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Ralentissement confirmé de la hausse des prix immobiliers au Royaume-Uni

par | Actualités
Publié le 23 juillet 2026

Les prix des logements au Royaume-Uni ont progressé de 2,7 % sur un an en mai, selon les dernières données de l’Office for National Statistics (ONS), confirmant un net ralentissement du marché résidentiel. Cette hausse annuelle, inférieure aux 3,9 % enregistrés en avril, s’accompagne d’une augmentation mensuelle limitée à 0,3 % et s’inscrit dans un contexte de taux d’intérêt élevés, de pouvoir d’achat sous pression et de transition politique.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Une progression des prix nettement moins rapide

D’après l’indice officiel des prix immobiliers publié par l’ONS, le prix moyen d’un logement au Royaume-Uni s’élevait à 271 000 livres en mai. Cela représente environ 7 000 livres de plus qu’un an auparavant, mais la dynamique se tasse sensiblement.

Bon à savoir :

Entre avril et mai 2026, les prix n’ont augmenté que de 0,3 %, contre 1,5 % un an plus tôt. Ce ralentissement est principalement dû à un effet de base lié aux réformes du Stamp Duty au printemps 2025, qui avaient fait bondir les prix.

Le tassement observé en mai survient dans la continuité des signaux plus faibles remontés par les grands prêteurs et portails immobiliers. Lloyds Banking Group a ainsi fait état en juin d’une hausse mensuelle quasi nulle des prix (+0,2 %) et d’une progression annuelle réduite à 0,6 %, tandis que Nationwide Building Society n’a pas constaté de hausse mensuelle en juin. Du côté des annonces, Rightmove a enregistré une baisse de 1 % des prix affichés sur les quatre semaines précédant le 11 juillet, cinq fois supérieure au recul saisonnier habituel pour cette période (–0,2 %).

Des disparités marquées entre nations et régions

Derrière la moyenne nationale, la situation varie fortement selon les territoires. En Angleterre, le prix moyen atteint 292 000 livres, pour une hausse annuelle de 2,3 % seulement et une progression mensuelle très marginale de 0,1 %. Le marché y apparaît globalement proche de la stagnation.

198 000

Le prix moyen d’un logement en Irlande du Nord, la zone la plus dynamique du Royaume-Uni avec une hausse annuelle de 7,4 % au premier trimestre 2026.

À l’échelle régionale, le Nord-Est de l’Angleterre affiche la plus forte hausse annuelle, avec une progression de 5,9 % en mai. Le Nord-Ouest se distingue par la plus forte croissance mensuelle (+1,4 %). À l’inverse, Londres se trouve en net repli : dans la capitale, les prix reculent de 3,7 % sur un an en mai et de 1,2 % sur un mois, marquant un neuvième mois consécutif de baisse annuelle. Le prix moyen londonien atteint 545 000 livres, mais le marché est désormais qualifié de « marché d’acheteurs », l’offre y dépassant nettement la demande solvable.

Un environnement de crédit plus contraignant

Le ralentissement de la hausse des prix intervient alors que les conditions de financement se sont durcies. Le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a voté le 18 juin pour le maintien du taux directeur à 3,75 %, avec sept membres favorables au statu quo et deux dissidents. Si l’inflation a reculé à 2,8 % en mai puis 2,6 % en juin, son niveau et sa trajectoire restent jugés fragiles, notamment en raison de la volatilité des coûts de l’énergie sur fond de tensions au Moyen-Orient.

Attention :

Le coût des emprunts immobiliers a nettement augmenté depuis le début de l’année. Le taux moyen des prêts à taux fixe sur deux ans est passé de 4,83 % fin février à 5,58 % fin juillet. Cette hausse est attribuée aux tensions géopolitiques qui renchérissent le financement et pèsent sur les anticipations des marchés.

Ces taux élevés restreignent la capacité d’endettement des ménages et compliquent l’accession à la propriété, en particulier pour les primo-accédants. Selon plusieurs indicateurs, de nombreux ménages reportent leurs projets immobiliers, sous l’effet conjugué de la hausse des coûts d’emprunt, de l’incertitude géopolitique et de la phase de transition politique en cours.

Une demande en retrait, une offre abondante

Les signes de refroidissement se multiplient sur le front de la demande. Le portail Zoopla fait état d’une baisse de 20 % des demandes d’information de la part des acheteurs par rapport à l’an dernier, et d’un recul de 7 % du volume de ventes finalisées. Les études de marché soulignent également un repli des transactions en cours : en juin, le nombre de ventes convenues aurait reculé d’entre 7 % et 10,4 % sur un an, selon les sources.

Rightmove et Zoopla attribuent en partie ce coup de frein à des facteurs saisonniers amplifiés : organisation de la Coupe du monde de football masculin, succession de fortes chaleurs en mai, juin et juillet, et incertitudes liées à la transition politique. Chaque épisode de canicule aurait provoqué une contraction temporaire de 4 % à 8 % de la demande.

747 000

Le nombre de logements disponibles sur le marché au 1er juin, proche du plus haut niveau depuis douze ans

Cette situation oblige les promoteurs à ajuster finement le lancement de nouveaux programmes pour éviter un excès de stock invendu. Les délais de transaction s’allongent, et les vendeurs doivent faire preuve de patience, voire réviser leurs prétentions, surtout dans les zones où l’offre dépasse largement la demande, à l’image de Londres.

Une légère bouffée d’oxygène pour les acheteurs

La modération de la hausse des prix procure un répit relatif aux ménages qui envisagent un achat. En conten containing l’augmentation du capital à emprunter, elle limite partiellement l’impact des taux élevés sur le coût total des projets immobiliers. Pour les primo-accédants, la combinaison d’une progression des prix plus lente et d’un certain rééquilibrage du rapport de force en faveur des acheteurs, notamment dans les grandes métropoles, peut créer des opportunités, sous réserve de pouvoir supporter des mensualités alourdies par les taux.

Bon à savoir :

Le marché n’est pas en correction généralisée : la hausse des prix se poursuit dans la majorité des régions, bien qu’à un rythme moins soutenu. Les zones abordables comme le Nord-Est de l’Angleterre et l’Irlande du Nord continuent d’enregistrer des progressions notables, portées par une demande structurelle et des prix encore attractifs.

Un marché locatif en croissance plus régulière

En parallèle, le marché de la location privée poursuit sa progression. L’indice des loyers privés (PIPR) publié par l’ONS pour juin fait apparaître un loyer moyen de 1 388 livres par mois au Royaume-Uni, en hausse de 3,3 % sur un an, un rythme identique à celui de mai.

Loyers au Royaume-Uni

Évolution des loyers moyens et inflation locative dans les différentes régions du Royaume-Uni

Angleterre

Loyer moyen : 1 446 £. Hausse annuelle : +3,4 %. Forte inflation dans le Nord-Est (+6,3 %), faible progression à Londres (+2,2 %).

Pays de Galles

Loyer moyen : 843 £. Hausse annuelle : +4,9 %.

Écosse

Loyer moyen : 1 012 £. Hausse annuelle : +1,3 %.

Cette évolution atteste d’une tension persistante sur le marché locatif, alors même que l’accession à la propriété est freinée par les conditions de crédit. La hausse plus régulière des loyers, même si elle reste inférieure aux pics d’inflation des dernières années, entretient la pression sur le budget logement des ménages.

Un contexte macroéconomique et politique déterminant

Les évolutions du marché immobilier s’inscrivent dans un environnement macroéconomique encore fragile. Le produit intérieur brut du Royaume-Uni n’a progressé que de 0,1 % en mai, après une contraction équivalente en avril. Sur les trois mois se terminant en mai, la croissance atteint 0,7 %, mais les statistiques signalent un ralentissement de la demande intérieure, pénalisée par la crise du coût de la vie et par le niveau élevé des taux directeurs de la Banque d’Angleterre.

2,6

En juin, l’inflation a baissé à 2,6 %, un niveau légèrement meilleur que prévu par les économistes.

Le paysage politique a lui aussi été bouleversé avec l’arrivée d’Andy Burnham à Downing Street en juillet, succédant à Keir Starmer. Le nouveau gouvernement, déjà désigné sous le nom de gouvernement Burnham, nourrit des attentes importantes au sein du secteur immobilier. Le Premier ministre a réaffirmé son intention de lancer un vaste programme de construction de logements afin de résorber le déficit d’offre. Les acteurs du marché surveillent également la possibilité de nouvelles réformes du Stamp Duty, susceptibles d’influencer la demande et la dynamique des prix.

Bon à savoir :

L’exécutif a annoncé la suppression de la TVA sur l’électricité pour l’hiver et le rétablissement d’un plafond de 2 livres sur les tarifs de bus à partir de janvier 2027. Ces mesures visent à alléger la pression sur les ménages, à stabiliser la demande de crédit et pourraient relancer l’activité immobilière d’ici l’automne 2026.

Perspectives pour les prochains mois

Les données concordent sur un marché en phase de refroidissement, mais pas en crise. La hausse des prix ralentit sensiblement, la demande se replie sous l’effet des taux et des incertitudes, tandis que l’offre reste abondante. Pour les acheteurs, la période actuelle se traduit par un léger rééquilibrage des rapports de force, surtout dans les marchés surévalués comme Londres. Pour les vendeurs et les promoteurs, elle implique davantage de réalisme sur les prix et une gestion prudente des mises en vente.

Astuce :

Les professionnels anticipent une reprise des transactions à l’automne, après l’été, grâce à une clarification de la politique monétaire et des priorités du gouvernement Burnham en matière de logement. L’évolution des taux, de l’inflation et des réformes fiscales sera décisive pour déterminer si le ralentissement actuel se prolonge ou ouvre la voie à une stabilisation.

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