Les Émirats arabes unis ont opposé un refus catégorique aux affirmations laissant entendre qu’un investissement en Toncoin (TON) via la Fondation TON permettrait d’obtenir un visa doré de dix ans. Les autorités ont dénoncé des allégations infondées et rappelé que les critères d’éligibilité au Golden Visa sont strictement encadrés par la loi et sans lien avec les placements directs en crypto-actifs.
Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :
Disclaimer :
Les contenus publiés sur ce site sont fournis à des fins informatives, éducatives et générales. Ils portent notamment sur la gestion de patrimoine, l’investissement immobilier, la finance, la fiscalité et l’organisation patrimoniale. Ils ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé, ni une consultation juridique, fiscale, financière ou comptable.
Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.
Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.
Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.
Une offre crypto présentée comme voie rapide vers le Golden Visa
Au cœur de la controverse se trouve une offre mise en avant par la Fondation TON, l’organisation indépendante à l’origine de la blockchain The Open Network, étroitement liée à l’écosystème Telegram. La campagne, relayée début juillet 2025 et promue notamment sur le réseau social X, proposait aux investisseurs de miser l’équivalent de 100 000 dollars en Toncoin pour une durée de trois ans, assorti d’une commission unique de 35 000 dollars.
Une initiative menée avec la startup Peravel, soutenue par le PDG Ehsan Sattari et des responsables de la Fondation TON (dont Max Crown), promettait un Golden Visa de dix ans en moins de sept semaines, avec extension gratuite du statut de résident au conjoint et aux enfants.
L’argumentaire présentait ce dispositif comme une alternative plus accessible et plus liquide aux voies officielles des Émirats arabes unis, souvent fondées sur un investissement immobilier d’au moins 2 millions d’AED (environ 540 000 dollars), somme généralement immobilisée dans des biens physiques. L’offre affirmait également que les investisseurs conserveraient le contrôle de leurs actifs, avec un rendement annuel estimé entre 3 % et 4 % sur le Toncoin mis en jeu.
Amplification sur les réseaux sociaux et envolée temporaire du Toncoin
L’annonce a rapidement gagné en visibilité après avoir été partagée par des influenceurs de l’industrie crypto sur X, puis republiée par le fondateur de Telegram, Pavel Durov. Cette exposition massive a suscité un engouement notable au sein de la communauté des investisseurs numériques.
Le cours du Toncoin a bondi d’environ 10 % à 12 % après la campagne promotionnelle, atteignant 3,03 dollars.
Parallèlement, des figures de premier plan de l’écosystème crypto ont commencé à s’interroger sur la solidité réelle de l’initiative, certains exprimant publiquement leurs doutes face à la possibilité d’un tel lien direct entre un staking de tokens et la délivrance d’un visa d’État.
Réaction ferme et coordonnée des autorités émiraties
Moins de 48 heures après la diffusion de ces promesses, les autorités des Émirats arabes unis ont publié un démenti officiel. Par l’intermédiaire de l’agence de presse d’État WAM, trois grands régulateurs ont diffusé un communiqué conjoint rejetant de manière explicite toute association entre les investissements en Toncoin et l’obtention d’un Golden Visa.
L’ICP rappelle que l’octroi des visas dorés suit des critères juridiques approuvés, ciblant investisseurs immobiliers, entrepreneurs, scientifiques et talents exceptionnels. La possession ou l’investissement en monnaies numériques ne répond en aucun cas à ces exigences.
La Securities and Commodities Authority (SCA) a, de son côté, souligné que les placements dans les actifs virtuels sont encadrés par un cadre réglementaire distinct, sans aucun lien avec les procédures de résidence, d’immigration ou de naturalisation. La SCA a insisté sur l’absence totale de passerelle automatique entre l’investissement dans des jetons et l’obtention d’un titre de séjour.
La Virtual Assets Regulatory Authority de Dubaï (VARA) a précisé que la Fondation TON n’est ni enregistrée, ni agréée, ni autorisée à proposer des services réglementés dans l’émirat. VARA avertit le public contre les offres non vérifiées en ligne, notamment celles qui associent des tokens à des services souverains comme les visas ou d’autres prestations étatiques.
À la suite de ce démenti officiel, le Toncoin a subi un retournement brutal de tendance, avec un repli de l’ordre de 6 % à 10 %, effaçant en grande partie les gains liés à l’annonce initiale.
Clarification et recul stratégique de la Fondation TON
Confrontée à la réaction des autorités des Émirats arabes unis, la Fondation TON a rapidement retiré la page promotionnelle de son site internet et publié un communiqué de clarification. L’organisation y reconnaît explicitement qu’aucun programme officiel de Golden Visa n’a été lancé en partenariat avec le gouvernement émirati, et qu’aucune approbation de la part des autorités n’avait été obtenue.
La fondation qualifie l’initiative de projet exploratoire, mené à un stade préliminaire avec un partenaire tiers licencié (identifié comme Peravel) dans les domaines de la blockchain et de la tokenisation d’actifs. Elle précise que le staking ne garantissait pas l’obtention d’un visa, cette décision relevant exclusivement des autorités administratives des Émirats arabes unis.
Dans ce même message, l’équipe de TON admet que l’annonce sur les réseaux sociaux a été faite de manière prématurée et regrette la confusion occasionnée au sein de sa communauté. Pour tenter de restaurer la confiance et de mieux encadrer sa communication, la fondation a aussitôt publié une offre d’emploi pour recruter un nouveau vice-président chargé du marketing global. Ce poste vise à restructurer en profondeur la stratégie de communication et à assurer une meilleure conformité avec les cadres juridiques internationaux.
Impact sur Peravel et garanties offertes aux demandeurs
Au cœur du montage, Peravel, la jeune pousse positionnée sur le tourisme crypto, se retrouve également exposée. Son directeur général, Ehsan Sattari, a pris l’engagement public de rembourser intégralement les 35 000 dollars de frais versés par tout candidat dont le dossier serait rejeté par les services d’immigration, à condition que les documents soumis soient jugés authentiques.
Cette promesse de remboursement apparaît cependant comme une mesure commerciale unilatérale, qui ne modifie en rien la position réglementaire des autorités des Émirats arabes unis : ces dernières maintiennent que les demandes de Golden Visa ne peuvent être fondées directement sur des placements en cryptomonnaies, quel que soit l’intermédiaire impliqué.
Autorités des Émirats arabes unis
Critiques de l’écosystème crypto et durcissement de la surveillance
L’affaire est devenue, en 2026, un cas d’école cité par de nombreux experts de la régulation et acteurs de l’industrie Web3. Parmi eux, le fondateur de Binance, connu sous le nom de CZ, a dénoncé publiquement ce type de campagnes marketing jugées trompeuses, estimant qu’elles contribuent à dégrader l’image de l’ensemble du secteur des cryptomonnaies.
Renforcement des contrôles sur les liens entre tokens et services étatiques, notamment à Dubaï avec VARA.
Les régulateurs du Golfe, en particulier VARA à Dubaï, intensifient leur surveillance des promotions crypto.
Les plateformes doivent distinguer leurs offres numériques des dispositifs gouvernementaux comme les visas, avantages fiscaux ou résidences.
L’objectif est d’éviter toute ambiguïté entre services crypto et prestations étatiques, protégeant ainsi les utilisateurs.
Un cadre du Golden Visa en pleine évolution, mais fermé aux placements directs en crypto
En parallèle de cette controverse, les Émirats arabes unis ont engagé une réforme de fond de leur régime de Golden Visa. Une vaste refonte, mise en œuvre en 2026, a élargi l’éligibilité au-delà du seul prisme de l’investissement financier pour évoluer vers un cadre centré sur les talents et les compétences.
Salaire mensuel de base minimum, hors allocations, requis pour obtenir un visa de dix ans aux Émirats.
Pour la voie immobilière, la valeur totale des biens détenus, y compris les projets sur plan ou financés par un prêt local, doit atteindre au moins 2 millions d’AED pour un visa de dix ans. Les autorités ont supprimé définitivement l’exigence d’un dépôt initial de 50 % ou d’un premier versement de 1 million d’AED, et se fondent uniquement sur la valeur enregistrée auprès du Dubai Land Department.
À Dubaï, les propriétaires de biens bénéficient d’un accès simplifié à des visas de deux ans, avec des procédures centralisées via la plateforme « The Cube ». À Abou Dhabi, le programme « Golden Quay » accorde un Golden Visa direct aux propriétaires de superyachts et aux cadres de la construction et gestion maritime. Les créateurs de contenus et artistes internationaux, eux, passent par le hub « Creators HQ », soutenu par un fonds gouvernemental, comme guichet de parrainage.
Malgré cet élargissement, la position des Émirats arabes unis demeure inchangée sur un point clé : les investissements directs en cryptomonnaies ne constituent pas un critère d’accès au Golden Visa. Les détenteurs d’actifs numériques qui souhaitent utiliser leurs gains pour postuler doivent d’abord les convertir en avoirs conformes aux voies reconnues, par exemple l’acquisition d’un bien immobilier d’au moins 2 millions d’AED ou le dépôt bancaire traditionnel éligible.
Une mise en garde pour les projets Web3 cherchant une légitimité étatique
L’épisode impliquant la Fondation TON et Peravel met en lumière les risques liés à l’usage de récits marketing suggérant une connexion privilégiée avec des dispositifs étatiques prestigieux comme le Golden Visa des Émirats arabes unis. Il illustre la volonté des autorités du pays de protéger la crédibilité de leurs programmes de résidence de long terme, tout en développant en parallèle un écosystème d’actifs virtuels largement réglementé.
Pour l’industrie crypto, le message est double : d’une part, les régulateurs sont prêts à intervenir rapidement pour corriger des affirmations perçues comme trompeuses ; d’autre part, l’accès à des dispositifs souverains reste strictement codifié et ne peut être « tokenisé » unilatéralement par des projets privés, même lorsqu’ils bénéficient d’une forte visibilité et d’un soutien communautaire important.
Un projet patrimonial ou une question ? Contactez-nous dès maintenant pour échanger avec un expert en gestion de patrimoine.
