Les demandes de prêts hypothécaires ont légèrement progressé aux États-Unis en juin 2026, malgré un environnement de taux d’intérêt toujours élevé et une Réserve fédérale (Fed) résolument prudente. Les dernières données de la Mortgage Bankers Association (MBA) montrent une activité globale en hausse par rapport à 2025, portée surtout par les achats de logements, tandis que le refinancement reste sélectif et étroitement dépendant des variations de taux à court terme.
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Un mois de juin sous le signe de la stabilité, mais au-dessus des niveaux de 2025
Sur l’ensemble du mois, les statistiques publiées par la MBA indiquent que le volume total de demandes de prêts hypothécaires est resté remarquablement stable d’une semaine à l’autre, tout en se maintenant au-dessus des niveaux observés un an plus tôt.
Le volume global de demandes pour la semaine se terminant le 26 juin 2026 était 8 % plus élevé que sur la même période de 2025.
Cette dynamique confirme que le marché ne s’est pas contracté après la décision de la Fed de maintenir ses taux directeurs, mais qu’il évolue désormais dans un régime de « plateau élevé », avec une activité soutenue mais sensible aux variations, même limitées, des taux hypothécaires.
La décision de la Fed et son impact sur les taux
Les 16 et 17 juin 2026, le Comité de politique monétaire (FOMC) a opté pour un maintien de la fourchette cible du taux des fed funds entre 3,50 % et 3,75 %. Il s’agissait de la quatrième réunion consécutive sans mouvement de taux depuis la pause entamée fin 2025, et de la première réunion présidée par le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh.
La Réserve fédérale a relevé à l’unanimité sa prévision de taux pour fin 2026 à 3,8 % (contre 3,4 % en mars). Neuf des dix-huit membres anticipent au moins un relèvement d’ici fin 2025, justifié par une inflation persistante à 4,2 % en mai (son plus haut niveau depuis 2023), un marché du travail robuste et des incertitudes géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.
Ce discours a consolidé le scénario de taux « plus élevés pour plus longtemps », fermant la porte à un assouplissement rapide du coût du crédit. Pour autant, les taux hypothécaires de long terme n’ont pas strictement suivi la Fed : d’autres facteurs macroéconomiques, et notamment les marchés obligataires, ont entraîné un léger reflux des taux à la fin juin.
Le taux contractuel moyen sur les prêts fixes à 30 ans est descendu à 6,43 % pour la semaine close le 2 juillet, un plus bas de sept semaines.
Achats en légère hausse, refinancements en mode opportuniste
Derrière la stabilité globale des demandes se cache une recomposition entre prêts d’achat et opérations de refinancement. La semaine suivant la réunion de la Fed, pour la période close le 19 juin, la MBA fait état d’un recul de 1 % des demandes de prêts destinés à l’acquisition de logements, tandis que les demandes de refinancement progressaient de 3 % par rapport à la semaine précédente.
Pour la semaine achevée le 26 juin, l’indice des demandes d’achat a augmenté de 1 % grâce au repli des taux, à une offre plus abondante et au ralentissement des prix, tandis que l’indice de refinancement a diminué de 1 %.
En glissement annuel, la dynamique reste nettement favorable au refinancement : au 26 juin, l’indice de refinancement apparaît 9 % plus élevé que sur la même période de 2025, et les demandes d’achat affichent une hausse de 3 % sur un an.
Le refinancement représente ainsi 41,4 % de l’ensemble des demandes de prêts au 26 juin 2026, confirmant un véritable redémarrage après plusieurs années de quasi-paralysie provoquée par la flambée des taux. La première moitié de 2026, marquée par un pic d’activité au premier trimestre lorsque les taux étaient brièvement repassés sous 6 %, a libéré une demande refoulée depuis plus de trois ans. Cette impulsion se prolonge, mais de façon plus modérée, dans les chiffres de juin.
Taux de refinancement toujours élevés mais en phase de stabilisation
Sur le segment du refinancement, le marché évolue désormais dans une zone de stabilisation, avec des taux globalement élevés mais moins volatils que lors des années précédentes. Pour les prêts à taux fixe sur 30 ans, les principaux indices nationaux situent le taux de refinancement entre 6,70 % et 6,72 % début juillet, avec un léger repli de 2 points de base par rapport à la semaine précédente, selon Zillow (6,72 % le 4 juillet, contre 6,74 % une semaine plus tôt).
En France, les taux effectifs proposés aux emprunteurs peuvent débuter à 6,38 % selon leur profil de risque.
Les taux appliqués aux nouveaux prêts d’achat demeurent légèrement inférieurs aux taux de refinancement. Selon le relevé hebdomadaire de Freddie Mac (PMMS), le taux fixe à 30 ans pour les achats atteint 6,43 % pour la semaine close le 2 juillet 2026, tandis que le taux fixe à 15 ans se situe à 5,79 %.
Cette hiérarchie des taux, combinée au niveau toujours élevé des coûts d’emprunt, limite l’émergence d’une vague massive de refinancement. Le marché se structure plutôt autour de niches d’emprunteurs pour qui, dans le contexte actuel, un refinancement reste financièrement attractif.
L’« effet verrouillage » contraint la demande de refinancement
La principale contrainte pesant sur le refinancement tient à l’« effet verrouillage » qui caractérise le marché américain depuis la période de taux ultra-bas liée à la pandémie. Plus de 80 % des propriétaires disposent aujourd’hui d’un prêt portant un taux inférieur à 6 %, souvent obtenu entre 2020 et 2021.
Pour la majorité des emprunteurs, un refinancement autour de 6,7% n’est pas économiquement viable car les gains potentiels sur les mensualités ou le coût total du crédit ne compensent pas les frais de transaction. L’augmentation des demandes de refinancement depuis début 2024, surtout en juin, vient surtout des ménages ayant acheté en 2023 ou 2024 quand les taux dépassaient 7% voire 8%.
Pour ces emprunteurs récents, passer d’un taux supérieur à 7 % vers un niveau proche de 6,5 % ou légèrement inférieur se traduit par des économies substantielles, d’où leur forte sensibilité aux fluctuations, même modestes, des taux de marché autour de 6,4 % à 6,5 %. Les données sectorielles montrent que les emprunteurs « conventionnels » sont généralement les premiers à agir dès que les taux reculent de 50 à 100 points de base. À l’inverse, les détenteurs de prêts garantis par l’État fédéral (FHA, VA), souvent déjà sous des conditions très favorables à l’origine, attendent des baisses plus franches avant de considérer un refinancement.
Le rôle croissant des outils numériques et des produits alternatifs
La structure de la demande est également influencée par l’essor des solutions numériques. La généralisation d’outils de refinancement en ligne, en particulier ceux déployés par Freddie Mac, contribue à réduire les coûts de clôture des prêts. Cette baisse des frais incite certains ménages à arbitrer plus rapidement en faveur d’un refinancement dès que la fenêtre de taux devient intéressante.
Sans toucher à leur prêt principal à faible taux, de nombreux propriétaires utilisent des produits alternatifs comme les HELOC ou les prêts sur valeur domiciliaire pour dégager des liquidités destinées à des travaux ou à une consolidation de dettes.
Cette stratégie explique en partie pourquoi les refinancements n’explosent pas en volume malgré la remontée graduelle de l’activité : la demande se déporte vers des instruments qui préservent le financement principal tout en exploitant la valeur accumulée du logement.
Recul des prêts à taux révisable et perspectives pour le second semestre
Un autre signal notable de juin concerne le repli des prêts à taux révisable dans le flux de nouvelles demandes. La part des ARM est tombée à 7,6 % fin juin, soit son plus bas niveau depuis janvier 2026. Le tassement de la courbe des taux rend ces produits moins attractifs par rapport aux prêts à taux fixe, d’autant que les ménages privilégient la visibilité dans un contexte où la Fed annonce la possibilité de nouvelles hausses.
Fannie Mae anticipe un taux fixe à 30 ans autour de 6,4 % sur la seconde moitié de 2026.
Dans ce contexte, les projections de marché restent prudentes. La MBA prévoit un volume total de refinancement sur logements individuels d’environ 737 milliards de dollars en 2026, soit une progression estimée entre 8,3 % et 9,2 % par rapport à 2025. D’autres acteurs se montrent plus ou moins optimistes : Redfin envisage une hausse plus marquée de 30 % sur l’année, pour un volume de 670 milliards de dollars, tandis que TransUnion table sur une normalisation avec une croissance ramenée à 4,2 % après un rebond de 28,1 % en 2025.
Les données de juin montrent une augmentation réelle mais contenue des demandes hypothécaires, portée par les achats de logements et un refinancement ciblé, dans un contexte de taux élevés, sous l’influence de l’inflation et des décisions de la Fed.
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