La Baisse légère des faillites d’entreprises en France en mai 2023 s’inscrit, au regard des données les plus récentes disponibles pour 2026, dans un mouvement de reflux très progressif des défaillances, après un pic historique atteint au début de l’année. Les données publiées par la Banque de France pour la fin mai 2026 montrent un premier recul, encore modeste mais significatif, du nombre de procédures après plusieurs mois de hausse continue, avec des effets contrastés selon les secteurs et les tailles d’entreprises.
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Un plateau élevé mais un premier repli des défaillances
Selon le bulletin « Stat Info » diffusé par la Banque de France, les défaillances d’entreprises en France restent installées sur un plateau historiquement haut, autour de 70 000 procédures sur douze mois glissants. Toutefois, à la fin mai 2026, le cumul s’établit à 70 077 défaillances, contre 70 257 un mois plus tôt, marquant une légère baisse après un maximum dépassant 71 100 procédures au premier trimestre.
Le recul modeste des faillites confirme une phase de stabilisation après le rattrapage des faillites évitées pendant la période de soutien. Cependant, le niveau reste supérieur de 4,4% à celui de l’année précédente, indiquant des tensions persistantes.
Au premier trimestre 2026, 18 986 procédures avaient été ouvertes, soit une hausse de 6,4 % sur un an, avec plus de 75 000 emplois menacés sur la période, un record depuis la crise de 2009. La baisse de mai n’efface donc pas le choc social déjà accumulé, mais contribue à limiter le risque d’aggravation.
Le BTP en tête des secteurs qui tirent la baisse
La diminution récente des défaillances est principalement portée par le secteur du BTP / Construction, identifié comme le principal moteur de cette amélioration. D’après les statistiques de la Banque de France, ce secteur est le seul grand ensemble à afficher à fin mai 2026 un recul annuel des défaillances, de l’ordre de 3,2 %, pour un cumul de 14 368 procédures sur douze mois.
La baisse en pourcentage des défaillances dans les activités de gros œuvre au premier trimestre 2026, selon les données d’Altares.
Cette meilleure tenue du BTP contribue à stabiliser un maillon structurel de l’économie, alors que ce secteur avait été particulièrement exposé aux tensions sur les coûts des matériaux, aux retards de chantiers et aux arbitrages budgétaires des ménages comme des collectivités.
Transports et entreposage : un net ralentissement de la hausse
Autre secteur contribuant à la décrue relative, les transports et l’entreposage. Fin mai 2026, la hausse des défaillances y est encore de 4 % sur un an, mais ce rythme est en nette décélération par rapport au mois précédent, où la progression atteignait 8,5 %.
Après une période de flambée des coûts de l’énergie et de perturbations logistiques dues aux tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et dans le détroit d’Ormuz, les entreprises de transport routier ont répercuté une partie de la hausse des coûts, tandis que la détente récente des prix des hydrocarbures allège la pression sur leurs marges.
Microentreprises et PME au cœur du mouvement de reflux
La Banque de France souligne que la baisse mensuelle observée en mai 2026 est en grande partie imputable aux microentreprises, qui représentent le socle du tissu productif français. Les signaux sont également positifs pour les très petites entreprises (TPE) et certaines catégories de PME.
Le taux de défaillance des PME de 10 à 19 salariés a diminué de 12,1 % au premier trimestre 2026, démontrant une forte capacité d’adaptation.
Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises montrent par ailleurs une forte résistance. Près de 90 % d’entre elles parviennent à poursuivre leur activité dans le cadre de plans de sauvegarde ou de redressement, plutôt que de basculer directement en liquidation judiciaire. Cette faculté de restructuration limite l’ampleur des destructions d’emplois et préserve des capacités productives clés.
Une géographie des défaillances très contrastée
La baisse des défaillances n’est pas homogène sur le territoire. Altares relève, pour le premier trimestre 2026, des reculs marqués dans certaines régions. La Corse enregistre une diminution comprise entre 25 % et 27 % des procédures, la Normandie entre 10 % et 13 %, et les Pays de la Loire autour de 9 %.
Ces disparités régionales reflètent des structures économiques différentes et des expositions sectorielles inégales, mais aussi l’efficacité variable des dispositifs d’accompagnement et des politiques locales de soutien aux entreprises.
Un environnement macroéconomique toujours dégradé
Ce mouvement de stabilisation des défaillances intervient dans un contexte macroéconomique peu porteur. Au premier trimestre 2026, le PIB français s’est légèrement contracté de 0,1 % selon l’Insee, et l’activité est restée atone au deuxième trimestre. La Banque de France a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 %, contre 0,9 % anticipé quelques mois plus tôt. Le gouvernement table officiellement sur 0,9 %, tandis que le FMI retient 0,7 %.
42 % des dirigeants déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Parallèlement, la désinflation s’est nettement accélérée. L’Insee indique que l’inflation a reculé à 1,8 % en juin 2026 sur un an, après 2,4 % en mai, repassant ainsi sous la barre des 2 % pour la première fois depuis 2021. Cette détente des prix allège progressivement la pression sur les coûts des entreprises, sans pour autant compenser immédiatement la hausse passée des charges financières dans un environnement de taux d’intérêt encore élevés.
Entre solidité des bilans et contraction des trésoreries
Les indicateurs de solvabilité montrent des bilans globalement solides, mais les trésoreries se resserrent. L’Observatoire BPCE relève une baisse des taux d’épargne des entreprises, alors même que leurs besoins de financement augmentent, notamment en raison de la remontée des charges financières et des dernières échéances de remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) en 2026.
En mai 2026, 40 % des dirigeants ont ajusté leur stratégie avec des mesures défensives comme des reports d’investissements, un renforcement préventif des stocks, une diversification des marchés et une révision des sources d’approvisionnement énergétique. Bien que ces choix réduisent le risque de rupture de trésorerie à court terme, ils peuvent limiter le potentiel de croissance et d’innovation.
Prévention renforcée et évolution des procédures collectives
La montée en puissance des procédures préventives et de redressement constitue un autre facteur expliquant la Baisse légère des faillites d’entreprises en France en mai 2023 au regard de la dynamique observée en 2026. Le CNAJMJ relève un niveau élevé et stable de mandats ad hoc et de conciliations, ce qui indique que les entreprises cherchent davantage à anticiper leurs difficultés.
Au premier trimestre 2026, les ouvertures de redressements judiciaires ont augmenté de 13,6 % par rapport à l’année précédente.
Par ailleurs, le Parlement a adopté début 2026 des mesures destinées à lutter plus efficacement contre les retards de paiement, notamment via le paiement automatique des intérêts de retard. Ces dispositifs visent à réduire l’effet domino des défaillances, souvent déclenchées par des impayés en chaîne.
Un tissu entrepreneurial en expansion, mais sous tension
À la fin mai 2026, plus de 1,2 million d’entreprises ont été créées sur douze mois glissants en France, soit une hausse de 10 % par rapport à la même période un an plus tôt. Cette progression continue de la population d’entreprises contribue à « diluer » le taux réel de défaillance au sein de l’économie.
Ce phénomène intervient après plusieurs années de rattrapage post-Covid et la fin progressive du « quoi qu’il en coûte ». Il témoigne d’un dynamisme entrepreneurial encore marqué, même si l’optimisme des dirigeants a atteint en mai 2026 son point le plus bas depuis la crise sanitaire, en raison du contexte international, de la faiblesse de la demande et de la pression persistante des coûts de financement.
Constat économique
Certaines filières, telles que l’aéronautique, la défense, la transition énergétique et les technologies de l’information, affichent néanmoins des performances solides, offrant des relais de croissance et d’investissement qui soutiennent indirectement l’ensemble du tissu économique.
Perspectives : vers une amélioration progressive à partir de 2027
Les prévisionnistes considèrent que 2026 correspond à un point bas conjoncturel, tant pour l’activité que pour les défaillances. Allianz Trade anticipe un repli global des faillites à partir de 2027, de l’ordre de 3 %, à condition que les conditions de financement s’améliorent et que les taux d’intérêt reculent. Le cabinet Atradius table, lui, sur une baisse d’environ 6 % des défaillances à l’horizon 2027.
La Banque de France prévoit une croissance de 0,9 % en 2027 et 1,2 % en 2028, avec un assouplissement monétaire progressif de la BCE. En parallèle, la baisse légère des faillites d’entreprises en mai 2023 et les signaux de stabilisation en 2026 pourraient amorcer une normalisation fragile après des années de turbulences.
Pour l’heure, le niveau toujours élevé des défaillances, la tension sur les trésoreries et la faiblesse de la croissance invitent toutefois à la prudence. Les évolutions du conflit au Moyen-Orient, des conditions de crédit et de la demande intérieure resteront déterminantes pour confirmer, ou non, l’amorce de ce reflux.
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