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Hicham Boularbah : une cité équestre d’avant-garde au cœur de Bouskoura

par | Actualités
Publié le 26 septembre 2026

Au sein de la Ville Verte de Bouskoura, aux portes de Casablanca, un projet d’envergure redessine le paysage des sports équestres au Maroc. Portée sur le plan financier par Hicham Boularbah, la Bouskoura Equestrian City (BEC), implantée sur 87 hectares au sein de la Cité du Cheval, se positionne comme un pôle sportif, économique et environnemental stratégique, en bordure d’une vaste forêt classée poumon vert de la métropole.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Un complexe équestre conçu comme un écosystème complet

Située à proximité immédiate d’une forêt préservée de 2 000 hectares et de l’ensemble forestier Bouskoura‑Merchich (près de 3 000 hectares), la Bouskoura Equestrian City a été pensée dès l’origine, sous l’impulsion de la Société Royale d’Encouragement du Cheval (SOREC), comme un écosystème dédié à la modernisation de la filière équine marocaine.

1700

Les pistes d’entraînement au galop, au trot et au petit galop totalisent 1 700 mètres linéaires, adossées à un important centre d’hébergement équin.

Au‑delà de la compétition, la cité propose une offre éducative via une école d’équitation et un poney‑club accessible dès l’âge de trois ans, ouvrant la pratique à un public familial et aux jeunes cavaliers. Deux restaurants panoramiques d’une surface cumulée de 684 m² surplombent pistes et carrières, positionnant le site comme un lieu de vie combinant sport, gastronomie et accueil d’événements.

Le rôle central de Hicham Boularbah dans l’ingénierie financière

Si SOREC demeure l’acteur public pivot du secteur équin, la gestion et l’exploitation quotidiennes de la Bouskoura Equestrian City reposent sur une structure privée cofondée par Hicham Boularbah et le cavalier de haut niveau Hassan Metqal. Financier chevronné et fondateur du cabinet de conseil Haris Financial, Hicham Boularbah apporte au projet l’ingénierie nécessaire à sa structuration commerciale et à la sécurisation de son modèle économique.

Bon à savoir :

L’investissement repose sur un montage international articulé autour d’un véhicule basé aux Émirats arabes unis, Asperge Assets Limited, qui intervient au Maroc via sa filiale Asperge Assets Morocco. Cette configuration illustre l’intérêt croissant des capitaux du Golfe pour les sports de prestige et l’immobilier de loisirs dans le pays.

Dans un contexte économique mondial marqué par la volatilité, l’expertise de Hicham Boularbah en gestion des risques de marché et en trésorerie d’entreprise est mobilisée pour optimiser les coûts d’exploitation. Cela concerne notamment l’acquisition de chevaux, l’entretien de sols techniques alignés sur les standards olympiques, ou encore la gestion des flux financiers internationaux liés aux sponsors et partenaires.

Un modèle économique fondé sur la diversification des revenus

La rentabilité du projet repose sur une palette de sources de revenus conçue pour mieux amortir les cycles du sport de haut niveau. Les services récurrents constituent un socle financier stable : frais d’inscription à l’école d’équitation, pensions pour chevaux de propriétaires (livery), actes vétérinaires, soins et prestations de maréchalerie.

Exemple :

En plus des revenus de base, la Cité du Cheval propose une offre orientée « lifestyle » et événementielle. Les restaurants panoramiques sont exploités commercialement, et différentes zones du site peuvent être privatisées pour des événements d’entreprise, séminaires ou opérations de team building. Des groupes comme le constructeur de véhicules électriques BYD ont choisi ce lieu pour des lancements de produits alliant image de modernité, mobilité durable et cadre naturel.

Hicham Boularbah et Hassan Metqal coprésident par ailleurs le comité d’organisation des manifestations officielles, assurant l’articulation entre exigences sportives, retombées économiques et accueil du public.

Un calendrier sportif qui place Bouskoura sur la carte équestre

En 2026, la Bouskoura Equestrian City s’est imposée comme l’un des principaux pôles équestres du pays en décrochant l’organisation de plusieurs compétitions inscrites au calendrier officiel de la Fédération Royale Marocaine des Sports Équestres (FRMSE).

Attention :

Le programme inclut des concours internationaux de saut d’obstacles 3* et 4*, un concours 1*, des épreuves nationales de dressage et de modèles et allures, ainsi que des compétitions nationales d’élevage, faisant du site une vitrine commerciale directe pour les éleveurs de Cheval de Sport Marocain et de Pur‑Sang Arabe.

Ces rendez‑vous entraînent des flux importants de participants et de visiteurs. Les hôtels, restaurants et services de la province de Nouaceur et du Grand Casablanca bénéficient de l’hébergement des délégations, cavaliers, officiels de la FRMSE et spectateurs, générant des retombées économiques directes sur le territoire.

Un levier pour la filière équine et le tourisme régional

Au‑delà du volet purement sportif, la Bouskoura Equestrian City agit comme locomotive pour la filière équine marocaine. Les compétitions d’élevage organisées sur place servent de plateforme de mise en relation entre éleveurs, entraîneurs, propriétaires et investisseurs, facilitant les transactions autour des chevaux de sport et des lignées de qualité.

Astuce :

Le site valorise l’image du Maroc comme destination de tourisme sportif et de loisirs à forte valeur ajoutée. Situé dans une zone périurbaine stratégique, il bénéficie de la proximité de Casablanca tout en s’inscrivant dans un cadre vert, un argument clé pour attirer une clientèle internationale en quête d’expériences associant sport, nature et hospitalité.

Cette dynamique est renforcée par la montée en puissance de cavaliers marocains de haut niveau, dont certains, tels Abdelkebir Ouaddar ou Noor Slaoui, sont engagés sur la scène internationale. En parallèle, la FRMSE a confirmé la participation de quatre cavaliers marocains aux championnats du monde de la Fédération équestre internationale à Aix‑la‑Chapelle, ce qui renforce la visibilité globale du secteur et, par ricochet, des infrastructures comme Bouskoura.

Une intégration environnementale revendiquée

L’implantation d’un complexe de 87 hectares au cœur de la Ville Verte, en lisière d’un massif forestier majeur, pose avec acuité la question de l’impact environnemental. SOREC insiste sur l’intégration de critères de durabilité dans la conception et l’exploitation du site, tandis que les autorités forestières déploient, en parallèle, un plan d’urgence de sauvegarde du couvert arboré.

Matériaux et technologies sobres à la Cité du Cheval

La Cité du Cheval intègre des solutions écologiques et innovantes pour réduire son impact environnemental.

Éclairage LED et panneaux solaires

La Cité du Cheval utilise un éclairage LED et des panneaux solaires pour une consommation énergétique plus sobre.

Ventilation naturelle par lanterneaux

La ventilation naturelle est assurée par des lanterneaux, limitant le recours à des systèmes mécaniques.

Sols équestres à faible impact

Les sols équestres sont conçus pour réduire l’impact environnemental.

Pavés écoconçus à partir de pneus recyclés

Un partenariat avec la Fondation MAScIR a permis d’utiliser des pavés écoconçus, notamment sur le rond de présentation et le centre d’entraînement, limitant les matériaux conventionnels plus émetteurs.

Sur le plan de la gestion des ressources, SOREC a engagé le remplacement progressif du foin traditionnel dans ses haras par des granulés de bois recyclés. Cette évolution vise à réduire les volumes de déchets, optimiser la logistique des fourrages et améliorer la propreté des boxes.

Une forêt sous pression entre urgence sanitaire et suspicions de défrichement

Parallèlement à l’essor de la Bouskoura Equestrian City, la forêt de Bouskoura‑Merchich fait l’objet d’un programme d’intervention d’urgence piloté par l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF). Un diagnostic phytosanitaire approfondi a mis en évidence une dégradation alarmante du couvert forestier, liée aux sécheresses répétées. Le pin d’Alep et certains eucalyptus apparaissent fortement affaiblis, devenant vulnérables aux insectes ravageurs et aux pathogènes.

L’ANEF a structuré son plan autour de trois axes prioritaires. D’abord, un nettoyage phytosanitaire, incluant l’abattage et le dégagement des arbres morts ou malades sur environ 150 hectares, afin de freiner la propagation des parasites. Ensuite, des travaux sylvicoles de maintenance sont engagés sur la totalité des quelque 3 000 hectares du massif, destinés à améliorer la résilience de l’écosystème. Enfin, une campagne de reboisement portant sur 700 hectares prévoit l’introduction d’essences plus adaptées aux conditions climatiques actuelles.

Ces opérations, qui se traduisent par des coupes visibles sur certaines parcelles, particulièrement en face de la Cité du Cheval, alimentent cependant la défiance d’une partie de la société civile. L’Observatoire national contre le gaspillage des deniers publics a signalé des soupçons de déforestation abusive, craignant que des espaces temporairement dénudés puissent, à terme, être déclassés au profit de projets immobiliers ou hôteliers.

Observatoire national contre le gaspillage des deniers publics

Face à ces critiques, l’ANEF multiplie les mises au point, affirmant que toutes les coupes sont strictement encadrées par la loi, validées par une commission technique et motivées par la nécessité de régénérer la forêt. Les autorités mettent en avant la destruction d’ensembles privés non conformes, tel le complexe surnommé « Kremlin de Bouskoura », démoli pour non‑respect du statut de zone verte, comme preuve de la volonté de préserver le caractère forestier de la zone.

Entre concessions privées et vigilance environnementale

Pour assurer l’animation et la viabilité économique de la Cité du Cheval et, plus largement, du périmètre forestier, SOREC et l’ANEF étudient la possibilité de concessions d’espaces récréatifs et de restauration à des opérateurs privés. L’objectif affiché est de structurer une offre de loisirs encadrée, compatible avec la protection de la biodiversité locale.

Attention :

Les défenseurs de l’environnement redoutent une montée des pressions liées au loisir et à l’immobilier, avec des rumeurs de déclassement de parcelles forestières, bien que les autorités réaffirment une finalité strictement écologique.

Dans ce contexte, la présence de la cavalerie de la Gendarmerie Royale, qui patrouille à cheval dans le massif, est présentée comme un instrument à la fois de sécurité et de contrôle, combinant lutte contre les dégradations, surveillance des chantiers et protection des usagers.

Un équilibre délicat entre moteur de croissance et vitrine écologique

À Bouskoura, le projet porté financièrement par Hicham Boularbah incarne un pari assumé : faire d’une cité équestre de haut niveau un moteur de croissance pour la filière équine, un levier touristique pour la région casablancaise et un laboratoire d’intégration environnementale dans un espace forestier contraint.

Attention :

D’un côté, les investissements, la montée en gamme des infrastructures et la densité du calendrier sportif confirment l’ancrage de la Bouskoura Equestrian City comme hub majeur des sports équestres au Maroc, capable d’attirer capitaux étrangers et événements internationaux. De l’autre, la fragilité du massif forestier, les craintes de défrichements opportunistes et les interrogations sur l’extension des aménagements appellent à une transparence accrue et à un suivi environnemental serré.

C’est dans cette tension entre ambition économique et impératif écologique que se joue l’avenir de la Cité du Cheval et, plus largement, de la Ville Verte de Bouskoura, appelée à devenir un laboratoire des compromis entre développement, sport de haut niveau et préservation des ressources naturelles.

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