Le taux du LEP est fixé à 2,5 % net pour toute l’année 2026, mais les intérêts effectivement perçus par les épargnants continuent de reculer par rapport aux années précédentes. Entre la normalisation de l’inflation, la fin des taux exceptionnellement élevés enregistrés en 2023 et 2024 et les règles de calcul propres à ce livret, les gains 2026 se révèlent nettement inférieurs à ceux de la période de forte inflation, malgré un coup de pouce de l’État pour maintenir le rendement du LEP.
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Un taux stabilisé à 2,5 % pour soutenir les ménages modestes
Au cœur de l’été 2026, le ministère de l’Économie et des Finances, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, a arrêté la grille des taux de l’épargne réglementée pour le second semestre. Le LEP a été confirmé à 2,5 % net à compter du 1er août 2026, soit un maintien du niveau déjà en vigueur depuis février.
Le taux du LEP (Livret d’Épargne Populaire) n’a pas suivi la formule réglementaire qui l’aurait ramené à 2,2 %. Un bonus de 0,3 point a été ajouté par les pouvoirs publics pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages modestes, seuls éligibles à ce livret.
En parallèle, le Livret A a été relevé de 1,5 % à 1,7 % et le LDDS aligné à ce nouveau niveau. L’écart de rendement entre LEP et Livret A se réduit ainsi, passant d’un point de pourcentage au premier semestre 2026 à 0,8 point à partir d’août, mais le LEP reste l’un des rares placements sans risque offrant encore un taux réel positif, supérieur à l’inflation moyenne constatée.
De 6 % à 2,5 % : une chute progressive des rendements
Le maintien à 2,5 % net intervient après une phase de décrue progressive des taux du LEP consécutive au reflux de l’inflation. Le livret a connu un sommet historique en 2023 avant d’entamer une trajectoire descendante.
Du 1er août 2023 au 31 janvier 2024, le taux du LEP s’est établi à 6,0 %, avec un plafond de dépôts relevé à 10 000 euros à partir du 1er octobre 2023.
Ensuite, la baisse s’est enchaînée par paliers : 5,0 % du 1er février au 31 juillet 2024, puis 4,0 % du 1er août 2024 au 31 janvier 2025, 3,5 % du 1er février au 31 juillet 2025, 2,7 % du 1er août 2025 au 31 janvier 2026, enfin 2,5 % depuis le 1er février 2026 et pour tout le second semestre.
Ces ajustements successifs se traduisent mécaniquement par un recul des intérêts annuels. Sur la période 2023-2026, le rendement moyen des LEP a ainsi été quasiment divisé par 2,5.
Comment sont réellement calculés vos intérêts en 2026 ?
Au-delà du taux affiché, les intérêts d’un LEP ne sont pas calculés au jour le jour mais selon la règle dite « des quinzaines ». L’année est divisée en 24 périodes : du 1er au 15 de chaque mois, puis du 16 à la fin du mois.
Un versement commence à produire des intérêts le premier jour de la quinzaine suivante : un dépôt effectué le 10 avril ne génère des intérêts qu’à compter du 16 avril. En revanche, un retrait cesse de produire des intérêts à la fin de la quinzaine précédente : un débit enregistré le 20 mai fait perdre les intérêts au 15 mai pour la somme retirée.
Pour chaque quinzaine, la formule est la suivante : Intérêt de la quinzaine = Capital × Taux annuel × (1/24).
Les intérêts ainsi accumulés tout au long de l’année sont capitalisés au 31 décembre, c’est-à-dire ajoutés au capital. Cette capitalisation peut conduire le solde du LEP à dépasser le plafond réglementaire de 10 000 euros, sans que cela soit considéré comme un dépassement interdit, dans la mesure où ce surplus provient uniquement des intérêts et non de nouveaux dépôts.
Un taux apparent de 2,5 %, un rendement moyen de 2,52 % en 2026
L’année 2026 présente une particularité : deux taux différents se sont appliqués. En janvier, le LEP était encore rémunéré à 2,7 %, avant de passer à 2,5 % à partir de février. En raisonnant en quinzaines, cela représente deux quinzaines à 2,7 % et vingt-deux quinzaines à 2,5 %.
En pondérant ainsi les périodes, le rendement moyen effectif d’un LEP resté constamment à la même somme tout au long de l’année ressort à 2,52 %. Concrètement, pour un livret plafonné à 10 000 euros sur toute l’année 2026, sans aucun mouvement de fonds, le calcul donne :
– Intérêts de janvier : 10 000 € × 2,7 % × (2/24) = 22,50 €
– Intérêts de février à décembre : 10 000 € × 2,5 % × (22/24) = 229,17 €
Le total de 251,67 € est arrondi à environ 252 € pour une estimation simplifiée basée sur le taux moyen de 2,52 %.
Ce montant illustre la normalisation des gains : pour un même capital, un épargnant percevait 593 € d’intérêts en 2023, 467 € en 2024, 321 € en 2025 et 252 € en 2026.
Exemple d’impact pour différents montants
Les données moyennes disponibles montrent clairement la tendance à la baisse des intérêts entre 2023 et 2026, même si le taux de 2,5 % reste avantageux par rapport à d’autres livrets.
Pour un LEP resté à capital constant pendant toute l’année, les intérêts bruts annuels sont estimés comme suit :
| Solde constant sur l’année | Intérêts 2023 | Intérêts 2024 | Intérêts 2025 | Intérêts 2026 |
|---|---|---|---|---|
| 1 500 € | 88,95 € | 70,05 € | 48,15 € | 37,80 € |
| 6 902 € (solde moyen) | 409,32 € | 322,35 € | 221,57 € | 173,92 € |
| 10 000 € (plafond) | 593,00 € | 467,00 € | 321,00 € | 252,00 € |
Ces chiffres reposent sur des taux annuels moyens : 5,93 % en 2023, 4,67 % en 2024, 3,21 % en 2025 et 2,52 % en 2026. Pour les titulaires qui avaient rapidement atteint le plafond après son relèvement à 10 000 euros à l’automne 2023, la perte de rendement se traduit, en quatre ans, par une division par plus de deux des intérêts annuels.
Effets du plafond de 10 000 € sur vos gains 2026
Le plafond de dépôts du LEP, porté de 7 700 à 10 000 euros en octobre 2023, n’a pas été modifié depuis. Il reste fixé à 10 000 euros en 2026 et aucune nouvelle revalorisation n’a été annoncée.
Le plafond de 10 000 euros concerne uniquement les versements volontaires, pas les intérêts. Une fois ce montant atteint, vous ne pouvez plus déposer de nouvelles sommes, mais les intérêts annuels (estimés à 252 € en 2026) peuvent porter le solde au-delà des 10 000 euros sans enfreindre la règle.
En pratique, pour toucher pleinement les 252 euros de 2026, il faut que le plafond ait été atteint dès le début de l’année et qu’aucun retrait n’ait été effectué. Tout mouvement en cours d’année, notamment les retraits en milieu de quinzaine, réduit le capital rémunéré et donc le montant des intérêts.
Conditions de revenus : une ouverture réservée aux foyers modestes
Le LEP reste réservé aux contribuables modestes, avec des plafonds de revenus actualisés chaque année en fonction du Revenu fiscal de référence (RFR). Les seuils 2026 ont été relevés de 0,9 % en cohérence avec l’évolution du barème de l’impôt sur le revenu.
Le revenu fiscal de référence (RFR) maximum pour une personne seule est fixé à 23 028 euros.
Les banques vérifient ces conditions à partir du RFR de l’année N‑2 (indiqué sur l’avis d’imposition adressé en 2025 pour les revenus 2024) ou, si cela est plus favorable au client, à partir du RFR de l’année N‑1, disponible à l’été 2026. Un dépassement ponctuel n’entraîne pas la fermeture immédiate : le LEP n’est clôturé automatiquement que si les seuils sont franchis deux années de suite.
Cette politique de ciblage contribue à réserver le bénéfice du taux bonifié de 2,5 % aux ménages ayant le plus besoin d’un complément de pouvoir d’achat via leur épargne.
Une épargne populaire toujours très prisée malgré la baisse des rendements
Malgré la diminution progressive des taux, le LEP conserve un fort attrait. D’après le rapport annuel sur l’épargne réglementée de la Banque de France, le nombre de titulaires a encore augmenté pour atteindre 12,1 millions de comptes à la fin de l’année 2025, soit environ 200 000 de plus qu’un an auparavant.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) conserve un taux de 2,5% en 2026, supérieur à l’inflation. Cette progression résulte des hausses de taux de 2023 et 2024, qui ont ravivé l’intérêt pour ce produit, et des efforts des banques pour recruter les ménages éligibles. Ce taux offre une protection partielle de l’épargne contre la hausse des prix, bien que les gains soient plus modérés que lors du pic inflationniste.
Pour 2026, les détenteurs d’un LEP doivent donc composer avec un paradoxe : un taux officiel soutenu par l’État et toujours plus favorable que celui du Livret A, mais des intérêts en recul marqué par rapport aux années passées, du fait du retour progressif à une situation économique moins inflationniste et aux règles de calcul propres à ce livret.
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