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Confiance des Ménages : Une Amélioration Notable en Juin 2023

par | Actualités
Publié le 27 juin 2026

La confiance des ménages en France a nettement rebondi en juin, selon la dernière enquête de conjoncture publiée par l’Insee. L’indicateur synthétique de confiance s’établit à 84 points, en hausse de deux points par rapport à mai, marquant un retournement après plusieurs mois de nette dégradation sur fond de tensions géopolitiques et de choc énergétique. Malgré ce redressement, le moral des Français reste très inférieur à sa moyenne de long terme, fixée à 100 points.

Retrouvez le podcast de cet article ci-dessous :

par Cyril Jarnias

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Un indicateur en rebond, mais toujours dégradé

L’Insee souligne que le niveau enregistré en mai, à 82 points, constituait un point bas inédit depuis mars 2023, après une chute historique de cinq points en avril. Cette séquence baissière s’explique principalement par la flambée temporaire des prix du pétrole, le baril de brut s’étant rapproché des 100 dollars, dans le sillage d’un conflit au Moyen-Orient ayant ravivé les craintes sur l’approvisionnement énergétique.

84

L’indicateur de confiance des ménages en juin 2024 s’établit à 84 points, en dessous de la moyenne historique depuis la fin des années 1980.

Moins de craintes inflationnistes, plus d’optimisme sur l’avenir

La principale explication de l’amélioration de juin tient à l’apaisement des peurs liées à l’inflation. Le solde d’opinion mesurant la proportion de ménages qui s’attendent à une accélération des prix au cours des douze prochains mois recule de 15 points en un mois. Cette forte baisse fait suite à un repli déjà conséquent de 11 points en mai. Au total, en deux mois, les anticipations d’inflation se sont nettement détendues, revenant à des niveaux proches de ceux observés en février, avant l’exacerbation des tensions au Proche-Orient.

Bon à savoir :

En juin, les Français sont un peu plus optimistes quant à leurs finances futures : le solde d’opinion sur les perspectives personnelles a gagné trois points, se rapprochant de la moyenne de long terme. Cependant, l’appréciation de la situation financière passée reste quasi stable et toujours inférieure à la normale, indiquant que le choc de pouvoir d’achat depuis le début de l’année est toujours ressenti.

L’optimisme s’accroît aussi concernant l’évolution générale du niveau de vie en France. Le solde d’opinion sur le niveau de vie futur progresse de cinq points en juin. En revanche, le jugement porté sur le niveau de vie passé se dégrade légèrement (–1 point), atteignant son plus bas depuis octobre 2023. Les deux indicateurs demeurent très en deçà de leurs moyennes historiques, ce qui traduit une perception encore sombre de la situation économique globale, malgré un léger mieux à l’horizon.

Consommation bridée et prudence sur les achats importants

L’amélioration du climat de confiance ne se traduit pas encore par un regain de propension à consommer. Le solde d’opinion portant sur l’opportunité de réaliser de gros achats (biens durables, automobile, équipement du logement) reste quasiment stable et à un niveau très bas, après une forte dégradation en avril et mai. Pour l’Insee, cette faiblesse persistante illustre la prudence des ménages, qui diffèrent ou réduisent leurs projets de dépenses importantes dans un contexte de pouvoir d’achat sous pression.

0,2

L’Insee prévoit une hausse limitée de la consommation des ménages de 0,2 % sur l’ensemble de l’année, après +0,5 % en 2025.

Un climat de l’épargne très élevé, signe de précaution accrue

L’Insee a profité de cette publication pour introduire une évolution méthodologique importante : les questions relatives à l’épargne (capacité à épargner aujourd’hui, capacité à épargner demain, caractère opportun ou non d’épargner) sont désormais exclues du calcul de l’indicateur global de confiance. Elles sont regroupées au sein d’un nouvel indice mensuel distinct, baptisé « climat de l’épargne ».

119

L’indicateur de juin, à 119 points, reste nettement au-dessus de sa moyenne de long terme de 100, reflétant une forte priorité des ménages pour l’épargne de précaution.

Au niveau agrégé, l’Insee prévoit une légère baisse du taux d’épargne des ménages, de 17,8 % en 2025 à 17,5 % en 2026. Cette diminution reflète le fait qu’une partie des foyers doit puiser dans ses réserves pour absorber la hausse de la facture énergétique et des dépenses contraintes, même si, dans l’ensemble, le niveau d’épargne reste historiquement élevé.

Emploi : les inquiétudes demeurent vives

Si les craintes d’inflation se dissipent, les inquiétudes concernant l’emploi, elles, se renforcent. Le solde d’opinion relatif aux perspectives de chômage augmente de cinq points en juin pour atteindre 60, un niveau nettement supérieur à sa moyenne de long terme. Cette progression traduit une perception plus dégradée de l’évolution attendue du marché du travail.

Attention :

Le taux de chômage national de 8,1 % au premier trimestre accroît la nervosité des ménages, qui craignent une détérioration future de l’emploi, ce qui freine la consommation et encourage l’attentisme.

Une croissance atone, sous l’effet du choc énergétique

Les données de confiance publiées par l’Insee s’inscrivent dans un environnement macroéconomique contraint. Dans sa note de conjoncture du 17 juin, l’institut statistique a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026, désormais attendue à 0,7 % du PIB, contre près de 1 % initialement. Cette révision reflète l’impact du choc énergétique du début d’année, qui pèse sur le pouvoir d’achat et la demande intérieure.

Exemple :

Après une baisse surprise de 0,1 % au premier trimestre, l’Insee prévoit un rebond de 0,3 % au deuxième trimestre, tiré par l’industrie manufacturière, notamment le raffinage, la chimie, l’aéronautique et le naval. En revanche, la croissance resterait modeste aux troisième et quatrième trimestres (0,1 %) en raison de la faiblesse persistante de la consommation des ménages.

Sur le front des prix, l’Insee prévoit une inflation à 2,7 % sur un an en décembre, tandis que la Banque de France table sur une hausse moyenne annuelle de 2,5 % en 2026. Dans le même temps, l’institut statistique anticipe un recul du pouvoir d’achat global des ménages de 0,3 % cette année, soit –0,7 % par unité de consommation. Dans un contexte où les dispositifs de protection généralisés sur les prix de l’énergie, mis en place en 2022, ont été remplacés par des aides plus ciblées, l’augmentation de la facture pétrolière est davantage supportée par les foyers, même si certains cherchent à s’en affranchir en maintenant des achats de véhicules électriques.

Perspectives : un retour progressif de la confiance

Malgré le léger mieux enregistré en juin, l’Insee insiste sur la fragilité actuelle du moral des ménages. L’indicateur global (84) reste très éloigné de son niveau moyen de long terme, et plusieurs signaux négatifs perdurent, notamment sur l’emploi et la perception du niveau de vie passé. Les ménages semblent juger que le plus fort du choc énergétique est derrière eux, comme en témoigne la détente rapide des anticipations d’inflation, mais ils n’anticipent pas encore de véritable amélioration de leur situation financière immédiate.

Bon à savoir :

Selon les grandes institutions, une reprise économique nette est attendue à partir de 2027, portée par une normalisation des prix de l’énergie et une inflation en baisse vers 1,7 %, ce qui stimulerait la consommation et l’investissement privés en France.

D’ici là, la dynamique de la confiance des ménages demeurera un baromètre central de la conjoncture. Le rebond de juin, encore limité mais significatif par la nature de ses ressorts – recul des peurs inflationnistes et regain d’optimisme sur l’avenir – pourrait marquer le début d’un lent redressement du moral des Français, à condition que l’amélioration des conditions économiques se confirme dans les prochains mois.

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