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Le FTSE 100 en hausse : Optimisme à la Bourse de Londres suite aux taux de la Fed

par | Actualités
Publié le 18 août 2026

Porté par un regain d’appétit pour le risque et par un soulagement sur le front monétaire américain, le FTSE 100 retrouve de l’élan à la Bourse de Londres. Après une phase de consolidation à la mi-août 2026, l’indice vedette britannique profite d’un climat plus serein autour des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour rebondir, alimentant un optimisme prudent sur les perspectives de la place londonienne.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Un rebond alimenté par l’accalmie sur les taux américains

Au cœur du regain de confiance, la révision des anticipations de marché vis-à-vis de la Fed joue un rôle central. Les dernières statistiques macroéconomiques américaines, publiées à la mi-août, ont fait apparaître un ralentissement des ventes au détail et de l’emploi en juillet. Ces données ont contribué à éloigner, pour l’instant, le scénario d’un nouveau tour de vis monétaire de la banque centrale américaine.

Bon à savoir :

Les investisseurs jugent moins probable une hausse prochaine des taux, malgré la posture restrictive de la Fed présidée par Kevin Warsh qui a gelé ses taux. Goldman Sachs a abandonné toute prévision de baisse en 2026 et n’évalue qu’à environ 20 % la probabilité d’un relèvement supplémentaire, ce qui implique un scénario de statu quo prolongé.

Cet apaisement monétaire a permis aux marchés actions de respirer, après plusieurs semaines marquées par la hausse des rendements obligataires et la nervosité liée au choc énergétique mondial. À Londres, le FTSE 100 a ainsi commencé la semaine en terrain positif, s’appréciant en séance d’environ 0,26 % autour de 10 785 points, soutenu en particulier par un rebond des valeurs minières et de l’or.

Une année 2026 déjà historique pour la Bourse de Londres

Ce rebond intervient dans une année 2026 déjà qualifiée d’historique pour le FTSE 100. L’indice a franchi pour la première fois de son histoire le seuil symbolique des 10 000 points dès le 2 janvier, signant un plus haut intraday à 10 025,56 points avant de clôturer légèrement au-dessus. Cette performance prolonge une année 2025 particulièrement faste, au cours de laquelle le marché londonien avait progressé de plus de 21 %.

10 934,94

Le 27 février, le FTSE 100 a atteint un plus haut historique de clôture, avant de frôler les 11 000 points le 29 juillet avec un pic intraday à 10 951,06 points.

Sur un an, à la mi-août 2026, le FTSE 100 affiche une progression de plus de 17 %, confirmant une dynamique robuste malgré les phases de prise de bénéfices.

Une consolidation naturelle après les records de l’été

Après ces sommets, l’indice a toutefois connu un mouvement de consolidation jugé « naturel » par les analystes. La semaine se terminant le 14 août s’est soldée par un recul d’environ 1,4 %, mettant fin à cinq semaines consécutives de hausse. Le 17 août, le FTSE 100 a inscrit une sixième séance de baisse d’affilée, clôturant en repli de 0,3 % (–29,81 points) à 10 720,30 points.

Attention :

La prudence des investisseurs, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, la hausse des prix de l’énergie et l’attente des données d’inflation au Royaume-Uni, a conduit à des arbitrages sectoriels et à des dégagements notables sur les grandes capitalisations de la consommation courante.

Des groupes comme Unilever, Diageo, British American Tobacco, Tesco ou Sainsbury ont reculé, pénalisés par des prises de bénéfices et par la crainte d’un tassement de la demande des ménages. Les valeurs de la construction résidentielle ont également été sous pression, à l’image de Persimmon, Taylor Wimpey ou Barratt Redrow, après la publication par Rightmove d’une baisse de 2,0 % des prix moyens de l’immobilier résidentiel en août par rapport à juillet, la plus faible performance pour un mois d’août depuis 2018.

Matières premières, énergie et défense en soutien

Malgré cette consolidation, plusieurs compartiments continuent de jouer un rôle d’amortisseur pour la Bourse de Londres. Les groupes miniers comme Fresnillo, Glencore, Anglo American ou Endeavour Mining profitent de prix fermes pour l’or, l’argent et le cuivre. L’or, notamment, évolue autour de 4 400 dollars l’once, ce qui renforce l’attrait des valeurs aurifères considérées comme refuges dans un environnement incertain.

Exemple :

Les majors Shell et BP profitent d’un baril de Brent entre 88 et 90 dollars, soutenu par les risques géopolitiques au détroit d’Ormuz et le conflit impliquant l’Iran. Cette flambée alimente les tensions inflationnistes, mais accroît à court terme les marges des producteurs cotés à Londres.

Les valeurs de défense demeurent un autre pilier du FTSE 100. BAE Systems, Rolls‑Royce ou Babcock International bénéficient de la hausse des budgets militaires et de la réallocation des dépenses de sécurité dans un contexte d’instabilité internationale. Les commandes croissantes dans l’aéronautique de défense et la sécurité renforcent la visibilité des résultats de ces groupes, qui figurent parmi les meilleures performances de l’indice en 2026.

Une structure d’indice perçue comme défensive

La composition sectorielle du FTSE 100 est au cœur de ses bonnes performances relatives. Contrairement aux grands indices américains et asiatiques fortement exposés à la technologie et à l’intelligence artificielle, la Bourse de Londres reste dominée par des secteurs dits « value » comme les banques, l’énergie, les mines ou la santé, dont la sensibilité aux taux élevés est plus limitée.

Astuce :

Les banques, notamment HSBC devenue la première capitalisation de l’indice, bénéficient de marges d’intérêt record grâce à des taux directeurs élevés. Les groupes pharmaceutiques et de santé, comme AstraZeneca, sont valorisés pour la résilience de leurs revenus et leur capacité à traverser les cycles économiques difficiles.

Cette structure, moins dépendante de la « bulle » de l’IA, renforce le rôle de refuge du FTSE 100 pour les investisseurs internationaux à la recherche de rendements élevés et de dividendes réguliers. L’indice offre un rendement sur dividende estimé autour de 3 à 3,5 %, l’un des plus attractifs parmi les pays du G7, alors que son ratio cours/bénéfices, proche de 14 fois, demeure significativement inférieur à celui du S&P 500 américain, évalué entre 22 et 25 fois.

Attractivité internationale et valorisations jugées décotées

Un autre atout majeur de la cote londonienne réside dans son orientation internationale. Environ 70 à 80 % des revenus des sociétés du FTSE 100 sont générés à l’étranger, pour l’essentiel en dollars américains, ce qui limite l’exposition de l’indice à la faiblesse relative de l’économie britannique. Seuls près de 30 % du chiffre d’affaires sont directement liés au marché domestique.

Dans ce contexte, la vigueur du dollar liée au report des baisses de taux de la Fed soutient en principe la valeur des bénéfices rapatriés en livres sterling. Même si le billet vert s’est légèrement affaibli à la mi-août, avec un taux de change GBP/USD autour de 1,35, les analystes estiment que le niveau de la devise américaine demeure globalement favorable aux multinationales britanniques.

Analystes

Les valorisations relativement basses de nombreuses grandes capitalisations renforcent l’attrait de la Bourse de Londres pour les capitaux internationaux. Le 17 août, une étude de Morningstar a identifié 22 sociétés du FTSE 100 comme significativement sous‑évaluées, notamment le géant pharmaceutique AstraZeneca, ainsi que Melrose Industries ou RELX. Plusieurs groupes de premier plan, comme Schroders, easyJet ou Tate & Lyle, ont d’ailleurs récemment accepté des offres de rachat étrangères, illustrant l’appétit des investisseurs internationaux pour les actifs britanniques jugés décotés.

Une économie britannique plus solide qu’attendu, mais sous pression inflationniste

Le contexte macroéconomique domestique contribue aussi à soutenir le sentiment de marché. La croissance du PIB britannique a atteint 0,4 % au deuxième trimestre 2026, faisant du Royaume‑Uni l’une des économies les plus dynamiques du G7 au premier semestre. Cette performance, meilleure qu’escompté, contraste avec l’image d’un pays pénalisé par le coût élevé du crédit et les incertitudes politiques.

2,9

Taux d’inflation attendu en juillet, en hausse par rapport à 2,6 % en juin, sous l’effet de la revalorisation de 13 % du plafond tarifaire de l’énergie.

Lors de sa réunion du 30 juillet, le Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a choisi, par 6 voix contre 3, de maintenir son taux directeur à 3,75 %. La banque centrale laisse toutefois planer la possibilité d’un nouveau resserrement à l’automne si l’inflation sous‑jacente reste durablement au‑dessus de l’objectif.

Divergence entre grandes et moyennes capitalisations

Si le FTSE 100 affiche un parcours remarqué, les valeurs moyennes sont beaucoup plus exposées aux vents contraires domestiques. Le FTSE 250, qui rassemble les midcaps davantage tournées vers le marché britannique, souffre de la persistance de coûts d’emprunt élevés et du ralentissement de la consommation intérieure.

Bon à savoir :

Les secteurs de la construction, de l’immobilier et du commerce de détail sont particulièrement affectés par le manque de baisse des taux directeurs, freinant leurs perspectives de rebond pour 2026. Historiquement, les anticipations de détente monétaire, notamment de la Fed, soutiennent ce segment cyclique en réduisant le coût du crédit. Le report ou l’abandon de ces scénarios pèse donc disproportionnellement sur le FTSE 250 par rapport au FTSE 100.

Des perspectives positives, mais une forte dépendance aux banques centrales

Les analystes convergent sur un diagnostic : la trajectoire future de la Bourse de Londres restera étroitement corrélée aux décisions de la Fed et de la Banque d’Angleterre, dont les prochaines réunions de politique monétaire sont attendues le 17 septembre. La persistance des tensions au Moyen‑Orient et l’évolution des prix de l’énergie demeurent également des variables clés, susceptibles d’influencer à la fois l’inflation et les résultats des grandes compagnies pétrolières et minières.

Malgré ces incertitudes, les perspectives de bénéfices pour 2026 et 2027 restent orientées à la hausse pour le FTSE 100, porté par la solidité de ses grandes multinationales, la dynamique des secteurs de l’énergie, des matières premières et de la défense, et par une valorisation jugée attractive au regard des grands indices mondiaux. Tant que le scénario d’un durcissement monétaire brutal restera à distance, l’optimisme prudent qui anime actuellement la Bourse de Londres pourrait ainsi perdurer.

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