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Augmentation des factures d’électricité et nouveau taux du CEL : les principaux changements pour les ménages

par | Actualités
Publié le 18 juillet 2026

Les ménages français s’apprêtent à faire face à un double ajustement à compter du 1er août 2026 : une hausse des factures d’électricité et une revalorisation du Compte Épargne Logement (CEL). Validés à la mi-juillet par les autorités, ces deux mouvements toucheront à la fois le budget courant et l’épargne réglementée de millions de foyers.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Factures d’électricité : une hausse moyenne de 2,5 % à partir d’août

Les tarifs réglementés de vente de l’électricité restent inchangés en juillet, mais une augmentation moyenne de 2,5 % toutes taxes comprises entrera en vigueur le 1er août 2026. La décision découle d’une délibération de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), publiée le 16 juillet, puis validée par le ministère de l’Énergie entre le 16 et le 17 juillet.

Cette hausse concerne directement 19,37 millions de clients résidentiels abonnés aux tarifs réglementés d’EDF en France métropolitaine. Les foyers ayant souscrit une offre de marché indexée sur ces tarifs verront également leur facture évoluer dans le même sens.

Pour un ménage consommant autour de 4,5 MWh par an, soit un profil proche de la moyenne nationale, l’impact annuel est évalué entre 26 et 30 euros TTC, ce qui représente un peu plus de 2 euros supplémentaires par mois.

Ce qui change sur le prix du kWh et l’abonnement

Dans le détail, la CRE propose plusieurs ajustements selon les options tarifaires, notamment pour le Tarif Bleu d’EDF.

3,1

Le prix du kilowattheure pour l’option Base augmentera d’environ 3,1 % pour les puissances de 3 et 6 kVA.

Un couple vivant en appartement, équipé d’une puissance de 6 kVA et consommant autour de 5 000 kWh par an, verrait ainsi sa facture annuelle majorée d’environ 33 euros.

Pour l’option Heures pleines / Heures creuses, la hausse est plus marquée en heures pleines : le prix du kWh passerait de 0,2065 euro à 0,2142 euro, soit une augmentation d’environ 3,7 %. En heures creuses, l’évolution serait beaucoup plus limitée, de 0,1579 euro à 0,1589 euro le kWh, ce qui correspond à une progression de 0,6 %.

Pour une maison chauffée à l’électricité, avec une puissance de 9 kVA et une consommation de 10 000 kWh par an, la CRE estime l’augmentation annuelle de la facture à environ 50,70 euros.

Les autres options réglementées sont également concernées. L’option EJP connaîtrait une hausse moyenne de l’ordre de 1,9 % sur l’année. Pour l’option Tempo, une refonte des grilles tarifaires est prévue à cette même date du 1er août 2026, sans qu’un chiffrage détaillé ne soit encore arrêté dans le cadre de la délibération.

Les raisons techniques de la hausse : TURPE et nouveau mécanisme de capacité

L’augmentation de 2,5 % en moyenne s’explique principalement par deux éléments techniques liés au fonctionnement du système électrique français.

Bon à savoir :

Le Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), qui rémunère Enedis et RTE pour l’entretien des infrastructures, augmentera de 3,04 % au 1er août 2026. Cette hausse s’explique par un rattrapage des recettes perdues par Enedis après un hiver 2025 doux et une moindre consommation de chauffage.

Ensuite, la mise en œuvre d’un nouveau mécanisme de capacité. Un premier appel d’offres dans ce cadre s’est tenu le 6 juillet 2026. Ce dispositif vise à garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité lors des périodes de forte consommation hivernale, en rémunérant la disponibilité de moyens de production ou d’effacement. Les coûts liés à ce mécanisme de capacité sont désormais intégrés dans le calcul des tarifs, constituant un poste supplémentaire sur la facture des usagers.

30,62

Le taux de l’accise sur l’électricité passera de 30,85 à 30,62 euros par MWh au 1er août 2026 pour les puissances inférieures ou égales à 36 kVA, réduisant légèrement cette taxe.

Des changements aussi dans les territoires d’Outre-mer

La délibération de la CRE du 15 juillet 2026 inclut des évolutions structurelles spécifiques à certains territoires ultramarins. Pour les tarifs dits « Bleus + », qui concernent des puissances supérieures à 36 kVA, notamment pour les entreprises et les copropriétés, l’option Base doit disparaître à compter du 1er août 2026.

Cette suppression est programmée en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à La Réunion. Les clients concernés disposent d’un délai d’un an pour se repositionner sur une autre option tarifaire. À défaut de choix explicite, ils seront automatiquement basculés, au 1er août 2027, vers l’option Heures pleines / Heures creuses.

Un nouveau rendez-vous tarifaire déjà prévu en 2027

Au-delà de l’ajustement du 1er août 2026, la CRE a annoncé qu’un second mouvement tarifaire interviendrait en février 2027. Ce futur recalibrage doit permettre d’assurer l’équilibre financier de l’ancien mécanisme de capacité et de solder les ajustements finaux liés aux coûts réels de l’année 2026. Les consommateurs peuvent donc s’attendre à une nouvelle phase de révision des tarifs réglementés l’an prochain.

Compte Épargne Logement : un taux porté à 1,25 % brut

En parallèle de ces évolutions sur les factures d’électricité, les épargnants disposant d’un Compte Épargne Logement voient la rémunération brute de ce produit revalorisée. Sur recommandation de la Banque de France, le ministère de l’Économie et des Finances a annoncé le 15 juillet 2026 l’ajustement de plusieurs taux de l’épargne réglementée à compter du 1er août.

Le taux brut du CEL passera ainsi de 1,00 % à 1,25 %. Cette hausse s’inscrit dans le sillage de la revalorisation du Livret A, dont le taux passe de 1,50 % à 1,70 % à la même date. Le mouvement met fin à une phase de baisse qui avait ramené le taux du CEL à 1,00 % au 1er février 2026.

Un calcul encadré par une formule réglementaire

La rémunération du CEL ne résulte pas d’une décision discrétionnaire mais d’une formule fixée par un décret de janvier 2021. Celle-ci prévoit que le taux du Compte Épargne Logement est égal aux deux tiers du taux du Livret A, arrondi au quart de point le plus proche, ou à défaut au quart de point immédiatement supérieur.

Exemple :

Le taux du CEL est calculé comme les deux tiers du taux du Livret A. Avec un Livret A à 1,70 %, le calcul donne environ 1,13 %, arrondi au quart de point supérieur à 1,25 % brut, ce qui illustre le lien mécanique entre les deux taux.

Un rendement net variable selon la fiscalité

Contrairement au Livret A, le Compte Épargne Logement est soumis à l’impôt sur le revenu pour une partie de ses titulaires. La fiscalité applicable dépend de la date d’ouverture du compte.

Pour les CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018, les intérêts entrent dans le champ du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %, qui combine 17,2 % de prélèvements sociaux et 12,8 % d’impôt sur le revenu. En appliquant cette ponction, le taux net ressort à 0,875 %, contre 0,70 % auparavant.

Les foyers non imposables peuvent choisir d’être taxés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt qu’au PFU. Dans ce cas, ils peuvent récupérer la part de 12,8 % liée à l’impôt, ne restant redevables que des prélèvements sociaux. Leur rendement net s’établit alors à 1,035 %.

Pour les CEL ouverts avant le 1er janvier 2018, les intérêts bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 %. Dans cette configuration, le taux net atteint aussi 1,035 %, contre 0,83 % avant la revalorisation.

Plafond, disponibilité des fonds et droit à un prêt immobilier

Le Compte Épargne Logement conserve par ailleurs ses caractéristiques habituelles. Le montant des dépôts est plafonné à 15 300 euros. Une fois ce plafond de versements atteint, il n’est plus possible d’alimenter directement le compte, mais les intérêts capitalisés peuvent conduire à un solde supérieur à ce seuil.

Attention :

Un versement initial d’au moins 300 euros est obligatoire pour ouvrir un Compte Épargne Logement (CEL). Le solde ne doit jamais descendre sous ce seuil, sinon la banque clôturera automatiquement le compte. Les fonds restent disponibles à tout moment, ce qui permet au CEL de servir à la fois de réserve de liquidités et d’épargne à vocation immobilière.

Après au minimum 18 mois d’épargne, le titulaire peut demander un prêt réglementé pour financer une résidence principale ou des travaux, notamment de rénovation énergétique. Le taux du crédit est calculé en ajoutant des frais fixes de gestion de 1,50 point au taux d’intérêt de la phase d’épargne.

Les droits à prêt accumulés lorsque le CEL était rémunéré à 1,00 % se traduisent par un taux de crédit de 2,50 %. Pour les intérêts générés à partir du 1er août 2026, avec un taux de 1,25 %, le taux de prêt associé sera de 2,75 %. Le montant maximal qu’il est possible d’emprunter via un CEL est plafonné à 23 000 euros.

Un double enjeu pour le pouvoir d’achat des ménages

Ce double mouvement – hausse des factures d’électricité et revalorisation du Compte Épargne Logement – illustre la tension entre les impératifs de financement des infrastructures et la volonté de préserver, au moins partiellement, le rendement de l’épargne réglementée. D’un côté, la revalorisation du TURPE et l’intégration du nouveau mécanisme de capacité se traduisent par des factures plus élevées pour des millions de consommateurs, malgré une légère baisse de la fiscalité sur l’électricité. De l’autre, le relèvement du CEL offre un gain de rémunération modéré aux épargnants, mais dont l’ampleur nette dépend fortement de leur situation fiscale.

Astuce :

Les ménages doivent gérer à la fois l’augmentation de leurs dépenses courantes d’énergie et des rendements moindres sur leurs placements sécurisés, avec un nouvel ajustement tarifaire de l’électricité prévu pour février 2027.

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