDS, sur proposition du gouverneur de la Banque de France. Un arrêté ministériel publié le 28 juillet est venu confirmer cette décision, entrée en vigueur le 1er août. Depuis cette date, les deux livrets affichent un rendement de 1,7% net d’impôts.

Un rendement réel positif dans un contexte d’inflation modérée

Ce relèvement intervient dans un environnement où l’inflation reste à un niveau faible et relativement stabilisé. Les pouvoirs publics justifient la hausse en soulignant que le rendement réel du LDDS, c’est-à-dire le taux nominal diminué de l’inflation, demeure positif pour les épargnants.

Bon à savoir :

Le LDDS vise à maintenir un équilibre entre le pouvoir d’achat de l’épargne de précaution et le financement des politiques publiques, sans devenir un produit spéculatif. Avec un taux de 1,7% et une inflation proche de 1%, ce livret offre un léger avantage réel, ce qui pourrait inciter les ménages prudents à conserver leurs liquidités sur ce support sécurisé.

En parallèle, le Livret d’Épargne Populaire, destiné aux ménages modestes, reste le produit réglementé le plus rémunérateur. Son taux a été maintenu à 2,5% depuis début août, soit 0,8 point de plus que le Livret A et le LDDS, alors que la formule de calcul aurait pu entraîner une baisse à 2,2%. Son plafond est fixé à 10 000 euros.

Un produit sécurisé, liquide et défiscalisé

Au-delà de son taux, le LDDS conserve les caractéristiques qui ont fait le succès de l’épargne réglementée auprès des Français. Les fonds déposés sont intégralement garantis par l’État, offrant une sécurité totale du capital. Les sommes sont disponibles à tout moment, sans frais d’entrée ni de sortie, ce qui en fait un support privilégié pour l’épargne de précaution.

Attention :

Les intérêts sont calculés les 1er et 16 de chaque mois, versés au 31 décembre, et totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, contrairement aux livrets bancaires classiques soumis à la fiscalité de l’épargne.

Le plafond de dépôt reste fixé à 12 000 euros, hors intérêts capitalisés, qui peuvent faire dépasser cette limite avec le temps. Un seul LDDS est autorisé par personne, avec un maximum de deux livrets par foyer fiscal pour un couple marié ou pacsé. Le produit est réservé aux adultes fiscalement domiciliés en France, sans condition de ressources.

Une alternative ou un complément au Livret A

Depuis le 1er août, le LDDS et le Livret A sont rémunérés au même taux de 1,7%, ce qui renforce leur proximité aux yeux du grand public. Les deux produits partagent d’ailleurs de nombreuses caractéristiques communes : garantie par l’État, disponibilité immédiate des fonds, intérêts défiscalisés, plafond réglementé et même calendrier de calcul des intérêts.

Leur différence tient principalement au public visé et à l’usage des sommes collectées. Le Livret A, dont le plafond d’encours est fixé à 22 950 euros hors intérêts, est ouvert à tous, majeurs comme mineurs, y compris aux non-résidents fiscaux. Il sert en priorité au financement du logement social et des politiques de la ville.

Exemple :

Le LDDS est réservé aux adultes résidant fiscalement en France. Ses fonds, centralisés en partie à la Caisse des Dépôts, financent la transition écologique, les PME et l’économie sociale et solidaire. Il permet aussi de verser tout ou partie des intérêts à des associations partenaires, sans frais, renforçant sa dimension solidaire.

Pour les épargnants, ce rapprochement des taux ramène le LDDS au rang d’outil complémentaire au Livret A pour loger l’épargne de court terme, dans la limite des plafonds respectifs. La capacité totale d’épargne réglementée disponible par personne, en combinant les deux livrets, peut ainsi dépasser 30 000 euros hors intérêts.

Concurrence accrue des assurances-vie et comptes à terme

Si le relèvement du taux à 1,7% redonne un peu de lustre au LDDS, celui-ci reste confronté à une concurrence renforcée d’autres placements. Les flux négatifs constatés au premier semestre s’expliquent en grande partie par des arbitrages en faveur de produits jugés plus rémunérateurs.

Les contrats d’assurance-vie en euros ont offert des rendements moyens d’environ 2,7% en 2025, avec certains supports affichant des performances jusqu’à 3,5%. Même soumis à fiscalité, ces niveaux de rendement ont incité de nombreux épargnants à déplacer une partie de leurs liquidités depuis les livrets réglementés vers ces supports de long terme.

Comptes à terme : la hausse des livrets réglementés booste les taux

La rémunération des comptes à terme a été relevée par plusieurs établissements pour rester compétitive face à la progression des livrets réglementés à 1,7 %. Ces produits offrent un taux plus élevé en contrepartie d’un blocage des fonds.

Hausse des taux

La montée à 1,7 % des livrets réglementés a poussé BoursoBank, Klarna et Placement-direct à ajuster à la hausse la rémunération de leurs comptes à terme.

Principe du compte à terme

Ces comptes exigent un blocage des fonds sur une période prédéfinie, en échange d’un taux plus élevé que celui des livrets liquides.

Objectif de compétitivité

Les établissements financiers cherchent à attirer les épargnants en offrant des conditions plus avantageuses malgré la contrainte de liquidité.

Dans le même temps, la hausse durable des prix de l’énergie et la persistance d’une inflation supérieure aux standards d’avant-crise ont poussé de nombreux foyers à puiser dans leur épargne de précaution pour financer leurs dépenses courantes. Ce facteur conjoncturel pèse également sur la collecte du LDDS, indépendamment de ses caractéristiques propres.

Un enjeu double : réconcilier les épargnants et financer la transition

La remontée à 1,7% place le LDDS à un niveau de rendement intermédiaire : plus attractif que les comptes courants non rémunérés ou faiblement rémunérés, mais inférieur aux produits de placement orientés long terme comme l’assurance-vie ou certains comptes à terme. Sa vocation reste celle d’un outil d’épargne de court ou moyen terme, sûr, immédiatement disponible et lisible.

164,7

L’encours total du LDDS atteignait 164,7 milliards d’euros au 30 juin, en hausse malgré les sorties nettes.

Au-delà de l’intérêt immédiat pour les détenteurs, l’enjeu dépasse la seule rémunération des ménages. Le LDDS constitue un canal essentiel de financement de la transition énergétique, du tissu de PME et de l’économie sociale et solidaire. Sa capacité à attirer de nouveau les capitaux des particuliers conditionne en partie les ressources disponibles pour ces projets.

Les prochains mois diront si le taux à 1,7% et l’environnement d’inflation modérée suffisent à transformer ce livret en véritable « nouel atout d’épargne » pour les Français, ou s’il restera durablement concurrencé par des produits plus rémunérateurs mais moins liquides ou plus risqués.

Ces articles pourraient vous intéresser

Contactez-moi

Vous désirez faire croître votre patrimoine ?

N'hésitez pas à me contacter afin de déterminer comment je peux vous aider à construire, protéger et transmettre votre patrimoine en toute sérénité.

+33 6 51 45 90 38 (WhatsApp)

« * » indique les champs nécessaires