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Réformes de la Retraite : Nouvelles Avantages pour les Mères dès Septembre

par | Actualités
Publié le 6 août 2026

Les mères de famille vont bénéficier, à partir du 1er septembre 2026, de plusieurs améliorations de leurs droits à la retraite, issues de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisées par deux décrets publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026. Ces mesures visent principalement à corriger des inégalités persistantes entre les carrières des femmes et celles des hommes, en prenant mieux en compte les interruptions ou réductions d’activité liées aux enfants. Elles s’accompagnent toutefois d’un effet collatéral négatif pour certaines assurées nées en 1964 et au début de 1965, qui perdront une majoration introduite en 2023.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Un cadre législatif ciblé sur les écarts de pension entre femmes et hommes

Les nouvelles dispositions découlent de l’article 104 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, votée en décembre 2025. Deux décrets d’application, numérotés 2026-699 et 2026-700, signés le 29 juillet 2026, ont été publiés le 31 juillet. Ils sont techniquement entrés en vigueur le 1er août, mais l’ensemble des mesures qu’ils portent ne s’appliquera concrètement qu’aux retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026.

Bon à savoir :

Le gouvernement présente cette réforme comme un changement important pour les droits des mères, notamment dans les régimes de base. L’objectif est de limiter la baisse de niveau de vie à la retraite pour les femmes aux carrières interrompues, fractionnées ou à temps partiel après une naissance.

Ces nouvelles règles ne sont pas rétroactives. Elles ne modifient pas les pensions qui étaient déjà en paiement avant septembre 2026. Elles concernent en revanche les futures liquidations, qu’il s’agisse de départs au taux plein à l’âge légal ou de départs anticipés dans le cadre des carrières longues.

Une nouvelle méthode de calcul plus favorable aux mères

Le premier décret (n° 2026-699) modifie le calcul du Salaire Annuel Moyen (SAM) dans les régimes de base alignés, afin de neutraliser certaines années peu favorables souvent liées à la maternité ou au temps partiel. Jusqu’ici, la pension de base dans le régime général et les régimes alignés (MSA, Sécurité sociale des indépendants…) était calculée sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire.

Attention :

À partir du 1er septembre 2026, les assurés ayant au moins un trimestre de majoration (MDA) pour un enfant verront le nombre d’années prises en compte dans la moyenne réduit, corrigeant ainsi la pénalisation des mères ayant interrompu ou réduit leur activité après une naissance, dont les années faiblement rémunérées abaissaient le montant de la retraite.

Concrètement, pour une mère d’un seul enfant, la pension de base sera désormais calculée à partir des 24 meilleures années au lieu de 25. Pour une mère de deux enfants ou plus, la moyenne sera effectuée sur les 23 meilleures années. Les années les moins rémunérées, correspondant souvent aux retours d’arrêt ou aux périodes de temps partiel, seront ainsi écartées du calcul, ce qui augmente mécaniquement le SAM et, in fine, le montant de la pension de base servie au taux plein.

une femme sur deux

Selon les estimations gouvernementales, au moins une femme sur deux verrait son taux de remplacement amélioré à la retraite grâce à ce mécanisme, avec une baisse plus limitée de son niveau de vie.

En revanche, les fonctionnaires ne sont pas concernés par cette réduction du nombre d’années de référence, leurs pensions étant calculées sur le traitement indiciaire des six derniers mois de carrière. Pour compenser cette exclusion, le décret instaure une nouvelle majoration d’un trimestre pour les femmes fonctionnaires ayant accouché à partir du 1er janvier 2004, dans les régimes de la CNRACL et du FSPOEIE.

Meilleure prise en compte des trimestres enfants dans les carrières longues

Le second décret (n° 2026-700) corrige un autre biais structurel affectant les mères : l’impossibilité, jusqu’ici, de faire compter les trimestres pour enfants comme « trimestres cotisés » dans les dispositifs de départ anticipé pour carrière longue.

Astuce :

Désormais, les trimestres accordés pour maternité, adoption ou éducation ne sont plus uniquement considérés comme des trimestres validés (gratuits), mais sont aussi assimilés à des périodes cotisées. Cette mesure permet aux femmes, même celles ayant débuté tôt, de bénéficier d’un départ anticipé pour carrière longue si elles cumulent suffisamment de trimestres cotisés, sans être pénalisées par ces bonus familiaux.

À partir du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres de majoration pour enfants pourront désormais être comptabilisés comme « réputés cotisés » pour l’accès à la retraite anticipée au titre des carrières longues. Cette évolution concerne les régimes de base du secteur privé, pour les salariées comme pour les indépendantes, mais aussi les trois fonctions publiques (d’État, territoriale et hospitalière), y compris pour les agentes contractuelles, via des mécanismes équivalents.

13 000

Près de 13 000 femmes de la génération 1970 pourraient bénéficier d’un départ à la retraite anticipé jusqu’à deux ans avant l’âge légal, sans décote.

Cette mesure vise à sécuriser le droit à une retraite anticipée pour celles qui ont commencé à cotiser tôt mais ont interrompu leur activité quelques années pour élever leurs enfants, sans être pénalisées sur le décompte des trimestres cotisés.

Des règles de majoration pour enfants maintenues mais mieux valorisées

Les nouvelles dispositions ne remettent pas en cause le principe des majorations de durée d’assurance pour enfants, mais modifient la manière dont elles sont utilisées. Actuellement, chaque enfant ouvre droit à jusqu’à huit trimestres supplémentaires dans les régimes de base.

Quatre trimestres sont accordés pour la maternité ou l’adoption, automatiquement et exclusivement à la mère biologique, afin de compenser l’impact de la grossesse et de l’accouchement sur sa carrière. Quatre trimestres supplémentaires sont attribués au titre de l’éducation de l’enfant pendant les quatre premières années suivant la naissance ou l’adoption.

Bon à savoir :

Pour les enfants nés avant 2010, les 4 trimestres d’éducation sont attribués automatiquement à la mère. Depuis 2010 et la réforme de 2023, 2 trimestres reviennent d’emblée à la mère, les 2 autres pouvant être partagés entre les parents d’un commun accord. Sans démarche, ils sont aussi attribués par défaut à la mère.

La nouveauté apportée par les décrets de 2026 ne porte pas sur l’attribution de ces trimestres, mais sur leur valorisation concrète, que ce soit pour améliorer le salaire de référence dans le calcul de la pension ou pour ouvrir l’accès à la retraite anticipée au titre des carrières longues.

Bon à savoir :

Les ajustements concernent uniquement les régimes de base (CNAV, MSA, SSI), tandis que les régimes complémentaires comme l’Agirc-Arrco pour le privé restent inchangés. Selon la part de retraite complémentaire, les effets varieront donc sensiblement d’une assurée à l’autre.

Un effet collatéral : la perte de la surcote parentale pour la génération 1964

Parallèlement à ces avancées, les textes publiés pour l’entrée en vigueur de septembre 2026 produisent un effet défavorable pour une partie des femmes nées en 1964 et au premier trimestre 1965, du fait de l’articulation avec une autre réforme engagée en 2023.

Exemple :

Instaurée en 2023, la surcote parentale permet d’augmenter la pension jusqu’à 5 % pour les parents ayant au moins un trimestre de majoration pour enfant, à condition de continuer à travailler au-delà de l’âge légal et des trimestres requis pour le taux plein. La majoration s’élève à 1,25 % par trimestre supplémentaire, mais uniquement pour les assurés dont l’âge légal est fixé à 63 ans ou plus.

Or, la suspension globale de la réforme des retraites de 2023, entérinée en 2026, entraîne pour certaines générations un abaissement ou un blocage de l’âge légal. Pour la génération née en 1964, et pour le début de la génération 1965, l’âge légal est fixé à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans. En conséquence, ces assurées, du fait de ce nouvel âge légal inférieur à 63 ans, ne peuvent plus remplir la condition d’âge pour bénéficier de la surcote parentale.

50 000 à 80 000

Nombre de femmes des générations concernées qui perdraient définitivement la possibilité d’obtenir la majoration de pension, selon les estimations.

Un impact différencié selon les profils de carrière

L’ensemble de ces mesures constitue, selon le ministère du Travail, une étape importante vers une meilleure prise en compte de la parentalité dans le calcul des retraites. Leur effet ne sera cependant pas uniforme.

Bon à savoir :

Pour les mères aux carrières longues et stables, la réduction des années prises en compte (23 ou 24 au lieu de 25) n’apporte qu’un gain faible sur le salaire moyen de référence. En revanche, pour celles ayant connu du temps partiel, des retours difficiles après un enfant ou des contrats précaires, exclure une ou deux années de faible rémunération peut augmenter nettement leur pension de base.

De même, la possibilité de faire reconnaître jusqu’à deux trimestres pour enfants comme « réputés cotisés » dans les carrières longues ne concernera qu’une fraction des assurées, mais elle pourra changer de manière significative le calendrier de départ et le montant de la retraite pour celles qui se situaient juste en dessous du seuil de trimestres cotisés nécessaire.

À l’approche de la mise en application au 1er septembre 2026, les caisses de retraite et les services du ministère du Travail sont appelés à préciser au public les modalités pratiques de ces nouvelles règles, afin que les assurées puissent simuler leurs droits et adapter, le cas échéant, leur stratégie de fin de carrière.

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