Les principaux indices européens évoluent nettement dans le vert en ce début de seconde moitié de 2026, portés par un regain d’optimisme des investisseurs. Après un premier semestre déjà solide, la hausse s’est accélérée au tournant de juillet, avec de nouveaux records pour plusieurs indices paneuropéens, sur fond de ralentissement de l’inflation, de détente géopolitique partielle et de signaux rassurants venus des banques centrales.
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Des indices au plus haut, un rallye européen largement partagé
Le mouvement de hausse est particulièrement visible sur le Stoxx Europe 600, qui a inscrit des sommets historiques lors des séances des 2 et 3 juillet 2026, dépassant les 650 points. Sur la semaine entamée le 2 juillet, l’indice large européen se dirige vers un gain global proche de 2 %, prolongeant un deuxième trimestre déjà remarquable, où l’indice Morningstar Europe a bondi de plus de 10 à 11 %, soit sa meilleure performance trimestrielle depuis la fin 2020.
L’Euro Stoxx 50, baromètre des grandes capitalisations de la zone euro, a de son côté progressé de 8,2 à 9,3 % sur les six premiers mois de l’année, atteignant des niveaux historiques au 30 juin 2026. Ce mouvement haussier a été renforcé début juillet, l’indice gagnant 1,2 % pour se hisser à 6 355 points le 2 juillet.
Le DAX 40 a franchi pour la première fois le seuil des 25 700 points le 3 juillet, après avoir grimpé de 2,16 % la veille pour clôturer à un record de 25 546 points.
Londres et Milan participent également au mouvement. Le FTSE 100 britannique a gagné 1,67 % le 2 juillet, atteignant un plus haut de deux mois et demi, avant d’ajouter 0,33 % le 3 juillet en matinée. L’indice FTSE MIB italien a, lui, progressé de 1,60 % le 2 juillet, puis encore de 0,64 % le lendemain matin.
Une inflation en décélération dans la zone euro
Cette phase d’appréciation des marchés s’inscrit dans un contexte macroéconomique qui, sans être dynamique, offre plusieurs motifs de soulagement pour les investisseurs. Selon l’estimation rapide publiée par Eurostat, l’inflation annuelle de la zone euro s’est établie à 2,8 % en juin 2026, après 3,2 % en mai. Ce chiffre est inférieur au consensus, qui anticipait un taux de 3,0 %, et conforte l’idée d’une désinflation progressive.
L’inflation sous-jacente a reculé à 2,4 % en juin (contre 2,5 % en mai). L’énergie ralentit à 8,7 % sur un an (contre 10,8 % en mai), les services baissent à 3,2 % (contre 3,5 %), et les produits alimentaires, alcool et tabac diminuent à 1,6 % (contre 1,9 %).
Les disparités nationales demeurent marquées. En juin, les taux d’inflation les plus élevés ont été enregistrés en Lituanie (5,5 %), en Bulgarie (5,3 %), en Croatie (4,2 %) et en Espagne (3,6 %). À l’autre extrémité du spectre, Malte affiche 1,9 %, tandis que la France et l’Estonie se situent à 2,0 %, devant l’Allemagne à 2,4 %.
Cette évolution sur les prix est perçue positivement par les marchés, car elle réduit le risque d’un nouvel emballement inflationniste, notamment dans le contexte d’un reflux récent des prix du pétrole brut.
Marché du travail solide et chômage contenu
Les données les plus récentes sur l’emploi confirment une situation relativement robuste du marché du travail en Europe. D’après Eurostat, le taux de chômage de la zone euro est resté stable à 6,2 % en mai 2026 par rapport à avril, en légère amélioration par rapport aux 6,3 % observés un an plus tôt. Sur l’ensemble de l’Union européenne, le chômage s’établit à 5,9 % en mai, contre 6,0 % en mai 2025.
Eurostat estime que 13,163 millions de personnes sont sans emploi dans l’UE.
Le chômage des jeunes demeure plus élevé mais stable. Dans l’UE, le taux pour les moins de 25 ans atteint 15,2 % en mai 2026, contre 15,1 % en avril. Dans la zone euro, il se maintient à 14,7 %. Ces chiffres, jugés gérables par les investisseurs au regard du ralentissement économique, contribuent à l’optimisme quant à la capacité des entreprises européennes à maintenir leurs marges et leurs perspectives de bénéfices.
Une croissance faible mais soutenue par les anticipations
Sur le plan de l’activité, la situation reste fragile. Le produit intérieur brut de la zone euro s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, selon les données finales publiées le 5 juin. Il s’agit d’une nette révision à la baisse par rapport à l’estimation flash qui évoquait une légère croissance de 0,1 %. Sur un an, la progression demeure limitée, avec une hausse de seulement 0,3 %.
Cette faiblesse est partiellement attribuée à un effondrement technique du PIB irlandais, en recul de 12,1 % sur le trimestre, ainsi qu’aux répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur les flux énergétiques. Elle conduit les grandes institutions internationales à revoir leurs scénarios.
Croissance du PIB de la zone euro prévue par la Commission européenne pour 2026
Malgré ce tableau modéré, les investisseurs restent confiants dans la capacité bénéficiaire des entreprises. Une enquête de Bank of America publiée mi‑juin révèle qu’un record de 93 % des gérants interrogés prévoient une progression des profits des sociétés européennes sur un horizon de douze mois. Si une légère majorité nette (4 %) des gérants s’attend à un repli des actions européennes à court terme, la proportion de ceux anticipant une hausse sur un an atteint 71 %, en forte hausse par rapport au mois précédent.
Banques centrales : la Fed rassure, la BCE garde des marges de manœuvre
Un élément clé du regain d’appétit pour le risque réside dans les signaux envoyés par les banques centrales, notamment aux États-Unis. Les chiffres officiels de l’emploi américain publiés le 2 juillet 2026 ont montré la création de seulement 57 000 emplois non agricoles en juin, loin des 110 000 attendus par les analystes. Ce ralentissement marqué du marché du travail a dissipé les craintes d’un resserrement monétaire imminent de la Réserve fédérale.
La probabilité d’une hausse des taux en juillet est tombée à environ 18 %, contre 30 % la semaine précédente, après des propos rassurants de Kevin Warsh et Christine Lagarde au Forum de la BCE à Sintra sur l’évolution des risques inflationnistes, suggérant une politique monétaire moins restrictive à moyen terme.
Pour autant, la BCE a récemment montré qu’elle restait prête à agir en réaction aux tensions sur les prix. Le 11 juin 2026, le Conseil des gouverneurs a décidé de relever de 25 points de base ses trois taux directeurs, une première depuis 2023, avec une entrée en vigueur au 17 juin. Le taux de refinancement principal est ainsi passé de 2,15 % à 2,40 %, le taux de la facilité de dépôt de 2,00 % à 2,25 % et celui de la facilité de prêt marginal de 2,40 % à 2,65 %.
Dans le même temps, l’Eurosystème a relevé son anticipation d’inflation moyenne pour 2026 de 2,6 % à 3,0 %. Néanmoins, la détente récente de l’inflation effective et le reflux des prix de l’énergie ouvrent, selon les marchés, un espace pour un assouplissement progressif de la politique monétaire si la conjoncture restait atone.
Détente partielle sur le pétrole et réformes structurelles en soutien
Les perspectives d’un accord intérimaire entre les États-Unis et l’Iran au début du second semestre 2026, à la suite de discussions indirectes menées à Doha autour d’un mémorandum et de questions de dénucléarisation, ont contribué à apaiser les tensions géopolitiques perçues par les marchés. Dans ce contexte, les cours du pétrole brut se sont repliés de façon notable. Le Brent a glissé sous les 72 dollars le 1er juillet, pour s’établir à 71,23 dollars le baril, et oscille désormais entre 71 et 73 dollars.
La baisse du prix du pétrole réduit le risque d’une nouvelle poussée inflationniste liée à l’énergie en Europe, renforçant le scénario d’une désinflation graduelle déjà observée en juin.
Les investisseurs saluent aussi certaines annonces de réformes et de plans d’investissement d’ampleur. En Allemagne, un vaste programme de modernisation des infrastructures de transport et d’énergie, évalué à près de 12 % du PIB, nourrit l’anticipation de retombées positives sur la croissance potentielle. Le 2 juillet, la coalition menée par le chancelier Friedrich Merz a par ailleurs présenté un plan de réformes économiques comprenant 10 milliards d’euros de baisses d’impôts ciblées sur les ménages modestes et une réforme structurelle des retraites, ce qui a contribué à soutenir le DAX.
Rotations sectorielles et valeurs en vue
La phase actuelle de marché se caractérise par des rotations sectorielles marquées. Après un premier semestre porté par les valeurs liées aux semi‑conducteurs et à l’intelligence artificielle, les investisseurs institutionnels ont pris des bénéfices sur ces segments au début de juillet, avant de revenir partiellement sur la technologie à la faveur d’un repli des rendements obligataires.
Le secteur technologique européen a rebondi de 1,05 % le 3 juillet après une correction en début de mois.
Plusieurs titres ont ainsi connu des hausses massives le 2 juillet : Saab (+8,6 %), Hensoldt (+8,5 %), Rheinmetall (+6,1 %) et Thales (+4,8 %). Le secteur bancaire reste également très prisé, soutenu par des perspectives de résultats jugées solides et une croissance continue du crédit, tandis que la santé, les télécoms et les utilities attirent les capitaux en raison de leur profil défensif et de valorisations considérées comme raisonnables.
À Paris, la réduction de l’aversion au risque a profité au luxe : LVMH a gagné 3,5 % et Hermès 3,3 % le 2 juillet. Dans l’industrie, Bayer a bondi de plus de 8 % après l’annonce de la filialisation de ses activités glyphosate aux États-Unis dans Ruveon, soutenue par Deutsche Bank. En France, Pluxee a progressé de plus de 6 % le 3 juillet grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et la confirmation de ses perspectives 2026.
Un optimisme de fond malgré des réserves tactiques
L’enquête mensuelle de Bank of America reflète cette situation contrastée. D’un côté, le scepticisme de court terme progresse, avec une part nette de 4 % des gérants prévoyant une baisse des actions européennes dans les prochains mois, au plus haut depuis septembre 2024. Les doutes portent sur la durabilité d’un rallye concentré sur quelques grandes capitalisations et sur la persistance de vents contraires macroéconomiques.
Un solde net de 15 % des gérants se déclarent sous-pondérés sur l’Europe au profit des États-Unis, en raison de la croissance structurellement plus robuste attendue outre-Atlantique.
Pour l’heure, la combinaison d’une inflation en repli, d’un marché du travail résilient, de signaux accommodants des banques centrales, de cours du pétrole en baisse et de réformes structurelles en Europe alimente une phase de forte hausse des Bourses européennes. Les investisseurs restent toutefois attentifs à la solidité de la croissance mondiale et aux développements géopolitiques, conscients que le cycle haussier actuel repose sur un équilibre encore fragile.
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