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Investissements colossaux : Macron dévoile 93 milliards € pour Choose France 2026

par | Actualités
Publié le 1 juin 2026

Le président Emmanuel Macron a annoncé un montant record de 93 milliards d’euros d’investissements étrangers lors de la neuvième édition du sommet Choose France, organisée au Château de Versailles. Ces annonces, liées à 71 projets, doivent générer plus de 15 000 emplois, dont certaines sources chiffrent à 15 600 les postes directs attendus. Ce total dépasse à lui seul la somme des promesses des huit précédentes éditions du sommet, qui atteignaient 87 milliards d’euros.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Un record d’engagements pour attirer les capitaux étrangers

En ouverture de cette édition, Emmanuel Macron a mis en avant le caractère exceptionnel de ce cru 2026, présenté par Bercy comme une « édition historique ». D’après l’Élysée, le volume d’investissements confirmés cette année est supérieur à celui enregistré sur l’ensemble des huit premières éditions de Choose France, lancées en 2018.

93

93 milliards d’euros d’engagements d’investissements directs étrangers annoncés en France, consolidant sa position de première destination européenne pour la septième année consécutive.

Sur ce total, 71 nouveaux investissements sont recensés. Ils s’ajoutent à une dynamique déjà forte : depuis la création du sommet, 230 projets avaient été mis en lumière pour 87 milliards d’euros cumulés. Le millésime 2026 marque donc une rupture d’échelle, notamment dans les secteurs technologiques et industriels jugés stratégiques.

SoftBank au cœur du dispositif avec un pari géant sur l’IA

L’élément le plus marquant de cette édition réside dans l’engagement du géant japonais des technologies SoftBank, dont le fondateur Masayoshi Son était aux côtés d’Emmanuel Macron à Versailles. Le groupe prévoit d’investir 45 milliards d’euros dans des infrastructures liées à l’intelligence artificielle en France d’ici 2031, avec une ambition à terme de porter son effort jusqu’à 75 milliards d’euros.

L’Élysée qualifie ce volume de « sans précédent » pour un seul acteur privé en France. Le projet de SoftBank repose notamment sur le développement et l’exploitation de 5 GW de capacité de data centers dans les Hauts-de-France. Des sites sont prévus à Dunkerque, Le Bosquel et Bouchain, afin d’accueillir des centres de données et des infrastructures de calcul haute capacité dédiées à l’IA.

Ces investissements doivent faire de la France « le premier pays d’accueil des data centers et de la capacité de calcul en Europe, mais aussi le point avancé pour la production de robots d’intelligence artificielle ». Outre les centres de données, les fonds du groupe japonais doivent également irriguer les semiconducteurs, les minerais critiques, la sidérurgie, les tracteurs et camions électriques, ainsi que le secteur de la santé.

Président de la République

Cette montée en puissance de SoftBank s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté technologique et industrielle, l’exécutif ayant défini environ 150 projets industriels comme « stratégiques », bénéficiant de procédures administratives accélérées et de normes simplifiées. Ces seuls projets stratégiques représentent, selon le gouvernement, 71 milliards d’euros d’investissements et 32 000 emplois.

Amazon, Salesforce, Revolut, GSK : une vague de projets multisectoriels

Au-delà de SoftBank, plusieurs grands groupes internationaux ont profité du sommet pour préciser ou renforcer leurs plans d’investissement en France dans des domaines variés.

Le géant américain du commerce en ligne Amazon a annoncé plus de 15 milliards d’euros d’investissements sur trois ans. Ce programme comprend l’ouverture de trois nouveaux sites logistiques dans les régions Pays de la Loire, Île-de-France et Nouvelle-Aquitaine. Au moins 1 000 emplois en CDI doivent être créés dans le cadre de ces projets, principalement dans la logistique.

Bon à savoir :

L’éditeur de logiciels Salesforce prévoit d’investir 2 milliards de dollars en France d’ici 2030, avec un accent sur des initiatives philanthropiques de formation aux compétences en intelligence artificielle et le renforcement de son écosystème de clients et partenaires.

La fintech britannique Revolut a pour sa part annoncé un nouvel investissement de 100 millions d’euros à l’horizon 2030, assorti de la création de 200 emplois supplémentaires. La banque en ligne affirme que ses engagements cumulatifs dépassent désormais un milliard d’euros en France et prévoit d’employer environ 650 personnes dans le pays d’ici la fin de la décennie.

Dans le secteur pharmaceutique, le laboratoire GSK a confirmé 140 millions d’euros d’investissements supplémentaires, inscrits dans un programme global d’environ 550 millions d’euros sur la période 2026-2028. Ces montants doivent contribuer au renforcement de la souveraineté sanitaire européenne en consolidant des capacités de production et de recherche sur le sol français.

Acier décarboné, énergies vertes et nouveaux sites industriels

Les annonces de Choose France 2026 ne se limitent pas au numérique et à l’IA. Plusieurs projets industriels lourds ont été présentés, illustrant la volonté d’accélérer la décarbonation de l’appareil productif français.

L’aciériste italien Marcegaglia a annoncé une enveloppe additionnelle de 600 millions d’euros pour son projet « Mistral » à Fos-sur-Mer, portant à 1,2 milliard d’euros le total investi sur le site. Il s’agit de la construction de la première aciérie en France depuis plus d’un demi-siècle. L’usine doit fonctionner grâce à de l’électricité décarbonée et intégrer des technologies d’intelligence artificielle afin d’optimiser les processus de production.

100 millions

Ecolab investit 100 millions d’euros dans deux projets industriels, dont le projet GravitHy à Fos-sur-Mer pour l’acier décarboné et HoloSolis à Hambach pour les cellules photovoltaïques.

Dans les équipements industriels, l’allemand Claas prévoit plus de 50 millions d’euros d’investissements sur trois ans pour moderniser, développer et décarboner ses sites de production de matériels agricoles au Mans et à Woippy, près de Metz. Cette initiative illustre l’effort de verdissement de l’industrie agroéquipementière, tout en confortant l’ancrage productif de l’entreprise en France.

Le spécialiste français de la gestion de l’énergie Schneider Electric a également annoncé la création d’une nouvelle usine à Dunkerque. Ce site produira des modules pour data centers, en lien direct avec l’essor des projets d’infrastructures numériques et des besoins croissants en capacité de calcul pour l’intelligence artificielle.

IA, data centers et souveraineté numérique au premier plan

Le fil conducteur de cette neuvième édition reste la montée en puissance de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques. L’exécutif met en avant un alignement entre l’arrivée massive de capitaux privés et l’objectif de souveraineté technologique européenne.

Outre SoftBank, plusieurs acteurs étrangers de l’IA et du cloud ont confirmé leurs projets en France, comme Brookfield, engagé dans un partenariat stratégique de 20 milliards d’euros pour des hubs d’IA, ou Digital Realty, qui prévoit 2,3 milliards d’euros d’investissements et environ 750 emplois directs et indirects pour renforcer ses capacités en centres de données, connectivité et services cloud.

Attention :

L’édition « France, univers de création » valorise le savoir-faire national en électronique, IA, espace, semiconducteurs et technologies de rupture. La Mission French Tech a organisé des rencontres sur l’IA et le quantique, illustrant l’articulation entre start-up, PME innovantes et grands groupes internationaux.

Le gouvernement martèle que cette vague d’investissements dans les data centers, les composants électroniques et les infrastructures numériques doit renforcer la capacité de l’Europe à maîtriser ses propres technologies critiques et réduire sa dépendance vis-à-vis d’acteurs extra-européens.

Un levier pour la croissance face aux vents contraires

Ces annonces interviennent alors que les perspectives de croissance française restent modestes pour les prochaines années, sur fond de tensions commerciales, de resserrement budgétaire et d’incertitudes politiques. Pour 2026, plusieurs scénarios économiques retiennent une progression du PIB comprise autour de 0,9 % à 1,6 % selon les hypothèses, avec un redressement attendu de la demande intérieure privée si le climat d’incertitude se dissipe.

1,55 milliard

Montant des investissements publics supplémentaires annoncés par Emmanuel Macron pour les technologies quantiques et les semiconducteurs

Le ministère de l’Économie souligne également que, sur les douze derniers mois, 151 projets industriels français représentent 30,4 milliards d’euros d’investissements sur l’ensemble du territoire, dont 9,2 milliards dédiés à de nouveaux projets. Les secteurs de l’énergie, de l’agroalimentaire, de la santé, de la chimie, du numérique et de l’espace sont particulièrement mis en avant.

Si le nombre d’emplois induits recule légèrement par rapport à 2024, la nature des postes créés évolue : ils se concentrent davantage dans la logistique et les data centers, tandis que les secteurs traditionnels en crise, comme l’automobile, la métallurgie ou la chimie classique, restent moins pourvoyeurs de nouveaux postes.

Enjeux de répartition territoriale et d’exécution des projets

Au-delà des montants annoncés, l’un des enjeux majeurs réside désormais dans la concrétisation et la répartition territoriale de ces investissements. Selon les données gouvernementales, 83 % des projets se situent dans les régions, 17 % seulement étant localisés en Île-de-France. Chaque région métropolitaine, hors Corse, compte au moins quatre projets, tandis que sept initiatives concernent les outre-mer, notamment La Réunion et la Martinique.

Exemple :

Les Hauts-de-France sont un territoire clé avec des projets structurants de SoftBank et la nouvelle usine de Schneider Electric à Dunkerque. D’autres bassins comme Fos-sur-Mer ou Hambach bénéficient d’investissements pour la décarbonation et les énergies renouvelables.

Le passage des annonces à la réalisation concrète impliquera toutefois des défis en matière d’infrastructures énergétiques, de raccordement électrique, de disponibilité du foncier et de compétences, en particulier pour des projets fortement consommateurs d’électricité comme les centres de données ou les aciéries bas carbone.

Pour l’exécutif, la capacité à lever ces contraintes et à maintenir un environnement réglementaire jugé attractif sera déterminante pour transformer les 93 milliards d’euros d’engagements de Choose France 2026 en usines, en centres de données opérationnels et en emplois pérennes, dans un paysage économique international de plus en plus concurrentiel.

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