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Augmentation des cotisations d’assurance habitation : les chiffres clés 2024-2025

par | Actualités
Publié le 14 août 2026

Les primes d’assurance habitation en France connaissent une hausse marquée depuis 2024, avec un cumul d’augmentations qui frôle déjà les 30 % sur la période 2024-2026. Entre envolée du coût des sinistres climatiques, renchérissement des travaux et réforme de la surprime « catastrophes naturelles », les ménages font face à une facture de plus en plus lourde pour assurer leur logement.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Des hausses bien supérieures à l’inflation

Les données publiées par la fédération France Assureurs et plusieurs baromètres de comparateurs montrent une accélération nette des tarifs. Pour l’année 2025, le montant total des primes d’assurance habitation collectées atteint 15 milliards d’euros, soit une progression de 8,4 % par rapport à l’exercice précédent. L’augmentation moyenne hors taxes des primes se situe autour de 7,8 % sur un an.

30

Entre 2024 et 2026, la progression cumulée des cotisations d’assurance approche 30 %.

Cette dynamique est très supérieure à l’inflation générale, qui a nettement ralenti en France, tombant à 0,9 % en glissement annuel à l’été 2025. Les assureurs justifient cet écart par la combinaison de plusieurs facteurs structurels : multiplication des sinistres liés au climat, coût croissant de la réparation et durcissement des paramètres réglementaires et de réassurance.

Combien paient réellement les assurés ?

Derrière les pourcentages, les montants concrets varient fortement selon le type de contrat et le profil de l’occupant. Les chiffres moyens fournis par France Assureurs et les baromètres de prix permettent de dresser un panorama du marché.

Niveaux moyens de primes par type de logement

Le tableau ci-dessous synthétise quelques repères pour 2025-2026 :

Profil / type de contratPrime annuelle moyenne (hors taxes ou estimée)
Prime moyenne assurance habitation (tous contrats)323 € HT
Propriétaire occupant (contrat occupant)351 €
Propriétaire non occupant (bailleur)191 €
Locataire d’un appartement de 40 à 69 m²133 €
Propriétaire d’une maison de plus de 110 m²422 €
Prime moyenne en zones à risques climatiques (appartement)157–172 €

Pour les propriétaires occupants, la prime moyenne atteint 351 euros par an, en hausse de 7,9 % sur un an. Les propriétaires bailleurs, eux, versent en moyenne 191 euros, avec une progression de 8,1 %. Le segment des propriétaires non occupants affiche même une augmentation globale de l’ordre de 10 %.

Bon à savoir :

Les comparateurs en ligne confirment ces tendances : un locataire d’un appartement de taille moyenne (40 à 69 m²) paie environ 133 euros par an, tandis qu’un propriétaire d’une grande maison de plus de 110 m² doit débourser autour de 422 euros annuels.

Pour un ménage « moyen », la hausse récente se traduit par un surcoût estimé entre 25 et 35 euros par an. Mais pour les maisons individuelles situées dans des zones particulièrement exposées aux risques climatiques, la facture additionnelle peut grimper entre 150 et 200 euros par an.

Le poids croissant des catastrophes climatiques

Les compagnies d’assurance désignent de manière quasi unanime le changement climatique comme premier moteur de la flambée des tarifs à long terme. Les chiffres fournis par France Assureurs confirment une envolée du coût des sinistres liés aux aléas naturels depuis le début des années 2020.

Entre 2023 et 2025, les indemnisations versées au titre des événements climatiques se stabilisent à un niveau élevé, oscillant autour de 5 à 6,5 milliards d’euros par an. Pour 2025, la facture des seuls sinistres climatiques atteint 5,2 milliards d’euros, contre environ 5 milliards en 2024 et 6,5 milliards en 2023. Sur la décennie 2010-2019, la moyenne annuelle n’était que de 3,7 milliards, ce qui signifie que le coût a quasiment doublé en quelques années.

Attention :

En 2025, la grêle représente à elle seule 2,2 milliards d’euros, tandis que la sécheresse – liée au retrait-gonflement des argiles fissurant les fondations des maisons individuelles – pèse environ 1 milliard d’euros. S’y ajoutent des inondations par ruissellement, des tempêtes successives et des sécheresses estivales intenses, qui se multiplient et touchent un nombre croissant de communes.

Les régions exposées au risque de retrait-gonflement des argiles et aux crues récurrentes, comme le Nord-Pas-de-Calais, les Landes, le Gard ou la Haute-Saône, sont particulièrement concernées. Dans ces départements, les primes de référence pour les appartements se situent déjà entre 157 et 172 euros par an et connaissent des augmentations plus fréquentes ou plus fortes que la moyenne nationale.

La réforme « Cat Nat » renchérit mécaniquement les contrats

Au-delà de la fréquence des événements climatiques, le cadre institutionnel du régime des catastrophes naturelles a lui aussi été durci. Depuis le 1er janvier 2025, la surprime obligatoire « catastrophes naturelles » (Cat Nat), appliquée sur tous les contrats de dommages aux biens, a été relevée de 12 % à 20 %.

Cette mesure, décidée par le gouvernement, vise à renforcer la solidité du mécanisme public-privé d’indemnisation, géré notamment par la Caisse centrale de réassurance (CCR), dans un contexte de multiplication des sinistres climatiques. Elle a un impact automatique sur le coût des polices habitation.

40

La surprime Cat Nat moyenne par contrat grimpe à plus de 40 euros par an, contre environ 25 euros auparavant, soit une hausse de 17 à 24 euros selon les profils.

Parallèlement, les franchises légales restent élevées, en particulier pour la sécheresse et le RGA, où la franchise atteint 1 520 euros pour un sinistre. Dans les communes dépourvues de Plan de prévention des risques naturels (PPRN) et frappées à répétition par des arrêtés de catastrophe naturelle, cette franchise peut être multipliée par deux, trois, voire quatre, ce qui pèse directement sur les ménages sinistrés.

Coût de la construction et rôle de la réassurance

La hausse des primes ne découle pas seulement de la multiplication des aléas naturels. Le coût moyen des réparations s’est également apprecié. L’indice de la Fédération française du bâtiment (FFB), utilisé comme référence par les assureurs pour indexer une partie des contrats, reste à un niveau soutenu.

Astuce :

Les matériaux de construction (tuiles, bois de charpente, béton) et la main-d’œuvre des artisans ont fortement augmenté, rendant les réparations courantes (toiture après grêle, stabilisation de fondations par injection de résine) bien plus chères qu’il y a trois ans. En conséquence, les assureurs répercutent ces hausses sur leurs tarifs, car le coût moyen des sinistres habituels (dégâts des eaux, incendies domestiques, bris ou infiltrations) augmente de manière structurelle.

Sur le marché mondial de la réassurance, les grands acteurs ont connu une phase de marché « dur » avec des primes élevées pendant plusieurs années. Même si un léger assouplissement des tarifs de réassurance est observé lors des renouvellements mi-2026, les réassureurs maintiennent des seuils de déclenchement de garanties très hauts et des franchises importantes pour les assureurs directs. Ces derniers doivent donc absorber une plus grande partie des sinistres courants sur leurs propres fonds, ce qui alimente la pression à la hausse sur les cotisations payées par les particuliers.

Des disparités régionales marquées et une « double peine » pour certains territoires

Les hausses de cotisations ne sont pas uniformes sur le territoire. Les régions les plus exposées aux risques climatiques connaissent les majorations les plus fortes. Des projections régionales font état de hausses pouvant atteindre 15 % dans les Hauts-de-France, essentiellement à cause des inondations, 13 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en lien avec les incendies de forêt et la sécheresse, et 11 % en Nouvelle-Aquitaine.

Exemple :

Dans ces territoires, les habitants subissent une double peine : ils sont confrontés directement aux dégâts des catastrophes (déménagements temporaires, travaux, pertes de biens) et doivent en outre assumer des primes d’assurance en nette hausse. Pour certaines maisons individuelles très exposées au retrait-gonflement des argiles ou construites dans des zones inondables, obtenir une offre d’assurance habitation stable devient difficile. Certains ménages se voient proposer des contrats assortis de primes ou de franchises dissuasives, voire essuient des refus purs et simples.

Cette situation commence à influer sur le marché immobilier. Des analyses rendues publiques à l’été 2026 montrent que le coût de l’assurance habitation et la possibilité de s’assurer convenablement sont désormais pris en compte lors des transactions, au même titre que le diagnostic de performance énergétique (DPE). De plus en plus d’acheteurs demandent un devis d’assurance avant de formuler une offre d’achat, afin d’anticiper le budget global de détention du bien.

Comment réagissent les ménages ?

Face à la hausse continue des primes, les assurés adaptent leurs comportements. Un nombre croissant de foyers recourent massivement aux comparateurs en ligne au moment de la reconduction annuelle de leur contrat afin de repérer les offres les plus compétitives à garanties équivalentes.

Bon à savoir :

La loi Hamon permet de résilier son assurance habitation à tout moment après un an de contrat, sans frais. Pour les locataires, le nouvel assureur gère les formalités afin d’éviter toute rupture de couverture obligatoire. Cette pratique accroît la concurrence entre assureurs, qui ajustent davantage leurs tarifs.

Certains assurés choisissent de réduire leurs garanties pour contenir la hausse : acceptation de franchises plus élevées en échange de primes mensuelles plus faibles, suppression d’options jugées non essentielles, plafonds d’indemnisation abaissés pour le mobilier ou les objets de valeur. Ces ajustements permettent de limiter la facture, mais exposent davantage les ménages en cas de sinistre majeur.

Un débat croissant sur la soutenabilité et la prévention

La question de la soutenabilité du système actuel se pose avec de plus en plus d’acuité. La CCR estime qu’il manque déjà 1,2 milliard d’euros par an à court terme pour garantir la solidité du régime des catastrophes naturelles dans un climat qui se dégrade. Le relèvement de la surprime Cat Nat n’a donc pas clos le débat sur les besoins de financement.

300 millions d’euros

Montant alloué par l’État en 2026 au Fonds Barnier pour financer la prévention des risques majeurs et l’adaptation des infrastructures et des logements.

Dans ce contexte, le discours des assureurs met l’accent sur l’anticipation des risques. La prévention est présentée comme le levier central pour éviter qu’une partie du territoire ne devienne, à terme, difficilement assurable, voire jugée inassurable, avec à la clé un impact majeur sur l’accès au logement et la valeur du parc immobilier.

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