Le prix repère du gaz pour les particuliers en France repart nettement à la hausse à la rentrée, avec une augmentation moyenne de 5,6 % toutes taxes comprises par rapport à août. Environ 6 millions de foyers, dont les contrats de marché sont indexés sur ce prix de référence, verront leur facture grimper dès le 1er septembre, selon les données publiées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
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Un nouveau prix repère en nette hausse
La CRE a officialisé, le 10 août, le nouveau Prix repère de vente de gaz (PRVG) applicable à partir du 1er septembre. Ce tarif de référence, qui sert de base à la majorité des offres indexées depuis la fin du tarif réglementé de vente en 2023, s’établit désormais en moyenne à 172,05 euros par mégawattheure (MWh) toutes taxes comprises, contre 162,89 euros/MWh en août.
Le tarif repère a enregistré un bond de 15,4 % au 1er mai, marquant une forte volatilité sur l’année 2026.
En septembre, la CRE attribue la totalité de cette nouvelle augmentation à l’évolution des prix de gros du gaz sur le marché français PEG, lui‑même étroitement lié au marché européen TTF. À la clôture du 14 août, le cours de gros atteignait 61,22 euros/MWh, en hausse de plus de 10 % en une semaine.
Factures en hausse pour les usages cuisson, eau chaude et chauffage
Derrière la hausse moyenne, les particuliers sont touchés de façon différente selon leur profil de consommation et le type d’usage du gaz.
Pour l’option « cuisson et eau chaude », qui regroupe les petits consommateurs, le prix du kilowattheure (kWh) progresse d’environ 0,1585 à 0,1676 euro TTC. Le coût de l’abonnement annuel demeure en revanche inchangé par rapport à août, à 152,46 euros TTC.
Pour l’option chauffage (ménages aux consommations moyennes et élevées), le prix du kWh TTC passe de 0,1256 € à 0,1347 €, soit une augmentation de plus de 7,2 % sur la part énergie hors abonnement. L’abonnement annuel reste stable à 360,79 € TTC.
Selon les estimations publiées par la plateforme de comparaison Hello Watt, un foyer se limitant à la cuisson (environ 500 kWh par an) verra sa facture annuelle augmenter d’environ 5 euros. Pour un usage combiné cuisson et eau chaude (3 000 kWh/an), la hausse atteindrait 27 euros par an.
Les foyers se chauffant au gaz sont nettement plus exposés. Pour un profil « chauffage » consommant 9 000 kWh annuels, la dépense grimperait de 82 euros par an. Pour un ménage chauffé exclusivement au gaz avec une consommation de 15 000 kWh, la seule marche entre août et septembre représente 137 euros de plus sur la facture annuelle.
Jusqu’à 509 euros de plus sur un an pour un foyer chauffé au gaz
Pour un foyer type consommant 15 000 kWh de gaz par an pour le chauffage, Hello Watt estime que la facture annuelle atteint désormais 2 382 euros TTC avec les tarifs de septembre. Comparé aux niveaux de janvier, cela représente une hausse de 509 euros par an, soit une progression d’environ 27 %.
Le tarif du kWh de chauffage a augmenté de 32 % entre janvier et septembre, passant de 0,1019 à 0,1347 euro.
Outre les mouvements des marchés de gros, la facture 2026 intègre également, à partir de juillet, une revalorisation notable des coûts de distribution facturés par GRDF, le principal gestionnaire de réseau de gaz en France. Le tarif d’utilisation des réseaux de distribution, appelé ATRD7, a été augmenté de 5,87 % au 1er juillet, contribuant à lui seul à une hausse structurelle d’environ 1,5 % de la facture TTC des ménages.
Six millions de foyers directement exposés à la hausse
Selon la CRE, la hausse de septembre ne concernera pas de manière uniforme l’ensemble des consommateurs. Environ 60 % des usagers résidentiels ont souscrit à des offres de marché, et parmi eux près de 6 millions de foyers disposent de contrats dont les prix sont indexés directement sur le PRVG ou sur les coûts d’approvisionnement des fournisseurs.
Ces clients verront automatiquement la hausse moyenne de 5,6 % se refléter sur leurs factures dès le 1er septembre. Pour eux, chaque mise à jour mensuelle du prix repère se traduit par une variation à la hausse ou à la baisse du montant payé.
Environ 40 % des consommateurs sont protégés par des contrats à prix fixe sur un ou deux ans : le prix du kWh et l’abonnement restent bloqués, les préservant des variations mensuelles. Ils ne subiront pas la hausse de septembre, mais pourraient être impactés au renouvellement si les prix restent élevés.
Le Médiateur national de l’énergie encourage les foyers à consulter des comparateurs indépendants pour évaluer l’intérêt de changer d’offre et recommande, pour sécuriser le budget à l’approche de l’hiver, de privilégier des contrats à prix fixe lorsque cela est possible.
Tensions géopolitiques et stocks européens sous surveillance
L’augmentation de septembre trouve son origine dans les marchés mondiaux. Le gaz consommé en France est intégralement importé, et son prix dépend directement des cotations sur les places européennes, notamment le TTF, qui influence le marché français PEG.
Depuis le début de l’année, les tensions persistantes au Moyen‑Orient, impliquant notamment l’Iran, alimentent la crainte de perturbations des flux de gaz et de difficultés sur certaines routes maritimes, comme le détroit d’Ormuz. Ces risques géopolitiques se traduisent par une forte volatilité des prix de gros.
À l’approche de l’automne, les incertitudes sur le niveau de remplissage des réserves et la vitesse des réapprovisionnements avant l’hiver maintiennent une pression à la hausse sur les prix à terme, les opérateurs anticipant des tensions en cas de vague de froid ou de problème d’acheminement.
En mai, ces facteurs avaient déjà provoqué une hausse spectaculaire de 15,4 % du prix repère, après une envolée d’environ 45 % du TTF en quelques semaines. Une correction partielle était intervenue en juin (-4,8 %), mais son effet réel sur les factures des ménages était resté limité, les consommations estivales étant faibles.
Le poids grandissant des coûts de réseau et de la fiscalité
Au‑delà de la composante « énergie » indexée sur les marchés, la facture de gaz des ménages intègre un poste « transport/distribution » qui finance l’entretien et la modernisation des réseaux, ainsi que l’intégration du biométhane. Cette part représente près de 20 % de la facture finale.
Le tarif ATRD7, révisé chaque 1er juillet par la CRE, a été revalorisé en 2026. La baisse de la consommation de gaz en France, due à la transition énergétique et aux efforts de sobriété, contraste avec des coûts de maintenance, de sécurité et d’investissement largement fixes. Répartis sur des volumes réduits, ces coûts fixes entraînent mécaniquement une hausse du coût unitaire du transport et de la distribution.
La CRE a par ailleurs intégré un facteur structurel de +1,91 % par an pour tenir compte de cette baisse tendancielle des volumes. Un mécanisme de rattrapage financier, via le Compte de régularisation des charges et des produits (CRCP), a aussi joué. Les recettes tarifaires de GRDF se sont révélées inférieures de 245,2 millions d’euros aux prévisions, entraînant un ajustement au plafond réglementaire de +3 % pour la revalorisation annuelle. L’inflation a contribué à hauteur de 1,3 % dans la formule de calcul, en raison de la hausse des coûts d’exploitation et des salaires.
La loi de finances 2026 étend l’égalisation nationale des tarifs, appliquant le barème GRDF à certaines entreprises locales de distribution. Cette réorganisation tarifaire territoriale a un impact durable sur la facture des ménages.
La fiscalité renforce également le niveau de prix. La TVA reste fixée à 20 % sur la totalité de la facture (abonnement et consommation), et l’accise sur le gaz naturel, ex‑TICGN, a été légèrement relevée au 1er août, passant de 16,39 à 16,66 euros par MWh (soit 0,01666 euro/kWh).
Une rentrée sous tension pour le budget énergie des ménages
Entre la hausse des prix de gros, l’augmentation des coûts de réseau et l’alourdissement de la fiscalité, l’année 2026 se traduit par une nette remontée de la facture de gaz pour les foyers français, en particulier ceux dépendant du gaz pour le chauffage. Les hausses successives de mai, juillet et septembre pèsent désormais fortement sur le budget énergie.
Les foyers indexés sur le prix repère de la CRE verront leur facture augmenter dès la rentrée, avec des incertitudes sur les marchés cet hiver. Les consommateurs à prix fixe sont protégés à court terme, mais risquent des offres plus chères lors de la renégociation de leur contrat si la tension persiste.
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