L’intérêt servi par le Compte Épargne Logement (CEL) a été relevé au 1er août 2026, dans le sillage de la revalorisation du Livret A. Le taux brut du CEL passe ainsi de 1,00 % à 1,25 %, après une décision officialisée le 15 juillet 2026 par le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, sur la base des recommandations de la Banque de France. Cette hausse reste toutefois modeste et ne suffit pas à compenser l’inflation, ce qui limite l’attrait du produit pour une épargne de précaution, tout en conservant un intérêt pour le financement immobilier.
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Un relèvement mécanique lié au Livret A
Le taux du CEL est réglementé et directement indexé sur celui du Livret A. La règle est simple : la rémunération brute du CEL est fixée aux deux tiers du taux du Livret A, arrondis au quart de point le plus proche.
Le taux du Livret A est passé à 1,70 % net au 1er août 2026, après un abaissement à 1,50 % en février 2026.
Pour le CEL, le calcul est le suivant : deux tiers de 1,70 % donnent 1,13 %. En arrondissant au quart de point le plus proche, la rémunération brute est portée à 1,25 %. Il s’agit d’un retour à son niveau d’août 2025 à janvier 2026, après un passage à 1,00 % entre février et juillet 2026.
Un historique récent marqué par des baisses successives
Depuis 2023, le CEL a connu plusieurs révisions à la baisse, en parallèle de l’évolution du Livret A et de l’inflation. De février 2023 à janvier 2025, le taux du CEL s’établissait à 2,00 %. Il a ensuite été ramené à 1,50 % de février à juillet 2025, puis à 1,25 % d’août 2025 à janvier 2026.
Au 1er février 2026, la rémunération brute du LEP a baissé à 1,00 % suite à la baisse du Livret A à 1,50 %. Ce taux est resté en vigueur jusqu’au 31 juillet 2026, avant d’être relevé à 1,25 % à la mi-juillet 2026.
Sur l’ensemble de la période 2023–2026, le CEL s’oriente donc sur une trajectoire globalement décroissante, malgré le léger rebond de l’été 2026, sous l’effet de la remontée de l’inflation au premier semestre 2026, évaluée en moyenne à 1,52 % et attendue autour de 2 % sur l’année selon les projections de l’Insee.
Une rémunération nette faible et un rendement réel négatif
Contrairement au Livret A, entièrement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, le CEL n’est pas intégralement défiscalisé. Cette différence de traitement fiscal pèse lourdement sur le rendement réel pour les épargnants.
Pour les comptes ouverts depuis le 1er janvier 2018, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, qui se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Avec un taux brut de 1,25 %, cela aboutit à un rendement net de 0,875 % environ.
Les intérêts du CEL sont exonérés d’impôt sur le revenu pour les titulaires d’un CEL ouvert avant 2018 ou les foyers non imposables optant pour le barème progressif, mais ils restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, ce qui donne un taux net de 1,035 %.
Même après la hausse d’août 2026, le rendement réel, c’est-à-dire net de fiscalité et corrigé de l’inflation, demeure négatif. Pour un CEL récent soumis au PFU, le rendement réel est estimé à environ –1,12 % en 2026, compte tenu d’une inflation projetée voisine de 2 %. L’épargnant préserve donc imparfaitement son pouvoir d’achat et voit la valeur réelle de son capital s’éroder.
Un produit en retrait face aux autres livrets réglementés
Dans ce contexte, le CEL apparaît nettement moins attractif que les principaux livrets réglementés de court terme. Le Livret A offre un taux net de 1,70 %, soit quasiment le double de la rémunération nette d’un CEL moderne taxé au PFU. Il bénéficie en outre d’un plafond de dépôt plus élevé, fixé à 22 950 euros hors intérêts, contre 15 300 euros pour le CEL. Les fonds y restent disponibles à tout moment, comme sur un CEL, mais sans contrainte de solde minimum.
Pour les épargnants modestes, trois livrets sont privilégiés en août 2026 : le LEP, le Livret A et le LDDS, avec des taux nets attractifs.
Taux maintenu à 2,50 % net en août 2026. Destiné aux foyers éligibles, il est recommandé en priorité.
Taux à 1,70 % net. Complément idéal du LEP pour l’épargne de précaution.
Livret de Développement Durable et Solidaire, également à 1,70 % net. Alternative ou complément au Livret A.
Pour les montants excédant les plafonds des livrets réglementés, les professionnels recommandent plutôt des comptes à terme ou des fonds en euros de contrats d’assurance-vie, jugés plus adaptés pour faire face à un environnement d’inflation supérieure aux rendements des produits défiscalisés ou faiblement taxés. Cette réorientation se traduit dans les chiffres : les sorties nettes des Livret A et LDDS ont dépassé 5 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de 2026 au niveau national.
Dans ce paysage, le CEL conserve un positionnement spécifique, moins comme produit de rendement que comme outil d’accès à un crédit immobilier à taux préférentiel.
Un intérêt recentré sur les droits à prêt immobilier
La vocation principale du CEL reste en effet de générer des « droits à prêt » permettant de financer l’achat d’un logement ou des travaux d’amélioration. Pour bénéficier de ce dispositif, le titulaire doit respecter une période minimale d’épargne de 18 mois. Les versements sont possibles jusqu’à un plafond réglementaire de 15 300 euros, seuil qui ne peut être dépassé que par la capitalisation annuelle des intérêts. Un solde minimal de 300 euros doit être conservé en permanence, au risque, dans le cas contraire, de voir le compte clôturé et les droits à prêt perdus.
Le taux de prêt du CEL est généralement le taux d’épargne majoré de 1,50 point (exemple : avec un taux d’épargne à 1,25 %, le crédit est à 2,75 %). Cependant, certains documents mentionnent une majoration de 1,20 point, ce qui aurait donné 2,20 % en 2026 avec un taux d’épargne à 1,00 %, puis 2,45 % à 1,25 %. Le principe reste un crédit indexé sur l’épargne, plus des frais fixes.
Les droits acquis sont fractionnés par période et conservent le taux de leur « génération » : ainsi, l’épargne rémunérée à 2,00 % entre février 2023 et janvier 2025 ouvre droit à un prêt à 3,50 %, celle rémunérée à 1,00 % de février à juillet 2026 donne accès à un taux de 2,50 %, et l’épargne postérieure au 1er août 2026, servie à 1,25 %, permet un crédit à 2,75 %. Les établissements bancaires utilisent des simulateurs qui pondèrent ces différentes périodes pour aboutir à un taux unique, représentatif de l’ensemble des droits à prêt mobilisés.
Le total des financements mobilisables via un prêt CEL combiné à un prêt PEL peut atteindre 115 000 euros.
Une option qui dépend de l’évolution des taux immobiliers
Au regard des conditions de marché en 2026, le taux des prêts appuyés sur un CEL peut se révéler concurrentiel. Les taux immobiliers classiques pratiqués par les banques se situent alors généralement entre 3,10 % et 3,60 %. Dans un tel environnement, un prêt à 2,75 % ou 2,45 %, selon le mode de calcul retenu, constitue un avantage non négligeable, surtout pour des montants complémentaires ou pour boucler un financement.
L’intérêt d’un CEL dépend du projet d’épargne. Pour une épargne de précaution, le LEP, Livret A ou LDDS protègent mieux le pouvoir d’achat. En revanche, pour un achat immobilier ou des travaux à moyen terme, le CEL reste utile car il permet de sécuriser à l’avance des conditions de crédit potentiellement plus avantageuses que celles du marché.
À l’horizon 2026, la combinaison d’un rendement réel négatif mais d’un avantage en matière de taux d’emprunt place ainsi le CEL dans une position ambivalente : peu compétitif comme produit d’épargne pure, mais encore pertinent comme outil de préparation et d’optimisation d’un futur financement immobilier.
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