Créer une entreprise dans une free zone de Dubaï fait rêver beaucoup d’entrepreneurs français. Fiscalité légère, infrastructures ultramodernes, visas de résidence, accès à un marché de 2 milliards de consommateurs… Mais derrière l’image de carte postale, le montage juridique et fiscal est technique, et les erreurs se paient cher.
Ce guide couvre concrètement le choix entre free zone et mainland, la sélection de zone, les types de licences, les coûts réels, la fiscalité, les visas, les démarches bancaires et la conformité, afin de structurer un projet sérieux au-delà de la simple optimisation fiscale.
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Les informations, analyses, opinions, simulations et exemples présentés sont donnés à titre indicatif et peuvent évoluer en fonction de la réglementation, des conditions de marché et de votre situation personnelle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital, de liquidité, de variation de marché, de change ou de contraintes fiscales et réglementaires.
Les stratégies évoquées (investissement immobilier, placements financiers, structuration patrimoniale, optimisation fiscale, diversification internationale, etc.) doivent être analysées au regard de votre profil, de vos objectifs et de votre situation globale. Elles peuvent nécessiter des ajustements spécifiques et un accompagnement adapté.
Avant toute prise de décision, il est recommandé de consulter des professionnels qualifiés (conseiller en gestion de patrimoine, avocat, notaire, expert-comptable ou tout autre spécialiste compétent). L’éditeur et l’auteur déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base des informations diffusées sur ce site.
Comprendre le cadre : free zone, mainland, offshore

Avant de choisir un nom d’entreprise ou un logo, il faut trancher une question structurante : dans quel type de structure s’implanter.
Une free zone est une zone économique spéciale, créée par les autorités des Émirats pour attirer les capitaux étrangers et stimuler certains secteurs (logistique, finance, technologie, médias, santé, e‑commerce, etc.). On y trouve une fiscalité spécifique, une réglementation propre et, surtout, la possibilité pour un étranger de détenir 100 % du capital sans associé local.
Face à cela, la structure « mainland » correspond à une société onshore, sous licence du Department of Economy and Tourism de Dubaï (ancien DED). Elle peut commercer librement sur tout le territoire des Émirats, répondre aux appels d’offres publics, ouvrir des boutiques, restaurants, pharmacies, chantiers, etc.
Les structures offshore telles que RAK ICC ou JAFZA offshore servent principalement à des fins de holdings, de détention d’actifs ou de structuration internationale, sans aucune activité commerciale locale aux Émirats.
Free zone vs mainland : logique économique, pas dogme fiscal
La free zone n’est pas « meilleure » que le mainland, c’est un outil différent. Tout dépend de votre marché.
– Si votre clientèle est essentiellement internationale, ou composée d’autres sociétés de free zones, la free zone est logique : 100 % de propriété étrangère, fiscalité allégée, coûts maîtrisés, procédures rapides.
– Si votre modèle suppose de vendre à des particuliers aux Émirats (B2C) – restaurant, pharmacie, boutique, salons, commerce de détail – le mainland s’impose presque systématiquement.
– Si vous visez les marchés publics, les grands contrats de construction, les concessions, le mainland est généralement mieux adapté.
Les sociétés de free zone ne peuvent généralement pas vendre directement aux particuliers sur le marché local. Pour y accéder, elles doivent passer par un distributeur ou agent sur le mainland, avec une commission de 5 à 15 %, ou opter pour une structure hybride comme une branche mainland ou une double licence.
Trois types de structures : FZE, FZCO, branche
Dans les free zones de Dubaï, vous retrouvez en pratique trois formes de base :
– FZE (Free Zone Establishment) : une seule personne (physique ou morale) détient 100 % de la société.
– FZC / FZCO (Free Zone Company) : deux à plusieurs associés (jusqu’à 50 selon les zones).
– Branche : prolongement d’une société existante (locale ou étrangère), sans capital propre.
Le choix de la forme joue sur la gouvernance et parfois sur le capital minimum, mais pas sur la propriété : dans tous les cas, un étranger peut posséder 100 % de la structure.
Panorama des free zones de Dubaï : choisir le bon écosystème

Dubaï compte plus de 30 à 35 free zones spécialisées, l’ensemble des Émirats dépassant les 40 zones. Elles ne se valent pas, et le choix ne doit jamais se faire uniquement au prix de la licence.
Certaines sont généralistes et bon marché (IFZA, Meydan, Ajman Free Zone pour un budget serré), d’autres extrêmement spécialisées et prestigieuses (DIFC pour la finance, DMCC pour les matières premières, JAFZA pour la logistique industrielle, Dubai CommerCity pour l’e‑commerce).
Quelques grandes free zones de référence
Plusieurs zones se détachent clairement pour un projet tourné vers l’international.
DMCC (Dubai Multi Commodities Centre) Située à Jumeirah Lake Towers, DMCC est considérée comme la première free zone au monde pour le commerce de matières premières, métaux précieux, énergie, mais aussi pour la tech, la crypto, les services professionnels. Elle héberge plus de 20 000 entreprises et propose plus de 600 activités approuvées.
En contrepartie, le coût d’installation et de fonctionnement est plus élevé que dans les zones généralistes, et l’audit annuel est obligatoire.
Trafic annuel de conteneurs transitant par JAFZA et le port de Jebel Ali, soulignant l’importance logistique de cette zone franche.
La contrepartie : processus plus lourd pour les activités industrielles, coûts d’entrepôts et de terrains significatifs, et obligation d’audit.
Meydan Free Zone Près du centre-ville, MFZ se positionne sur l’innovation, la tech, les créatifs. Coûts d’entrée modérés, flexi‑desks et bureaux virtuels, démarches simplifiées, peu de formalités, mais une reconnaissance internationale moindre que DMCC ou JAFZA. Elle vise les startups, freelances, PME de services (IT, marketing, conseil, e‑commerce).
IFZA (International Free Zone Authority) Techniquement basée à Fujairah, mais opérant à Dubaï, IFZA est devenue en quelques années l’une des zones les plus attractives pour les entrepreneurs à budget maîtrisé. Frais d’entrée très compétitifs (packages à partir d’environ 11 500 à 12 900 AED), création de société en 2 à 4 jours, pas d’audit obligatoire par défaut, plus de 1 500 activités possibles et possibilité de regrouper plusieurs activités sous une seule licence.

DAFZA (Dubai Airport Free Zone Authority) Collée à l’aéroport international de Dubaï, DAFZA attire logistique, high‑tech, pharma, aviation. Infrastructures de stockage, bureaux high‑tech, douane intégrée, audit annuel obligatoire.
Zones sectorielles spécialisées D’autres zones ciblent des niches :
– Dubai Internet City pour l’IT et le numérique.
– Dubai Media City pour les médias, la pub, la production de contenus.
– Dubai Healthcare City pour les cliniques, hôpitaux, medtech, bien‑être.
– Dubai Silicon Oasis pour la tech et l’électronique.
– Dubai Design District pour la mode, le design, le luxe.
– Dubai CommerCity, première free zone 100 % e‑commerce dans la région MENASA.
Comparer coûts, positionnement et visas
Dans les faits, un entrepreneur hésite souvent entre plusieurs zones. Voici une synthèse indicative pour quelques free zones très utilisées par les francophones.
| Free zone | Positionnement principal | Ordre de coût licence/an* | Visas & bureau | Audit annuel |
|---|---|---|---|---|
| IFZA | Généraliste, PME, consultants, e‑commerce | ≈ 11 500–12 900 AED (entrée) | Packages 0 à 4 visas, bureau flexible | Non (par défaut) |
| Meydan Free Zone | Services, tech, créatifs | Zone abordable | Bureaux virtuels, flexi‑desks, visas limités | Non systématique |
| DMCC | Matières premières, crypto, services | ≈ 15 000–50 000+ AED licence | Flexi‑desk à bureaux premium, large quota | Oui |
| JAFZA | Logistique, industrie, commerce de volume | ≈ 15 000+ AED (hors entrepôt) | Gros quotas, entrepôts/terrains | Oui |
| DIFC | Finance, fintech, cabinets internationaux | ≈ 12 000 USD+ licence | Bureau physique obligatoire dans le DIFC | Oui |
| DAFZA | Logistique, aviation, tech, pharma | Intermédiaire/élevé | Bureaux & entrepôts, audit obligatoire | Oui |
Fourchettes issues des ordres de grandeur fournis dans le rapport, hors bureau, visas et services annexes.
L’enseignement principal : la free zone « la moins chère » n’est pas forcément la meilleure pour votre activité. Un trader matières premières aura tout intérêt à assumer le coût de DMCC pour la crédibilité bancaire et l’écosystème, là où un consultant solo ou un éditeur SaaS préférera souvent IFZA ou Meydan.
Fiscalité : ce que permet réellement une Dubaï free zone

Le discours marketing « 0 % d’impôt » mérite d’être nuancé et replacé dans le cadre légal instauré depuis 2023.
Impôt sur les sociétés : 9 % au‑delà de 375 000 AED… sauf cas particuliers
Depuis juin 2023, les Émirats ont introduit un impôt fédéral sur les sociétés.
– Taux standard : 9 % sur les bénéfices imposables.
– Franchise : 0 % sur les premiers 375 000 AED de bénéfice (soit environ 93 000 €).
– Ce régime s’applique à toutes les sociétés (mainland comme free zones), sauf exceptions prévues pour certaines entités de free zone.
Par ailleurs, les petites structures dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 3 millions d’AED peuvent, jusqu’au 31 décembre 2026, bénéficier du dispositif Small Business Relief (SBR) : exonération complète d’impôt sur les sociétés et simplification des obligations (moins de formalisme, audits allégés).
Statut de « Qualifying Free Zone Person » : 0 % sous conditions strictes
Les sociétés de free zone peuvent, dans certains cas, bénéficier d’un taux de 0 % sur les revenus qualifiés, si elles sont reconnues comme « Qualifying Free Zone Person » (QFZP).
Les conditions principales sont : les exigences minimales, les délais et les critères de performance.
Pour bénéficier d’un taux réduit, l’entreprise doit avoir une substance économique suffisante aux Émirats (vrais locaux, salariés, direction effective), tirer ses revenus d’activités qualifiées (comme la fabrication ou la logistique), respecter un seuil de minimis (revenus non qualifiés inférieurs à 5% du CA ou 5 millions d’AED), et éviter les activités exclues (vente aux particuliers, certaines activités bancaires, immobilier hors zone franche).
Dès que la société dépasse ces seuils ou se diversifie vers des activités non éligibles, la partie correspondante des bénéfices est soumise à 9 % au‑delà de 375 000 AED, et le statut QFZP peut être perdu.
TVA, droits de douane et autres impositions
Les Émirats appliquent une TVA fédérale de 5 %. Les free zones n’en sont pas globalement exonérées, mais certaines zones dites « désignées » bénéficient de régimes particuliers sur les mouvements de marchandises.

Il n’existe pas de taxe sur la fortune, pas d’équivalent CSG/CRDS, pas d’impôt sur les dividendes ni sur les plus‑values au niveau local. En revanche, il subsiste des frais et contributions non négligeables : redevance logement (5 % du loyer, prélevée via les factures DEWA), taxes de séjour hôtelières, etc.
Résidence fiscale : 0 % local ne veut pas dire 0 % en France
Un point crucial pour un entrepreneur français : être actionnaire d’une société à 0 % d’impôt aux Émirats ne signifie pas que le fisc français renonce à taxer vos revenus.
Tant que vous restez résident fiscal français (critères de présence > 183 jours, foyer en France, centre d’intérêts économiques), l’intégralité de vos revenus mondiaux demeure imposable en France, même si votre société est émiratie.
Pour bénéficier réellement du cadre fiscal des Émirats, il faut :
– Obtenir un visa de résidence et un certificat de résidence fiscale émirati.
– Déplacer son centre de vie et de décision (présence effective, logement, famille, centre d’affaires).
– S’inscrire dans le réseau de plus de 100 conventions fiscales internationales signées par les Émirats, qui répartissent les droits d’imposer entre États.
Coûts réels : licence, bureau, visas, banque

L’un des avantages de Dubaï est la rapidité de création (souvent 3 à 10 jours pour une free zone simple). En revanche, le coût total de la première année ne se résume pas au prix de la licence.
Ordre de grandeur global
Les études compilées dans le rapport convergent : pour une société en free zone, le budget de première année se situe dans une fourchette 10 000 à 50 000 AED, selon la zone, le nombre de visas, le type de bureau et les services annexes. Certains montages plus ambitieux ou sectoriels montent facilement à 60 000 AED et plus.
L’investissement initial pour une société mainland se situe entre 35 000 et 75 000 AED, pouvant être bien plus élevé pour des projets lourds.
Décomposer les coûts : un exemple type en free zone
Pour y voir clair, il est utile de distinguer les principaux postes de dépense pour une société de services ou e‑commerce en free zone généraliste (ordre de grandeur issu des données agrégées).
| Poste de coût | Fourchette indicative (AED) | Commentaire synthétique |
|---|---|---|
| Frais de licence / enregistrement | 10 000 – 25 000 | Selon zone, type de licence, nb d’activités |
| Frais de création / consultant | 2 000 – 15 000 | Selon accompagnement (de basique à clé en main) |
| Bureau (flexi‑desk / virtuel) | 5 000 – 15 000 / an | Adresse + droit à visas, souvent obligatoire |
| Bureau privé / entrepôt | 20 000 – 100 000+ / an | Pour équipes ou activité logistique / industrielle |
| Visa investisseur / salarié (unité) | 3 000 – 8 000 | Inclut examen médical, Emirates ID, stamping |
| Carte d’établissement (immigration) | 1 000 – 2 200 / an | Obligatoire pour sponsoriser des visas |
| E‑Channel / plateformes immigration | 2 000 – 3 000 (puis 1 000–2 000/an) | Selon zone, pour gérer les demandes de visa |
| Ouverture de compte bancaire | 1 000 – 2 000 | Frais de dossier, éventuellement service tiers |
| Audit / compta / conformité | 2 000 – 8 000 / an | Selon obligation d’audit et volume |
| Services annexes (traductions, KHDA…) | 1 500 – 5 000+ | Selon activité réglementée ou non |
Ces fourchettes sont larges parce que la variété des zones l’est tout autant. Une structure de freelance dans une petite free zone de Sharjah peut démarrer autour de 8 000 à 10 000 AED, alors qu’une société DMCC avec bureaux et plusieurs visas franchira aisément 50 000 AED dès la première année.
Renouvellements annuels : un coût récurrent à anticiper
La licence commerciale est valable un an et doit être renouvelée chaque année. Les coûts de renouvellement tournent en général entre 70 % et 100 % du coût de création, en dehors de certains frais ponctuels (traductions, constitution initiale).
Il faut ajouter :
– Renouvellement éventuel de l’Ejari (bail) pour les structures mainland.
– Renouvellement de la carte d’établissement pour la free zone.
– Renouvellement des visas (tous les 2 ou 3 ans selon le statut).
– Audit annuel pour les zones qui l’exigent (DMCC, JAFZA, DIFC, DAFZA, etc.).
Ne pas renouveler la licence ne fait pas « disparaître » la société : les amendes s’accumulent (par exemple 200 à 250 AED par mois de retard, plus des pénalités spécifiques) et l’entreprise peut être blacklistée, avec impossibilité de sponsoriser des visas et blocage bancaire.
Licences : choisir la bonne autorisation d’activité

La licence est le cœur de votre autorisation à exercer. Chaque free zone a sa liste d’activités autorisées, souvent structurée en plusieurs grandes familles.
Globalement, on retrouve partout les catégories suivantes :
– Commercial / Trade / General Trading
– Service / Professional
– Industrial / Manufacturing
– E‑commerce
– Licences sectorielles : éducation, santé, finance, médias, tourisme, etc.
Grandes familles de licence
Licence commerciale (Commercial License) C’est la licence pour acheter, vendre, importer, exporter, distribuer des biens. Elle couvre aussi bien le commerce de gros que de détail selon les zones, dans des limites d’activités (3 à 5 activités spécifiques par licence classique).
La licence commerciale générale élargit la licence de base en permettant de commercialiser une large gamme de produits sous une seule autorisation. Elle est particulièrement adaptée aux sociétés d’import‑export diversifiées. Cette licence est plus coûteuse et peut être soumise à des conditions spécifiques.
Licence de services / professionnelle (Service / Professional License) Pour les activités intellectuelles et de services : conseil, IT, marketing, design, agences, freelances, cabinets d’expertise. Dans certaines zones (Dubai Knowledge Park, Dubai Internet City), on trouve des déclinaisons très spécialisées.
Licence industrielle (Industrial License) Nécessaire pour toute transformation physique : fabrication, assemblage, conditionnement. Elle implique un entrepôt, des autorisations supplémentaires (sécurité, environnement, normes techniques) et un processus plus lourd.
Licence e‑commerce Pensée pour les plateformes en ligne, le dropshipping, les marketplaces. Dubai CommerCity en a fait sa spécialité, en combinant licence et infrastructures logistiques.
– Licence éducative pour les écoles, centres de formation (DIAC, Knowledge Park).
– Licence clinique / non clinique pour les acteurs de santé (Dubai Healthcare City).
– Licence financière réglementée au DIFC ou à l’ADGM (soumise aux autorisations des régulateurs).
Lien entre licence, free zone et stratégie
Choisir une licence revient à articuler trois paramètres :
Trois facteurs clés pour sélectionner la zone franche adaptée à votre entreprise à Dubaï
Déterminez si votre activité relève des services, du commerce de biens ou de l’industrie, car chaque zone franche a des licences spécifiques.
Choisissez la zone en fonction de votre secteur : fintech au DIFC, medtech à DHCC, commerce général à IFZA, etc.
Évaluez si vous visez le B2C, le B2B avec le mainland, ou uniquement le marché international, car certaines zones limitent l’accès au marché local.
Un e‑commerçant qui vend principalement en Europe mais souhaite stocker à Dubaï pour rapprocher l’Asie choisira volontiers une licence e‑commerce ou général trading dans une free zone logistique. Une agence de marketing B2B visant des clients aux Émirats et à l’étranger privilégiera une licence de services dans une zone généraliste avec bonne acceptation bancaire (IFZA, Meydan, Dubai Internet City, DMCC).
Processus de création : de l’idée à la licence

Les textes officiels évoquent « 7 à 10 étapes », mais la logique peut se ramener à un enchaînement clair, en général digitalisé.
1. Définir l’activité et la structure
Il s’agit de décrire précisément :
– Ce que vous vendez (produit, service, plateforme).
– À qui vous le vendez (clients à Dubaï, dans le Golfe, en Europe, en Afrique, en Asie).
– Le modèle économique (conseil haut de gamme, volume logistique, SaaS, etc.).
– Le nombre de personnes à terme (besoin de visas).
C’est cette analyse qui oriente vers free zone vs mainland, puis vers telle ou telle zone spécifique.
2. Choisir la free zone et le type de société
Vous ciblez ensuite 1 à 3 free zones pertinentes en fonction :
– De l’adéquation sectorielle (tech, logistique, finance, e‑commerce…).
– Du budget global (licence + bureau + visas + audit).
– Des besoins de visas (flexi‑desk offrant 2 à 3 visas, ou bureau pour 10, 20, 50 salariés).
– De la relation bancaire (certaines zones sont mieux vues que d’autres par les banques).
On retient alors une structure FZE ou FZC, voire une branche si vous avez déjà une société mère.
3. Réserver le nom commercial
La plupart des zones offrent un portail pour vérifier la disponibilité et réserver le nom. Principes de base :
Le nom doit refléter l’activité et éviter toute référence religieuse ou politique. Il doit être compatible avec les règles de la free zone, où les suffixes **FZE** ou **FZCO** sont souvent imposés.
Le certificat de nom est généralement obtenu en 24 à 48 heures.
4. Obtenir l’approbation initiale
Vous déposez un premier dossier (souvent en ligne) comprenant :
– Formulaire de demande.
– Copies de passeport des associés et du manager.
– Esquisse de business plan (plus ou moins détaillée selon la zone).
– Eventuel NOC (No Objection Certificate) si un associé est déjà sponsorisé par une autre entité aux Émirats.
Cette approbation temporaire permet de passer à la location d’un bureau et à la finalisation des statuts.
5. Louer un bureau ou un flexi‑desk
Même dans les zones offrant des « bureaux virtuels », une adresse physique au sein de la zone est requise pour la licence et les visas. Plusieurs options :
Présentation des différentes options de location pour entreprises, avec fourchettes de prix annuelles indicatives.
Bureau partagé adapté pour 1 à 4 visas, coût estimé entre 5 000 et 15 000 AED par an.
Espace réservé pour une équipe plus importante, à partir de 20 000 AED par an.
Nécessaire pour les activités industrielles ou logistiques, tarifs beaucoup plus élevés.
Les quotas de visas sont souvent liés à la surface : typiquement 1 visa par 8 à 9 m² d’espace déclaré.
6. Déposer les statuts et documents finaux
Une fois le bureau sécurisé, vous soumettez le dossier complet :
– Memorandum & Articles of Association (statuts).
– Résolutions des associés.
– Contrat de location dans la free zone.
– Pièces d’identité, photos, justificatifs d’adresse.
– Eventuels documents de société mère (pour une branche).
La zone vérifie la conformité et, après paiement des frais de licence et d’enregistrement, délivre le certificat d’incorporation et la licence (généralement valable un an, renouvelable).
7. Obtenir les visas de résidence
Avec la licence en main et la carte d’établissement (immigration) obtenue, vous pouvez sponsoriser les visas :
– Visa investisseur / partenaire : pour les associés.
– Visas salariés : selon le quota attaché au bureau.
– Visas famille (dépendants) : pour conjoint et enfants, voire parents, sous conditions de revenus.
La procédure comprend :
Étapes obligatoires pour obtenir les documents d’entrée et de séjour
Délivrance de l’autorisation d’entrée sur le territoire.
Analyse sanguine et radio pour valider l’aptitude médicale.
Enrôlement biométrique et demande de la carte d’identité nationale.
Apposition du visa dans le passeport pour finaliser l’entrée.
Les visas free zone sont généralement valables 3 ans, renouvelables.
8. Ouvrir le compte bancaire professionnel
Étape aussi cruciale que souvent sous‑estimée. Sans compte bancaire, pas d’activité crédible ni de flux financiers.
Les banques émiraties exigent, pour une société de free zone :
– Licence et certificat d’incorporation.
– Statuts (MoA / AoA), registre des actionnaires.
– Contrat de bureau / flexi‑desk.
– Passeport, visa de résidence, Emirates ID des signataires.
– Justificatifs de domicile (facture, bail).
– Relevés bancaires personnels ou de la société mère (6 mois).
– Présentation du modèle économique (business plan, site web, contrats, liste de clients et fournisseurs).
Les délais vont de 5–10 jours ouvrés pour un dossier très bien préparé dans une free zone reconnue, à plusieurs semaines pour des montages plus complexes. Les banques appliquent des seuils de solde minimum significatifs (10 000 à 500 000 AED selon l’établissement et le type de compte).
Visas : entrepreneur, salariés, famille, golden visa

L’un des grands attraits des free zones est la possibilité de lier l’entreprise à un visa de résidence pour le dirigeant et, par extension, pour sa famille.
Le visa investisseur est généralement valable 3 ans et renouvelable tant que la licence est active. Il permet de parrainer le conjoint, les enfants et parfois les parents, sous réserve de conditions de revenus pouvant atteindre 20 000 AED par mois pour les parents.
Les quotas de visas relèvent de chaque free zone et sont principalement conditionnés par la taille et le type de bureau.
Par ailleurs, un système de Golden Visa offre des résidences de 5 ou 10 ans pour certains profils (investisseurs immobiliers, entrepreneurs, etc.), mais il s’agit d’un régime à part, avec ses propres seuils d’investissement et critères de contribution à l’économie émiratie.
Banque : nerf de la guerre pour une free zone

Les banques émiraties se montrent de plus en plus rigoureuses avec les sociétés de free zone, en raison des enjeux de lutte contre le blanchiment, de substance économique et de conformité fiscale internationale.
Points à retenir :
Synthèse des critères à respecter pour réussir l’ouverture d’un compte bancaire professionnel aux Émirats Arabes Unis, entre restrictions légales et exigences bancaires.
Le compte est réservé aux sociétés enregistrées aux Émirats (free zone ou mainland). Les sociétés purement offshore sont généralement exclues.
Les banques évaluent la zone de domiciliation (DMCC et DIFC sont favorisées), la clarté du modèle d’affaires, le profil des dirigeants et la cohérence des flux financiers.
Le solde minimum varie selon la banque : 25 000 AED pour une banque moyenne, 50 000 AED ou plus pour une grande banque, jusqu’à 100 000 AED pour un compte premium.
Les entreprises dans les secteurs sensibles (crypto, trading complexe, finance non régulée) font l’objet d’un examen renforcé de la part des banques.
Pour un entrepreneur français, il est souvent pertinent de : évaluer le marché local, développer un réseau professionnel, s’adapter aux réglementations en vigueur, et chercher des financements appropriés.
– S’appuyer sur la free zone elle‑même, qui entretient des partenariats avec certaines banques.
– Utiliser des prestataires spécialisés dans l’ouverture de comptes, qui préparent un dossier robuste et présentent le projet aux banques adaptées.
– Envisager en parallèle des solutions fintech internationales (comptes multi‑devises en AED, IBAN, cartes) pour démarrer les opérations, même si elles ne remplacent pas totalement un compte local classique.
Obligations comptables et compliance : la contrepartie du « 0 % »

Même dans un environnement à fiscalité très réduite, les autorités émiraties exigent :
Synthèse des principales obligations réglementaires et fiscales : tenue comptable, audits, déclarations, ESR et prix de transfert.
Tenue d’une comptabilité conforme aux IFRS et dépôt d’états financiers audités dans les zones franches comme DMCC, JAFZA, DIFC ou DAFZA.
Enregistrement à l’impôt sur les sociétés auprès de la FTA, distinction entre revenus qualifiés et non qualifiés, et déclarations périodiques de TVA au-delà du seuil.
Respect des Economic Substance Regulations pour les activités couvertes (présence réelle en locaux, salariés et direction) et gestion de la documentation de prix de transfert pour les transactions intra-groupe.
Autrement dit, une société de free zone « sérieuse » doit être gérée comme une société classique : comptabilité formelle, audit, reporting, contrats, procédures internes. Une coquille vide sur PowerPoint n’est pas viable à moyen terme.
Free zone ou mainland : quelques cas concrets

Pour terminer, il est utile de positionner quelques scénarios typiques dans ce paysage.
– Consultant / freelance IT, marketing, design travaillant surtout avec l’Europe Free zone généraliste (IFZA, Meydan, Dubai Internet City) avec licence de services, flexi‑desk, 1 à 2 visas.
– E‑commerce international avec entrepôt à Dubaï pour servir l’Asie et l’Afrique Free zone logistique (JAFZA, DAFZA, Dubai South, Dubai CommerCity) avec licence e‑commerce ou general trading, entrepôt, plusieurs visas.
– Chaîne de restaurants, pharmacies, boutiques de détail Mainland presque obligatoire pour pouvoir louer des locaux en ville, vendre aux particuliers, obtenir les autorisations sectorielles nécessaires.
– Fintech réglementée visant les institutionnels DIFC ou ADGM, sous supervision de DFSA ou ADGM FSRA, avec des coûts et des contraintes de conformité significatifs, mais une reconnaissance internationale incomparable.
Conclusion : structurer un projet, pas une simple société

Créer une société dans une Dubaï free zone n’est pas qu’une formalité administrative rapide. C’est le point de départ d’un montage juridique, fiscal et opérationnel qui doit être cohérent sur plusieurs axes :
Assurez l’adéquation entre votre activité, la free zone, le type de licence et le marché cible. Respectez les nouvelles règles fiscales (9 %, QFZP, SBR, TVA, ESR). Anticipez les coûts totaux, pas seulement la licence. Définissez une stratégie de résidence fiscale solide pour sortir du champ de l’impôt français si nécessaire. Enfin, gérez la relation bancaire et démontrez une substance économique crédible.
Bien utilisée, la free zone de Dubaï reste un outil extrêmement puissant pour une activité internationale : 100 % de propriété étrangère, rapatriement intégral des profits, absence d’impôt sur le revenu, infrastructure logistique et numérique de premier plan, bassin d’expatriés qualifiés, accords de non‑double imposition avec plus de 100 États.
Mais elle exige une approche professionnelle, structurée, documentée. C’est à cette condition qu’une implantation aux Émirats devient, non pas un simple « montage exotique », mais un véritable levier de développement international sur le long terme.
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